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Accueil du site > Actualités > Economie > Les délocalisations sont-elles dangereuses ?

Les délocalisations sont-elles dangereuses ?

Depuis une dizaine d’années maintenant, le problème du chômage en France est traité comme la conséquence de la concurrence mondialisée que se livrent désormais les firmes. La mondialisation serait la bête noire de l’emploi. Effet pervers de cette ouverture sur le monde, la mondialisation aurait accéléré et facilité les délocalisations. voilà le mot lancé ! Haro sur les délocalisations ! De droite comme de gauche, l’ensemble de l’échiquier politico-médiatique s’accorde sur le danger que représentent pour l’emploi les délocalisations. Mais qu’en est-il réellement ? Derrière cette concorde généralisée (aux relents d’atavisme réactionnaire),il est intéressant d’aller scruter plus précisément la réalité de la situation. Disons-le tout de suite : l’affaire est loin d’être entendue !

Délocalisation. Le mot fait trembler. Le prononcer est déjà un acte politique majeur qui vous engage. Les regards se fourvoient, les langues se taisent de peur de blesser une partie de l’opinion, d’en galvaniser une autre. Le terme divise. Pire, il emporte l’adhésion de tous pour le fustiger immédiatement. Les délocalisations seraient la réponse miracle et fourre-tout aux problèmes récurrents de l’emploi dans notre pays. Autant clarifier les choses tout de suite, nous verrons comment cette vision est loin d’être conforme à la réalité économico-sociale, et ce, indépendamment des courants de pensée et des idéologies interventionnistes ou libérales qui divisent les économistes. Si au niveau des réponses à apporter aux problèmes de l’emploi, il n’y a pas de consensus entre partisans des deux doctrines, sur la responsabilité des délocalisations sur la mesure de l’emploi, les voix s’accordent tout autant pour s’élever contre le discours politique simplificateur et accusateur.

Le mal serait donc étranger. Tel un virus, il s’introduirait de manière pernicieuse dans un corps sain pour essayer de le détruire, au moins de l’affaiblir. Ainsi va le monde et ainsi décrit-on la délocalisation : une sorte de monstre étranger venant affaiblir le tissu social et économique de notre saine et harmonieuse économie.

Mot tabou s’il en est, c’est donc à sa démystification que nous allons procéder. Pour satisfaire au processus victimaire de nos sociétés occidentales, qu’il est bon et facile de trouver un responsable idéal ! A l’image de la psychologie où le danger vient toujours d’autrui, de la sociologie où c’est toujours du conflit avec le hors-groupe que procède le changement, de l’anthropologie où la peur tire ses racines de l’altérité, l’économie trouve dans les pays à faibles coûts salariaux l’essentiel de ses maux, son bouc émissaire parfait, car archétypal : le mal vient toujours du dehors.

Mais posons tout de suite la question : les délocalisations sont-elles responsables du taux de chômage élevé des pays du Nord et plus particulièrement de la France ? Rien n’est moins sûr, comme nous allons le voir précisément.

Un tableau sombre...

Avant tout, il faut savoir ce qu’on entend par délocalisation. Il s’agit donc de définir le terme. Voyons la définition qu’en donne J. Artuis : « La délocalisation consiste, pour des produits qui pourraient être fabriqués et consommés dans une même aire géographique, à séparer les lieux de production et de consommation. En d’autres termes, il s’agit pour le gestionnaire de fabriquer là où c’est le moins cher et de vendre là où il y a du pouvoir d’achat. » Cette définition contribue à élargir le champ des délocalisations à une vision sombre et pessimiste : l’entreprise transfère tout ou partie de sa production à l’étranger afin de réimporter à un coût moindre (prix moindre et profits supérieurs) les produits finis. Ce faisant, elle crée du chômage dans le pays d’origine. Mais toutes les délocalisations ne répondent pas à cet objectif. D’une manière générale, les délocalisations répondent à trois stratégies majeures :

- recherche de minimisation des coûts. Effectivement, en s’implantant dans un pays où le salaire est inférieur, les coûts de production vont sensiblement diminuer pour l’entreprise, ce qui lui permettra de tirer les profits vers le haut, mais aussi de revendre ces produits à un prix inférieur et donc plus compétitif sur le marché mondial. Ce sont des délocalisations qui jouent sur l’offre.

