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Accueil du site > Actualités > Economie > Les banquiers vous diront qu’ils ne créent pas de monnaie... pourquoi (...)

Les banquiers vous diront qu’ils ne créent pas de monnaie... pourquoi ?

Bien qu'il s'agisse d'un article un peu "technique", j'espère que le lecteur comprendra mieux pourquoi les banquiers vous répondront en général "mais je ne crée pas de monnaie, je me contente de prêter les dépôts".
Heureusement nous savons tous maintenant que les banques secondaires créent la monnaie scripturale dont nous nous servons. Cet article a pour but d'éclairer les esprits sur ce sujet difficile.

JPEG - 111.8 ko
Banquiers - Monnaie
Image source : https://www.flickr.com/photos/truthout/4150828177/sizes/m/in/photostream/
par Truthout.org https://www.flickr.com/photos/truthout/
(CC BY-NC-SA 2.0) https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/

Plutôt que de répéter la démonstration qu’on trouve habituellement dans tous les livres d’économie, à savoir l’explication par étape en considérant d’abord que tout le système n’existe qu’au sein d’une seule banque, puis en introduisant deux banques avec des parts de marché différentes, puis pour finir en introduisant une banque centrale dans la démonstration (banque centrale qui seule peut satisfaire à la demande de monnaie centrale, la plus connue étant la monnaie dite « fiduciaire »), essayons de nous mettre à la place du « petit » banquier, simple directeur d’agence.

Dans son activité, ce banquier, trésorier d’agence, ne s’inquiète pas de savoir s'il crée de la monnaie ou pas : le banquier-trésorier va uniquement chercher à équilibrer ses comptes à la Banque Centrale (la « banque des banques »), par rapport aux autres banques. Si sa banque prête trop par rapport aux autres, c'est le système qui va la rappeler à l'ordre, car il faudra soit qu'il s'endette auprès des autres banques (et les lignes de crédit ne sont pas illimitées), soit qu'il mobilise des actifs sur le marché monétaire (et là non plus, son bilan n'est pas inépuisable....)

1 - Au niveau d'une banque prise isolément, les deux positions suivantes correspondent à l'expérience du banquier :
a) il crée des dépôts en achetant (en monétisant) une créance (une reconnaissance de dette) et en payant cet achat de créance par une inscription immédiate du montant au crédit du compte à vue du client, lequel pourra utiliser ce compte pour régler ses dépenses.
b) il a besoin de dépôts car il va devoir financer son déficit de trésorerie vis à vis des autres banques (si ce n'est pas le cas il devra se refinancer en monnaie centrale car pour avoir des comptes équilibrés en elles, les banques doivent "marcher au même pas" entre les parts de marché de crédits et les parts de marché de dépôt dans une zone monétaire ).

Donc le banquier isolé n'a pas le sentiment qu'il peut créer de la monnaie avec son stylo, parce qu'il faudra bien qu'il "finance" le prêt qu'il a accordé.

2 - Au niveau du système bancaire dans son ensemble, toutes les banques prêtent (elles font toutes le point 1a ci-dessus), et vont donc (pas forcément consciemment) se refinancer les unes les autres.

Prenons un cas très simple où la monnaie n'est composée que de dépôts bancaires (pas de réserves obligatoires ni de demande de billets de la part de sa clientèle, la seule nécessité restant la compensation interbancaire) et où l’ensemble des dépôts des clients dans tout le réseau bancaire est de 100 000.

Supposons une toute petite banque A qui fait 1% de part de marché de l'ensemble des dépôts toutes banques confondues. Les dépôts de ses clients sont donc de 1 000 et la part de marché des autres banques prises dans leur ensemble est donc de 99% de l’ensemble des dépôts, ce qui représente un total de 99 000

Supposons que cette banque A augmente ses crédits (et donc – instantanément - ses dépôts à vue) de 100 (10%). Elle va devoir financer 99 (la quasi totalité) qui part vers les autres banques (les fuites), puisque 99% des comptes à vue sont détenus par des clients dans les autres banques (toutes choses égales par ailleurs).

