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Accueil du site > Actualités > Economie > Les actifs financiers surfent sur un océan de liquidités : y aurait-il des (...)

Les actifs financiers surfent sur un océan de liquidités : y aurait-il des fissures dans le fond ?

Les saisies immobilières aux USA, en augmentation depuis plusieurs mois, commencent à donner quelques soucis aux financiers.

Cet article est la suite annoncée à l’article paru le 18 décembre dernier et intitulé : "Saisies immobilières aux USA : de records en records (et même un peu plus...)", dans lequel je vous faisais part de ma volonté de remonter, comme un saumon, par le bas cette statistique des saisies immobilières aux USA, qui n’en finissent pas d’augmenter.

J’annonçais dans cet article différentes sources et graphiques étayant les informations données. Pour une parfaite compréhension, vous pouvez même en le consultant repartir à la source, revoir le premier édito de ce blog.

Résumé express des différents articles précédents : ne souhaitant tomber dans aucune polémique ou prévision aléatoire sur la situation de l’immobilier américain, je vous annonçais me concentrer uniquement sur le suivi de ce qui résultait de cette situation "au pire" et en l’occurence : les saisies de biens. Présentant mois après mois depuis août ces statistiques en augmentation, je vous invitais le 18 décembre à regarder ce qui pouvait alimenter ces stats en hausse de façon à ne pas rester juste comptable de ces chiffres mais à comprendre ce qui se passe.

Si chaque foyer dont l’habitation est saisie est une goutte qui tombe du réservoir du marché, il convient de regarder quelle est la taille du réservoir au-dessus, et la qualité de ses parois.

- Le CRL, Center for Fesponsible Lending ("centre pour l’emprunt responsable") a fait paraître en décembre une étude, la plus complète qui soit depuis longtemps et portant sur la période 1998-2006, indiquant que 2 200 000 ménages US seraient sur le point de perdre leur habitation en raison des saisies liées au marché des prêts hypothécaires dits "subprime loans" (prêts réalisés à l’attention de personnes ayant une solvabilité de qualité inférieure en échange d’un taux de prêt supérieur). En cliquant sur le lien vous pourrez télécharger l’étude ou son résumé complet. Ce sont 58 pages de qualité (en anglais) qui montrent également que la part des subprime loans a atteint un quart des prêts hypohécaires faits aux USA en 2005 et 2006. Ceux-ci ont été multipliés par près de 20 de 1994 à 2006. Il s’agit notamment, en 2005, du marché à la croissance la plus forte dans le marché hypothécaire, un grand nombre n’arrivant pas à se qualifier pour obtenir un crédit dit conventionnel.

En consultant le blog foreclosurepulse.com qui n’est autre que le site bis de realtytrack, la référence pour le suivi des saisies, vous tomberez d’ailleurs sur un article présentant un graphique issu de cettte étude parue dans le New York Times montrant l’envolée de ces subprimes loans et la part (en foncé) potentiellement à risque pour une saisie future.

- Des faillites, des désengagements de sociétés de crédit réalisant ces prêts à taux élevés pour des dossiers de moindre qualité ont lieu régulièrement depuis quelques mois : exemple Ownit Mortgage Solutions, le 17e prêteur par la taille ou le 11e, parfois cité comme le 15e (?) suivant les sources trouvées sous forme de subprime loans. Le site mortgageimplode s’amuse même à comptabiliser "les morts" de ce secteur en les rayant de sa liste, d’autres, marketwatch, bostonglobe, The economist, Bloomberg, vous montrent l’importance croissante de ces informations.

- Fannie Mae ensuite, l’un des deux plus gros organismes américains de refinancement hypothécaire, face à ces difficultés a décidé de ne plus refinancer ce type de prêts.

- selon banknet 360, les retards de paiements toutes catégories de prêts confondues (ou presque) sont en hausse chez les Américains. Dernier en date dans moneyandmarkets, le marché des sub-prime loans connaît toujours certains tourments et l’ABA (American Banking Association) confirme les informations de retard de paiements pour le 3e trimestre 2006 ici.

UBS, première banque suisse et mondiale par l’importance des capitaux gérés pour compte de tiers, confirme que le taux des défauts de paiement a doublé à 8 % pour ces "subprime loans". Déjà le 21 novembre 2006, cette banque via un article de Yahoo Finance faisait part de son inquiétude et de son étonnement face à la vitesse de propagation des sinistres.