- Volonté de conquête d’un nouveau marché. La délocalisation peut aussi répondre à un souci de conquête d’un marché émergent. Effectivement, pour une entreprise, il est préférable d’être directement présent sur le nouveau marché (exemple de Dacia ou Logan en Europe de l’Est) afin d’avoir une meilleure information du marché et pouvoir installer sa domination. Elle essaie de répondre à une demande. Dans ce cas, l’entreprise ne délocalise qu’une partie bien souvent de ses capacités productives. Ce sont des délocalisations pour accroître les débouchés et qui s’appuient sur la demande.

- Stratégie globale : l’entreprise cherche à la fois à conquérir un nouveau marché et à réduire ses coûts de production. Elle augmente ses profits et ses débouchés (ventes) dans le même temps.

Mais les délocalisations induisent des effet pervers : c’est qu’elles en appellent d’autres. En effet, une entreprise qui délocalise va augmenter ses profits, soit en diminuant ses coûts, soit en augmentant ses débouchés, soit les deux, ce qui induit de la part des autres entreprises une démarche similaire afin de rester compétitif. Ainsi la délocalisation d’une partie de la production chez Peugeot avec sa Dacia en Pologne a succédé à celle de Renault avec sa Logan en Roumanie. La concurrence exacerbée que se livrent ainsi entre elles les entreprises des pays industrialisés pour investir les secteurs encore vierges des économies émergentes conduit à accélérer de la part des entreprises les gains de productivité, ce qui au bout du compte conduit à des destructions d’emplois dans les pays riches.

Ce faisant, l’emploi diminuant, la demande intérieure (la demande de consommation au sein du pays) va diminuer également. La demande étant plus faible, la production aura davantage de difficulté à s’écouler au prix actuel. Il va donc falloir trouver des moyens de réduire les coûts afin de pouvoir continuer à vendre sur le marché intérieur. Cette pression sur les coûts va induire une pression à la baisse des salaires. Un cercle vicieux s’installe alors où la demande chute, les salaires diminuent pour faire face à la chute de l’écoulement de la production, les entreprises vont délocaliser pour gagner en compétitivité et continuer à engranger des profits sur un marché déprimé.

Mais des effets à nuancer

Pourtant, cette vision sombre et désastreuse (réductrice et simpliste) de la délocalisation doit immédiatement être nuancée : certes elle induit des destructions d’emplois, certes, elle touche des secteurs particuliers de l’économie, mais elle est loin d’expliquer l’essentiel du chômage et des bas salaires en France.

- En effet, les IDE (investissements directs à l’étranger qui permettent les délocalisations), c’est-à-dire la création ou la prise de contrôle d’une entreprise à l’étranger, représentent environ 5 à 10% de l’investissement intérieur. En outre, si les pays riches sont à 80¨% responsables des IDE dans le monde, ils sont aussi les bénéficiaires à 66% de ces IDE. Par exemple, en 1999, l’UE a accueilli 58% des IDE de la France. ce qui conduit à relativiser l’idée répandue selon laquelle les délocalisations servent à diminuer les coûts de main d’œuvre durant la production. Certes, les pays riches sont les plus gros dépositaires des IDE mais ce sont aussi les plus grands bénéficiaires. Or les coûts salariaux se valent dans l’ensemble des pays de la Triade (UE, Etats-Unis, Japon)

- En outre, la plupart des IDE dans les pays à faibles coûts salariaux visent avant tout à conquérir le marché local, et non à substituer une production moins coûteuse à une production locale.

- De plus, prendre la seule variable « coûts salariaux » est insuffisant. Il faut la lier à la productivité du travail. Si vous payez deux fois moins cher un ouvrier à l’étranger mais qu’il vous fait le même travail en deux fois plus de temps que l’ouvrier français, l’entreprise n’y gagne rien. Elle y perd même en coûts de transports pour réacheminer le produit en France. Or, la théorie des avantages comparatifs mise à jour par D. Ricardo et de nombreuses fois réajustée montre toujours qu’un pays a une productivité meilleure à mesure qu’il s’enrichit (or, les économies émergentes, même si elles ont une croissance exceptionnellement élevée, ce qui est normal puisqu’elles partent de plus loin, sont encore des économies « pauvres »). Cela s’explique par le « capital humain » (théorisé par H. Becker en 1964) plus important dans les pays riches (formation professionnelle, formation scolaire, effet d’apprentissage) et la dotation en capital physique et technologique plus importante.