Mais, heureusement, les autres banques vont aussi prêter (si elles ne le faisaient pas, elles perdraient une partie de leur clientèle qui irait vers la banque prêteuse et donc des dépôts), c'est-à-dire créer des dépôts et subir des sorties qui vont aller vers les autres banques.
Supposons donc que les autres banques augmentent leurs crédits/dépôts à vue de 10% également, c'est-à-dire de 9 900. Elles vont subir globalement une fuite de 1% de 9 900 vers la banque A soit 99.

La banque A reçoit donc ces 99 sous forme de dépôts, lesquels vont "financer" le crédit qu'elle a consenti, mais on comprend bien que le crédit qu’elle a fait précède les dépôts.

Donc, le système bancaire dans son ensemble aura créé 10 000 de monnaie de crédit, mais chaque banquier-trésorier aura eu le sentiment qu'il les a financés par des dépôts venant des autres banques et qu'il a ainsi mobilisé de l'épargne préexistante. Ainsi, le témoin extérieur de cette opération aura l’impression que ce sont les dépôts à vue qui sont prêtés, alors qu’il s’agit de création monétaire par le crédit, créant ces dépôts.

Dans ce qui précède la simplification est patente. Un réseau bancaire (« une banque »), lorsqu’il monétise des créances, est tenu de disposer :

a) Dans son bilan, de sensiblement 8% (qui peut descendre à 4%) des crédits en cours sous forme de capitaux propres pondérés formant une « base de capital » (ratio Mac Donough dans le cadre des règles de Bâle III). Il n’y a évidemment pas de dépôt de ces 8% en banque centrale, mais ce sont ces besoins de 8% de fonds propres qui expliquent l’idée que les banques peuvent créer 12,5 fois la monnaie qu’elles détiennent.

b) d’une certaine quantité de monnaie centrale correspondant à ce que l’on nomme « fuites », et qui correspond 1) à la demande de monnaie fiduciaire par le secteur non bancaire, 2) aux réserves obligatoires – montant bloqué en Banque Centrale – et correspondant à 1% des dépôts (dépôts à vue, dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à deux ans, dépôts remboursables avec un préavis inférieur ou égal à deux ans, titres de créances d’une durée initiale inférieure ou égale à deux ans), 3) aux besoins de compensation qui se produisent dans les cas montrés ci-dessus.

S’il est connu que l’ensemble des réseaux bancaires (puisque les compensations entre les banques s’annulent), peut émettre une quantité limitée de monnaie scripturale (reconnaissances de dettes), à partir d’une quantité donnée de monnaie centrale qu’il détient ou qu’il peut se procurer. Ce coefficient multiplicateur est connu de tous les économistes et il est égal à 1 / [X + Z (1 – X)] (avec X le coefficient de préférence pour les billets et Z celui des réserves obligatoires).
Un exemple avec X=13% des dépôts et Z=2% des crédits donne ce multiplicateur théorique (encore faut-il la demande ou la faiblesse d’une épargne préalable proposée sur le marché) à 6,7842.

Néanmoins, dans un document du 6 mai 2009, Patrick Artus a confirmé que les banques n’utilisaient pas totalement ce pouvoir de création monétaire : « Une porosité entre base monétaire et masse monétaire est le multiplicateur monétaire. Or, il s’est effondré. Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir de 1000 euros de monnaie banque centrale, leur capacité de création monétaire est tombée à 3500 euros depuis Lehman. »

Pour finir n’oublions pas de préciser que lorsqu’un emprunteur rembourse, à sa banque, le capital emprunté (et dépensé), sa banque efface sa reconnaissance de dette : la monnaie est ainsi détruite (nous ne parlons pas ici des intérêts). En effet la création de monnaie scripturale par un réseau bancaire est stricto sensu l’inscription simultanée du montant du crédit sur le compte de l’emprunteur qui va ainsi pouvoir payer ses fournisseurs, parallèlement à l’inscription de la dette (je préfère dire « la garantie »), à l’actif du bilan de la banque. Inversement, le remboursement du prêt équivaut à la suppression simultanée de l’inscription à l’actif et du montant équivalent sur le compte de l’emprunteur (qui avait donc dû le rendre créditeur du même montant) : il n’y a pas de transfert du capital remboursé de la part de l’emprunteur vers la banque.

