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Accueil du site > Actualités > Economie > Les chiffres de la désindustrialisation

Les chiffres de la désindustrialisation

 Les chiffres qu'on considère habituellement comme ceux de la désindustrialisation de la France, ne nous disent sûrement pas tout sur ce phénomène, mais ils en disent beaucoup, et parfois des choses assez inattendues. Comme les ruines laissées par un empire disparu, les chiffres sont des objets sans vie qui ont été engendrés par de la vie, qui ne disent pas tout sur elle, mais qui sont porteurs de beaucoup d'information à son sujet, parfois étonnantes.

 La réduction depuis 1980, de la part qui est celle de l'activité industrielle, dans la valeur ajoutée de toutes nos activités, ainsi que la réduction du nombre d'emplois mobilisés chez nous par cette activité industrielle, sont de bonnes mesures de l'ampleur de ce phénomène de désindustrialisation.

 L'observation détaillée de l'évolution depuis 1980, de la balance des paiements de la France, nous dit ce qu'il en est des équilibres et déséquilibres entre les flux économiques entrants et sortant de notre pays, concernant les échanges de biens manufacturés, et plus globalement concernant les échanges de biens et services, et les autres opérations courantes qui ne sont pas des mouvements de capitaux. Concernant enfin les mouvements de capitaux vers l'étranger ou venus de l'étranger : placements ou prêts, mais aussi investissements directs faits par des entreprises qui s'agrandissent ou se déplacent dans de nouveaux territoires.

 Incidemment, l'observation de ces chiffres pourra nous aider à comprendre comment est possible ce « miracle », par lequel notre balance des paiements reste globalement en équilibre, tout en étant en déficit sur les échanges commerciaux et autres opérations courantes, ainsi que sur les investissements directs et autres mouvements de capitaux, hormis les achats de titres négociables de notre dette publique par des résidents du reste du monde. L'explication n'est peut-être pas sans rapport avec la crise des dettes publiques négociables sur les marchés financiers, qui frappe aujourd'hui les pays de la zone euro. 

 Dans un prochain texte je parlerai de tout ce que les chiffres habituels de la désindustrialisation ne montrent pas, mais ici d'abord, je donne ces chiffres, dans 7 graphiques. Ce sera donc le 1er volet sur 2 de la série :

 Les chiffres de la désindustrialisation et ce qu'ils ne montrent pas

 L'évolution de l'ampleur de l'activité industrielle en France.

 Les graphiques 1 et 2 donnent l'évolution de l'ampleur de l'activité industrielle en France, entre 1980 et 2008. La source de ces graphiques est l'OCDE. Le graphique 1 donne l'évolution de la part de la valeur ajoutée de toutes les activités, faite par l'activité industrielle en France. La valeur ajoutée faite par une activité, est la valeur de sa production, à laquelle on retranche la valeur de ses consommations intermédiaires, c'est à dire de ce qu'elle a consommé pour produire ce qu'elle a produit. On voit qu'en 1980, l'activité industrielle faisait 18% de la valeur ajoutée de toutes les activités. Tandis qu'en 2008, elle n'en fait plus que 9,8%

 

Graphique 1. Évolution de la part de la valeur ajoutée faite par l'activité industrielle, entre 1980 et 2008, en France, en pourcentage.

 

 Le graphique 2 donne l'évolution du nombre d'emplois mobilisés par l'activité industrielle en France. On y voit qu'en 1980, l'activité industrielle mobilisait 4,5 millions d'emplois, et qu'elle n'en mobilise plus que 2,6 millions en 2008 : ce qui fait une disparition de 1,9 millions d'emplois.

 

Graphique 2. Évolution du nombre d'emplois mobilisés par l'activité industrielle en France, entre 1980 et 2008, en millions.

 

L'évolution globale de la balance des paiements de la France.

 Les graphiques 3 à 7 donnent l'évolution de la balance des paiements de la France entre 1980 et 2008. La source principale de ces graphiques est la Banque de France. La balance des paiements recense les montants des paiements, par lesquels de l'argent a été transféré d'un compte à l'intérieur du pays vers un compte à l'extérieur (sortie d'argent), ou bien d'un compte à l'extérieur vers un compte à l'intérieur (entrée d'argent). Le solde de la balance des paiements est égal au montant des entrées de monnaie dans le pays, auquel on retranche le montant des sorties de monnaie.

 Le graphique 3 donne d'abord l'évolution globale du solde de la balance des paiements de la France : sur les « opérations courantes », sur les « mouvements de capitaux », et sur les paiements de toutes catégories. Les opérations courantes sont les paiements qui sont suscités par les échanges commerciaux entre les acteurs de l'économie, et plus marginalement, par des dons d'argent que se font des individus et des pays, par des transferts d'argent que font des individus qui déménagent et des pays vers leurs ambassades, ou par des paiements de revenus par une entreprise d'un pays, pour le travail d'un individu résidant dans un autre pays. Les opérations courantes sont aussi les paiements suscités par l'état au moment où ils ont lieu, des stocks de capital et de leurs détenteurs : quelles actions ou entreprises, créances ou biens immobiliers, existent, et où, par qui ces actifs sont-ils possédés, et donc à qui rapportent-ils un revenu sous forme de dividende ou bénéfice, intérêt ou loyer, et enfin où résident ces détenteurs du capital. Cet état à un moment des stocks de capital et de leurs détenteurs, a pour conséquence des paiements de revenus par des entreprises, banques, ou gestionnaires d'épargne de tel ou tel pays, à des détenteurs de capital résidant dans tel ou tel autre pays.

 Les mouvements de capitaux sont les paiements qui sont suscités par des acquisitions de capital. Ce sont les placements, sous forme d'achats d'actions ou d'obligations, par des banques et autres gestionnaires de capitaux issus de l'épargne. Ce sont aussi les prêts accordés par des banques. Et ce sont enfin des « investissements directs », c'est à dire des transferts d'argent effectués par des entreprises pour s'agrandir ou se déplacer : transferts d'argent vers des filiales qu'elles viennent de créer ou dont elles souhaitent poursuivre le développement, ou bien achats d'autres entreprises dans le but de les absorber.