Tout ceci est temporaire peut-être, certains éléments présentés ne portent que sur des potentialités, des risques en germe, mais au moment même où UBS faisait part de ses préoccupations, le compartiment du marché obligataire dévolu à ce type de prêt partait en chute libre. Je publie cet article avec une semaine de retard et en une semaine, ce marché a encoré baissé (graphe ci-dessous) :

Conclusion : la faillite de quelques personnes puis de cent mille, d’un million est en train de s’étendre à d’autres agents économiques - les ménages ne sont plus les seuls concernés -, à des entreprises de crédit, aux banques, à certains segments du marché obligataire américain.

Qu’allons-nous faire maintenant ? Tel le saumon, je vous propose d’attendre patiemment entre deux rochers de voir ce que le courant va nous amener à contempler, rien ne sert de remonter encore le courant, d’ailleurs vous remarquerez qu’on est déjà remontés pratiquement "tout en haut".

Qu’allons-nous surveiller ? Les prochaines saisies bien sûr, l’évolution de la courbe ci-dessus et les marchés obigataires portant sur les prêts de meilleures notations, pour voir s’il n’y a pas de contagion.

Il y a des couacs partout dans le monde de la finance, dont le fondement de l’activité est la prise de risques, mais là, et même si c’est compartimenté, il s’agit des USA et de l’immobilier qui a porté une bonne part de la croissance ces dernières années et non pas d’un krach vénézuelien (cette semaine) ou thaîlandais, islandais comme il y a pu en avoir en 2006, de même qu’en Arabie saoudite. La question peut avoir une résurgence future, nous la suivrons donc encore plus précisément.

La création monétaire aux USA, qu’on ne peut plus comptabiliser précisément depuis 2006, semble se déverser dans un tonneau, dont le fond permettrait une comptabilisation de plus en plus précise par contre. Je ne sais pas s’il y a évaporation des liquidités par le dessus, mais au fond elles disparaissent avec certains autres avoirs.


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31 réactions à cet article    


  • Guilhem (---.---.91.97) 19 janvier 2007 09:00

    Bon article, merci


    • agosin (---.---.228.146) 19 janvier 2007 09:26

      Vos remarques et statistiques sont pertinentes mais il n’en reste pas moins, qu’un investisseur qui attend, tel le saumon qui vous sert d’exemple, fini le ventre en l’air, servant de pitance aux prédateurs de passage.

      Je n’ai jamais encore rencontré un investisseur riche de n’avoir pas investi. Vous aurez raison un jour ou l’autre, comme une montre deux fois par jour mais en attendant, je préfère me gaver...

      Bonne chance !


      • ZEN zen 19 janvier 2007 09:37

        Intéressant, mais dur à suivre pour un non spécialiste comme moi..

        Cette tendance , cumulée à la dette abyssale de l’Etat, ne va-t-elle pas mener à le déflagration, personne n’ayant une vue systémique de l’ensemble du processus.Un perte de confiance totale dans le billet vert, suite à un revers politique majeur (en Irak, par ex.) ne va-t-elle précipiter les choses ? Et que penser de la GB dont le déficit des ménages est phénoménal ?.

        Merci à l’auteur de me répondre.


        • ZEN zen 19 janvier 2007 09:41

          Et que pensez-vous des positions de JDch, qui a produit un article trés discuté hier(encore présent à l’heure qu’il est) sur un sujet analogue ?

          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17977


          • Gilles CAYE 19 janvier 2007 09:48

            Merci Guilhem

            Agosin> Avoir raison ? Il me semble avoir simplement relaté une situation. Si cela s’arrête j’en donnerais l’information comme si cela continue...je n’ai pas un site de conseils mais un site pédagogique. Je laisse mes visiteurs décider par eux-mêmes et la ligne directrice est justement d’essayer de les rendre plus autonomes..à la baisse ou à la hausse.

            Cette information vous aurait-elle permis de réaliser qu’un ours était justement à l’affût pendant que vous vous ’gaviez’ ?


            • agosin (---.---.228.146) 19 janvier 2007 10:55

              Absolument cher Monsieur,

              Je vis avec l’ombre de l’ours en embuscade, depuis plus de trente ans et m’en porte très bien.

