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Accueil du site > Actualités > Economie > Les boutiquiers, la dette et le prix du pétrole

Les boutiquiers, la dette et le prix du pétrole

La baisse en cours des prix du pétrole est une bonne nouvelle pour l'économie française en proportion de la mauvaise nouvelle qu'ont été les deux chocs pétroliers de 1974 et de 1980. Paradoxalement, cette bonne nouvelle n'est pas si bonne pour les boutiquiers qui nous gouvernent.

En 2012, le coût des importations de pétrole brut et produits raffinés était de 54 milliards d'euros avec un baril à 100 dollars, le déficit commercial de la France devrait donc baisser de près de 2 milliards par mois.

Les boutiquiers, les yeux rivés sur les indicateurs économico-politiques, déplorent que les baisses du PIB et de l'inflation induites par la division par 2 des prix du pétrole.

Nos boutiquiers accumulent les déficits budgétaires depuis la fin des 30 glorieuses. Cela fait 40 ans qu'ils font semblant de ne pas savoir que la période de reconstruction, des gros investissements d'équipements, de la démographie galopante, est terminée.

La mondialisation sauvage imposée par les riches actionnaires des multinationales qui contrôlent les USA et donc l'Union Européenne a permis la délocalisation de la production dans des pays à bas coûts. Au-delà du discours mondialiste, il s'agissait d'augmenter les bénéfices en réduisant autant que possible, c'est-à-dire à presque rien, les coûts de main d'oeuvre tout en profitant des avantages financiers et fiscaux offerts par les paradis fiscaux dispersés sur tous les continents et efficacement protégés par le droit international.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/des-paradis-aux-enfers-de-la-84586

Tous les pays développés ont été confrontés aux mêmes évolutions et tous, surtout les donneurs de leçons anglo-saxons, ont vu exploser le nombre de chômeurs.

Cela fait 40 ans que nos boutiquiers prétendent qu'il s'agit d'une crise, d'un creux conjoncturel qu'une relance à l'ancienne, une bonne dévaluation et des dépenses publiques financées par l'emprunt, comblera. C'est ce discours que tiennent encore aujourd'hui Hollande et Valls en demandant que la BCE achète de la dette française.

« On remboursera quand cela ira mieux. » prétendaient-ils sauf que lorsque cela allait mieux sous l'effet du dopage et de l'artifice, ils en profitaient pour dépenser encore plus, piochant dans la « cagnotte », s'endettant encore et encore.

Ceux qui s'étonnent de cette stupide obstination, doivent considérer trois principes guidant les dirigeants carriéristes en général.

  • Principe 1 : Etre élu ne transforme pas par magie une carne en cheval de course.

  • Principe 2 : « Mon élection, mes intérêts, ceux de mes sponsors et de mon parti » sont les premières et souvent les seules priorités d'un élu.

  • Principe 3 : Quels que soient les faits, mieux vaut, pour un dirigeant, se tromper avec le troupeau plutôt que risquer d'assumer seul une décision réfléchie.

En 2015, rien n'a changé, les dépenses seront encore de 80 milliards supérieurs aux recettes. Nous passerons de 2020 milliards de dettes à 2100 milliards, c'est-à-dire à 98% du PIB et à 925% des recettes prévues pour 2014. Curieusement, c'est toujours le ratio Dette/PIB (Produit intérieur brut) qui est annoncé et non Dettes/revenus comme la logique financière l'exigerait.

Ce détail n'est pas sans conséquences pour nos boutiquiers. La dette va encore augmenter cette année pour financer le déficit budgétaire mais du fait de la déflation, de la baisse du pétrole et de la croissance prévisible, le PIB va baisser. Le calcul est rapidement fait, le ratio Dette/PIB va brutalement augmenter alors qu'il approche du chiffre symbolique des 100% et ça, « coco », c'est pas bon pour l'image, d'où la grimace.

Parions que la droite, et en particulier Sarkozy, va emboucher les trompettes médiatiques pour proclamer la faillite de la politique « socialo-communiste » de Hollande. Ils feront comme s'ils n'étaient pas les principaux responsables de cet endettement avec pour le seul Sarkozy le record absolu d'augmentation du ratio dettes/PIB pendant les périodes durant lesquelles il a sévi entre 1993 à 2012.