- Autre nuance à apporter : les firmes qui ont délocalisé, en gagnant en productivité-prix, amassent des profits plus importants. Ces profits peuvent être réinvestis sur le marché domestique (d’origine) et ainsi créer de nouvelles activités et, par suite, créer de nouveaux emplois.

- Enfin, il est important de souligner que la mondialisation n’est pas un jeu à somme nulle, contrairement à l’idée répandue. Le Japon est un cas exemplaire à ce titre ; puisque, par ses délocalisations importantes dans la région asiatique, il a contribué à l’enrichissement des pays régionaux au point de représenter un marché significatif aujourd’hui pour les produits japonais. Les délocalisations ont enrichi les pays voisins qui à leur tour ont enrichi le Japon. Comment ? En délocalisant, on diminue les coûts, donc les prix à l’importation. Dans le même temps, on offre des emplois et des biens à un pays émergent (qui même à un salaire faible reste souvent supérieur à celui auquel il pouvait accéder auparavant). Ce faisant, dans les pays riches, on libère une partie de la demande vers d’autres produits de consommation et surtout vers de nouveaux services.

Conclusion

La responsabilité des délocalisations au niveau des destructions d’emploi est donc à relativiser. Néanmoins, il y a un domaine sur lequel les craintes sont fondées. C’est que les échanges avec les pays du Sud se font souvent dans le sens d’une délocalisation de main d’oeuvre non qualifiée (théorie de la spécialisation internationale). Ce sont donc les secteurs industriels à forte concentration de main d’œuvre à faible qualification qui sont les plus touchés par les délocalisations. Ainsi, même si leur impact est faible sur l’économie (moins de 3% du PIB et de 3% de l’ensemble du chômage), il se concentre sur une classe d’individus particulièrement exposés. Ceux qui ont d’autant plus de difficultés à trouver un emploi aujourd’hui en France (mais la variable « délocalisation » n’est pas la cause primordiale).


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67 réactions à cet article    


  • (---.---.152.23) 30 janvier 2007 13:06

    Les délocalisations se font à la recherche des plus bas salaires et standards sociaux. Elles sont donc nuisibles à tout point de vue.


    • Raoul (---.---.36.91) 30 janvier 2007 16:54

      Ce que montrent les réactions que l’on voit passer, c’est que le PS et l’UDF roulent pour les mêmes intérêts que l’UMP et, s l’un d’entre eux passe, il poursuivra la même politique de destruction des acquis sociaux des Français. Il faut beaucoup de culot pour venir nous raconter que la mondialisation et les délocalisations pourraient ne pas être la source de nos problèmes.

      Et c’est pourquoi ceux qui parlent de la Trilatérale à propos d’un Bayrou ou d’un Fabius ont entièrement raison.

      La mondialisation, c’est le stade ultime de l’impérialisme, ce dernier étant à son tour le stade superieur du capitalisme.


    • www.jean-brice.fr (---.---.134.237) 30 janvier 2007 17:07

      EH OUI, NOUS SOMMES DANS LE REGIME DES PARTIS : pour en savoir plus, allez sur www.jean-brice.fr


    • (---.---.36.91) 30 janvier 2007 17:30

      Voir la liste des membres européens de la Trilatérale, cachée par les hordes de l’UDF et du PS, dans les commentaires au lamentable article de Riot :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18502


    • Briseur d’idoles (---.---.168.167) 30 janvier 2007 17:33

      T’as aussi le CRIF ! smiley


    • Cosme (---.---.48.248) 30 janvier 2007 18:50

      Les délocalisations, c’est la préparation du fascisme à l’échelle mondiale. On casse là où les droits sociaux étaient le plus développés, et on renforce financièrement les régimes les plus douteux.


    • jlouis (---.---.218.186) 31 janvier 2007 00:30

      Faux.

      Le premier facteur conduisant a une delocalisation est le prix de la matiere premiere. En effet, les depenses des entreprises en moyenne sont de 80% pour les fournitures, equipements, machines, etc. et de 20% seulement pour les salaires.