Je précise bien que nous avons parlé ici de la création de « monnaie » bancaire privée scripturale et non du second rôle des banques, celui de « circulateur d’épargne ». Comme l’écrit André Chaîneau : « L'étonnant est que pendant très longtemps - et peut-être même encore ! - la création monétaire a été ignorée comme élément des moyens de financement de l'économie ! En effet, la théorie limitait l'offre de fonds prêtables à n'être qu'une offre de ressources épargnées par les agents du secteur non bancaire, une offre qui ne débordait pas du cadre de ce secteur non bancaire. En conséquence, le secteur bancaire était ignoré ! Mais le problème que les banques vont maintenant poser n'est évidemment pas celui de leur existence, mais celui de leur double fonction. Elles ne sont pas seulement les institutions créatrices de monnaie étudiées jusqu'à maintenant ; elles sont également des institutions collectrices d'épargne. Aussi participent-elles au financement de l'économie non seulement en y injectant de la monnaie, mais également en y faisant circuler l'épargne. »

Mais, d’où vient cette épargne préalable ? Qui l’a « fabriquée » à l’origine ? Je vous laisse y réfléchir.


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93 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 16 juillet 2014 12:04

    voir ce PPS, trés edifiant :

    voir : PPS : COMMENT POUSSE LA MONNAIE


    • diogène diogène 16 juillet 2014 12:43

      Article très condesendant !

      Tous les lecteurs ne sont pas des analphabètes ni des élèves de primaire.
      Les adultes ont besoin d’analyses, pas de leçons !!

      • Abdu Abdu 17 juillet 2014 15:22

        Oui, enfin.
        Je cause le français, le sujet m’intéresse, mais pour moi, c’était encore trop compliqué et j’ai décroché sans tout comprendre...
        On n’est pas égaux devant ces sujets.
        Les efforts de vulgarisations ne sont pas inutiles si on veut qu’un jour tout le monde sache comment ça marche...


      • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 17:08

        @Abdu

        Essayons de simplifier :


        - En comptabilité, au bilan, l’actif est ce qui vous appartient ou ce qu’on vous doit, le passif est ce que vous devez


        - les banques créent la monnaie secondaire (scripturale) en « monétisant » des actifs non monétaires. « Monétiser » c’est « fabriquer de la monnaie » . Par exemple une banque reçoit d’un emprunteur une reconnaissance de dette (qui est un actif pour elle) et porte au compte de l’emprunteur l’équivalent convenu en monnaie secondaire.


        - Chaque banque crée ainsi sa propre monnaie (monnaie S.G., monnaie BNP, monnaie xxx)


        - On peut se poser la question de savoir pourquoi les comptes bancaires de ses clients sont des dettes pour les banques. Réponse : parce qu’elles ont l’obligation légale de transformer sur demande ces comptes bancaires en monnaie de Banque Centrale, monnaie qu’elles ne peuvent produire.


        - D’autre part les banques entre elles n’acceptent pas la monnaie de leur concurrentes (elles ne se font pas réellement confiance) et de ce fait « compensent » entre elles entre leurs comptes à la banque Centrale et uniquement en monnaie centrale.


        - Lorsqu’une banque crée (émets) de la monnaie secondaire qu’elle porte au compte d’un de ses client-emprunteur, celui ci va payer ses fournisseurs avec ce montant. Une partie va donc se retrouver sur des comptes de fournisseurs, dans d’autres réseaux bancaires, au prorata de la part de marché des dépôts des autres banques et au prorata de sa part de marché dans la banque émettrice.


        - Les autres banques vont demander à la banque émettrice la compensation en monnaie centrale .


        Maintenant je crois que vous pouvez reprendre mon explication sur l’article, en vous souvenant que Keynes disait que les différentes banques doivent « marcher au même pas », c’est à dire que leurs « parts de marché » des crédits et des dépôts doivent rester identiques (si une banque fait plus de crédit, il faut qu’elle augmente sa clientèle au prorata, et si elle augmente plus sa part de clientèle – et comme les dépôts de ses clients sont des dettes – il vaudra mieux qu’elle augmente sa part de crédits pour rester « équilibrée »).


      • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 16 juillet 2014 13:01

        @Diogène
        Vraiment désolé que vous ayez pris ainsi cet article. Je voulais juste être pédagogue.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 18 juillet 2014 08:46

            Merci Gollum de m’avoir permis de (re ?)découvrir ce texte extrêmement pertinent car il pointe vers l’origine sacrée de la monnaie.
            Mais il reste un long chemin pour en dégager l’origine sacrificielle. Même Aglietta & Orléan ou Graeber se sont arrêtés en chemin.
            Je trouve extrêmement puissante cette grille de lecture qualitatif/quantitatif car elle ratisse large et même profond puisqu’encore une fois c’est vers la perte du sacré qu’elle pointe.
            La portée en reste toutefois insuffisante pour toucher le « fond des choses » qui, selon moi, en girardien convaincu, se trouve dans l’origine des culures humaines, le sacrifice.
            C’est bien sûr une très longue histoire et ce n’est pas ici le lieu pour l’évoquer. J’espère y revenir avant longtemps. Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête... ;-(


          • joletaxi 16 juillet 2014 14:28

            tiens revoilà Mr. Jacques et son toc

            je vous conseille, mais à quoi bon, d’aller faire un commentaire sur l’intéressante( enfin, pas pour vous évidemment) discussion qui a lieu au sujet de la création monétaire ex nihilo, ici

            http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/creation-monetaire-sortir-des-154163?debut_forums=0#forum4074920

            encore une fois, écrivez les lignes comptables que va inscrire une banque qui accorde un prêt à son bilan, plutôt que vote galimatias indigeste et un peu abscons.


            • joletaxi 16 juillet 2014 14:28

              tiens revoilà Mr. Jacques et son toc

              je vous conseille, mais à quoi bon, d’aller faire un commentaire sur l’intéressante( enfin, pas pour vous évidemment) discussion qui a lieu au sujet de la création monétaire ex nihilo, ici

              http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/creation-monetaire-sortir-des-154163?debut_forums=0#forum4074920

              encore une fois, écrivez les lignes comptables que va inscrire une banque qui accorde un prêt à son bilan, plutôt que vote galimatias indigeste et un peu abscons.


              • Pyrathome Pyrathome 16 juillet 2014 21:24

                un peu abscons.
                .
                Dans ton cas c’est pas qu’un peu, mais beaucoup et sans l’abs pour freiner......


              • zygzornifle zygzornifle 16 juillet 2014 14:30

                Parce qu’ils ont notre or ......


                • Qaspard Delanuit Qaspard Delanuit 16 juillet 2014 15:30
                  « Article très condesendant ! »

                  Etrange remarque, je n’ai pas eu ce sentiment en le lisant !

                  • Xenozoid Xenozoid 16 juillet 2014 15:48

                    car il la détruise avec des guerres, que le bon peuple aime,sans les papiers le pouvoir invente autre chose , n’est ce pas ?depuis que tout est dans les mains des propriétaires, qui produise assez d’esclaves pour ne leur donner le choix que de voter, de se plaindre, et surtout de faire la guerre pour savoir qui se plaint le plus ou le moin « librement »,m’enfin,c’est ridicule


                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 16 juillet 2014 18:18

                      Merci, c’est très pédagogique.
                      Mais cela ne répond aucunement aux problèmes que pose l’euro dans la situation présente... Et en quoi cette monnaie est-elle une machine de guerre contre les peuples ?

                      C’est l’inventeur de l’euro, Robert Mundell, qui l’explique :


                      « Quand viendra la crise, l’euro fera vraiment son travail.
                      Le retrait du contrôle du gouvernement sur la monnaie empêchera alors l’utilisation de politiques monétaires et budgétaires keynésiennes, par les vilains petits élus, pour sortir la nation de la récession. »

                      « Les nations économiquement désarmées, n’auront plus comme solution que de dérèglementer le droit du travail, privatiser en masse les entreprises d’ état, réduire les impôts et envoyer les Etats providence en Europe aux égouts ».

                      Les sujets théoriques, c’est bien, mais la stratégie délibérée contre les peuples de l’euro, c’est maintenant.

