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Les coopératives peuvent-elles être un outil de développement des territoires ?

L'Economie Sociale et Solidaire fait ce week end ses Etats Généraux. Voici une contribution sur le développement mutuel des territoires et des coopératives

Les territoires sont aujourd'hui inscrits dans un nouvel environnement qu'ils doivent prendre en compte pour assurer leur développement local1. Ce nouvel environnement est marqué par la concurrence et l'expansion du domaine marchand, le stress écologique et démographique, les crises issues de la financiarisation de l'économie, la transformation des autorités publiques par le transfert au niveau local des compétences et le retrait de l'autonomie financière des collectivités locales. L'effet social d'un tel environnement est globalement une perte de confiance, base de toute société, qui pousse à la recherche d'alternatives ou au repli sur soi et la défense de ses intérêts propres.

Dans ce contexte, le développement des territoires passe-t-il par les coopératives ?

Les coopératives souffrent certainement d'une image passéiste les confinant à une économie du pauvre, paysan ou ouvrier. En réalité, elles sont porteuses d'un modèle qui peut apporter des réponses adaptées et efficaces aux défis de notre temps, basées sur la démocratisation de l'économie, la participation sociale et l'engagement personnel. L'ONU a d'ailleurs décrété l'année 2012 comme l'année internationale des coopératives avec pour slogan :"Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur"2.

Dans un premier temps, il convient de faire le point sur l'originalité de cette forme d'entrepreneuriat. Ensuite, nous nous questionnerons sur l'apport des coopératives dans le développement des territoires. Nous conclurons sur les coopérations possibles entre le mouvement coopératif et les territoires pour un développement mutuel.

 

I) Les spécificités d'une entreprise coopérative

Les coopératives investissent tout le champ économique. Coopératives agricoles pour la commercialisation des produits3 ou pour l'utilisation de machines (CUMA)4, banques coopératives5, coopératives d'achat, d'artisans, d'artistes, de consommateurs, de logement6 et bien sûr coopératives ouvrières de production, appelées aujourd'hui Sociétés COopératives et Participatives (SCOP).

 

I.a) Les 7 principes du coopératisme

Les coopératives se distinguent par les 7 principes définis par l'Alliance Coopérative Internationale (ACI) en 19957, à chaque principe correspond des valeurs coopératives :

- Adhésion volontaire et ouverte : Liberté et Responsabilité Personnelle

- Pouvoir démocratique exercé par les membres sous le régime "une personne égale une voix" : Egalité et Démocratie

- Autonomie et indépendance : Equité et Probité

- Education, formation et information : Transparence

- Coopération entre les coopératives : Solidarité

- Engagement envers le territoire : Responsabilité sociale et Citoyenneté

- Participation économique des membres : Responsabilité mutuelle et Partage

 

I.b) La coopérative, une entreprise autrement

L'application de ces 7 principes à l'acte d'entreprendre se traduit par des distinctions significatives vis à vis des entreprises capitalistiques classiques :

- la coopérative est une société de personnes et non de capitaux, les orientations sont des choix collectifs

- son objectif n'est pas la maximisation des profits et la profitabilité d'un capital mais la valorisation des activités et compétences de ses membres.

- les résultats sont d'abord dirigés vers l'investissement et les réserves impartageables pour assurer la pérennité et la transmission aux générations futures.

Les coopératives répondent soit à un besoin commun (constituer un outil de travail, utilisation de matériel, vendre une production, entretenir un patrimoine, pérenniser une filière, ...) : "ensemble nous avons besoin de telle chose", soit à un besoin général (se loger, se nourrir, se déplacer, s'approvisionner, ...) : "nous avons tous besoin de telle chose". Les membres sont sociétaires et utilisateurs ou travailleurs ou fournisseurs, c'est le principe de double qualité. Une coopérative démarre d'un collectif qui veut prendre en main un besoin. C'est un collectif qui se prend en charge et ainsi évite la spéculation d'un fournisseur de biens ou de services ou d'un capitaliste cherchant à faire fructifier son capital par le travail d'autrui. L'entreprise coopérative est donc une affaire d'émancipation et de démocratie sociale.