      Donc une direction des achats recommandera dans la plupart des cas une delocalisation en se basant sur les 80% cites plus haut.

      Le premier facteur de delocalisation vient des taxes douaniere a l’importation.

      Prenez l’exemple des industries textiles : si l’europe met des barrieres douanieres sur les tissus mais pas sur les habits, alors les entreprises europeenes vont delocaliser a l’exterieur de l’europe pour payer leur tissus moins chers. La main d’oeuvre n’est qu’un facteur de 20%.

      Remarque : pour les SSII, la main d’oeuvre ne represente que 50% des depenses de l’entreprise, meme si on pense qu’une SSII n’est qu’une somme d’employees.


    • Dr. Worry (---.---.38.210) 31 janvier 2007 10:06

      « Le premier facteur conduisant a une delocalisation est le prix de la matiere premiere »

      Non, c’est bien le prix de la main d’oeuvre. Même les patrons le disent ouvertement.


    • Dr. Worry (---.---.38.210) 31 janvier 2007 10:13

      « Les délocalisations, c’est la préparation du fascisme à l’échelle mondiale. On casse là où les droits sociaux étaient le plus développés, et on renforce financièrement les régimes les plus douteux. »

      Exact. Faites le tour :

      - On cherche non seulement à occulter la réalité de l’étendue du chômage, mais à nous priver de droits effectifs. Comme on nous a déjà privé du droit à un emploi normal permettant de vivre décemment.

      - Que fait-on avec la santé ? Pareil, qu’il s’agisse de prestations médicales de plus en plus sommaires et embrigadées, de médicaments de moins en moins remboursés...

      - Quant à la Justice, qui peut vraiment se payer un avocat pour défendre correctement ses droits ? Et on cherche à rendre l’accès à la Justice de plus en plus difficile pour la grande majorité d’entre nous.

      On a affaire à une véritable OFFENSIVE GENERALE CONTRE L’ENSEMBLE DE NOS DROITS, et ceci depuis les années 1980 à travers tous les gouvernements.

      Dans le débat sur le dernier collage d’affiches pro-Bayrou organisé par Daniel Riot : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18502 , quelqu’un s’est plaint de l’appartenance de politiques français comme Bayrou ou Fabius à la Trilatérale et de la soumission des politiques aux milieux financiers. Il écrit :

      « Que signifie l’appartenance des »progresisstes« et »démocrates" Bayrou, Fabius et tutti quanti à la Commission Trilatérale dont l’objectif déclaré est de définir en permanence une stratégie actualisée de gouvernance mondiale ?

      - D’abord, ce beau monde participe à de tels réseaux sans aucun mandant, ni n’en rend aucun compte à ses électeurs, voire même à ses militants. C’est donc contraire à toute la « démocratie » théorique que ces gens nous vendent du bout des lèvres.

      - Ensuite, que devient la devise « un être humain, une voix » ? Ils s’en fichent éperdument. Dans les réunions de la Trilatérale, la montagne d’argent qu’il y a derrière l’un des commis des multinationales, de la grande finance, de la « méga-gestion »... pèse bien plus que tous les politicards présents. C’est l’argent qui devient l’ « intérêt général ».

      - Enfin, que peut-on vraiment savoir sur ce qui se dit et se fait dans le cadre de ces réseaux ? Ce qu’ils veulent bien nous dire, et pas plus. Les citoyens n’en ont aucun contrôle. Après, les « grandes lignes » définies par les réseaux, c’est ce que les politiques nous font avaler, et peu importe la saveur de la potion.

      Autrement dit, les financiers décident de ce qui se fera vraiment au niveau mondial. Ensuite, aux politicards de « gérer localement » l’application des consignes générales des lobbies financiers.

      On appelle ça la « démocratie »..."