Nos boutiquiers, qu'ils soient de droite ou de gauche, ne connaissent qu'une combine, la cavalerie, pratique frauduleuse à la Ponzi (et Madoff qui est en prison pour escroquerie) qui consiste à emprunter toujours davantage pour rembourser les dettes et les intérêts qui, telle une boule de neige, ne font qu'enfler en dévalant la pente de la facilité jusqu'à l'explosion finale.

Nous devrions trouver 100 milliards de recettes et d'économies, pour simplement revenir à l'équilibre et de 120 milliards pour espérer rembourser nos dettes en un siècle. Aucun Président et Premier ministre n'auront les moyens politiques et policiers d'imposer les décisions nécessaires. C'est tout simplement impossible du moins tant qu'il y aura des élections et que la guillotine restera au musée.

Faute de mieux, les boutiquiers appellent de leur vœux une intervention « divine », c'est-à-dire une initiative dont les effets négatifs pour les électeurs-clients, ne pourraient pas leur être imputés.

Ah ! Qu'elle serait belle l'inflation à deux chiffres si seulement la BCE (déesse financière de dernier recours) inondait l'UE de tonnes de papiers monnaies de singe comme l'ont fait ses consoeurs américaines, britaniques et japonaises, si les français craignant le chômage et la misère voulaient bien s'endetter davantage pour consommer français au lieu d'économiser pour leurs vieux jours, si les entreprises investissaient à tour de bras pour fabriquer en France ce qu'ils ont dû délocaliser dans les pays à bas coûts pour répondre aux impératifs de la mondialisation.

Si les citoyens voulaient bien faire comme si la politique de l'Union Européenne ne favorisait pas depuis si longtemps les intérêts des riches actionnaires des multinationales et des grands propriétaires terriens, à coup de subventions, de normes monopolistiques, de fausses concurrences, le PIB augmenterait, la valeur de la dette baisserait en proportion, les taux d'intérêt resteraient proches de zéro. Bien sûr, les retraités et les salariés seraient sacrifiés pour sauver les bénéfices et les dividendes mais moins que les chômeurs et les sans domiciles qu'ils pourraient devenir.

Hélas, leurs espoirs sont vains et ils devraient le savoir. Les US et le Japon font tourner la planche à billets depuis des années et la seule inflation visible est celle de la dette et des actions pour le plus grand bonheur des intermédiaires financiers qui en redemandent encore et encore.

Inutile de raisonner logiquement en analysant les faits et leurs conséquences pour établir des scénarios de sortie tant la tricherie, les manipulations et les dissimulations permanentes des « responsables » ont perturbé gravement le fonctionnement de l'économie. Pas besoin d'avoir fait de grandes écoles pour se rendre compte que l'hyper bulle de la dette est insoutenable. Il est de toute façon trop tard pour s'en sortir sans faire exploser tout le système.

Ce qui devait être fait ne l'a pas été au moment où il était encore possible de limiter les dégâts. En 2008, les banquiers spéculateurs les plus véreux et leurs complices, les hauts fonctionnaires chargés de les contrôler, ont facilement persuadé les hommes politiques de les sauver.

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-pantouflage-cause-de-la-crise-137217

G.W. Bush était Président des USA et, hélas pour notre nation, Sarkozy décidait de tout en France avec l'appui ou le silence complaisant de ceux qui auraient pu et dû l'en empêcher. Une fois de plus, les pouvoirs exorbitants du Président de la République face à la faiblesse de ceux qui devaient les contrôler, nous ont menés à la débacle.

Ce n'est pas comme si personne ne savait les conséquences désastreuses de ces choix iniques. Le Japon a suivi la même voie dans les années 80 et est aujourd'hui une nation en déshérance.

http://www.alternatives-economiques.fr/les-lecons-de-la-deflation-japonaise_fr_art_801_40862.html

Nous assistons à l'habituelle gesticulation des hommes politiques « aux responsabilités » tentant de dissimuler les conséquences de leurs décisions ineptes en détournant l'attention des électeurs sur ces fraudeurs du RSA, ces truqueurs de chômeurs et par une propagande va-t-en-guerre stupide. Le but étant toujours le même, mentir pour durer encore un peu et .. profiter.

