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Accueil du site > Actualités > Economie > Les agences de notations ne sont pas un thermomètre !

Les agences de notations ne sont pas un thermomètre !

L’annonce de la dégradation de la note souveraine de la France par l’agence Standards’& Poors a soulevé une vague de protestation à gauche et notamment de la part du Front de Gauche. Celui-ci est ainsi allé manifester sous les fenêtres de l’agence au lendemain de la décision de l’agence.

Ces réactions d’hostilité envers les agences de notations ont engendré de vives critiques de la part de la droite, reprenant la maxime « casser le thermomètre ne fera pas baisser la température », entendez les agences de notation ne seraient qu’une évaluation objective de la situation. Rien n’est plus faux.

Si on veut poursuivre l’analogie médicale du thermomètre, il faudrait ajouter que le thermomètre ‘agence de notation’ a la fâcheuse tendance de transmettre de sévère maladies nosocomiales. « Prendre la température la fait monter », pourrait-t-on dire.
Si une agence dégrade ou menace de dégrader la note d’un pays, les taux d’intérêts de la dette souveraine de celui-ci s’envolent. Son déficit et sa dette augmentent. Malgré tous ses plans d’austérités successif, le PIB de la Grèce est ainsi passé de 125% à 160% du PIB en 2 ans ; notamment à cause de ses taux d’intérêts élevés. Cette augmentation de la dette peut alors justifier une nouvelle dégradation, comme c’est le cas pour l’Italie. On entre alors dans un cercle vicieux dont il peut être difficile de sortir.
Et dans le secteur médical, que fait-on quand un service hospitalier est infesté de maladies nosocomiales ? On le ferme pour le désinfecter ! Idem pour les agences de notation. La fermeture d’urgence des agences de notation, le temps de refonder un système sain paraît une mesure de salubrité publique !
 
Au-delà de l’analogie médicale, on peut légitimement s’interroger sur la fiabilité du « thermomètre ». Rappelons juste quelques hauts faits d’armes de ces agences :
En 2001, la société Enron fait faillite ; ce sera, l’une des faillites les plus retentissantes de l’histoire économique moderne. Cette société était pourtant classée A par les agences de notation dans l’année qui précédait. Les agences n’ont rien vu.
La même histoire se réédite en 2008, en pire. La plupart de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les « obligations pourries » issus des subprime américaine étaient là encore classées A au moment où éclate la crise du même nom. La société Lehman Brother dont la faillite en a été le déclencheur était même classée AAA ! Là encore, les agences n’ont rien vue. Tant de cécité force le respect.
Dernier exemple, la dégradation de la note des USA par Standards’& Poors. Le trésor américain a protesté en rappelant que l’agence avait fait une erreur de 1 000 milliards de $ -excusé du peu - dans l’évaluation de la dette américaine. D’ailleurs, les autres agences n’ont pas imité Standards & Poors. Mais le mal est fait.
 
Enfin, et surtout, on doit légitimement s’interroger sur la prétendue ‘neutralité’ des agences de notations. A cet égard, le timing des deux dernières annonces concernant la France est particulièrement intéressant.
L’agence Standards & Poors a annoncé « mettre sous surveillance négative » la note de la France début décembre. Soit quelques jours AVANT le sommet européen du 9 décembre qui devait prendre d’importantes décisions économiques. En faisant cette annonce avant le sommet, l’agence s’est mise en position d’influencer le sommet. A l’inverse, si elle avait émis son son annonce après le sommet, elle aurait été en mesure de juger les décisions qui y auraient été prise sans influence. On voit le choix – politique – qui a été fait.
Le même scénario se répète en janvier. La dégradation de la note de la France a été annoncée AVANT un sommet social, PENDANT le débat sur la TVA sociale. Là encore, on peut dire que l’agence s’est mise en position d’influencer le débat politique français.
D’autant qu’il faut rappeler que la mise sous surveillance négative indique une possible dégradation de la note dans l’année qui suit. Dans le cas de la France, la dégradation a eu lieu moins de 2 mois après ; aussi est-on en droit de se demander si l’agence a réellement pris le temps de réévaluer la situation économique de la France entre la mise sous surveillance et la dégradation effective de la note.
 
Bref, les agences de notaitons ne sont pas un thermomètre objectif. Au contraire, elles jouent de leur pouvoir pour influencer les politiques gouvernementales et empirent le mal qu'elles sont censées évaluer.
 