              La difficulté majeure résidant justement dans la faculté de faire la part des émotions.

              Merci.


            • parkway (---.---.18.161) 19 janvier 2007 13:43

              agosin,

              vos 2 commentaires me font penser à quelqu’un qui fonce et qui n’a pas le choix...

              vous foncez sur quoi ?

              Je reprends la maxime des shadok, citée récemment sur Agoravox : pour vous, il n’y a pas d’autres solutions ? DONC, il n’y a pas de problèmes ?


            • (---.---.252.132) 19 janvier 2007 14:01

              agosin,

              il y’a des chasseurs affamés d’ours qui tireront à bout portant pour deux fois rien, continuez à vous sentir bien mais restez prudent !!!


            • agosin (---.---.228.146) 19 janvier 2007 16:12

              Sorry Parkway, j’étais occupé ailleurs...

              Je fonce en effet mais s’il existe une personne au monde qui a le choix, c’est moi, croyez-moi et ceci sans arrogance aucune.

              Je fonce parceque j’aime les allures soutenues mais de temps en temps je ralentis et la preuve en est que je parcours encore agoravox à la recherche d’un commentaire sublime...


            • agosin (---.---.228.146) 19 janvier 2007 16:14

              Merci de votre recommendation. La prudence est de mise, surtout dans mon cas. L’image de l’ours par opposition au taureau, était spécifiquement boursière.


            • agosin (---.---.228.146) 19 janvier 2007 16:32

              recomm a ndation... désolé le e c’est en anglais...


            • gerarlionel (---.---.83.22) 19 janvier 2007 10:04

              pour ceux qui sont intéressés, voir la « grande crise systémique 2007 » sur le site : europe2020.org


              • Gilles CAYE 19 janvier 2007 10:17

                Zen> oui c’est assez dur à suivre et cela est l’objet de beaucoup de questionnements à l’heure actuelle. Je réaliserais peut être un article si tout ceci continue avec une vision encore plus large pour que les mécanismes à l’oeuvre puissent être au moins ’approchés’ par le plus grand nombre. Je ne suis pas devin et m’en tiens à observer. J’observe donc que la notion d’absence de risques véhiculée par la progression des assurances, couvertures et dérivés divers depuis des années peut être remise en cause rapidement et ’à la dure’ pour un grand nombre d’agents économiques dans un pays de première importance et sur un secteur large comme l’immobilier, même si cela, encore une fois ne concerne qu’un compartiment de marché bien précis. Ma conclusion est pour l’heure que le marché immobilier américain n’est pas seulement touché dans sa partie « construction » mais que le ralentissement observé mi 2006 a eu des répercutions plus loin et plus profondes comme décrites.


                • Gilles CAYE 19 janvier 2007 10:57

                  Zen> j’ai pris connaissance de l’article que vous mentionnez et lu très rapidement quelques commentaires. Il y a visiblement pour moi un besoin profond de formation en matière économique et financière qui s’est exprimé notamment dans un sondage de l’autorité des marchés financiers dans lequel les français se disent insuffisamment formés sur ces sujets et ne savent d’ailleurs pas comment y pallier et ce à....75 %. Un institut de l’éducation financière du public est d’ailleurs entrain de voir le jour.

                  Il y a dans l’article des éléments tout à fait pertinents mais l’angle d’attaque politique est en général la porte ouverte ensuite à polémiques, malentendus, confusions des termes. Ne confondez pas Fonds d’investissements de capital-risque (apport de fonds au tout démarrage d’une activité pour plusieurs années), capital développement (accompagnement de la croissance d’une entreprise) avec les sicav/FCP ou fonds de pension (ayant par le fait de gérer des futures retraites des visions à long terme) avec les hedge funds (plus spéculatifs et utilisant largement les effets de levier pour décupler les rendements)

                  Pour ma part je regrette que le capital-risque ne soit pas plus diffusé en France et rencontre parfois des barrages purement culturels liés à une méconnaissance du sujet.

                  Chacun à en lui une envie d’entreprendre et chacun à en lui une envie d’aider des projets. Lorsqu’on entreprend et qu’un fond vient prendre une part de votre capital pour assurer la croissance de vos projets..la vision est autre.

                  Pour le reste sachez que l’Allemagne qui préside le G8 cette année a réussi à obtenir de la part des USA des discussions sur le sujet des Hedge Funds.