Ces spécificités leurs donnent des atouts pour le développement des territoires.

 

II) Atouts des coopératives pour le développement des territoires

Le lien entre coopératives et territoires est inscrit dans les 7 principes de l'ACI. Pour les coopératives agricoles, il est même une obligation juridique8.

 

II.a) Les 5 atouts des coopératives9

L'apport des coopératives sur un territoire concerne l'aménagement de celui-ci, l'emploi, le tissu économique et social, le développement durable.

- Le partage du pouvoir : les membres de la coopérative élisent leurs dirigeants et participent à l'élaboration de l'orientation stratégique. Les membres sont donc impliqués dans une dynamique territoriale et les décisions, impliquant le territoire, sont prises localement.

- Le partage de l'avoir : les résultats d'une coopérative sont d'abord dirigés vers l'avenir de celle-ci. Ainsi une garantie est constituée pour sa pérennité au sein du territoire. L'investissement sert au développement économique de la coopérative et donc du territoire. Après les réserves impartageables et l'investissement, les résultats vont vers la distribution de ristournes et de participations, ce qui améliore le pouvoir d'achat des membres, acteurs économiques du territoire.

- Le partage du savoir : les dirigeants de coopératives sont majoritairement issus d'une évolution interne. La forme coopérative implique une formation à la gestion d'entreprise et à la vie coopérative des membres. Ce partage est une richesse humaine supplémentaire pour un territoire. Les coopératives ont aussi la culture de réseau et d'échange de savoir et de compétences, elles assurent ainsi l'installation de jeunes entrepreneurs ou agriculteurs sur le territoire et elles consolident les créations d'entreprises.

- Le respect du territoire : les coopératives regroupent des membres qui vivent le plus souvent sur le territoire. Il est donc de leur intérêt à préserver l'environnement et à soutenir le tissu social local.

- Le développement du territoire : les coopératives valorisent des compétences, des ressources, des matières premières ou des produits finis qui se trouvent sur un territoire. Elles ont davantage le reflex des circuits courts10 en faisant appel aux fournisseurs et partenaires locaux. Une caractéristique essentielle donnée par le propriété collective et la démocratie interne est qu'une coopérative n'est ni opéable, ni délocalisable. Cette caractéristique sécurise sa présence sur le territoire. Ainsi les coopératives sont une bonne solution envisageable pour le reprise et la transmission d'entreprises.

Le coopératisme est une sorte de territorialisation de l'activité économique, de l'investissement et de l'emploi.

 

II.b) Performances des coopératives

Les coopératives sont minoritaires dans le paysage économique mais elles n'en sont pas moins performantes :

- le secteur bancaire coopératif constitue 60 % des dépôts en France11

- les coopératives agricoles représentent 40 % du chiffre d'affaire de l'agro-alimantaire français

- 26,3% du commerce de détail est réalisé par le commerce associé

- les coopératives scolaires contribuent à l'éducation de 4 millions d'élèves

- les coopératives rassemblent 1 million de salariés et représentent 4,3 % de l'emploi salarié global.

- Coop atlantique est le 1er employeur de la Région Poitou-Charentes avec 4374 salariés

- 1000 nouveaux emplois par an depuis 5 ans ont été créés par les SCOP

- le taux de survie d'une nouvelle entreprise est supérieure sous forme SCOP (en 2004 : 74% contre 63% à 3 ans et 59% contre 51% à 5 ans) 12

 

Conclusion

Pour assurer leur développement, les territoires doivent être attractifs en termes d'emploi et d'opportunité d'affaires, préserver leur environnement et assurer un tissu social et culturel de qualité.

Par leur ancrage local, tant humain que financier, les coopératives peuvent être un outil opportun pour les territoires sachant créer et mobiliser des collectifs.