 On voit sur le graphique que de 1980 à 2008, sur les opérations courantes prises isolément, notre balance des paiements oscille entre excédent et déficit. Depuis 2003 nous sommes entrés dans une période de déficit sur les opérations courantes, qui s'accentue de plus en plus : en 2008 il représente 1,7% du PIB de la France. Mais ce déficit est compensé par un excédent de la balance des paiements sur les mouvements de capitaux. La balance des paiements reste donc globalement en équilibre, et n'exerce pas sur la valeur de notre monnaie par rapport aux autres, la pression à la baisse qu'elle exercerait si son solde global restait proche de son solde sur les opérations courantes. Une dépréciation de notre monnaie pourrait pourtant être utile pour améliorer notre compétitivité, et pour ainsi réduire notre déficit sur les opérations courantes.

 

Graphique 3. Évolution du solde de la balance des paiements de la France, sur les opérations courantes, sur les mouvements de capitaux, et sur les paiements de toutes catégories, entre 1980 et 2008, en pourcentage du PIB de la France.

 

L'évolution de la balance des paiements de la France sur les mouvements de capitaux.

 Le graphique 4 donne l'évolution du solde de notre balance des paiements, sur les mouvements de capitaux. Ce graphique a pour source secondaire l'OCDE. Parmi les mouvements de capitaux, il y a les investissements directs. Si une entreprise utilise de l'argent qu'elle détient dans le pays pour s'agrandir ou se déplacer à l'étranger, il y a sortie d'argent, et si elle utilise de l'argent qu'elle détient à l'étranger pour s'agrandir ou se déplacer dans le pays, il y a entrée d'argent. D'autres mouvements de capitaux sont les placements et prêts. Lorsque de l'argent est placé ou prêté à l'étranger par un résident du pays, il y a sortie d'argent. Et lorsque l'argent est placé ou prêté à un résident du pays par l'étranger, il y a entrée d'argent.

 On voit sur ce graphique que, sur les investissements directs et les placements et prêts autres que des achats de titres négociables de dette publique française (par des résidents de l'étranger), notre balance des paiements est en fait le plus souvent en déficit, particulièrement depuis 1996. Entre 1996 et 2008, le déficit cumulé sur ces deux catégories de mouvements de capitaux est en moyenne, chaque année, de 3,7% de notre PIB, soient l'équivalent par rapport à notre PIB de 2008, de 72,1 milliards d'euros par an. En 2008, ce déficit vaut plus que sa moyenne sur cette grosse décennie : il vaut 4,9% de notre PIB, soient 94,7 milliards d'euros. C'est en fait l'endettement de l'État français par rapport aux résidents de l'étranger, qui compense cette impressionnante fuite des capitaux. Cet endettement de notre État par rapport aux résidents de l'étranger permet ainsi à notre balance des paiements d'avoir, sur les mouvements de capitaux, un excédent qui compense son déficit sur les opérations courantes, et qui lui permet finalement de rester globalement en équilibre, sur toutes les catégories de paiements. Depuis 1996, l'État français s'endette chaque année par rapport aux résidents de l'étranger, d'un montant annuel de plus en plus important : de 1% de notre PIB en 1996, et de 6,2% de notre PIB en 2008, soient alors 119,9 milliards d'euros.

 

Graphique 4. Évolution du solde de la balance des paiements de la France, sur les mouvements de capitaux, entre 1980 et 2008, en pourcentage du PIB de la France.

 

 Dans un récent article paru sur la version internet du journal Le Monde, portant sur l'endettement de l'État français par rapport à l'étranger, cet endettement est présenté au lecteur comme un révélateur de « l'attractivité du territoire national ». Mais à voir le déficit actuel de notre balance des paiements sur les opérations courantes (et aussi comme on le verra, sur les échanges commerciaux pris isolément des autres opérations courantes), on pourrait avoir l'impression que les consommateurs se détournent un peu trop de la production française, sûrement trop couteuse à leur goût à cause du coût du travail chez nous et de la surévaluation de l'euro. Et à voir le déficit actuel sur les investissements directs et placements et prêts, hormis titres négociables de notre dette publique, on pourrait aussi avoir l'impression que les investisseurs se détournent beaucoup des rendements de l'activité française, sûrement trop réduits à leur goût, par le cout du travail dans notre pays. L'endettement de notre État peut donc plutôt nous apparaître comme le « truc » de ce « tour de magie », par lequel notre pays parvient à avoir une monnaie surévaluée, une balance des paiements en déficit sur les opérations courantes et sur les mouvements de capitaux hormis les achats de titres de dette publique locale, et pourtant une balance des paiements globalement en équilibre.

 Quelques lectures pourraient même nous inspirer une interprétation plus développée. La lecture d'économistes critiques assez radicaux, de gauche comme Jacques Sapir, ou plutôt centristes ou gaullistes comme Alain Cotta, pourrait nous inspirer la croyance que ces déficits sur les opérations courantes (et sur les échanges commerciaux pris isolément), et sur les mouvements de capitaux hors achats de titres de dette publique locale, sont des signes de la « mort à petit feu », comme le dit Cotta, de l'activité économique en France, provoquée par la liberté de circulation des capitaux et la privatisation totale du système bancaire, par le libre-échange, et par la surévaluation de l'euro, qui seraient surement impossibles si rien ne permettait que notre balance des paiements reste quand même globalement en équilibre.

 En croisant ces lectures avec celle de La stratégie du choc de l'essayiste altermondialiste Naomi Klein, on pourrait alors voir les chiffres de notre balance des paiements comme la démonstration, que tout ce qui fait cette « mort à petit feu » de l'économie française, est répercuté sur la dette publique de la France : c'est elle qui absorbe les déséquilibres et autres conséquences des mauvais choix de politique économique, c'est en elle finalement que se transforment et s'accumulent toutes les nécroses provoquées par ces déséquilibres et ces mauvais choix. Mais un jour peut-être, la dette publique de la France deviendra trop importante. Après une longue et tranquille période de « mort à petit feu », viendra alors peut-être le grand « choc » provoqué par l'ampleur de notre dette publique. Ce « choc » qui permettra peut-être de persuader brutalement les français qu'il faut qu'ils « réduisent leurs coûts », pour réduire leur déficit public, et pour « être plus compétitifs », comme ne cesse déjà, et depuis maintenant un certain temps, de les y inviter Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne.

 

L'évolution de la balance des paiements de la France sur les opérations courantes.