                      • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 16 juillet 2014 18:35

                        Ce n’était pas le sujet de cet article (qui est une explication concernant tous les systèmes à réserve fractionnaire), mais je suis tout à fait d’accord avec vous concernant le rôle néfaste de l’euro.


                      • Hervé Hum Hervé Hum 16 juillet 2014 19:59

                        Mais, d’où vient cette épargne préalable ?

                        Fastoche, elle vient d’une part de la propriété matérielle et d’autre part... De toutes les dettes non remboursées !

                        Qui l’a « fabriquée » à l’origine ?A l’origine, là c’est peut être pas évident, mais pourquoi a t’elle été fabriqué, là il peut être répondu facilement... Pour distinguer l’esclave du serviteur !

                        Et la raison de son existence est strictement identique aujourd’hui.

                        La monnaie comme valeur d’échange est une conséquence, non la cause...

                        Car si l’espace se divise en propriété de la terre, le temps se divise en propriété ou capitalisation monétaire.

                        Vous ne me croyez pas ? Voyons, existe il une autre façon d’augmenter son temps de vie autrement qu’en s’aliénant celui d’autrui ? Non, vous pouvez augmenter votre espace physique, mais pas votre temps physique, sauf en prenant celui d’autrui.

                        Un film le montrait très bien, « time out »

                        Le reste c’est comme on dit, de la littérature pour divertir...


                        • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 08:43

                          Non , elle vient des crédits en cours accordés par le système bancaire. Une partie des crédits « tourne » dans l’économie sous forme de monnaie dite « liquide » (ne pas confondre avec les espèces), une autre partie (environ 50% ) est « placée » à plus ou moins long terme, de quelques jours à 2 ans.


                        • Hervé Hum Hervé Hum 17 juillet 2014 09:39

                          Bonjour monsieur Holbecq

                          Il se peut que j’ai mal compris la question posé, toutefois, de mon point de vue, cette épargne est non pas comme je l’ai écrit, une « dette non remboursé » (sauf au moment de crack boursier) mais plutôt une « dette non réclamé ».

                          La monnaie comporte en elle un coté crédit et débit dès l’instant où elle est crée. Qu’elle que soit la manière dont elle est crée et utilisé. Cela signifie que l’épargne préalable consiste à poser un crédit sans réclamer la dette correspondante, mais un intérêt sur cette dette.

                          Ne vous en déplaise, la partie débit de la monnaie est une dette, non une garantie. Autrement dit, la garantie est l’intérêt de la dette, non la dette elle même. C’est la garantie qui fait placer la dette dans tel ou tel système. Une garantie élevé donnera des taux d’intérêts faibles, voir très faible, andis qu’une garantie faible voir nulle, donnera des taux élevé mais avec le risque de perdre la « dette non réclamé » ou épargne.

                          C’est une approche légèrement différente de ce qui est « servie », mais de mon point de vue c’est la bonne et je suis prêt à en débattre.

                          Cela parce que comme je l’ai écrit dans la suite de mon 1er commentaire, la monnaie n’est pas une valeur d’échange des biens, mais du temps de vie dédié (à autrui). Dès lors, l’argent est toujours une dette et un crédit. Une dette (temps) détenu par le porteur, sur l’ensemble de la société nécessiteuse ou demandeuse de crédit (temps).

                          Le problème de cette approche de la monnaie, c’est que « faire travailler l’argent » par les méthodes d’usures ou spéculative, apparaît totalement immoral, non éthique et finalement malsain. Parce que la monnaie n’est plus attachée aux choses, mais aux êtres par le temps. Un bien dont le capital est maximum à la naissance et nul à la mort. Donc, qui ne peut être épargné ou spéculé que sur la vie des gens et non des choses.

                          Vous n’avez d’ailleurs pas répondu sur ce point de la nature de la monnaie !


                        • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 11:45

                          Vous avez un avis tranché qui n’est pas le mien, je ne vais donc pas essayer de vous convaincre de quoi que ce soit.
                          Vous me posez la question de mon point de vue sur la nature de la monnaie.
                          Ma réponse - considérant l’émission monétaire actuelle - est très classique : la monnaie est une dette de banque qui circule, un élément du passif bancaire accepté comme moyen de paiement.