      (fin de citation)

      Un futur électeur de Bayrou lui répond :

      « Candidat membre de la Trilatérale ou pas , aucun candidat sauf s’il est inconscient ne pourra se mettre à dos la finance mondiale . Sinon , on l’a déjà vu dans certains pays d’amérique latine , des décisions défavorables au milieux financiers ont fait couler leur économie. »

      (fin de citation)

      Il arrive que certaines vérités émergent avec une force particulière des claviers des internautes. En l’occurrence, sur la disparition de toute démocratie réelle en France. Car, comme un autre internaute l’a fait remarquer, l’auteur de cette réponse compare implicitement l’Etat français à un Etat de l’Amérique latine. Tout un aveu, car cela signifie que ceux qui nous ont gouvernés au cours des dernières décennies (dont Sarkozy, Royal, Bayrou et Buffet) ont fait de la France une REPUBLIQUE BANANIERE.


    • Dr. Worry (---.---.38.210) 31 janvier 2007 10:22

      « Le premier facteur de delocalisation vient des taxes douaniere a l’importation »

      Faux. Car le marché visé reste le marché français ou de niveau économique équivalent, quoi qu’on nous en dise. On le voit bien avec la prolifération des produits chinois en France.

      Les délocalisations sont avant tout une forme de dumping social. On cherche les plus bas salaires et standards sociaux. C’est pourquoi ces pratiques devraient être INTERDITES, car celui qui délocalise s’empare du fruit de notre travail et le retourne contre nous.


    • Gzr (---.---.38.250) 31 janvier 2007 10:40

      Les attaques contre le droit d’accès à la Justice depuis les années 1990, tous gouvernements et partis confondus, sont un signe très clair de ce qu’on nous prépare.

      Si on doit se retrouver dans la misère, il faut bien nous empêcher de nous en plaindre. Les décideurs savent très bien que tout ne se fera (ne se fait) pas de manière très régulière. L’existence d’un Etat de droit devient de plus en plus sylmbolique.

      Voir l’article de De ço qui calt ? de samedi :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt

      La réforme de la justice, grande absente de la campagne présidentielle

      Ségolène Royal compte parmi ses conseillers Dominique Barella, secrétaire général de l’Union Syndicale des Magistrats jusqu’en octobre 2006 ; Nicolas Sarkozy semble avoir obtenu le soutien de Pascal Clément pour sa campagne présidentielle ; François Bayrou et Marie-George Buffet n’ont jamais voulu entendre parler de réforme de la Justice ; « plus à gauche », l’influence du Syndicat de la Magistrature, membre fondateur d’ATTAC, n’est sans doute pas négligeable... Quelles en sont les conséquences ? En tout cas, le sujet de la réforme de la Justice se trouve pour le moment absent de la campagne présidentielle. Comme si, à la fin des courses, quelqu’un avait demandé : « Les justiciables, combien de divisions ? »...

      (...)

      Rappelons que non seulement les projets de loi 3391 et 3393 adoptés par l’Assemblée Nationale en première lecture ont peu à voir avec les attentes des justiciables, mais des mesures inattendues et très contestables y ont été discrètement introduites. Elles tendent notamment à limiter l’accès des citoyens à la justice pénale et à affaiblir le rôle de cette dernière, sous prétexte d’un « encombrement des cabinets d’instruction » . Médias et politiques sont restés discrets. Le vote de la loi sur l’équilibre de la procédure pénale a eu lieu avec très peu de parlementaires présents (vingt-neuf, dont vingt-trois voix pour), sans aucune voix contre. L’avis de citoyens et justiciables n’a guère été sollicité, alors que Pascal Clément déclarait sur ces dispositions : « Ce sont les magistrats... qui ont souhaité cette réforme : qu’on leur fasse confiance, ce sont des professionnels ! Ils sont déjà submergés de travail toute la journée, ils n’ont pas à être victimes de procédures dilatoires ».

      Dans un Parlement où siègent, théoriquement, les représentants des citoyens, ce sont donc les « professionnels » de la Justice qui imposent leur loi. Il faudrait, semble-t-il, « leur faire confiance »... Où sont passées la séparation des pouvoirs et la souveraineté du peuple ? Et que devient le rôle pacificateur et modérateur de la Justice, destiné à éviter que la force et la violence se substituent au droit ?

      Pas une seule voix de député contre ce que l’on pourrait à juste titre appeler la contre-réforme Clément. Il y a donc eu consensus entre les grandes formations parlementaires, dans un sens favorable aux revendications des magistrats et contraire aux souhaits exprimés par des justiciables « de base ». C’est ce même consensus que l’on retrouve à présent avec le lourd silence de la campagne électorale sur les problèmes de la Justice française. Mais c’est aussi la preuve que le sujet dérange vraiment.