 Les graphiques 5 et 6 donnent le détail de l'évolution de la balance des paiements de la France, sur les opérations courantes. Parmi les opérations courantes, il y a les échanges commerciaux de biens, mais aussi de services (tourisme, transports aériens, maritimes ou routiers, services à distance aux entreprises et aux ménages...). Les biens échangés peuvent être des biens « naturels agricoles ou énergétiques de plein air » (biens agricoles, issus de l'élevage ou de la pêche, alimentaires, eau, gaz, électricité), ou des biens « naturels miniers ou énergétiques extraits des sous-sols » (métaux, charbon, uranium, pétrole brut ou raffiné), ou encore des biens « manufacturés » (textile, meubles, accessoires de maison, produits chimiques, machines, appareils électriques, appareils de transport...). Une exportation suscite une entrée d'argent (le paiement du bien exporté), alors qu'une importation suscite une sortie d'argent. Et un service fourni par un acteur du pays à un acteur de l'étranger suscite une entrée d'argent, alors qu'un service fourni par un acteur de l'étranger à un acteur du pays suscite une sortie d'argent.

 D'autres opérations courantes sont les « transferts courants des ménages et administrations », par lesquels un individu ou une administration, transfère de la monnaie du pays où il réside vers un autre pays, afin par exemple de s'établir dans cet autre pays, ou bien de faire un don à un acteur résident dans cet autre pays. Par exemple, un travailleur résidant dans un autre pays que le sien, envoyant de l'argent à sa famille, ou bien un État accordant une aide au développement. Il y a encore les « paiements de revenus au travail », par lesquels une entreprise résidant dans un pays, paie le travail d'un individu qui réside dans un autre pays.
Et puis il y a les « paiements de revenus au capital » : par lesquels une filiale d'une entreprise résidant dans un pays, transfère des dividendes à l'entreprise mère, résidant dans un autre pays, pour que celle-ci les distribue à ses actionnaires (revenus des investissements directs). Ou bien par lesquels un acteur résidant dans un pays paie des dividendes, ou des intérêts, à un acteur résidant dans un autre pays, qui lui a accordé un prêt, ou qui a placé son argent sous forme d'actions ou d'obligations qu'il lui a acheté (revenus des placements et prêts).

 Le graphique 5 donne d'abord l'évolution des taux « d'ouverture » économique de la France, sur diverses catégories d'opérations courantes. Ce graphique a pour source secondaire l'OMC. Le taux d'ouverture d'un pays sur une catégorie d'opérations courantes, est le pourcentage de son PIB, que représente la moyenne des montants des opérations de cette catégorie suscitant une entrée d'argent, et des montants des opérations de cette catégorie suscitant une sortie d'argent. Alors que les différents soldes de la balance des paiements indiquent les équilibres ou déséquilibres entre flux entrants et sortants, les taux d'ouverture sont une mesure de l'ampleur de ces flux entre un pays et le reste du monde.

 Sur le graphique on voit qu'entre 1980 et 2008, les flux « courants » entre la France et le reste du monde se sont globalement amplifiés, passant de 2,6% à 8,3% sur les revenus du capital, de 11,1% à 17,5% sur les échanges de biens manufacturés, de 22,1% à 28,7% sur les échanges commerciaux de toutes catégories de biens et services, et de 24% à 37% sur l'ensemble des opérations courantes. La brusque chute de la courbe du taux d'ouverture en 1995, sur les revenus du capital, est peut-être due à une modification du mode de recensement de ces flux par la Banque de France à partir de cette année là. Les échanges de biens manufacturés, qui représentaient la moitié du montant de nos échanges commerciaux en 1980, en représentent les 3 cinquièmes en 2008. Et pendant toute la période ils représentent aussi un peu moins de la moitié des montants des opérations courantes. Le taux d'ouverture sur les échanges de biens naturels extraits des sous-sols s'est d'abord réduit jusqu'en 1995, passant de 3,7% à 0,8%, puis il a recommencé à monter pour atteindre 3,3% en 2008.

Graphique 5. Évolution des taux d'ouverture de la France sur diverses catégories d'opérations courantes, entre 1980 et 2008, en pourcentage.

 

 Le graphique 6 donne l'évolution du solde de notre balance des paiements sur les opérations courantes. Il a pour source secondaire l'Agence France Trésor. On voit sur ce graphique que notre balance des paiements garde, sur les transferts courants, un déficit d'une importance moyenne, grandement dû aux aides au développement : ce déficit est de 0,8% du PIB français en 2008. Elle a aussi un déficit de plus en plus prononcé, sur les paiements d'intérêts par l'État français, à des détenteurs résidant à l'étranger, de titres négociables de dette publique (l'essentiel aujourd'hui des titres de dette publique sont négociables sur les marchés financiers) : ces intérêts représentent 1,4% du PIB français en 2008, soient 27,2 milliards d'euros. Notre balance des paiements a par contre des excédents de plus en plus élevés, sur les revenus du capital autres que ceux des titres de dette publique française. Ces excédents représentent en 2008, 1,3% du PIB français pour les revenus des investissements directs, et encore 1,3% pour les placements et prêts autres que les titres de la dette publique française : ce qui fait en tout 2,6% du PIB français, soient 51,1 milliards d'euros. Enfin, sur les échanges commerciaux, notre balance des paiements qui a longtemps été en équilibre voire en excédent depuis 1983, est entrée depuis 2005 dans une période de déficit de plus en plus accentué : qui est en 2008 de 2,2% du PIB français.

Graphique 6. Évolution du solde de la balance des paiements de la France, sur les opérations courantes, entre 1980 et 2008, en pourcentage du PIB de la France.

 

 Chercher à réduire notre déficit sur les opérations courantes, en agissant sur les transferts courants, ou bien sur les revenus du capital hors revenus payés à l'étranger sur la dette publique française, ne paraît pas une très bonne idée. Pour réduire notre déficit sur les transferts courants, il nous faudrait surtout réduire nos aides au développement. Quant aux revenus du capital à l'étranger détenu par des résidents de France, ils sont très chers payés, et ne s'obtiennent pas très rapidement. Ils sont en effet un pourcentage, valant au mieux 15%, et souvent beaucoup moins, d'un investissement direct, placement ou prêt à l'étranger. Il existe sûrement des manières plus efficaces d'utiliser de telles quantités d'argent directement investi, placé ou prêté à l'étranger, pour réduire notre déficit sur les opérations courantes, et aussi lutter contre le chômage de masse, la stagnation, la faiblesse des investissements, et les inégalités de revenus en France.

 La réduction de la part de la dette publique détenue par des résidents étrangers, paraît par contre une bonne manière de lutter contre notre déficit sur les opérations courantes. Cette manière risque quand même de ne pas suffire à elle seule, puisque le paiement d'intérêts aux détenteurs de l'étranger de notre dette publique négociable, ne représente qu'une petite partie de nos opérations courantes. Cette manière risque aussi d'être assez lente pour obtenir des résultats, si elle consiste à réduire nos ventes futures de titres de dette à des résidents étrangers : il faudrait alors honorer les titres de dette présents jusqu'à ce qu'ils prennent fin.