La nouvelle forme de coopérative : la SCIC (Société Coopérative d'Intérêt Collectif )"13 correspond aux problématiques d'un territoire. c'est une forme coopérative dont l'objet social est de développer un service ou une activité ayant un caractère collectif sur un territoire. Elle rassemble un sociétariat varié : clients, utilisateurs ou usagers, fournisseurs ou producteurs, salariés ou transformateurs et collectivités locales. Ce mode d'organisation d'une activité locale peut permettre de trouver la viabilité économique par l'application du principe de la force dans l'union.

Si le mouvement coopératif sait soutenir les initiatives naissantes, il a aujourd'hui rendez vous avec l'Histoire pour passer à une phase supérieure de son développement qui passe par celui des territoires et par une action offensive et volontariste. Pour proposer son paradigme14 à la société, le coopératisme doit s'organiser pour une action pro-active dont le contenu pourrait être :

- l'établissement de diagnostics locaux pour faire émerger des services où une solution coopérative serait pertinente (commerce, habitat, financement, service public, production d'énergies renouvelables 15, artisanat, ...)

- rechercher toutes les opportunités de reprise ou transmission d'entreprise par les salariés et proposer cette solution aux cédants et aux collectivités

- développer l'entrepreneuriat collectif avec les collectivités pour le soutien de l'économie locale (cluster, pôle de compétitivité, coopérative d'artisan, coopérative d'activité et d'emploi, ...)

- faire adapter la législation pour favoriser l'implication des collectivités dans les coopératives (SCIC, exemple des coopératives sociales italiennes16...)

Ces actions volontaires pourraient être portées par des agences ad hoc, constituées en SCIC et rassemblant les collectivités locales, les organisations du mouvement coopératif et les citoyens voulant investir dans ce développement.

Le développement durable est la conjonction des critères environnementaux, économiques et sociaux. Par nature, les coopératives sont dans ce type de développement où les territoires veulent s'investir. Les coopératives sont l'avenir des territoires, il ne reste plus qu'à développer leur coopération.

Emmanuel BOUHIER

 

1Cahiers du CRISES N°ET9905 "Le développement local et l'économie sociale : deux éléments devenus incontournables du nouvel environnement" par Benoît Lévesque, février 1999

2 Résolution A/64/136 du 18 décembre 2009

3Site de COOP de FRANCE, "Le Modèle Agricole" http://www.coopdefrance.coop/fr/2/qu-est-ce-qu-une-coop/

4"Pour une coopération agricole territoriale" 22eme conférence internationale de recherche coopérative, contribution de la FN CUMA

5"La Nef, banque éthique au service de projets locaux" Ouest France 18/04/11

6site habitat.coop http://www.habitat.coop/

8"Coopératives agricoles et territoires", Chantal Chomel

9"Des entreprises qui transforment votre territoire", plaquette de l'UR SCOP Poitou Charentes

10"Coopératives et Circuits courts, vous avez un nouveau message" Colloque FN CUMA et CG SCOP 29/11/10

11"Mouvement coopératif et Régions : des objectifs partagés ?" GNC, février 2010 http://www.entreprises.coop/UPLOAD/media/file/183_LGNC%20361%20bd%20OK.pdf

12Dossier "La Scop, une solution pour l’ancrage territorial des PME", Participer n°623 mai/juin 2007 http://www.scop-auvergne.coop/IMG/pdf/p_623_dossierterritoires.pdf

13"Nouvelle donne territoriale, nouvelle forme coopérative" de A.Margado, Territoires, avril 2004

14'Le paradigme coopératif : proposition renouvelée pour répondre aux attentes de la société actuelle"Cahier de l'IRECUS, Université de Sherbrooke, Janvier 2008

15"Des coopératives citoyennes pour développer les énergies renouvelables" L'ALSACE.fr 06/04/11 et "Et si on construisait des parc éoliens coopératifs ?" par Nolwenn Weiler, basta !, 21 avril 2011