Il est urgent de refonder le système, comme le propose le Front de Gauche. La dette souveraine d’un état ne doit pas être un objet de spéculation. Pour cela, sans rentrer dans les détails, le Front de Gauche propose plusieurs pistes :
  • Prêt à taux très faible de la BCE aux Etats (0.01% par exemple, suggère Michel Rocard) en refondant les traités. [Ou à défaut, on peut contourner les traités : la BCE peut prêter à 0.01% à un pôle publique de crédit que le Front de Gauche se propose de créer. Celui-ci prêtera à son tour à l’état à un taux très faible. Même à 0.02%, ça lui fera encore une marge confortable, vu les milliards d’euros en jeu].
  • Emprunt « forcé » par la loi. La loi imposerait que les banques et les gros épargnants (au-delà d’un certain plafond à définir) soit obligé de placer une partie de leurs économies en obligation d’état à taux fixe et faible [Et donc indépendant de la spéculation boursière]
  • Audit sur la dette pour récuser la « dette illégitime »

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8 réactions à cet article    


  • eric 15 février 2012 12:04

    On pourrait aussi imprimer des assignats !
    Au fond le plus attendrissant dans ces delires, c’est la reverence gardee pour les formes. Elle revele une sorte de fascination pour un phenomene incompris. l’idee que si on fait semblant, cela devrait faire comme si....
     Pourquoi en effet 0,01%.
    C’est un interet negatif. Avec une inflation a quelque pourcent cela veut dire que le preteur paye pour preter son argent et d’un point de vue logique, on ne voit pas pourquoi il faudrait se compliquer les calculs avec ce 0,01, ni meme au fond ce que cela changerait si on le taxait a quelques pourcent pour chaque pret.

    Le fait que ce soit une banque centrale n’y change rien. A la fin sous forme d’inflation ou de deplacement de la consommation, il y a bien un transfert reel entre acteurs economiques.
    A la fin, les acteurs economiques sont toujours des personnes concretes. Ici il s’agit pour l’etat de depenser plus sans contrainte. En echange de service public me direz vous. Certes ! mais ce sont des consommations pour lesquelles on a pas le choix. Elles sont administrees.

    L’idee est donc bien de diminuer la part de richesse pour laquelle les menages ont le choix en faveur de celle qu’ils ne choissisent pas. Au passage, de financer les administrateurs, d’autantplus nombreux qu’ils gerent plus d’argent

    Onpeut appeller cela 0,01%, faire payer les riches ou tous ce que l’on veut pour le cacher, mais le but est quand meme de gerer la vie des gens a leur place ce qui est assez liberticide et d’operer un transfert des menages du prive a ceux du public..... et en plus, cela n’a jamais marche....


    • yazan 15 février 2012 12:29

      A grand pouvoir, grande responsabilité. Il convient oui de s’interroger sur qui finance les agences de notations, pour commencer. Et si ces agences commettent des erreurs, si nous sommes en guerre économique, pourquoi ne pas considérer ces erreurs comme crimes de guerre économique ? (genre : http://www.citylop.com/ces-fonds-dinvestissements-qui-senrichissent-sur-le-dos-du-contribuable/ )

      En les laissant faire, nous ne serons rien d’autre que des larbins !


      • Ollisters Ollisters 15 février 2012 13:04

        Je me demande de plus en plus sérieusement si cette crise n’est pas orchestrée de toutes pieces par des intérêts particulier.


        Je suis les merdias (lobotomie ?) depuis une quinzaine d’années, j’avais jamais entendu parler de ces fameuses agence de notations... Et voila que soudain ce sont eux qui font la pluie et le beau temps dans l’économie occidentale et mondiale par extension.
        Et qui aggrave un peu plus la crise a chaque fois qu’on entend parler d’eux...

        Je crains qu’il y est un projet bien supérieur, l’ennemi va pas tarder a sortir de l’ombre, il avance ses pions, et va tenter de mettre la liberté échec et mat. combien de tours d’avance a t’il ???

        Cet homme avait en bonne partie compris, c’est pas pour rien si Roosevelt n’a pas voulu de lui sur la photo du sommet de yalta

        • eric 15 février 2012 15:49

          A ollister, c’est pourtant evident non ? Tous les medias d’opinion nous parlent majoritairement des agences de notation. Tous ils survivent grace a l’Etat. subventions postales, statut fiscal specifique des journalistes, aides a la presse, attributions de frequences, autorisations, publicites institutionelles, etc....
          Regardez la liste des pays qui ont des notes maximales. ce ne sont meme pas ceux qui imposent le moins, mais ceux qui se sont mis a controler leurs depenses publiques pour les mettre au service du peuple.La suede par exemple, apeine moins imposee que nous mais ou a l’ecole, le niveau monte, et ou les inegalites sociales sont moins graves, le tout apres des reformes de l’etat.
          Regardez ceux dont les notes ont baisse. Vous avez la liste de ceux ou a chaque tentative de reforme, des lobbies de gens peu nombreux mais tres organise desendent dans la rue aux cris de des credits des postes la refome ne passera pas.
          Depuis 30 ans, les impots augmentent, le nombre de fonctionnaire augmente, leurs salaires augmentent, la dette augmente, et la qualite du service public se degrade. Vous imaginez qu’il n’y a pas de lien entre tous ces phenomenes ?
          Mais bien sur les medias nous parlent des agences de notation....