 Il reste à voir s'il serait facile ou non d'améliorer notre solde sur les échanges commerciaux. Si une telle amélioration était relativement facile, elle serait aussi assez efficace pour réduire notre déficit sur les opérations courantes de toutes catégories, puisque les échanges commerciaux représentent la grande majorité de nos opérations courantes.

 

L'évolution de la balance des paiements de la France sur les échanges commerciaux.

 Le graphique 7 donne l'évolution du solde de notre balance des paiements sur les échanges commerciaux. Il a pour source secondaire l'OMC. On y voit que, sur les échanges de services et sur les échanges de biens naturels de plein air, notre balance des paiements garde un excédent d'une importance moyenne : en 2008, ces excédents sont respectivement de 0,9% et 1% de notre PIB. Sur les échanges de biens naturels extraits des sous-sols, notre balance des paiements a par contre un déficit, qui s'était réduit jusqu'à 0,5% de notre PIB en 1995, pour s'agrandir à nouveau depuis et valoir en 2008, 3,1% de notre PIB. Sur les échanges de biens manufacturés, notre balance des paiements oscille entre déficit et excédent, et est depuis 2005 en déficit de plus en plus accentué : valant 1% de notre PIB en 2008.

 

Graphique 7. Évolution du solde de la balance des paiements de la France, sur les échanges commerciaux, entre 1980 et 2008, en pourcentage du PIB de la France.

 

 Pour améliorer notre solde sur les échanges commerciaux, on peut envisager d'améliorer nos excédents sur les échanges de services et de biens naturels de plein air, ou encore de réduire notre déficit sur les échanges de biens naturels extraits des sous-sols. De telles améliorations risquent tout de même d'être parfois difficiles. Sur les services, serait-il facile d'avoir beaucoup plus de touristes que nous en avons déjà ? Ou bien de concurrencer hors de notre territoire, les pays émergents sur les transports maritimes, routiers ou aériens, ou sur les services à distance aux entreprises ou aux particuliers ? Sur les biens naturels de plein air, serait-il facile ou souhaitable de vendre encore plus au reste du monde ? Enfin sur les biens naturels des sous-sols, nous pouvons réduire notre consommation de pétrole, mais le ferons-nous plus vite que les prix du pétrole augmenteront ? Ces améliorations de nos soldes sur les échanges de services, ou de biens naturels, risquent de plus d'avoir une efficacité limitée, puisque tous ces échanges représentent ensemble, en 2008, à peu près 2 cinquièmes de nos échanges commerciaux.

 Ainsi décidément, s'il existait une manière relativement facile d'améliorer notre solde sur les échanges de biens manufacturés, celle-ci serait très intéressante, car elle aurait aussi une efficacité assez importante pour améliorer notre solde sur les échanges commerciaux, puisque les biens manufacturés représentent à eux seuls 3 cinquièmes de nos échanges commerciaux en 2008.


Moyenne des avis sur cet article :  4.16/5   (19 votes)




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32 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 16 août 2011 09:34

    Emploie ? Quels emploies ?

    sur ces 2 millions en industrie combien sont également en intérim , au JOUR le JOUR avec des périodes sans travail de plus en plus longues

    et combien vont être remplacé par des machines

    TOUS

    Révolution Robotique : L’industrie 100% automatisée

    • Kalki Kalki 16 août 2011 09:47

      Alors quoi ?

      Le shadok roi pompe, la pompe qui tourne tout seul

      et il ne s’étonnera pas de comprendre que le mouvement de captation est perpétuel, mais quand aux conséquences laissons les pour après.

      Voyez le monde comme une boule, avec ses réseaux, AVEC UN GIGANTESQUE JEU DE GESTION

      avec toutes ces lois de finances, dans lesquels il est possible de tricher de quelques manières, ou d’utiliser la force de l’armée pour du fric - ressource

      C’est un réseau d’information, avec des poids dans les liens, avec des petites fourmies qui font ce qu’elles font en croyant vivre et en se différenciant

      vous intégrés tout « CA », vous voyez tout ce qui est possible de faire, et vous savez que c’est bientot la fin qui approche, selon votre vitesse temporel

      Tout ce qui monte est voué à redescendre sur la surface de l’eau


    • PtitLudo PtitLudo 16 août 2011 10:14

      Pas le courage (ni le temps, faut bosser un peu smiley ) de tout lire.

      Cependant il est certain que la désindustrialisation du pays a fait énormément de dégâts.

      Dans le 2ème graphique vous montrer que la perte d’emplois est de 1,9 millions, il faut bien préciser que c’est la perte d’emplois directs.

      Je pense que l’on peu ajouter raisonnablement 50% à ce chiffre pour en arriver au nombre d’emplois total perdus avec cette désindustrialisation, soit proche de 3 millions d’emplois.

      Tous les politiques qui parleraient de réduire le chômage sans évoquer l’impérieuse nécessité de réindustrialiser le pays sont malhonnêtes.


      • Winston Smith 16 août 2011 10:33

        L’industrie des années 70 était soutenu à bout de bras par l’Etat. Les socialiste ont fait le ménage, comme ont sait. Tout est normal, donc. 


        Ca me rappel un film sur la Lorraine. L’Etat avait claquer 100 fin années 80 environ 100 milliards pour « réindustrialiser », justement. Les metallos protestaient, criaient , gueuler, tapaient sur les flics : ils ne voulaient pas travailler, en dehors de métallo.

        Quelque fabricant étranger de téléviseur et autres se sont tout de même installés et ont embauché.

        Finalement, avec la bénédiction de la CGT, les salariés ont carrément incendier leur usine !

        Inutile de dire qu’après cela, non seulement personne ne s’est installé malgré les subvention, mais en plus tout le monde est parti (entre patrons, on se parle, évidement. Donc mondialement, la lorraine était finis). 

        Aujourd’hui, bein les gens vont travailler en voiture au Luxembourg et le contribuable l’a dans le cul (enfin, l’aura : c’est de la dette). Cool la réindustrialisation étatique !



        Les services, c’est tout de même autre chose !