16"Les coopératives sociales Italiennes, insertion et développement local" Danièle Demoustier, François Malbosc http://base.d-p-h.info/es/fiches/premierdph/fiche-premierdph-5922.html


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21 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 18 juin 2011 08:14

    Au vu de l’état actuel du système bancaire, je crois qu’il devient très intéressant d’ouvrir un compte dans une banque qui n’utilise pas notre argent pour spéculer sur le marché, le crédit coopératif .
    Pour ma part, ce n’est pas encore fait, mais ça va se faire.


    • fraternité fraternité 18 juin 2011 09:49

      bonjour alpo47 en fait le credit mutuel, pour un particluier, c’est « mieux » que le credit coop. En tant que particulier au credit coop, tu n as pas acces aux parts B qui donnent le droit de vote à l’AG. Il faut aussi savoir que le credit Coop est une filiaile de la Banque Pop qui est aussi une banque cooperative. L’avantage du Credit mutuel c est que le particulier a une voix à l AG et qu il a une organisation federale et une division en caisse assez dense, ca fait autant de verrous contre la speculation et une vie democratique et cooperative potentiellement plus vive. Par contre si tu veux epargner avec la NEF, c est souvent par le biais d’une caisse du credit coop...

      une banque coop c est bien, mais ca ne change rien si les societaires ne s y engagent pas ... cette education à la vie democratique et a la responsabilite collective est un vrai enjeu pour que le mutualisme et le cooperatisme ne deviennent pas poudre au yeux ou coup de com.

    • Spip Spip 19 juin 2011 00:04

      @ l’auteur

      Le Crédit Mutuel, dans sa pratique des clients, ne vaut parfois pas mieux que que les requins classiques. Par exemple : chez moi, fourguer en douce une Visa Internationale à une personne âgée qui ne sort pas de sa ville... Il a fallu qu’un parent aille faire un scandale à l’agence (efficace, il était membre du conseil d’administration !)


    • Gabriel Gabriel 18 juin 2011 08:52

      Le système coopératif est sans doute la seule alternative, la seule réponse en terme de résistance et de survie face à la concentration et au pouvoir économique des grands groupes qui cannibalisent la société de consommation en réduisant le choix des sources d’approvisionnement, la qualité des produits aux seules fins d’accumulation de bénéfices non redistribués. C’est une des meilleures représentations de la lutte communautaire contre l’individualisme.   


      • Emin Bernar Paşa Paşa 18 juin 2011 16:34

        Le Crédit agricole est une banque coopérative avec ses Caisses régionales, au service des territoires. Elles sont le premier prêteur immobilier en France, la banque des agriculteurs, celle des artisans , très investies dans les initiatives culturelles et sportives , acteurs du milieu rural et aussi en pointe dans la technologie : Kwikso est la dernière en date , le paypal français !

         


        • zelectron zelectron 18 juin 2011 18:19

          @Paşa
          Le CA est devenu une société anonyme spoliant en cela le monde paysan qui en était l’associé mutualiste, ce n’est pas du tout une référence, pour ne pas être trop polémiste...


        • fraternité fraternité 18 juin 2011 22:54

          @ pasa : je ne serais pas aussi optimiste sur le CA... ils ont detourné l aspect coop en creant des filiales de statut classique cotees en bourses. ces filiales ont ete des points faibles pendant la crise... idem pour CE qui avait des parts dans Natixis qui s est effondré... D ailleurs il me semble que CA s est un peu fait tiré l oreille par l’ACI


        • Emin Bernar Paşa Paşa 18 juin 2011 23:15

          dans la structure des banques coopératives c’est la base qui dirige : les caisses régionales contrôlent le niveau national : au Crédit agricole il en est ainsi, même si le niveau national est une société anonyme

          les chiffres sont indiscutables  : les caisses régionales de crédit agricole accordent plus de 70% des prêts aux agriculteurs, 23% des prêts immobiliers en France ; les caisses régionales comptent 6 millions de sociétaires, essentiellement des ruraux 

          les caisses régionales démontrent leur esprit coopératif par leurs actes : par exemple Passerelle, une initiative pour aider les gens fragiles à sortir de leurs difficultés .