                  • toto (---.---.148.128) 19 janvier 2007 12:30

                    certaines personnes ont une vue systémique, mais personne ne les écoute :

                    http://www.europe2020.org/fr/home.htm


                    • Alberto (---.---.29.92) 19 janvier 2007 14:47

                      de quel « krach vénézuelien (cette semaine) » parlez-vous ? Il y a eu un crash d’un avion vénézuélien récemment, mais quel rapport avec le sujet de l’article ?


                      • Gilles CAYE 19 janvier 2007 14:59

                        Alberto> Il s’agit bien sûr de bourse et de celle de Caracas (IBCV) qui est passée de plus de 60 000 à 50 000 dans la semaine du 5 au 12 janvier (mon article est paru dimanche 14.1 sur mon site) Rappel : la bourse de Caracas était monté de 20 000 points au 1.1.06 à plus de 60 000 au 5.1.07. Elle a perdu 19 % mardi 9.1.07 suite à une hausse éffrénée fin 2006 et en raison de la baisse du pétrole.


                        • Floruf (---.---.123.101) 19 janvier 2007 16:18

                          Bon article ! Finalement ,la situation en France n’est pas si catastrophique que ça ! Il n’y pas de quoi s’en réjouir mais c’est déjà ça ! Le fait de pouvoir acceder à la propriété dans de bonne condition de guarantie pour l’acheteur et le prêteur est un gage de qualité (relative) de notre système banquaire qui évite pour beaucoup la ruine des emprunteurs dans notre pays en cas de projet mal ficelé. Ceci explique peut être la difficulté de nos concitoyens à acceder à la propriété :ceux qui peuvent le faire ne se font pas autant exploiter que de l’autre côté de l’atlantique par contre le projet de financement doit être pérenne !


                          • Guilhem (---.---.91.97) 19 janvier 2007 17:04

                            Amusant ça, j’écris ‘bon article’ et je récolte un -1, ça c’est de la notation à la tête du client. smiley


                            • Dominique (---.---.66.121) 19 janvier 2007 21:37

                              « Commentaire constructif » signifie ici « qui apporte quelque chose au débat », indépendamment de savoir si ce « quelque chose » va dans le sens de l’article ou s’il s’y oppose. « Bon article » n’apporte rien, pas plus que « mauvais article », d’ailleurs.


                            • ZEN zen 19 janvier 2007 17:07

                              @ L’auteur

                              Voilà un article qui m’a semblé intéressant, parce qu’il aborde le problème sous un angle global, international, se faisant l’écho des graves préoccupations du FMI lui-même au sujet des problèmes que vous abordez ,ainsi que JDCh..

                              http://www.monde-diplomatique.fr/2006/10/KOLKO/13992

                              J’aimerais avoir votre réaction. Merci pour vos réponses ci-dessus.