        • yvanstanislas 21 août 2011 22:49

          Etant lorrain de naissance et n’ayant jamais quitté depuis plus de 50 ans ma terre natal, je ne peux que malheureusement confirmer vos dires !
          Mais ce genre de vérité dérange et donne mauvaise conscience, alors on préfere l’oublier voir la « moinser ».


        • paul 16 août 2011 11:08

          Très intéressant constat, mais dans ce mécano qu’est l’économie, une politique industrielle n’est rien sans échanges commerciaux équilibrés (intégrant les coûts sociaux ), et la justice fiscale appliquées aux entreprises , comme le prix de transfert qui permet d’échapper à l’impôt .
          C’est à ce niveau que l’Europe pourrait jouer un rôle, mais il ne faut pas rêver ....
           

          Le prix de transfert, arnaque légale " OWNI, News, Augmented 

           

          • paul 16 août 2011 11:21

            parlant des entreprises, il ne s’agit pas des PME bien sûr, mais de celles du CAC 40 ....


            • Winston Smith 16 août 2011 11:45

              « L’Europe est le seul endroit du monde où il n’y a aucune barrière douanière. Les US, la Chine, et même plein de petits pays (je reviens de Maurice) se protège intelligemment, avec des barrières douanières raisonnées... »


              L’OMC n’existe pas, donc...


              « En Europe, on met en concurrence nos salariés (qui ont plus d’1 siècle d’acquis sociaux) avec des pays où le salaire est 10 à 20 plus bas, quand on y fait pas encore travailler des enfants. »

              Il n’y a pas d’acquis sociaux : ce n’est que de l’extorsion.


              « Cette concurrence est déloyale et participe à l’exode des emplois. »

              Ce n’est pas parce que vous droguez à la cock et pas votre voisin que ce dernier vous fait « de la concurrence déloyale »...



              « Avec l’Euro, la France n’est plus maître de sa monnaie, et ne peut dévaluer pour redevenir compétitive. »

              Mémoire très très courte : nous avons passé notre temps à dévalué, et ? Rien, la même merde...


              « L’Euro fort est adapté à l’Allemagne, mais à aucun autre des pays de la zone euro. »

              L’Euro n’est pas fort, il est stable.


              « Et la France se meurt à petit feu : industrie, pêche, agriculture...
              Et la France s’endette pour ne pas trop perdre de niveau de vie... »

              Mai 81.




            • Marc Bruxman 16 août 2011 14:19

              "En Europe, on met en concurrence nos salariés (qui ont plus d’1 siècle d’acquis sociaux) avec des pays où le salaire est 10 à 20 plus bas, quand on y fait pas encore travailler des enfants.« 

              Et le salaire en fonction du coût de la vie ? Allez donc visiter la Chine, vous serez surement surpris. Lorsque vous payez un repas 1 € dans un restaurant rapide local, que vous achetez un jean pour 3 € (sans marchander) et ce dans une grande ville vous vous rendez compte qu’avec l’équivalent d’un SMIC français vous seriez un NABAB la bas.

               »Cette concurrence est déloyale et participe à l’exode des emplois."

              Vous êtes bien content d’acheter à pas cher en France. Achetez du made in France si vous le voulez vous verrez le résultat sur votre niveau de vie. Je crois que vous allez vite hurler pour que les frontiéres se réouvrent.

              "La monnaie est un instrument économique : pour produire plus bas et rester compétitif, on dévalue légèrement sa monnaie (comme le font les US, les chinois...). Quand on est redevenu compétitif, on ré-évalue. « 

              La BCE maintient surement l’euro à un niveau trop haut.

               »Avec L’Euro trop fort (1.40 avec le $), la compétitivité de la France ne peut être bonne. Durant la dernière décennie, la balance commerciale de la France a été en équilibre 2 ans quand le dollars était à 1.10...« 

              Le gros problème en France n’est pas tant l’euro fort que le coût du travail. L’allemagne a réduit celui ci de façon drastique avec :

              • La TVA sociale.
              • La maitrise des coûts salariaux.
              Ils ont ralés pendant que les mesures passaient, mais aujourd’hui les allemands rient, ont peu de chomage et le fric coule à flot. Inspirons nous d’eux, remplaçons les cotisations sur les salaires par une hausse de la TVA (avec reversement au salarié de sa part salariale pour compenser) et laissons aux entreprises la part patronale. Au final 20% d’augmentation pour ceux qui bossent (compensera largement la hausse de la TVA). 0% pour ceux qui ne bossent pas (facilitera le retour au travail mieux que toute incitation gouvernementale) et une baisse du coût du travail telle que beaucoup des entreprises vont alors recruter.

              Ca coutera cher aux retraités mais vu ce qu’ils nous coutent avec leur retraite ce n’est que justice. Les boomers n’avaient qu’a régler LEUR probléme de retraite au lieu de nous faire chier. 

               »Avec l’Euro, la France n’est plus maître de sa monnaie, et ne peut dévaluer pour redevenir compétitive.« 

              Dévaluer est la solution de facilité qui appauvrit une partie de la population (tous ceux qui ont de l’épargne). Ne croyez pas que cela est sans conséquence. La zone euro dans son ensemble est maitre de sa monnaie. Il faut juste que les procédures de décisions se mettent en place. 

               »Et la France se meurt à petit feu : industrie, pêche, agriculture..."

              Enfin ce ne sont pas la des secteurs d’avenir. Mais il est vrai que le pourcentage investi en R&D est problématique et que les Facebook, Amazon et Google ne sont pas européens :(


            • foufouille foufouille 16 août 2011 14:31

              "Vous êtes bien content d’acheter à pas cher en France. Achetez du made in France si vous le voulez vous verrez le résultat sur votre niveau de vie. Je crois que vous allez vite hurler pour que les frontiéres se réouvrent."
              pas cher pour l’importateur et le grossiste
              tres cher pour nous
              2€ se transforme en 30


            • jef88 jef88 16 août 2011 18:16

              Vous êtes bien content d’acheter à pas cher en France. Achetez du made in France si vous le voulez vous verrez le résultat sur votre niveau de vie. Je crois que vous allez vite hurler pour que les frontiéres se réouvrent.

              Pour acheter des produits français , il faudrait - au moins - qu’ils existent.

              Ou sont nos usines ?????


            • Unjean 16 août 2011 11:59

              On peut apercevoir comment des millions de français se sont fait berner par les politiques, beaucoup de gens ont cru ou plutôt écouter la propagande cacher en des medias nationaux pas plus indépendant qu’un parasite.
              On voter massivement a droite pensant que c’est là seule issue pour soulager les très gros capitaux, résultat vos graphiques sont sans appel, c’était bien sur le social qu’il fallait miser !