        • Emin Bernar Paşa Paşa 18 juin 2011 23:29

          ces polémiques sont un peu vaines...

          à quoi bon ?

          le CIC est-il une société coopérative ?

           


        • zelectron zelectron 19 juin 2011 11:32

          Le CA dispose de propriétés foncières gigantesques au regard de ses engagements financiers, je me demande comment ils ont fait pour « hériter » de tant d’exploitations agricoles avec des rétrocessions avec plus-values significatives ...


        • Emin Bernar Paşa Paşa 19 juin 2011 14:44

          des « propriétés foncières gigantesques » : on est dans la théorie du complot (financier) !!! 


        • Patrick Lefèvre 18 juin 2011 19:52

          L’exemple des banques n’est certainement pas le meilleur car les banques mutualistes fonctionnent exactement comme les banques capitalistes (relation vis-à-vis des clients, prise de risques inconséquents - voir les ardoises de la BP et de la CE)

          Ceci dit, les coopératives ont évidemment toute leur place dans une organisation économique plus humaine et le statut des SCIC va dans le bon sens.

          l’éventuel problème se pose dans le fait que les coopérateurs trouvent un intérêt personnel dans l’affaire : cela correspond donc à une entreprenariat qui peut connaître des dérives. 

          Pour ma part, je militerais plutôt pour un nouveau statut : « l’entreprise associative », c’est-à-dire une structure qui ne rapporte strictement rien aux associés (financièrement parlant).

          Pourquoi un nouveau statut alors qu’il existe l’association loi de 1901 ? Parce que la loi de 1901 garde, un siècle après sa création, toute sa pertinence mais n’a pas été créée pour gérer une entreprise (et de là, les dérives constatées dans ce milieu) 


          • fraternité fraternité 18 juin 2011 20:07

            @ patrick : le CM connait bcp - de derive que les autres de part sa structure federale et l importance de caisses locales. mais il ne faut pas oublier que la qualite d une democratie depend certes de son fonctionnement mais aussi de l implication de ses membres. il en est de meme pour les banques mutualistes et coop. les AG sont generalement expediées et polluées par des evenements « ludiques » parce que c est ce que les adherents demandent ... ils ne sont pas d abord militants mais client d une banque, c est pour ca que je dis qu il y a un enjeux educatif avant de crier à la derive... 


            pour ton idee de statut , dans le statut des SCIC , il n y a aucune remuneration du capital, tout doit aller a l investissement ou en reserve

            a+

          • Emin Bernar Paşa Paşa 18 juin 2011 23:19

            « les coopérateurs trouvent un intérêt personnel » : un taux d’intérêt de 3,5% sur les parts sociales !

            n’exagérez pas svp !


          • tchoo 19 juin 2011 16:39

            Vous rêvez si vous pensez que au Crédit Agricole, mêm si c’est une coopérative, ce sont les caisses locales et donc les administrateurs locaux qui commandent.
            C’est une façade, on leur demande d’entériner les décisions prises par d’autres supposés plus intelligents, plus experts, plus au courant.
            j’en veux pour exemple la transformation ces dernières années de tous les guichets où l’on a remplacer les traditionnels personnels apte à résoudre vos problèmes, par deux ou trois commerciaux agressifs qui ont la pression pour vous vendre ce dont vous n’avez pas besoin, et où l’on mis en place des guichets automatiques obligeant votre mémé à utiliser un carte bancaire.
            Tout cela présenté évidemment comme étant un bienfait pour nous tous.