                          Mais vous savez que je suis partisan d’une monnaie uniquement centrale, monnaie permanente sans intérêt lors de son émission (monnaie pleine, SMART/100% monnaie).

                          Je préfère définir la monnaie par ses fonctions qui n’ont pas changé depuis Aristote : unité de compte, intermédiaire des échanges ( palliatif des problèmes de troc), réserve de valeur.

                          Quand au problème de l’intérêt j’admets fort bien qu’une épargne puisse être prêtée avec intérêt (raisonnable) : on ne peut forcer un épargnant de se dessaisir de son épargne sans l’indemniser. Un système qui bannirait l’intérêt aboutirait à ce qu’aucune épargne ne soit plus investie . Ce que je n’admet pas c’est que le système bancaire demande un intérêt sur une pure création monétaire (« ex nihilo »).


                        • Hervé Hum Hervé Hum 17 juillet 2014 14:10

                          Merci pour votre réponse.

                          Je ne vais pas accaparer votre temps et mon commentaire n’exige pas de réponse.

                          Juste pour insister sur l’importance de revenir sur la nature de la monnaie. Aristote à défini la fonction de la monnaie et n’appelle pas de contestation en elle même, par contre, de sa nature dépend la manière de l’utiliser. Or, la monnaie est aujourd’hui utilisé pour défendre la propriété, non la responsabilité. La question aujourd’hui posé est de savoir s’il faut continuer à défendre la propriété ou bien la responsabilité ? Si votre réponse penche pour la responsabilité, alors, il faut reconsidérer l’image que nous avons de la nature d’être de la monnaie, c’est à dire non plus comme moyen d’échange des biens, mais du temps de vie dédié. En attendant, même le SMART, pour ce que j’en comprends, ne changera rien au problème de fond lié à la propriété du capital et son mécanisme concentrationnaire.

                          Pour appuyer mon point de vue, une simple question dont vous connaissez la réponse

                          Pourquoi les pays occidentaux on pensés et commencé à abolir toute forme d’esclavage et de servage avec l’essor de la monnaie fiduciaire ?


                        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 18 juillet 2014 08:05

                          Encore plus que pour l’article pas encore assez pédagogique à mon goût car très technique sans la phase de simplification-lien-synthèse pour les nuls (dont je suis), je vous remercie pour ce dernier commentaire d’une grande limpidité car ultrasynthétique et qui me rassure sur ma représentation des choses vu que je pense exactement comme ça. Avec l’avis que vous avez donné sur l’euro en réponse à Fifi brin d’acier, je pense que le tableau est complet : c’est un (déjà vieux) crime contre la souveraineté populaire qui a encore cours actuellement.
                          Reste juste la question de savoir comment très concrètement on met tout ça par terre.


                        • Mowgli 17 juillet 2014 01:21

                          Ce n’est pas Holbecq que vous devriez vous faire appeler, c’est Tezcatlipoca.


                          • ablikan 17 juillet 2014 05:29

                            >Dans son bilan, de sensiblement 8% (qui peut descendre à 4%) des crédits en cours sous forme de capitaux propres pondérés formant une « base de capital » (ratio Mac Donough dans le cadre des règles de Bâle III).

                            Le pret consenti par une banque tierce que je vais deposer dans ma banque sera-t-il ajouté à ses capitaux propres où va-t-il dans la corbeille des capitaux sales ? Et si le deuxième cas, comment la banque fait-elle la discrimination ? Vous voyez où je veux en venir...


                            • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 08:36

                              Ni l’un ni l’autre. A la suite du prêt d’une banque tierce, la monnaie que vous retirez de votre compte dans celle ci va aboutir dans votre compte dans votre banque augmentant la dette de celle ci envers vous (les « comptes en banque » sont au passif des banques).


                            • Spartacus Spartacus 17 juillet 2014 09:09

                              En fait de pédagogie c’est un point de vue partial collectiviste baisé par un shéma de pensée.

                              Ces question n’existeraient pas si la banque était prise pour ce qu’elle est. Un intermédiaire financier.