               [puis viendra l’insécurité soudaine grandissante pour continué sur la lancer en oubliant le problème d’avant.
              résultat un sans faute et en passe de réussir le troisième coup, le président a toutes ses chances de repasser pour là simple raison que cette fois il n’y aucune opposition tout compte fait.
              les parties émergent si je puis me permettre ainsi (je parle de ceux qui proposent vraiment des solutions), sont soigneusement cisaillé d’un côté les merdia populaire qui « entendent rien » d’un autre des nouveau leader qui se sentent poussé des ailes en proposant comme de par hazard les même objectif que (l’upr par exemple) sans approfondir c’est pas le but.
              Sont là pour faire tampons et divisions, d’entrer avant même une certaine ampleur des partie alternatifs sérieux.] on est comme qui dirait dans là merde et pour encore un moment.

              Je m’égare, désolé. sinon l’hindou a quelque part raison même s’il parait déranger et agressif ce qui est surtout cela qui agace. 

              Donc se qui me saute au yeux est que ces gentils politico-capitaliste de nouille n’ont jamais fait ce pour quoi on les a élus mais plutôt pour les plus riches donateurs de leurs parties.


              • HELIOS HELIOS 16 août 2011 12:28

                ....détournent un peu trop de la production française, sûrement trop couteuse à leur goût à cause du coût du travail chez nous et de la surévaluation de l’euro......

                Quand vous avez dit ça, vous avez tout dit, hein ?
                Qu’est-ce qui vous permet de declarer, serieusement, que la production française est trop couteuse a cause du coût du travail ? ou de l’euro fort ?

                Vous etes vous deplacé, dans une entreprise etrangère et/ou hors d’Europe pour savoir si un acheteur choisi le produit français ou le produit allemand sur son prix seulement ?
                Connaissez vous les prix des produits en provenance d’autres pays que la France equivalents aux notres ?


                Votre article, bardé de graphique, a premiere vue semble bien construit, helas il ne s’agit que d’un exercice de style, que dis-je, une immitation d’une lecture d’une quelconque revue economique, dommage, avec quelques assertions de ce type, l’ensemble du contenu se revèle..... vous nous avez pourtant prevenu, vous n’etes qu’un specialiste de rien.

                Merci quand même pour l’effort, nous ne sommes pas assez nombreux a donner notre avis.


                • Kalki Kalki 16 août 2011 12:31

                • Marc Bruxman 16 août 2011 14:05

                  "Quand vous avez dit ça, vous avez tout dit, hein ?
                  Qu’est-ce qui vous permet de declarer, serieusement, que la production française est trop couteuse a cause du coût du travail ? ou de l’euro fort ?« 

                  Hum sur ces deux domaines, il semble pourtant que cela coule de source :

                  • Le coût horraire du travail en France est l’un des plus élevé d’europe (et même du monde). Il est vrai que nous sommes très productifs et que cela compense. Sauf que cela compense pour les salariés formés et diplomés (ceux qui sont productifs). Par contre, le béru du coin qui avant fesait un travail à faible valeur ajouté se retrouve au chomage. C’est un choix de société, mais le gros problème est que nous ne l’assumons pas. Le coût du travail détermine directement ce que l’on peut produire dans un pays. Plus il est élevé plus ce que l’on peut produire se réduit. Et il vaudrait largement mais alors largement passer une partie des charges sociales sur la TVA de façon à taxer indirectement les importations et favoriser nos exportations et nos entreprises. Le coût du travail a d’ailleurs beaucoup baissé en allemagne ces derniéres années et je crois que cela explique beaucoup de choses à leur succès.
                  • Sur le cours Euro / Dollar, cela arrange les financiers qui peuvent acheter à pas cher des choses aux USA, mais nos entreprises perdent des marchés à coup sur. Si vous achetez des choses pour votre entreprises faites la part de ce pourquoi le prix est »secondaire« (c’est le coeur de votre métier et vous mettrez le prix qu’il faut pour que cela marche le mieux possible) et ce pourquoi le prix est la principale variable de décision. Pour plus de 70% de vos dépense c’est le prix qui est déterminant. Donc si vous fournissez des paillassons, des stylos, des enclumes ou tout autre produit du genre, l’euro fort vous empéche de vendre à l’étranger. Maintenant qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, cela serait bien pire si chaque état avait sa monnaie nationale vu qu’on s’assassinerai entre européens. Mais le dogmatisme de trichet est fort nuisible à l’économie. 
                  Après oui il y a d’autres facteurs comme la qualité perçue ou réelle des productions allemandes. Cela concerne des produits haut de gamme pour lesquels le consommateur d’une certaine façon se moque du prix. Certaines entreprises comme Apple peuvent en effet »pricer" indépendemment de leur coûts de production. (Il en est de même pour les machines d’impressions Heidelberg, les produits de Juniper Network et quelques entreprises chanceuses).

                • HELIOS HELIOS 16 août 2011 15:55

                  mr Bruxman... d’abord la brosse : le prix n’est pas seulement le critere determinant, pas plus que la qualité ou tout autre critere dans une contexte standard (je ne parle pas de la mode ou de produit hyper technique...)

                  ensuite, si vous etiez comme moi, mais cela se peut, dites-moi vite où vous vous trouvez, j’y ai surement du business a faire, je peux vous assurer que les produits made in France ne sont pas (heureusement) laissé de coté pour leur seul prix. en fait, ils coutent le même prix que les autres produits européeens, a peine plus cher -hors contrats de production- que les produits americains, coreens, taiwanais et nettement moins cher que les produits chinois.

                  Les entreprises dans le monde entier, surtout a Bresil et en amerique du sud, mais egalement en asie, achetent des produits europeens pour leurs qualités intrinseques globales. cela veut dire que ces entreprises sont pretes a payer pour un produit qui fasse ce qu’il est prevu qu’il fasse et que son environnement, sa pereminité et son adaptabilité corresponde a son prix.

                  Les produits français sont (souvent, la generalisation est toujours delicate) elitistes et donc mal perçus car il pretendre repondre a des objectifs plus larges que la realité. Le tres grand manque d’information qui les acompagne soit en avant vente soit en apres vente est terrible. Il arrive même que ces produits soient « verrouillés » par conception pour ne pas etre utilisés de façon elargie....