Il serait injuste de ne pas informer les lecteurs que toute cette monnaie de singe disponible aux taux d'intérêts pratiquement nuls ont permis non seulement aux spéculateurs initiés de s'enrichir sur les marchés financiers, aux fonds de pension et aux entreprises américaines d'acheter des actifs de valeur à l'étranger mais aussi à de véritables entrepreneurs opportunistes de se lancer dans des investissements risqués qu'ils n'auraient jamais pu financer si les bonnes règles de prudence n'avaient pas été mises au rancart par le si populaire Clinton et ses golden boys.

Voilà donc des pétroliers qui se lancent à grands frais financiers et écologiques dans la fracturation, polluant les terres et extrayant du pétrole de schistes à 80 dollars le baril pour le revendre à 100 dollars. « Les USA redeviennent le premier producteur mondial de pétrole » titraient les médias occidentaux, enthousiastes.

http://bourse.lefigaro.fr/devises-matieres-premieres/actu-conseils/les-etats-unis-premier-producteur-de-petrole-grace-au-gaz-de-schiste-2221132

Patatra ! Les prix du pétrole s'effondrent. Personne ne semble avoir vu venir la surproduction, ni ceux qui gouvernent, ni ceux qui prêtent, ni ceux qui forent. Tous ont suivi le principe 3, évoqué plus haut :

« Quels que soient les faits, mieux vaut, pour un dirigeant, se tromper avec le troupeau plutôt que risquer d'assumer seul une décision réfléchie. »

Certains évoquent un coup politique machiavélique d'Obama, comme s'il fallait prouver que quelqu'un gouverne encore le Titanic entre deux eaux. Les victimes ne seront ni le gouvernement russe, ni l'iranien et encore moins le chinois mais bel et bien les foreurs américains, ceux qui les ont financés et ceux qui les ont assurés. Nous devrions voir des résultats probants d'ici à pas longtemps avec les premières faillites financières.

Ce que nous savons de l'histoire et des hommes politiques laissent prévoir la continuité de cette non-politique qui consiste à reporter au lendemain ce que l'on peut éviter de faire aujourd'hui et « après moi, le déluge  ».

Les banques centrales des pays endettés continueront à imprimer du papier monnaie pour racheter de la dette d'état, illégalement dans le cas de la BCE, et maintenir les taux d'intérêts proches de zéro. La priorité des priorités est de masquer la faillite généralisée des pays développés causée par les conséquences sociales et financières de la mondialisation voulue par les néo-conservateurs américains, relais politiques des riches actionnaires des multinationales.

Jamais ceux qui l'ont promue ne reconnaitront les conséquences catastrophiques de la mondialisation sauvage pour les peuples des nations développées, ni leurs hommes de mains, les politiques, ni leurs porte-voix, les médias.

Une seule chose est certaine, quoi qu'il arrive et le pire est possible au vu de la situation désespérée et de la stupide obstination de ceux qui détiennent toutes les manettes du pouvoir, ces derniers ne seront jamais ni dénoncés, ni punis.

Quant aux solutions, elles existent mais devront attendre que le processus en cours aille à son terme pour s'imposer.

Dans le meilleur des cas, les dettes souveraines, irremboursables, seront dénoncées, restructurées, annulées en grande partie. Le dollars et donc, les US, perdront leur hégémonie. Le monde se divisera en grands blocs continentaux qui tenteront de se relever de leurs blessures.

Dans le pire des cas, les US parviendront à imposer une guerre sur le continent Euro-asiatique, mais là, c'est une autre histoire.

Daniel ROUX - janvier 2015


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35 réactions à cet article    


  • lsga lsga 8 janvier 2015 19:00

    Rappelons que la situation est exactement la même dans le privé. 

     
    Les grandes entreprises ne font plus de profits, ou presque plus, et s’endettent à vau-l’eau. Amazon est très représentatif de cette situation. Mais même en France, des entreprises comme Carrefour ou Intermarché truquent leurs chiffres plutôt que d’avoir à admettre qu’ils ne font plus de profits.
     
