Non, ni l’article ni l’auteur ne sont "cons", c’est simplement un point de vue et personnellement je le trouve juste incomplet et regrettable idéologiquement.
L’auteur fait donc une erreur lorsqu’il écrit en titre "le vrai problème de l’assurance maladie" ! Cela signifierait que le problème n’aurait qu’une seule réponse : la cotisation des retraités. Or, compte tenu du montage archi compliqué, façon usine à gaz avec branches de compensation, bases de cotisations variables, taux de remboursements soumis à variables aussi etc... il est un peu court de n’évoquer "que" la participation d’une seule catégorie de citoyens.
Pour découvrir l’incroyable architecture organisationnelle de l’AM, je suggère de lire l’une des spécialistes du sujet : Béatrice Majnoni d’Intignano (!) grâce à qui on découvre que certaines branches en positifs servent à renflouer les déficitaires et ce, en fonction de plans eux-mêmes assez complexes.
Et un jour, un type (?) a eu cette idée "géniale" d’inventer un concept : le trou de la SS ! Ce serpent des mers, auquel personne n’a jamais rien compris et dont on agite régulièrement l’ombre sur le lac des services publics, est devenu depuis le cauchemar des ministres en charge de la santé publique, et l’objet de culpabilité récurrente de tous les citoyens.
Comme personne ne comprend plus vraiment très bien les noeuds d’interdépendance qui se sont produits dans tout le montage, on a donc inventé une autre catégorie de gens : les fameux "experts", véritables aides-à-démêler-les-noeuds, pour pondre des rapports ministériels sur l’état véritable de l’AM française.
Il n’aura échappé à personne que si ce système est à l’évidence compliqué, la société en elle-même est aussi devenu très compliquée et de surcroît déséquilibrée dans ses âges et ses actifs. Il semblerait donc urgent de repenser tout le système dit de répartition en incluant dans la mise au pot bien d’autres acteurs que les simples salariés. Ce n’est que du bon sens !
Mais comme nous sommes dans une société devenue totalement obsédée par le profit, et donc la privatisation systématique de tout ce qui est public partout, les nouveaux acteurs privés sont tout à fait d’accord pour empocher la rente mais pas pour participer au remplissage. On cherche donc systématiquement à faire payer davantage le salarié, qu’il soit bénéficiaire ou non.
Il y a deux types d’assurance :
1/ l’assurance de solidarité, dite par répartition, dont l’objectif est d’aider ceux qui n’ont pas les moyens.
2/ l’assurance privée, dont l’objectif est de pomper le plus d’argent par des cotisations calculées sur un principe de rentabilité croissante.
La 1ère formule correspond à une époque et à une mentalité dont la France était l’une des meilleures représentations dans le monde. La 2ème est issue de la culture anglo-saxonne où la théorie de la domination "légitimisé" des forts sur les faibles est le coeur battant.
Le grand débat sur l’AM en France est avant tout le symptôme d’une Nation qui se fait dépecer progressivement de ses spécificités et où une poignée de profiteurs privés apatrides exigent qu’elle s’aligne sur le standard de financiarisation de tout et tous dans l’intérêt d’une ultra minorité non participante au soutien.
Testarossa est peut-être de ceux-là et c’est son droit, mais.... il va nous trouver en face pour démontage assuré d’une telle idéologie
!