                  Les produits français sont (souvent...) irreparables. Même lorsqu’ils sont demontables, les pieces detachées sont inexistantes ou demesurement cheres, ne respectent pas les normes pour trouver des equivalences et ne sont jamais accompagnés des documentations techniques destinées a comprendre. Les services commerciaux preferent vendre du neuf même si le produit a remplacer n’est pas obsolete

                  Les produits français sont (souvent...) incompatibles avec d’autres produits, afin d’obliger le client a choisir des lignes completes plutôts que les elements correspondants a leurs besoins, quand ce n’est pas une captivité economique avouée !

                  Quand on sait que de par le monde, les pays potentiellement acquereurs ont en general des tissus industriels et commerciaux moins denses, on comprend tout de suite qu’un produit qui repond a un besoin dont les contours sont plus flous que chez nous... a une duree de vie et une maintenance plus facile et compatible avec les ressources locales.... et s’integre avec d’autres produits existants locaux, anciens ou plus modulaire...

                  on voit tout de suite que nos produits ne se vendent plus, quel que soient leur prix !, euro fort, stable ou faible, peu importe !


                  Essayer de vendre en afrique une Renault megane actuelle, dont le Neiman a ete remplace par un chip electronique et dont aucun organe du moteur n’est capable de fonctionner sans une centre de calcul informatique, ne peut etre changé ou remplacé par un autre... et ou la defaillance du capteur de fermeture de porte empeche la mise en route du vehicule !!!!


                • Marc Bruxman 17 août 2011 00:47

                  @Helios,

                  Bonjour, je ne peux que confirmer ce que vous dites sur la qualité ou plutot l’abscence de qualité des produits français.

                  Et pour le coup les voitures Allemandes ont aussi bcp d’électronique mais bcp moins de problèmes que les Renault.

                  Mais c’est la un pbm culturel, il est difficile de faire atteindre ces niveaux de rigeure à des français la ou les germaniques et l’europe du nord en général vise le

                  Mais je parlais dans mon post surtout de produits « simples » (ceux pour lesquels la concurrence est la plus rude) et sur ceux la je suis persuadé que le prix reste une variable importante.


                • Marc Bruxman 17 août 2011 00:57

                  Pour être plus clair, l’achat d’une automobile fait partie de ces domaines ou vous faites attention et ou le prix n’est pas la seule variable déterminante.

                  De même quand dans mon boulot j’achéte des routeurs ou des switchs, je ne prends pas la premiére merde venue car une panne me coute beaucoup plus cher que l’économie réalisée. Donc il est envisageable de payer très cher pour du Juniper Networks (et inversement Cisco peut me faire de gros rabais, ils ne sont même plus sur la shortlist).

                  Inversement si j’achéte un lot de PC de bureau, je prends au moins cher et au plus commode (pas Montgallet quand même) pour une puissance donnée.

                  Tout ca pour dire qu’il y a des marchés ou la

                  Et effectivement, la modularité a un coût pour lequel les gens sont prêts à payer et cela permet de conserver son investissement. Les français en ont parfois été capables. Jusqu’à la fin des années 90, Alcatel a eu produit de bons équipements télécoms à prix convenables. (Pour déployer du GSM ou de l’ADSL ils étaient incontournable). Mais le pire c’est que Huawei n’a pas fait mieux. Leur marketing était complétement pourri, les produits robustes mais un peu « soviétiques ». Sauf que c’était tellement peu cher que ca se vendait. Et il en fut fini d’alcatel.


                • BA 16 août 2011 13:15
                  Mardi 16 août 2011 :

                  « C’est peut-être une journée charnière pour les marchés », pronostique Yves Marçais, analyste chez Global Equities.

                  Après avoir regagné du terrain lundi, les Bourses européennes ont été sonnées par les mauvaises nouvelles venues notamment d’outre-Rhin.

                  Locomotive de la zone euro, l’Allemagne a vu sa croissance ralentir brutalement au deuxième trimestre pour atteindre seulement 0,1 %.

                  Les Produits intérieurs bruts (PIB) espagnol et néérlandais ont connu un sort similaire sur la même période, ne progressant respectivement que de 0,2 % et 0,1 %, sur fond de crise de la dette.

                  Du coup, les Bourses européennes replongeaient mardi matin après une séance en dents de scie sur les marchés asiatiques (+ 0,23 % à Tokyo, - 0,24 % à Hong Kong).

                  A 10H10 GMT, Francfort cédait - 2,30 %, Paris - 1,50 %, Madrid - 1,66 %, et Londres - 0,85 %, alors que la Bourse de New York avait clôturé en forte hausse lundi, le Dow Jones gagnant 1,90 %.

                  Plombé par ce climat, l’euro reculait légèrement face au billet vert et s’établissait à 1,4386 dollar.

                  « L’Allemagne c’est le pilier de l’Europe, si on le voit lui aussi s’affaiblir, ça peut devenir très inquiétant », poursuivait M. Marçais.

                  Deuxième économie de la zone euro, la France ne se porte pas mieux. Son PIB a stagné au deuxième trimestre et, selon le quotidien Les Echos publié mardi qui cite l’entourage du président Nicolas Sarkozy, les prévisions officielles de croissance de l’Hexagone devront « vraisemblablement » être revues à la baisse.

                  « Ces chiffres confirment que le noyau dur économique européen n’est pas en mesure de soutenir les pays fragiles de l’Union monétaire, ce qui renforce le risque déjà existant d’éclatement de la zone euro », s’alarme Jennifer McKeown, de Capital Economics.


                  • Marc Bruxman 16 août 2011 13:51

                    Attention, l’emploi n’est pas un bon indicateur dans ce domaine et ce pour plusieurs raisons :

                    • La robotisation et l’automatisation ont détruit de nombreux postes en atelier.
                    • Une grande part de l’activité industrielle s’est transformée en « service ». Cela va des intérimaires comptés dans le secteur tertiaire quand bien même ils bossent à l’usine aux biens vendus comme un service (par exemple la « box » de votre FAI).
                    Les activités à très faibles valeur ajoutées ont été délocalisées, c’est indéniable (mais cela ne nous fait pas perdre beaucoup d’argent vu les marges insignifiants laissées aux producteurs asiatiques). Il faut noter que même la bas, une tendence à la robotisation commence à exister (cf les annonces récentes de Foxconn).