                              • Gilles CAYE 19 janvier 2007 23:07

                                Merci pour la lecture de cet article que je ne connaissais pas. Plus simple :http://www.lesechos.fr/info/analyses/4517906.htm Il n’y a guère d’éléments que l’on puisse réfuter dans ce qui est avancé même si je trouve qu’il y a une certaine énumération plus qu’une analyse dans ce qui est décrit. Warren Buffet dit craindre également un retour de bâtons des default swap. En 2004, Paul Volcker (ancien président de la FED) indiquait que nous avions 75 % de chance de connaître une grave crise dans les 5 ans. Roach cité dans l’article, toujours assez pessimiste, a encore fait part récemment de ses grandes inquiétudes. Je n’en sais rien. Quel est le chemin d’ensemble ? D’une part, le système monétaire découplé de l’or depuis 71 a engendré une création monétaire énorme qui aujourd’hui n’est même plus quantifiable. Conséquence première : on est rassuré de savoir que les banques centrales peuvent injecter en cas de crise des liquidités et nous sauver des cataclysmes (LTCM, crise asiatique, russe, 2001). In fine, on s’interroge quant à savoir ce que vaut le dollar et tout les instruments qui ont servi à créer cette monnaie. Nous sommes insensibilisés au risque tout simplement et ne disposons plus d’étalon de valeur alors que la finance est justement là pour évaluer en permanence les valeurs et donner à chaque instant une évaluation claire. Deuxièmement, plus la création de monnaie et les effets de levier sont importants plus les banques encaissent des commissions (dérivés immobilier naissant, fusions, titrisation). Elles achètent des risques, les mettent sur le marché et le risque est mutualisé offrant ensuite multiples possibilités de couverture pour lesquelles elles touchent encore des commissions. Tout le monde est content, elles gagnent de l’argent et le monde vit en se disant qu’en cas de crise il suffira de faire tourner la planche à billet et que nous sommes couverts avec tous ces instruments. Tout le monde a intérêt à cela, c’est le chemin de la facilité qui a été suivi. Imaginons que vous soyez un roi avec un stock d’or et que pour faciliter les échanges vous créez de la monnaie papier valant 1 papier = 1unité d’or ’eh oui comment diviser l’or pour une baguette ?), puis pour continuer à prospérer et sous les pressions vous acceptez de passer à 2 papier = 1 unité d’or etc..puis vous abandonnez l’or et vous créez ce que vous voulez pourvu que la confiance suive votre papier dans chaque échange. Vous avez répondu au besoin d’échange lié à la nature même de la monnaie mais pas à la préservation de la valeur de celle-ci,(2nde condition immuable) elle est en fait dévaluée. Nul ne sait où on en est aujourd’hui et dans les risques de contrepartie si le risque est réparti plus qu’avant vient un moment où tout le monde s’auto-couvre ..c’est à dire ne se couvre plus du tout. A force votre monnaie ne vaut plus rien et vos instruments de mesure avec. Vous en doutez ? Regardez les débats sur la mesure de l’inflation..d’où viennent ils ? de statisticiens soudainement moins doués en 2007 qu’en 80 ? L’inflation c’est quoi ? l’accroissement de quantité de monnaie en circulation qu’on ne cerne plus, qui va se poser là puis repart, qui regrette même l’absence de possibilité d’investissement... Notre inflation ? 1,6 % en France, 3 % pour l’indice des loyer, + 6% pour l’indice de la construction mais l’augmentation de la masse monétaire par la BCE est de 8,5 % à 9,3 %...il faut bien que tout cela aille quelque part (dans les actifs : immobilier, actions etc, un picasso ?) 9,3 % pour une croissance de 2,6 % du PIB de la zone et alors que son objectif limite est une création de 4,5 % (soit 2 % d’inflation résiduelle + croissance PIB) Qui l’a pousse à faire cela ? Nous tous et notre penchant, notre humanité, le roi qui veut bien faire avec son stock d’or en créant une monnaie qu’il ne maîtrise plus...alors encore un peu plus etc pour lui, pour moi, pour vous..un politique qui dit au nom de millions de gens ’non n’augmentez pas les taux !’..ne pas les augmenter c’est laisser la création de monnaie filer...Aux USA vous pouviez avoir des franchises en capital d’un an, 18 mois ou avoir un crédit en amenant tout juste une feuille de paie avec le taux en conséquence sur la valeur de votre maison. Au début c’est bien, quel bon roi, à la fin...

                                L’article que j’ai présenté ici est important dans le sens où avec chaque saisie nous avons de la création de monnaie via le crédit qui revient à l’envoyeur, les prêteurs, non suffisamment capitalisés qui font faillite puis plus haut etc.. Nous assistons là à un début de suppression de monnaie, d’assèchement des liquidités pour ce qui n’est plus couvrable et maîtrisable. Le marché hypothécaire réapprend le risque : un sub prime loan ? oui mais aujourd’hui à 11 % plus à 7 %...Une couverture de sub prime loan ?...oui mais avec une prime > de 50 %.

                                C’est un petit chemin de facilité qui s’arrête sur le marché hypothécaire des prêts récents US de qualité très moyennne. Nous naviguions dans le brouillard et soudain il s’est dissipé pour certains. Quand on navigue à vue, les indicateurs embués, il y a toujours en économie un moment où les compteurs vous réapparaissent brillant de clarté avec un ciel limpide...pour un ménage, une société, un état ou un système monétaire. Quand ? en une déflagration ou dans un effort commun de refondation monétaire ? Nul ne sait mais trouver quelqu’un qui ne décrive pasce brouillard et des indicateurs illisibles devient difficile, surtout au sommet. Après les penchants d’optimisme ou de pessimisme font le reste chez chacun qui s’aventure dans le sujet.