    Cette situation est la simple conséquence du fonctionnement du Capitalisme, et de ce que Marx nommait la « baisse tendancielle du taux de profit ».
     
    Lénine nommait le moment où la dette remplacerait les profits : phase impérialiste du Capitalisme.
     
    La bonne nouvelle : cela signifie que la fin du Capitalisme est très proche. 

    • Enabomber Enabomber 8 janvier 2015 19:03

      L’opium du peuple t’entende !


    • Marc Chinal Marc Chinal 8 janvier 2015 19:17

      <<<<La bonne nouvelle : cela signifie que la fin du Capitalisme est très proche. <<<<<
      .
      Je l’ai déjà entendue quelque part cette phrase...
      Le seul problème, c’est que personne ne veut perdre ce qu’il a, donc rien ne changera tant qu’on continuera à utiliser de la monnaie : pour donner à l’un, il faudra prendre à l’autre. Que faire lorsque les deux méritent d’avoir ?


    • antyreac 8 janvier 2015 19:25

      <<<<La bonne nouvelle : cela signifie que la fin du Capitalisme est très proche.<<<<<

      Pour le remplacer par quoi ?

    • lsga lsga 8 janvier 2015 19:30

      la majorité des gens sont conservateurs, en effet. C’est vrai à toutes les époques. Les révolutions sont le fait de la minorité progressiste, toujours.

       
      Ensuite, deux possibilités :
       
      1. Soit les révolutionnaires instaurent immédiatement les progrès démocratiques qu’ils souhaitent, et la majorité conservatrice ou réactionnaire reprend le pouvoir (ça marche de l’élection de Napoléon 3 à celle de Ennahdha ou Nida Tunes en Tunisie )
       
      2. Soit les révolutionnaires s’emparent du pouvoir (dictature du prolétariat).... et deviennent eux-mêmes réactionnaires (Napoléon 1er, Lénine, etc.)
       
      Vu que le nouveau progrès consiste à passer à une démocratie mondiale directe de conseil, donc sans gouvernement, sans État, et sans parti politique, je penche pour la solution 1. 
       
      Quoi qu’il en soit, vu l’État absolument lamentable de l’économie Capitaliste, et les conflits extrêmement forts qui existent entre l’Oligarchie Financière et la bourgeoisie montante des NTIC, tout pourrait aller très vite. 
       
      On a besoin de passer à un nouvel échelons technologique, on en est capable là tout de suite maintenant, la bourgeoisie progressiste le souhaite, l’oligarchie financière n’y croit pas, et ne le souhaite pas.... mmm.... ça peut vraiment aller très vite. 
       

       


    • Daniel Roux Daniel Roux 8 janvier 2015 20:25

      @ Isga

      Le capitalisme est fini depuis que les entreprises sont secourues ou subventionnées par les hommes politiques au pouvoirs avec l’argent des contribuables.

      En retour, les riches actionnaires achètent les hommes politiques avec l’argent tiré de l’exploitation de leurs salariés et des sous-traitants.

      Et tout ce beau monde se tape sur le ventre à la santé du peuple.


    • lsga lsga 8 janvier 2015 21:16

      Alors, le Capitalisme, c’est le système économique basé sur la propriété des moyens de production (voir la def sur Wikipedia, Fr ou En, c’est la première ligne). Qui décide ce qu’on produit ? C’est toujours quelques oligarques, donc on est toujours dans le Capitalisme.

       
      Les entreprises secourues par la bureaucratie (qu’elle soit bureaucratie d’État ou bureaucratie bancaire : cela revient strictement au même) est en effet une conséquence de l’effondrement des profits.
       