      (...)

      En somme, tout est bien qui finit bien pour politiques, lobbies et corporations. Rien n’a été fait. Les lois de décembre dernier constituent, dans leur état actuel, des reculs comportant des pertes de droits pour les justiciables.

      (...)


    • Gzr (---.---.38.250) 31 janvier 2007 10:51

      Ou encore cet article paru dans Indymédia :

      http://toulouse.indymedia.org/article.php3?id_article=9897

      Outreau ou l’impossible autodénonciation d’un système (V) Les élections présidentielles françaises de 2007 seront précédées, sauf imprévu, de l’approbation très consensuelle par le Parlement de deux lois sur la Justice. Une action législative que l’on cherche à relier à des conclusions tirées de l’affaire d’Outreau, mais dont le contenu réel ne paraît guère en rapport avec ce que les auditions et les enquêtes avaient mis en évidence. Approuvée en première lecture en décembre, la « réforme » de la justice, que des internautes ont déjà qualifiée de contre-réforme, sera examinée par le Sénat en février. Si les textes en cours d’approbation n’apportaient rien de nouveau, ce ne serait pas vraiment une surprise, mais les citoyens qui attendaient quelque chose de ces projets de loi pourraient se borner à être déçus. Malheureusement, la réalité est bien pire et la prétendue « réforme » semble comporter actuellement un certain nombre de dangers à l’insu de la grande majorité des citoyens que l’on a exclus des débats récents.

      Suite de I - IV :

      http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=51525

      http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=60464

      http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=71264

      http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=71928

      (...)

      Il paraît difficile de nier l’existence, à l’heure actuelle, d’un puissant consensus politique défavorable au type de réforme de la justice dont avaient pu rêver il y a quelques mois les acquittés d’Outreau et bien d’autres justiciables. La tendance est, bien au contraire, à poursuivre la politique de la dernière décennie qui, tous gouvernements confondus, s’est caractérisée par un nombre croissant de mesures visant : a) à rendre le fonctionnement de la justice de plus en plus sommaire et expéditif ; b) à limiter le droit d’accès à la justice pour la grande majorité des citoyens ; c) à renforcer les pouvoirs et prérogatives des magistrats en face des justiciables. Et peu importe que le rapport de la Commission d’enquête parlementaire ait mis en évidence de nombreux éléments que l’on peut raisonnablement imputer à ce type de dispositions adoptées dans les années 1990-2000.

      (...)


    • cdg (---.---.231.76) 1er février 2007 19:57

      50 % pour une SSII ?

      Vous sortez ca d ou ?

      Travaillant dans une SSII, je peux vous dire que les charges de personnel sont d au moins 80 % des couts !! A part les salaires, une SSII paie quoi ? des bureaux (et encore la plupart du temps les employes sont chez le client qui fournit ordinateurs et bureaux)


    • Milla 3 février 2007 08:23

      C’est une plaisanterie,

      La main d’oeuvres et les richesses tu veux dire, d’après toi qui détient les matières premières, les richesses minières ?

      Ils ont tout là bas, et en plus ils développeront en 10 ans ce que nous ici nous avons développé en 40 ans, parce qu’eux disposent d’une technologie bien plus avanccée, celle d’aujourd’hui, imagine que ce sont des pays non encore industrialisés...

      Et c’est ce qui va se passer dans les prochaines années, d’après toi pourquoi parle t-on de risque de pollution amplifiée, mais surtout, qu’un jour, ces pays mêmes pourront exploiter leur propres richesses et la transformer eux mêmes.

      Qu’est ce qui a favorisé l’essor en france à l’après guerre ? aucun investissement dans l’invention ni dans la recherche ni même dans la construction, usines clés en main, ford... ça te parle non ?

      milla smiley


    • Fred (---.---.20.123) 30 janvier 2007 13:59

      Les délocalisations devraient être cadrées (encadrées).

      On pourrait les limiter à certains domaines , ou a certain type de société.

      Par exemple, il faudrait interdire les sociétés qui touchent des subventions de la France ou celle qui dégagent des bénéfices sur le sols Français, sous peine de remboursement ou d’interdiction de ventes.

