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Les arrières pensées de l’intervention de la Banque du Japon

Elles ont commencé par réduire brutalement leurs taux d’intérêts avant de se résigner aux baisses de taux quantitatives - c’est-à-dire à acheter quasiment tous les papiers valeur émis par le marché – quitte à gonfler démesurément leurs bilans. Aujourd’hui, nos Banques Centrales, qui sont acculées avec des taux à zéro et des économies stagnantes, se rendent compte de l’impact plus que limité de ces politiques ultra Keynésiennes. Cela dit, jamais à court d’imagination dès lors qu’il s’agit d’inonder les économies et les marchés de liquidités, elles ont fait feu la semaine dernière à l’aide la dernière munition encore à leur arsenal, à savoir l’intervention sur les marché des Changes !

C’est à cette aune qu’il convient en effet d’interpréter l’intervention sur de la Banque du Japon qui a acheté 23 milliards de dollars contre le Yen. Paradoxalement, cette manipulation de la valorisation de sa devise n’a suscité nulle protestation au sein d’une Administration US qui vilipende pourtant quasi quotidiennement la Chine pour maintenir sa propre monnaie à des niveaux ne reflétant pas sa réalité économique. En réalité, ces interventions sur les Changes arrangent considérablement les affaires nippones et procurent un sursis bienvenu à une consommation Américaine exsangue. Ces dollars acquis - et ceux qui seront immanquablement achetés par la suite - seront réinjectés par le Japon dans les Bons du Trésor américains, permettant ainsi de stimuler l’économie de ce pays et de motiver les consommateurs US à ... acheter à leur tour des biens de consommation "Made in Japan".

Les autorités japonaises parviennent certes ainsi à sauver du désastre leur économie fragile en maintenant tant bien que mal leurs exportations. En réalité, le Gouvernement nippon subit un lobbying intense émanant du très puissant secteur industriel qui exerce une pression constante visant à intervenir afin d’affaiblir le Yen. Les problèmes structurels de l’industrie japonaise et l’inertie de ses dirigeants la condamnent en effet à concentrer tous ses efforts sur le marché américain plutôt que de s’adapter aux pays émergents et ce en dépit de la fatigue extrême du consommateur US... C’est ainsi qu’une pression continue donc maintenue sur les autorités japonaises (sommées de manipuler le Yen) par une industrie qui vit de sa gloire passée et qui est en tous cas très réticente à se remettre en question. Ce raffermissement, certes artificiel du billet vert vis-à-vis du Yen, leur permet ainsi de retarder au possible les indispensables restructurations dont aurait besoin l’industrie de leur pays.

En fait, les responsables nippons - pas nécessairement plus courageux que les autorités américaines - agissent envers leur citoyens à la façon des Gouvernements US successifs ayant tenté coûte que coûte de sauver leur marché immobilier, fût-il grossièrement sur évalué. Les Américains ne se sont-ils effectivement pas acharnés à maintenir des valorisations immobilières déconnectées des réalités avec des liquidités qui auraient pu être nettement plus utiles à leur industrie et à leur recherche ? De la même façon, les Japonais ne cherchent-ils pas à stabiliser les cours du dollar au lieu de forcer aux indispensables réformes de leurs industries ?


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1 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 24 septembre 2010 13:05

    Est-ce que la France n’est pas aussi dans la même sur-évaluation de l’immobilier ? En 1984 j’ai acheté une jolie maison dans l’ouest parisien (vendue depuis malheureusement) avec un grand terrain pour exactement 1,6 fois mon salaire brut annuel, au niveau maximal d’endettement possible (10% d’apport initial financé pour moitié par la caisse des cadres). Aujourd’hui n’importe quelle baraque un peu chic en bordure d’une grande ville vaut 300 à 400.000 euros, qui divisés par 1,6 donnerait un salaire brut annuel de 187 à 250.000 euros. Qui gagne cela aujourd’hui ? Il y a là un véritable problème qui va nous exploser à al figure dans pas longtemps.

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