    • Marc Chinal Marc Chinal 9 janvier 2015 10:43

      @ ISga :
      .
      Ne comprenez-vous pas que parler de Lénine, Marx, capitalisme, ça fait fuir tout le monde ?
      Qu’espérez-vous ? Un retour en grâce ? Que les gens aient oubliés l’URSS, la Chine, le Vietnam, etc, comme ils ont oublié le scandale des avions renifleurs ?
      Voyons... Vous défendez une église plus que des idées.
      .
      Sans oublier que vous restez à l’équation : « la monnaie c’est différent du capital », alors que c’est bien à cause de l’utilisation de la monnaie qu’on se fout sur la gueule, qu’on pique le travail de l’autre, qu’on se vend des propriétés, qu’on pollue pour un gain monétaire, etc.
      .
      Tant qu’on utilisera la monnaie, il y aura des frustrations exacerbées, du terrorisme, une éducation lamentable, etc.


    • lsga lsga 8 janvier 2015 19:09

      Sinon pour rappel, la mondialisation commence à l’age de Bronze.

       
      La Révolte des canuts au 19ème siècle, c’est à cause des délocalisations du textile vers les USA. Seuls ceux qui ne connaissent pas l’Histoire croient que tout cela est récent. 
       
      Enfin, vous semblez regretter le bon vieux temps des colonies, celui où les bourgeois d’Europe et des USA offraient des États Providence à leurs « peuples » en les finançant sur le dos des colonies. C’était déjà de l’économie mondiale, mais en faveur des USA et de l’EUrope et en défaveur du reste du monde. 
       
      Maintenant que le Capitalisme a écrasé le colonialisme (qui était un reste de féodalisme), et que les populations hier colonisés deviennent aujourd’hui exploités, maintenant, vous fustigez la mondialisation.
       
      Deux poids, deux mesures. Les petits français refusent de considérer que l’exploitation coloniale de l’Afrique au 19ème siècle était déjà de la mondialisation. 

      • Daniel Roux Daniel Roux 8 janvier 2015 19:58

        Bonjour Igsa

        Je ne connais pas de petits français, je connais des gens qui pour la plupart sont des descendants de serfs exploités par une aristocratie qui les traitait comme du bétail.

        La bourgeoisie a pris la suite des aristocrates et s’est montrée aussi esclavagiste qu’eux.

        La traite et la colonisation n’ont enrichi que les grandes familles.

        Esclaves, serfs, peuples colonisés ou massacrés, tous victimes de la même cupidité triomphante et meurtrière, encore à l’œuvre aujourd’hui sur les 5 continents.

         


      • lsga lsga 8 janvier 2015 20:01

        L’exploitation est un grand progrès par rapport à l’esclavage. Au passage, l’esclavage est le propre de l’économie antique, pas de l’économie féodale (qui elle repose sur le servage). Pour les africains, être exploités plutôt que colonisés représente un très grand progrès. 

         
        Le problème n’est pas moral (la cupidité), le problème est matériel : à qui appartiennent les moyens de production ?
         
        Visiblement, vous n’êtes pas partisan d’une abolition mondiale de la propriété privée des moyens de production ; vous semblez souhaiter le retour aux États Providence Impérialistes européens et américains financés par les politiques coloniales. 
         
        Un rêve typique de petit français qui croit que la mondialisation commence dans les années 80. 

      • Daniel Roux Daniel Roux 8 janvier 2015 20:19

        @ Igsa

        Il ne s’agit pas de morale, la cupidité me paraît être une pulsion humaine. Comme la plupart des pulsions, elle peut être contenue par la conscience mais ne peut pas être supprimée.

        Je vous serais reconnaissant de ne pas m’attribuer des mots et des intentions autres que ceux que j’expose assez clairement, je crois, dans mes articles et commentaires. 


      • lsga lsga 8 janvier 2015 21:10

        si si, il s’agit de morale. Vous dites que si ceux qui possèdent les moyens de production étaient moins cupides (donc plus moraux), alors tout irait bien. C’est un propos anti-révolutionnaire. C’est un peu comme le coup du monarque éclairé au 18ème siècle : ceux qui ne voulaient pas de la Révolution, du renversement de l’Aristocratie, disaient : « oui, c’est vrai, le monarque est cupide. Il nous faut un monarque éclairé. »

         
        Le problème n’est pas un problème de morale, ou de personne. Le problème, c’est la propriété privée des moyens de production. 

      • Daniel Roux Daniel Roux 9 janvier 2015 12:51

        @ Isga

        La propriété privée n’est pas l’objet de cet article mais je reconnais que c’est un concept primordial dans l’évolution des sociétés humaines.