          • yazan 15 février 2012 17:08

            Correction :

            • Les services publics se décradent parce qu’ils n’ont plus les moyens de fonctionner (RGPP de Sarkozy entres autres...)
            • Les impôts des moins fortunés augmentent, ce n’est pas le cas des très très riches qui échappent de plus en plus à l’imposition, soit parce que certains nous rabachent qu’il ne faut pas faire fuir ces très riches (mais on s’est aperçu depuis 5 ans qu’ils continuent de partir ailleurs même lorsqu’un Sarkozy les couvre de cadeaux, l’appât du gain sera toujours le plus fort et s’il n’y a plus d’état pour les réguler, c’est la fête au chateau !), et surtout parce que les richesses partent désormais dans la sphère financière, la spéculation, que les états se sont toujours refusés à taxer (l’écart entre les revenus du travail et ceux de la finance s’est considérablement accru en 30 ans),
            N’est ce pas surtout de ce côté qu’il faut regarder ? On produit bien plus de richesse aujourd’hui qu’il y a 30 ans, mais depuis que ces richesses ne sont plus redistribuées avec décence, il ne faut pas s’étonner de la situation.

          • Ollisters Ollisters 15 février 2012 20:09

            Le soucis c’est qu’on est entrer dans une nouvelle ère, depuis bien longtemps, nous ne sommes plus dans une société de consommation mais de SURconsommation, attention je ne remet aucunement en cause le confort acquis grâce aux progrès et a la libre circulation des idées.


            Mais il suffit d’ouvrir les yeux, on reçoit des tonnes de prospectus, les produits contiennent des emballages parfois trois fois plus imposant que le produit qu’il contiennent ( ce qui a un coût, qui se finance généralement au détriment de la qualité du produit lui même), la plupart des produit ne sont plus fait pour durer mais sont conçu pour etre a durer de vie très limitée, pour pousser au remplacement et ainsi a la consommation, on gaspille les ressources de la planete et on nous laisse entendre que la planete est surpeuplée, elle l’est pour ce mode de consommation sans aucun doute, l’agréssivité commercial des societé qui se fait de plus en plus ressentir et qu’on ne control même plus, de plus en plus les commerciaux se tapent l’incruste sous les particulier et usent de publicité mensongère ou de mensonge tout court pour nous vendre leurs trucs.

            Les gouvernement en sont complice depuis quelques années, il vendent a des interet privés, des entreprises d’interet générale garant de l’indépendance national (edf, gdf, france telecom, les autoroutes, etc) qui ont été financer par l’état a la base, sous prétexte de compétitivité, dans les faits on n’a jamais vu les prix baisser, en revanche la qualité n’a guère évoluer non plus. pourtant elles ont été rentabiliser depuis longtemps.
            Alors que selon moi ces entreprise qui sont aujourd’hui bénéficiaire, devrait être renationalisée, non pas pour spécialement en baisser les prix, mais pour que les bénéfice engendré aille a ceux qui ont financer leur développement, le contribuable. ces bénéfice pourrait servir a financer d’autre service de l’état qui ne créer pas de rentrer d’argent mais assure l’avenir (éducation nationale, recherche, etc...).

            Il y a trop longtemps que nous sommes en paix et qu’internet est libre, du coup le peuple se met a penser de plus en plus, il devient une nécessite vitale pour l’oligarchie de nous mener vers une troisieme guerre mondial et reprendre un parfait control de l’information (propagande ? endoctrinement...) qu’ils ont partiellement perdu, aveuglé par leur appât du gain.

            Il y aurait tant a en dire de ce qui se joue actuellement, si le peuple se réveille pas nous allons entrer dans l’esclavage moderne des masses.

            • geronimo87 geronimo87 15 février 2012 22:48

              Bonsoir à tous.
              Que feront les agences de cotation quand elles auront tout dégradé ??????????????


              • Aldous Aldous 16 février 2012 07:57

                Les gènes de notation sont un avantage stratégique pour le système dollar.


                C’est indéniable.

                Une réforme du système monétaire passe par un changement du système de notation.

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