            J’ai le souvenir d’avoir, avec l’aide d’une « guichetière » sauver de la banqueroute un agriculteur après plus de six d’efforts dans un arrangements quotidiens pour régler ces impayés.
            Aujourd’hui ce type de démarche serait impossible dans l’état actuel de cette entreprise.

            Je suis bien aise de lire que les coop pourraient être l’avenir de l’économie après nous être fait traité de ringard, passéiste, hors du temps, anachronique pendant des années.


            • Emin Bernar Paşa Paşa 19 juin 2011 21:02

              tout ceci ne me semble pas etre représentatif des 20 millions de clients du Crédit agricole !


            • Emin Bernar Paşa Paşa 19 juin 2011 22:39

              ce n’est pas non plus représentatif des 6,2 millions de sociétaires, ni des 36 000 administrateurs du Crédit agricole qui mettent la solidarité en pratique dans nos régions !


            • tchoo 19 juin 2011 22:52

              Explique-nous comment ils la mettent en pratique cette solidarité ?
              Ce que j’en ai écris est du vécu, ce n’est pas forcément transposable.
              mais la belle idée du départ est peu à peu galvaudée, parce que justement les patrons d’autre fois sont peu à peu marginalisés et ringuardisés, que on leur fait croire qu’ils n’ont pas les clés et qu’il faut se fier au spécialistes.

              Le pouvoir corrompt, on le sait, là comme ailleurs.


              • Emin Bernar Paşa Paşa 19 juin 2011 23:44

                ce que font les caisses régionales pour aider les personnes en difficultés financières est un exemple, et dans les trois quarts des cas cela ne nécessite pas un crédit ;

                 le volontarisme du crédit agricole pour le recrutement ou l’appui à des personnes handicapées est un autre exemple.

                et dans les pays d’Afrique, les caisses régionales mènent des actions concrètes d’aide aux populations.

                 


                • vin100 20 juin 2011 19:25

                  Que l’ Economie Sociale et Solidaire soit une contribution d’avenir pour le développement mutuel des territoires, surement oui, mais l’article valorise essentiellement les SCOP et les coopératives.

                  En France, beaucoup d’acteurs de ce secteur sont idéologiquement et historiquement « anticapitalistes » ce qui pas n’est systématiquement le cas de nos voisins notamment anglosaxons qui ont développé le « tiers secteurs » avec bien plus d’imagination pragmatique.

                  Oui il y a des « marchés ou besoins » énormes que ne peuvent satisfaire les seules structures capitalistiques, mais les scop ne sont malheureusement pas une solution pour la plupart des secteurs industriels. 

                  L’article parle de 1 000 emplois crées en 5 ans pour les SCOP, je ne peux confirmer ou infirmer ces chiffres. Mais 1 000 emplois en 5 ans c’est ridicule (je préférerais moi aussi bien plus).A titre d’info, le marché du travail c’est chaque jour 10 000 emplois crées (pour autant de détruits ), les travailleurs étrangers, c’est environ 15 000 titre de séjour de travail par an, etc ...

                  Le principe une salarié, une voix est souvent une catastrophe dans l’Industrie qui doit faire des choix souvent immédiats et très techniques. De même dans les années 1930,en Espagne, il y a eu beaucoup de coopératives souvent anarchistes qui marchaient très bien. Mais quand est venu la guerre civile avec les Franquistes et les Communistes et bien le principe de convoquer une assemblée avant de prendre la décision de savoir qui allait défendre le village, avec quels moyens et pourquoi il fallait le défendre, tout cela a fait que ces communautés forts sympathiques se sont pris une déculottée terrible et à force de perdre territoire par territoire pour finir par perdre la guerre.

                  Déjà existe un statut européen de coopérative qui dilue les droits individuels de vote en grands collèges, c’est une amélioration, qui était essentiel pour certains secteurs.

                  Donc un petit ou un gros bémol (et je le regrette ) sur les scop qui ne sont pas la seule solution d’avenir, pour les besoins qui restent non couverts aujourd’hui.

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