        Qui est le propriétaire du blé qui a poussé dans le premier champ cultivé ? Ce cultivateur a t-il accaparé une terre qui n’appartenait à personne pour son usage privé, se réservant les fruits de son travail quitte à les défendre les armes à la main ou considérait-il que le blé issus de ses efforts appartenait à tout ceux qui passaient puisque la terre n’appartenait à personne ?

        Le progrès peut-il avancer sans propriété privée ?

        Le progrès est-il une bonne chose pour l’humanité ?

        Avons-nous vraiment le choix ?

        Concernant mes lectures, mes principes restent inchangés, ni dieu, ni maître.


      • Alren Alren 9 janvier 2015 12:55

        Il est pourtant clair que le peuple anglais au XIXe siècle, plus que d’autres Européens, ont connu une amélioration de leur vie grâce à l’arrivée de produits issus du travail des esclaves ou d’une main d’œuvre coloniale surexploitée, tels que le coton, le sucre de canne, le thé etc.

        Et que si les non-possesseurs de capital ne se sont pas enrichis directement sur le dos des colonisés, les profits colossaux réalisés par les capitalistes anglais ont permis à ces derniers, notamment durant l’ère victorienne, de relâcher un peu leur besoin de prélever de la plus-value sur le travail du peuple anglais. 
        Ce qui leur a permis d’éviter une révolution sociale mais aussi de faire de Londres, artificiellement, la première place financière mondiale avec pour conséquence de cette activité bancaire, l’effet « d’exportation invisible » dont au bout du compte a profité le pays tout entier. 

      • Gandalf Gandalf 8 janvier 2015 19:28

        Vous voulez sortir de la monnaie d’endettement à la Ponzi d’usurpateurs à gros cigares par la planche à billets ?

        Passez à la monnaie-propriété/monnaie-travail (cf mon dernier article).

        • lsga lsga 8 janvier 2015 19:31

          et en quoi votre monnaie travail permet-elle d’empêcher le progrès technologique de faire baisser les profits ? 


        • Gandalf Gandalf 8 janvier 2015 20:36

          La monnaie-travail permet de déconcentrer le capital monétaire, de mieux allouer les ressources aux forces de production, distribution et création (plus de banquier qui dit non, il doit juste accepter votre droit), permet de sortir du servage de la dette. Et, qui dit fin de l’esclavage, dit demande en hausse donc soutenue : voilà l’argument que je vois afin de soutenir les profits.

          Car, il s’agit d’un système sans banque centrale, qui ne contrôle donc pas l’inflation ni le taux de chômage suffisant pour préserver les rentes des financiers, ni à fortiori les taux d’intérêts.

          Les individus ne sont plus administrés par le haut, mais gèrent eux-même l’économie, par une vraie confrontation offre-demande, et non pas un pilotage qui nuit aux acteurs économiques.

          C’est, en fait un post-libéralisme (droit de monnaie), suite au libéralisme (droit à la propriété).


        • Gandalf Gandalf 8 janvier 2015 20:43

          Allez Isga, ne tire pas la gueule, ma proposition est forcément communistable en SCOP à droit de monnaie ^^


        • lsga lsga 8 janvier 2015 21:14

          alors, j’irais lire votre article.

           
          Mais de 2 choses l’une :
           
          - Soit c’est la population qui décide ce qu’on produit, comment on le produit et comment on le distribue.
           
          - Soit c’est une minorité, et vous êtes toujours dans le Capitalisme, et vous serez toujours confrontez aux même difficultés. 
           
          Au passage, le « chômage » est souhaitable. L’abolition du travail grâce au développement technologique est un des objectifs du Socialisme.
           
          Par contre, les SCOP : rien à voir avec le communisme. C’est du Capitalisme, rien d’autre. 

        • Gandalf Gandalf 8 janvier 2015 22:08
          « - Soit c’est la population qui décide ce qu’on produit, comment on le produit et comment on le distribue. »
          Ce n’est pas comme ça que c’est sensé se passer de nos jours ?
          Soit une population ou des individus qui produisent, consomment ou critiquent tels modes de production ou de consommation comme qu’il veulent.