      Fred


      • (---.---.22.58) 30 janvier 2007 14:02

        Je suis chef d’entreprise.

        Mon standard téléphonique est à Angers

        Mon secrétariat est en Bretagne

        Ma comptabilité est en Ile de France.

        C’est le bonheur ! Je n’embauche personne. Tout le monde est dans son petit chez-soi après le boulot (et même pendant). Vive le télétravail ! smiley


        • Petit 30 janvier 2007 14:09

          28 ans, enseigne la sociologie, formateur à l’ITS, européiste convaincu... Quoi d’autre ?

          Pas prêt de se faire délocaliser son emploi !


          • L'enfoiré L’enfoiré 30 janvier 2007 14:35

            @L’auteur,

            « Les délocalisations sont-elles responsables du taux de chômage élevé des pays du Nord et plus particulièrement de la France ? »

            >> Bien sûr que non. Les délocalisations sont le lot des grandes entreprises internationales qui ont plus les moyens d’étendre leurs activités. La délocalisation de la main d’œuvre dans des « paradis aux salaires minis » ne sont qu’une des manières d’entreprendre le nettoyage. L’importation de cette même main d’œuvre est le pendant logique.

            Le problème n’est pas la concurrence étrangère. Ce qui l’est est le gap entre les niveaux de vie d’ici et de là-bas. Les vases communiquant sont de la partie. Un bête jeu d’écluse, donc.

            Qui boira la tasse ? Ceux du dessous ou du dessus ? Si ceux qui sont au dessus gagnaient (les entrées) et payaient (les sorties) avec le même niveau de monnaie. Nous n’en serions pas là. On veut tout pour rien et on prend la tronçonneuse pour couper la branche sure laquelle on vit. Bien sûr, ça se régularisera progressivement. L’ouverture d’une écluse n’a jamais permis à l’eau de rester à des altitudes différentes. Mais pour combien de temps ?


            • troll (---.---.82.132) 30 janvier 2007 14:38

              un des autres problemes de ces delocalisations c’est la pollution generee par tous ces transports assez incroyables...


                • le hérisson (---.---.46.229) 30 janvier 2007 15:42

                  Les délocalisations tirent le niveau de vie vers le bas. Si vous en êtes toujours pas convaincu, allez vous délocaliser en Chine !


                  • (---.---.185.253) 30 janvier 2007 15:53

                    Les delocalisations augmentent le niveau de vie en Chine, dans l’Est de l’Europe et partout ou elles se font.


                  • seb59 (---.---.180.194) 30 janvier 2007 15:42

                    Pas grave les delocalisations ? pour le pib , peut etre pas.

                    Pour l’emploi : dramatique !

                    La production de bien et l’industrie sont des secteurs qui emploient bcp en france.

                    Que va t’il arriver quand il n’y aura plus d’industrie ?

                    Pas grave me direz vous, il reste les services ! Et bien justement , les services aussi se delocalisent : hotlines, informatique, secretariat, banque... (et parfois, bonjour la reactivité...)

                    Donc les services ne sont pas la solution !

                    Que va t’il nous rester ? l’agriculture ? etre fonctionnaire ? Ah oui peut etre cela : etre fonctionnaire à l’anpe. Car il va y avoir du travail.

                    Il serait peut etre temps de le proteger notre travail, plutot que de rever de la mondialisation, une course deja perdue.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 30 janvier 2007 19:44

                      @seb59,

                      D’accord. Les services, je confirme en connaissance de cause. Avec les télécoms, l’informatique est la première qui peut être outsourcée et ensuite offshorisée sans difficulté théorique. On ne délocalise pas l’entreprise, seulement le service interne (comptabilité, informatique...). Mon article « Mouvements perpétuels » (URL) n’en était qu’un reflet.


                    • (---.---.229.210) 30 janvier 2007 15:44

                      28 ans, enseigne la sociologie, formateur à l’ITS, européiste convaincu... Quoi d’autre ?

                      Brel aurait conclu : Beau, beau, beau et con à la fois !


                      • (---.---.244.97) 30 janvier 2007 15:58

                        A l’auteur !

                        Si le niveau de tes cours est à l’exhelle de cet article, je plaint tes éléves...

                        Mais peut être qu’en leur temps tes profs étaient comme toi ?