                              Qui est responsable du Cancer du poumon de Dupond le fumeur ? 
                              Un collectiviste vous dira « la fabrique de cigarettes », car le collectiviste est incapable de situer les responsabilités au niveau individuel. 
                              Un libéral vous dira « Dupond » car pour le libéral l’individu est responsable de ses actes.

                              Pour la banque c’est pareil, il y a le point de vue collectiviste et libéral.
                              Pour le collectiviste, c’est la banque qui crée la monnaie. C’est la banque qui détruit la monnaie. La banque est responsable de tout. C’est la banque qui épargne, et la responsabilité est collectiviste.

                              Pour le libéral c’est l’emprunteur qui crée la monnaie quand il emprunte, et c’est encore l’emprunteur qui la détruit. L’argent de l’épargne est l’argent de l’épargnant et l’emprunteur ou l’épargnant est responsable. La banque n’est qu’un outil au service de ses besoins financier. 

                              • Gabriel Gabriel 17 juillet 2014 11:08

                                Dites moi Spartacus, les placements pourris, la spéculation sur les matières premières, les subprimes, les taux d’intérêts assassins etc … C’est pas les banques ?


                              • Spartacus Spartacus 17 juillet 2014 11:25

                                @Gabriel

                                La spéculation :
                                Il y a quelques années, on accusait les spéculateurs de ruiner le tiers-monde en poussant à la baisse des prix, maintenant, on les accuse de l’inverse..Allez comprendre.
                                La spéculation n’est rien d’autre que l’anticipation d’évolutions de marché. Sans elle le balayeur Français serait payé au même tarif que celui du Pakistan...

                                Les subprimes :
                                Les subprimes sont la conséquence de l’ignorance économique des individus et de l’interventionnisme de Clinton, qui pour se faire ré-élire par les classes populaires de son pays a promis une maison pour tous aux gens qui n’avaient pas les moyens d’en avoir une.

                                Les taux d’intérêt.
                                Jamais ils n’ont étés si bas. Certaines années les USA et la France ont emprunté avec des intérêts négatifs....

                              • Hervé Hum Hervé Hum 17 juillet 2014 16:05

                                pour le libéral l’individu est responsable de ses acte

                                Pour un citoyen, la responsabilité est la capacité de répondre de ses droits ET devoirs envers autrui.

                                Le pseudo libéral que vous êtes défend ses droits et ignore ses devoirs... Ces derniers, il accuse les collectivistes de ne pas les assumer !!!


                              • Spartacus Spartacus 17 juillet 2014 18:57

                                @Hum

                                 ????Je ne défend pas mes droits, mais des droits équivalents
                                Jamais, jamais, il ne me viendrait comme un collectiviste de croire que mes droits puissent être supérieur à d’autres (régime spéciaux, statuts, bonifications, corporatisme).

                                Effectivement le collectivisme déresponsabilise, entraîne le gaspillage de l’argent des autres, car ils n’ont jamais l’impression de payer.

                              • Hervé Hum Hervé Hum 17 juillet 2014 19:31

                                Toujours la même tactique dilatoire... Le même sophisme.

                                Si le collectivisme déresponsabilise, le capitalisme fait de même.

                                Ce n’est donc ni l’un ni l’autre qui responsabilise, mais l’un pris dans l’autre et non l’un sans l’autre. C’est à dire, que l’individualité se trouve à l’intérieur de la collectivité et non au dessus ou en dehors. Et cela, cher monsieur, ce n’est pas du collectivisme, c’est la collectivité, celle dans laquelle vous prospérez et sans laquelle vous n’existez pas.

                                Vous ne voulez pas de la collectivité ? Faites vous donc ermite.


                              • Spartacus Spartacus 17 juillet 2014 22:39

                                @HumRegardez autour de vous.Personne ne dépense l’argent des autres avec autant de soin que le sien propre.

                                Mais non, le capitalisme c’est aussi la collectivité basée sur l’échange et la base de leur libre consentement responsable.

                                Chacun dans un monde capitaliste peut acheter une cravate de la couleur de son choix plutôt que porter une cravate d’une couleur unique choisie par la collectivité. Quand le collectivisme vous oriente, il le fait selon des critères qui ne vous appartiennent pas. 