           
          « Au passage, le « chômage » est souhaitable. L’abolition du travail grâce au développement technologique est un des objectifs du Socialisme. »
          On pourra se faire des frayeurs avec les chinois, les ordinateurs ou maintenant les robots, le travail ne disparaîtra jamais complètement. Ca me semble ridicule de vouloir l’abolir pour la simple et bonne raison que le progrès au sens intensif ou extensif, c’est énormément de travail, et de plus en plus. Mais si on peut s’en passer décemment, je ne vois pas de raison de ne pas permettre aux individus d’accéder au temps libre.

        • lsga lsga 8 janvier 2015 22:12

          Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe aujourd’hui.

           
          Le jour où tu auras le droit de voter pour décider si Tepko peut construire une centrale nucléaire au Japon, le jour où tu auras le droit de voter pour décider si les gazprom peut exploiter du pétrole en eau profonde en crimée, le jour où tu auras le droit de voter pour décider quelle quantité de bls, et quelles espèces de blé doivent être cultivées aux USA, là, on sera sortie du Capitalisme. 
           
          Aujourd’hui, il y a 37,7% de la population française en age de travailler qui ne travaille pas, on passera à 50% d’ici la fin des années 20. 

        • charlotte 8 janvier 2015 19:56

          la dette n’est pas remboursable

          on n’a jamais entendu aucun économiste ni politique parler de la fin du remboursement de la dette

          la dette a été créer pour mettre a genoux les pays les peuples

          il faudrait plusieurs centaines d’années pour rembourser si

          on réinstaure l’esclave le travaille 7 jours sur 7, la suppression des congés payés, si on repousse l’age de la retraite a 77 ans . etc etc

          y a rien de compliqué tout est helas simple.

          et comble du culot : les interets de la grece sont de 7 a 11%... a cause du risque

          mais les marchés font payer un risque, quil ne veut pas assumer cest a dire que les marches ne veulent pas assumer les risques de leur métier

          ils se donnent les pleins pouvoirs et l’impunité.


          • Enabomber Enabomber 8 janvier 2015 20:25

            Eh oui, spread de taux : étrennes des créanciers !


          • cathy30 cathy30 9 janvier 2015 00:12

            La France fonctionne avec des tuyaux percés comme tous les autres. Il n’y a plus que les classes moyennes en général pour payer des impôts. Les préteurs sont partis depuis bien longtemps vers d’autres horizons plus juteux, tout en continuant à recevoir les intérêts. Le siège d’Amazon est au Luxembourg entre autre. 

            J’aime bien M. Woerth montrant sa liste des exilés fiscaux en suisse, une goutte dans l’océan.

            • Daniel Roux Daniel Roux 9 janvier 2015 09:06

              @ Cathy30

              Tous ceux qui paient la TVA et la TIPP paient des impôts.


            • Marc Chinal Marc Chinal 9 janvier 2015 11:29

              Cette remarque n’est pas assez démagogique pour être entendue. Carton Jaune ! :)))))


            • Laulau Laulau 9 janvier 2015 07:41

              Bravo pour cet article.


              • Daniel Roux Daniel Roux 9 janvier 2015 09:04

                @LauLau

                Merci pour votre encouragement.


              • wawa wawa 9 janvier 2015 11:41

                oui.

                le processus suivra son cours jusqu’au crash final, qui pourra bien durer encore une génération ... 
                ou après demain

                • Daniel Roux Daniel Roux 9 janvier 2015 12:41

                  @ wawa

                  En tout cas, les banques privées qui constituent la FED, assistées de la Banque du Japon, de la BCE et de la Banque de la GB, font tout pour que ça dure et donc, que la situation s’aggrave.

                  La limite réside dans les intérêts à payer. A partir de quand cela deviendra t-il insupportable ?

                  20% des dépenses budgétaire ? 50 ?

                  En France, nous en sommes à un peu plus de 10.