                    Par contre, on assiste de plus en plus à un changement de mentalité : Ce n’est plus la possession d’un bien qui fait sa valeur mais le service rendu. De plus en plus de biens sont vendus avec un contrat de service et n’ont qu’une valeur marchande limité sans ce contrat. Prenez l’exemple dans les télécoms de réseaux de fibre optiques :

                    • Le coût d’installation (investissement en capital) fut très élevé.
                    • Pourtant sans contrat de maintenance approprié vous pouvez acheter un tel réseau pour très peu cher. (Aucun opérateur ne voudra s’en servir). Si par contre vous avez les moyens de mettre en place une maintenance susceptible de satisfaire un SLA opérateur type, alors ce réseau a de nouveau une valeur marchande. Et je ne parles pas seulement de l’OPEX (cout d’exploitation), mais subitement, le droit d’accès au réseau si vous voulez l’acheter (CAPEX, investissement en capital) redevient élevé.
                    • Ici c’est l’existence du service qui crée la valeur du bien.
                    Dans l’automobile ou la capacité de réparer soi meme le véhicule est de plus en plus réduite, nous allons arriver vers le même modèle. Notamment avec la voiture électrique. Vous allez payer un droit d’usage comprenant la fabrication du véhicule et sa maintenance. Et dans ce domaine, les constructeurs vont y perdre beaucoup.

                    Dans le domaine du logiciel, de plus en plus, l’accès au logiciel en lui même (code source) est gratuit (logiciel libre), mais les entreprises continuent de payer un contrat de maintenance. Loin d’avoir diminué les revenus des informaticiens ce nouveau modèle économique a ramené du monde vers le secteur.


                    • Sancho 16 août 2011 21:59

                      Il y a aussi les cas des multinationales délocalisant leur production (voir exemple de l’étude de l’iPhone d’Apple) qui sont complexes à interpréter uniquement avec les statistiques de balance commerciale.
                      D’un coté, les import d’iPhone de Chine dégraderait le déficit commercial américain de 1,9 milliard de dollars (0,8 % du déséquilibre avec la Chine). D’un autre coté les marges (énormes) d’Apple sur ses produits peuvent servir à alimenter sa R&D ou ses actionnaires, principalement aux US.

                      On dit maintenant que celui qui innove capte la valeur, pas celui qui produit. Peut-être vrai, mais les salariés peu ou moyennement qualifiés ont du souci à se faire en Occident.
                      Le secteur des services sera-t-il capable de les accueillir comme au passage agriculture->industrie au XiX/Xe siècle ?


                    • Winston Smith 17 août 2011 09:14

                      « On dit maintenant que celui qui innove capte la valeur, pas celui qui produit. Peut-être vra »


                      Les ouvrier ne font que copier, c’est pour cela qu’ils sont moins payé depuis toujours qu’un ingénieur ou un patron (métiers autrement plus difficile). C’est évident.

                    • Sancho 17 août 2011 15:01

                      Si les ouvriers ont souvent peu à dire sur les produits ou la commercialisation, ils peuvent apporter de l’expertise sur les procédés de fabrication et ainsi être au cœur du processus d’innovation.

                      A renoncer de travailler avec eux, à ne considérer que le résultat de leur travail, l’entreprise peut passer à coté d’opportunité de croissance. Je ne parle même pas des effets à terme par les inégalités/chômage que cela engendre.


                    • titi 22 août 2011 08:49

                      @Sancho

                      Je pense qu’au contraire la « production industrielle » est un sujet plus que mature.

                      Logistique, achats, gammes, production, tout est extrèmement bien rodé et finalement tout le monde applique les mêmes méthodes où il y a peut de place pour « la boite à idée ».

                      A comparer avec les services justement, marketing, ventes, où on est encore dans « la bricole ».


                    • Daniel 16 août 2011 14:57

                      Cela serait intéressant de comparer les chiffres de la France avec ceux de l’allemagne, pour voir de quelle manière ils ont eux empèchés la désindustrialisation.


                      • jef88 jef88 16 août 2011 18:36

                        - en France on a la meilleure productivité dans les ateliers (actuellement, en France la « structure » coute environ 50% DU PRIX DE REVIENT)
                        - en Allemagne il y a moins de « services »

                        - les gouvernements français, depuis Giscard, ont sciemment détruit les PME
                        - les gouvernements allemands protègent le tissu industriel

                        nous avons une faiblesse culturelle


                      • titi 17 août 2011 08:04

                        « nous avons une faiblesse culturelle »

                        Nous avons surtout une faiblesse éducative de dénigrement des métiers manuels.

                        Nous arriverons, et c’est une volonté politique, à 80% d’une classe d’age de bacheliers.
                        Ces bacheliers iront au minimum à la fac pour passer ou essayer de passer un deug de psycho-machin-chose. Ils sortiront « niveau » bac +2.

                        Qui de ces « étudiants » acceptera un travail sur presse ou à la chaine ?


                      • Winston Smith 17 août 2011 09:11

                        Comme de toute façon la France, ce sont les services, je ne vois pas le problème..


                      • jef88 jef88 17 août 2011 16:35

                        100¨% d’accord avec Titi

                        Les services ? une emplatre sur une jambe de bois ! Que deviendrons t’ils quand il n’y aura plus de fric ?


                      • sparte sparte 16 août 2011 15:26

                        Vous n’analysez pas les causes de la désindustrialisation ... les mêmes qui ont ruiné l’artisanat de production ( sauf celui dit « de luxe » ), qui ont ruiné l’agriculture, et mêems les services ( même tourisme souffre ... ) ; sans analyse, vous ne pouvez dégager les remèdes 


                        • sparte sparte 16 août 2011 15:57

                          Par Kalki (xxx.xxx.xxx.180) 16 août 12:31 : Le groupe taïwanais Foxconn veut remplacer 500 000 employés par des robots d’ici à trois ans.

                          ****************
                          FONDAMENTAL : Beaucoup de choses à apprendre de TaÏwan la Chine l i b r e qui n’a pas connu Mao ! petit pays quasiment souverain - mis à part qu’il ne fabrique pas ses propres armes. Les Allemands sont aussi en avancent aussi sur cette voie.

                          La voie française de l’appel massif à de la main d’oeuvre nord africaine a été un échec énorme  
                          et en plus, en France on taxe les machines ( taxe dite « professionnelle » faussement supprimée puisque remplacée par la Taxe Territoriale ) pour renflouer la Sécu-en-perdition : c’est le SYNDROME DES CANNUS
                          On aura commis toutes les erreurs ( 1 )
                          S.

                          ( 1 ) sans compter le projet de TVA sociale pour appauvrir encore plus le peuple ; heureusement les économistes, les industriels, et même les syndicats ont vu clair .. jusqu’à présent.

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samuel_


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