                              • joletaxi 17 juillet 2014 13:40

                                il crée des dépôts en achetant (en monétisant) une créance (une reconnaissance de dette) et en payant cet achat de créance par une inscription immédiate du montant au crédit du compte à vue du client, lequel pourra utiliser ce compte pour régler ses dépenses.

                                déjà ça partait fort

                                une créance est toujours inscrite à l’actif d’un bilan
                                et cpte financier ,qui est un cpte inscrit dans la catégorie : valeurs disponibles" est lui aussi à l’actif.
                                et donc dans le monde de Mr. jacques, la comptabilité en parties doubles vous permet d’inscrire 2 fois une somme dans l’actif d’un bilan.

                                voilà la 2° couche
                                (les « comptes en banque » sont au passif des banques).
                                encore une fois, le cpte en banque est un cpte financier, toujours à l’actif.

                                cela devient franchement rigolo


                                • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 15:23

                                  Tant que vous n’aurez pas compris que les dépôts des clients (DAV et DAT), issus à l’origine d’une création de monnaie (un crédit) de la banque en contrepartie d’une obligation de l’emprunteur (ie une reconnaissance de dette portée à l’actif du bilan bancaire), sont au passif des bilans bancaires, c’est inutile de débattre avec vous.


                                • joletaxi 17 juillet 2014 15:36

                                  tant que vous n’aurez pas eu la curiosité de prendre une leçon élémentaire de niveau CM2 de comptabilité, vous continuerez à raconter vos âneries.

                                  première leçon,
                                  les valeurs disponibles sont à l’actif d’un bilan
                                  que recouvrent les valeurs disponibles ?
                                  toute valeur immédiatement échangeable, ce que l’on appelle de la monnaie
                                  qu’inscrit-on dans les valeurs disponibles ?
                                  les cptes en banque
                                  la caisse.

                                  sur un cpte de passif, il n’y a jamais rien de « disponible » juste ce que doit la société

                                  ouf, le temps que vous ayez assimilé cela, on peut faire une croisière Costa


                                • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 17 juillet 2014 16:29

                                  C’est bien ce que je craignais smiley ... vous ignorez que les comptes de dépôts de ses clients sont au passif de n’importe quelle banque.
                                  Je ne peux pas vous dire mieux
                                  http://www.lafinancepourtous.com/Decryptages/Dossiers/Banque/La-banque-comment-ca-marche/Les-comptes-d-une-banque


                                • joletaxi 17 juillet 2014 18:04

                                  comme enclume, une espèce très présente sur ce site,vous valez le détours.

                                  ce que la banque inscrit au passif, ce sont les cptes tiers, qui attestent que la banque vous doit l’argent
                                  mais l’argent lui est à l’actif, sur un cpte financier, qui appartient à la banque, et où elle a inscrit votre encours correspondant à ce qu’elle inscrit au passif.
                                  D’ailleurs, elle ne vous délivre pas une reconnaissance de dette, mais un extrait de cpte, qui porte le n° qu’elle vous a attribué, dans ses cptes financiers.

                                  Vous ne pouvez opérer un transfert d’argent, qu’en passant par un cpte financier, et certainement pas par un cpte de passif

                                  est-ce clair ?

                                  reportez-vous à la discussion avec objectif, citée plus haut,j’en ai marre


                                • Hervé Hum Hervé Hum 17 juillet 2014 18:37

                                  comme enclume, une espèce très présente sur ce site,vous valez le détours.

                                  Pour le coup c’est vous l’enclume. reportez vous donc à l’objectif de l’article.

                                  Vous êtes un expert du détail, mais vous n’avez aucune vison d"ensemble !

                                  C’est ce qu’on appelle un idiot utile !!!


                                • Vipère Vipère 17 juillet 2014 18:49

                                  Bien heureuses les enclumes qui s’ignorent !


                                • Jean-Philippe 17 juillet 2014 19:03

                                  Bonjour,

                                  Sachant que l’auteur a un intérêt pécunier à ne pas vous comprendre (ce qu’il retire de la vente de ses livres), vous ne risquez pas de le convaincre ...

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