                • jjwaDal jjwaDal 9 janvier 2015 18:52

                  Bel article, même si le seul constat de l’échec a une valeur limitée.
                  Le caractère unique (me semble-t’il) de cet épisode est qu’il fait coincider une immense dette publique dans plusieurs très grands blocs économiques, une toute aussi immense dette privée avec l’absence de croissance réelle, notable et durable à toute échéance prévisible. Le vrai risque acté est que la privatisation de revenus anticipés par les plus riches se convertisse en privatisation a maxima des communs , ce qui leur permettrait d’encaisser la perte de revenus espérés par le gain de sources de revenus comparable à une mise collective en esclavage. Des intérêts privés contrôlent l’émission de monnaie, les élections, les grands médias et bientôt l’essentiel des grands services (auxquels seuls ceux ayant les moyens de se les payer auront réellement accès). Comme mise en esclavage sous les yeux de peuples myopes on ne fait pas mieux.
                  Un univers à la « Mad max » n’est nullement exclus tant la gangrène est avancée sans l’ombre d’une volonté d’amputation en face.


                  • Daniel Roux Daniel Roux 9 janvier 2015 19:20

                    @jjwaDal

                    La consommation est un des moteurs de l’économie avec les investissements des entreprises.

                    La dette privée est importante aux US mais pas dans en Euroland.

                    Les US ne peuvent pas échapper à la déflation dans la mesure où les consommateurs ont mangé trop de pain à crédit et que maintenant, ils doivent se mettre à la diète pour rembourser leurs crédits.

                    En Euroland, les risques de déflation provient plutôt d’un sentiment d’inquiétude face au chômage de masse et la méfiance vis à vis du système financier. Les consommateurs sont inquiets et économisent.

                    Pas de consommation des ménages, pas d’investissement des entreprises.


                  • jjwaDal jjwaDal 9 janvier 2015 19:42

                    La croissance économique dans le passé a été liée de façon quasi linéaire à la consommation de ressources naturelles notamment énergétiques (bon marché de surcroît) et notamment l’augmentation per capita. Nous arrivons très vraisemblablement au peak oil pétrolier et sommes quasiment au taquet de production. Par ailleurs tension sur nombre de ressources naturelles (des terres rares aux terres agricoles...) car la pression combinée de nos effectifs que multiplie des besoins per capita croissant n’est plus négligeable face aux stocks, alors que les besoins de développement de la Chine et Inde sont gigantesques. Si vous diminuez les ressources naturelles consommées per capita en majorant leur coût tout en diminuant les revenus des meilleurs consommateurs (classe moyenne des pays riches) je doute que vous relanciez la consommation ainsi. Tout indique que la croissance économique tend vers zéro déjà depuis au moins les années 70 et je ne vois pas la baguette magique capable de la relancer. Je pense que nous entrevoyons le début de la contrainte externe et qu’imprimer et distribuer par hélicoptère des montagnes de billets de banque aux consommateurs potentiels ne créera pas un ha de terre agricole en plus pas un baril de pétrole en plus pas une tonne de poisson de mer en plus.


                    • Daniel Roux Daniel Roux 10 janvier 2015 10:52

                      @jjwaDal

                      Lorsque j’écris que la consommation et l’investissement sont les moteurs de l’économie, ce n’est qu’un constat.

                      Je voulais montré que la déflation était inévitable pendant une période de désendettement. A une période de surconsommation par le crédit succède inévitablement une période de sous consommation lorsqu’il faut rembourser la dette. C’est ce que nos boutiquiers refusent d’admettre et tentent de contrarier, créant ainsi des déséquilibres dans toutes l’économie.

                      Aujourd’hui le pétrole est extrait en excès par rapport à la consommation mondiale de ceux qui peuvent payer le prix mais ce n’est qu’un moment particulier de l’histoire. Comme je l’écris dans l’article, cette surproduction est liée à la monnaie abondante et aux taux d’intérêts artificiellement bas.

                      Nous savons tous qu’il est impossible que les ressources finies de la planète permettent à un chinois, à un indiens et à tout autre habitants de la planète, de consommer, en moyenne, ce que consomme un européen et plus encore, un américain.

                      Il faudra donc des ajustements sur un ou plusieurs termes de l’équation :

                      Pendant un temps t : = consommation = quantités disponibles/ capita

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