                              • Internaute (---.---.8.79) 19 janvier 2007 17:40

                                Les taux d’intérêts remontant il est normal que des gens restent au bord de la route. N’oublions pas qu’il y à peine 2 ans les américains pouvaient emprunter à des taux presque nuls et gagner de l’argent en revendant plus cher. En effet, la vague d’acheteurs faisaient monter les prix par elle même.

                                Ces questions me laissent toujours sur ma faim. Aprés avoir regardé quelques bouquins sur le sujet j’ai compris que les banques avaient le droit de créer de la monnaie à partir de rien ou presque, l’encaisse bancaire étant d’à peine 8%. Autrement dit, lorsqu’un banquier prête de l’argent à quelqu’un pour s’acheter une maison, le banquier se contente de faire une écriture comptable entre l’exploitation et le bilan de la banque puis inscrit la somme sur le compte du client. Par contre, les intérêts sont sonnants et trébuchants, le cient devant traviller dur pour les gagner. Qu’au bout du compte, le client cesse de payer, quel est le problème ? Le banquier à gagné quelques intérêts sans aucun effort ni aucun risque. Il repasse une écriture comptable pour rendre aux oubliettes l’écriture fictive qui a supporté le prêt. Personne n’est lésé.

                                Mon raisonnement est peut-être faux quelques part mais j’aimerais bien savoir où.


                                • Gilles CAYE 19 janvier 2007 23:42

                                  Visiblement vous vous êtes documenté et les éléments que vous apportez sur la vue globale de la création de monnaie et de l’encaisse sont les bons. Votre raisonnement ensuite ne tient plus car vous passez de la globalité du système à un cas particulier, une banque pouvant tout à fait faire appel au marché pour faire crédit, prendre sur ses ressources propres ou sur les avoirs des déposants ainsi redistribués suivant qu’elle est prêteuse ou emprûnteuse dans la globalité de ses opérations. D’autre part, si on vous prête pour acheter une maison, le vendeur de cette maison a reçu cette monnaie dont il dispose et qui est parti dans le système économique en épargne ou en consommation. Votre banquier encaisse une perte avec vous en cas de non remboursement qu’il ne peut pas passer à 0 (ou dans le néant comme vous l’entendez) tant qu’il n’a pas en contrepartie la somme donnée à l’origine en retour. Il annule une dette mais n’annule pas la création de monnaie engendrée. Il faudrait faire toute l’opération à l’envers (ce qu’il fera avec une saisie sur le bien) pour ce récupérer...sinon le coût de la perte sera converti en un coût du risque donc un taux d’intérêt supérieur aux futurs clients pour se récupérer voire à un arrêt de certains prêts pour juguler le foyer de perte. C’est encore toute l’histoire de l’article. La dette contractée auprès de la banque centrale, du marché ou d’un de ses déposants sera toujours exigible et il faudrait que tout le monde annule son écriture. Le système ne vaudrait plus rien. C’est la base de la confiance qui serait détruite. Permettre de ne pas rembourser, c’est le plus sûr moyen qu’il n’y ait plus de prêt du tout ou à des conditions folles en terme de taux et de garantie. De la mauvaise dette qui détruit la monnaie et les actifs...c’est encore l’histoire de l’article


                                • Gilles CAYE 19 janvier 2007 18:49

                                  Zen et internaute> je vous répondrai un peu plus en détail dans la soirée...en attendant je vous recommande ce diaporama sur la monnaie. Beaucoup de choses puisent là dedans sur le fond :

                                  LA MONNAIE : les systèmes monétaires (Partie 1) http://www.apprendrelabourse.org/article-4074074.html

                                  Pour l’actualité, consultez : « Dis papa... combien y a-t-il de dollars sur terre ? 2006 : l’an 1 de l’ère monétaire sans mesures » http://www.apprendrelabourse.org/article-4837459.html


                                  • Zbiniew (---.---.255.195) 19 janvier 2007 19:25

                                    Le système financier a atteint ses limites, une très prochaine déflagration (attaque de l’Iran) fera exploser le système qui aura besoin d’être remodelé aux profits de quelques multinationales et oligarchies financières.

                                    Ils ont achetés le monde avec une monnaie de papier sans valeur ni contrepartie, il reste donc à détruire l’ancien système (l’actuel pour bâtir ce nouvel ordre mondial. Futur propriétaire de rien du tout, préparez-vous au nouvel esclavage !


                                    • commentator (---.---.209.2) 19 janvier 2007 21:52

                                      Vous avez l’air de vous apercevoir que les Américains vivent en permanence à crédit.

                                      En fait, leur économie est plus ou moins basée sur un système de bulles, appelées pudiquement « cycles économiques » par les économistes. L’un après l’autre, ces cycles enrichissent et appauvrissent l’économie américaine. A chaque fois, ça repart après une « épuration » du système. C’est exactement ce qui se produit en ce moment.

                                      La seule différence aujourd’hui, c’est que certains pays sont en train d’émerger économiquement sans se préoccuper du sort de l’Amérique. Le dollar s’effondre et seule la planche à billet permet encore aux USA de financer leur déficit public abyssal. Cela fait un peu fin de règne, quand même. Les USA pourraient bien y perdre leur première place économique au profit de l’UE (bien mieux régulée, quoiqu’on en pense par ailleurs).

                                      Pour ce qui est de la dette hypothécaire, je crois savoir que certains ont cherché à imposer récemment en France le système de l’hypothèque rechargeable, alors qu’on était au sommet de la bulle immobilière. Ce peut renseigne sur leur compétence économique... ou sur leurs objectifs réels !


                                      • Gilles CAYE 19 janvier 2007 23:50

                                        le système de l’hypothèque rechargeable > oui pourquoi pas ..mais ce peut être aussi un système qui bien utilisé apporte à certains pour différents objectifs une contribution positive dans la gestion de leur patrimoine.

                                        Ce n’est pas parce que dans une lointaine contrée on se tape sur les doigts avec les marteaux qu’il faut forcément les interdire dans nos magasins de bricolage smiley

                                        Encore une fois, bien expliqué et bien utilisé l’inventivité économique dès lors qu’elle ne se généralise pas en mode ou folie quelconque peut avoir des bienfaits.


                                      • Gilles CAYE 20 janvier 2007 00:06

                                        fin de règne> bien vu..ça ressemble un peu au début de la passation de pouvoir entre la livre sterling et le dollar il y a un siècle d’une certaine façon


                                      • L'enfoiré L’enfoiré 21 janvier 2007 09:58

                                        Bonjour,

                                        Bon article. Ma réaction globalement est que l’« argent est fait pour rouler ». La stagnation ne profite à personne. Pas d’investissement et tout s’arrête. Construire sa maison ou son entreprise permet d’apercevoir un avenir sous de bons auspices. Que du normal de penser à évoluer. Le risque est l’inflation qui fait peur aux grands argentiers.

                                        Mais il y a cependant un subtil équilibre à respecter. Cet équilibre est une suite de raisonnements simples et concrets : « est-ce que je peux assumer mon investissement sans mettre en péril l’ensemble de l’entreprise ? ».

                                        Les Etats-Unis, souvent, ne se posent plus cette question de sagesse. Le président Bush montre l’exemple de ce manque de rigueur monétaire. La dette ne fait qu’augmenter d’année en année. Les guerres ne sont que des gouffres dont personne, à part les marchands d’armes, ne profitent. Pas d’angélisme, mais pas de perte de reconnaissance du pour et contre. Posséder la planche à billet et une référence mondiale que représente le dollar permet d’écarter les vérités essentielles. Les autres pays européens et asiatiques renflouent par leur épargne les excès et largesses ? Mais pour combien de temps ? La confiance n’est pas éternelle. Si l’intérêt des emprunts ne peut plus être payé et c’est le grand chambardement pour tous. Cette épée de Damoclès est bien présente.

                                        Nous avons inventé, il y a bien longtemps, l’argent comme monnaie d’échange par facilité. Le troc est trop subjectif, manque de facilité dans l’usage et est imprécis dans l’évaluation de biens. Il est par contre contre balancé par des données bien établies du PIB du pays.


                                        • minijack minijack 22 janvier 2007 03:22

                                          Excellent article. La guerre en Irak serait finalement la cause de l’effondrement économique des USA. On y court tout droit et ce sera Justice.

                                          Et dire qu’il y a des gens pour critiquer la fermeté de l’Euro !

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