                        Tu exprimes des faits avérés et aussitôt apres TON opinion qui les contredit sans amener de chiffres sincéres.

                        3% de chomeurs non qualifiés !!!!! Aucun interret !

                        Pour ton info la branche textile a perdu, par la délocalisation, un peu plus de 2 000 000 d’emplois ces 30 dernières années.

                        Ajoute la sidérurgie, l’ameublement, toutes les industries manufacturières qui ferment....

                        BOBO vat !


                        • O.Z.Acosta (---.---.144.100) 30 janvier 2007 15:59

                          IL faudra peut-être obligé les entreprises à (re)former les emplois quelles détruisent, pas des stages photocopieuses mais vers les métiers des medias, de la téléphonie ou de l’informatique.

                          Pour les entreprises qui touchent des subventions, peut-être les obligés à les rembourser car c’est avec nos impots qu’ils ouvrent des entreprises à l’étrangers.

                          Mais le plus important, une taxe pollution sur les transports car les avions et les cargos ca ne marchent pas à l’eau. Dans un monde ou l’on commence seulement à percevoir les méfaits de la globalisation, la consommation de matière première fossilisé pour permettre cette globalisation devrait être taxé lourdement mais ceci ne peut être une réaction franco-francaise mais une réaction Européene car l’europe est la zone la plus riche du monde.

                          Seulement à 12 c’était dur, alors à 27 .......

                          Z


                          • mcm (---.---.121.69) 30 janvier 2007 16:24

                            Mais puisque le monsieur vous le dit : Cest pas graves les délocalisations ! Depuis 2000 j’admet que 3 seulement de mes 4 derniers boulots ont pris fin pour cette raison !

                            Vive l’Europe le cher vivier de beaux-parleurs si cher au contribuables Français, vive monsieur Trichet qui après le Crédit Lyonnais si cher aux contribuables Français, va devenir si cher au contribuables Européen via la Banque Européenne.

                            Monsieur « DeusExMachina », votre beau pseudo latin signifie : « Dieu créateur de la machine et hors de la machine ». Levez le nez du guidon de la votre et recourez à la manette des freins de toute urgence avant l’envolée finale !

                            Il est mignon tout plein hein le gentil enfant européen qui ne rackette qu’un tout petit peu le Français, il faut le protèger avec de la discrimination positive !

                            MCM


                            • frederic9 (---.---.232.32) 30 janvier 2007 16:44

                              On voit ici des internautes qui veulent forcer les entreprises à faire ceci, forcer les entrepreneurs à faire celà, obliger la Banque Centrale Européenne à modifier la valeur de l’Euro dans un sens ou dans un autre, qui veulent taxer davantage celui-ci s’il ne fait pas ceci, ou bien taxer davantage celui-là s’ils ne fait pas celà.

                              Où vous croyez-vous donc ?

                              En Union Soviétique ?

                              En Allemagne Hitlérienne ?

                              Vous voulez faire fuir les rares entrepreneurs qui nous restent ?

                              Fichez-donc la paix aux gens et dites merci pour jouir, encore pour quelques temps, d’un niveau de vie que le Chinois de base ne peut même pas rêver avoir un jour.


                              • Droopy (---.---.199.139) 30 janvier 2007 16:57

                                Facile de raisonner ainsi tant qu’on a un beau boulot bien douillet non délocalisable. Pour laver les cerveaux, il faut être là où il y a des cerveaux à laver. Mais quand ils seront bien propres et au chomage, ce sera peut être votre tour ou celui de vos enfants. Ah au fait si vos gamins sont des « manuels » et pas des intellos de haute volée, ils vont bosser comment en France ? Ahhhh ils n’ont qu’à aller en Chine ou en Roumanie ? Ah oui c’est vrai, faut être mobile. Ah ben oui mais vous ne les reverrez plus car ils ne pourront plus revenir faute de moyen et ils prendront leur retraite là bas. Et vous serez dans un désert humain peuplé d’intellos qui se mangeront entre eux. ben oui, l’agriculture aussi n’existera plus dans votre beau pays.


                                • faxtronic (---.---.127.45) 30 janvier 2007 17:28

                                  Globalement les delocalisations sont positives. Mais il faut se mefier des statistique, qui ne refletent qu’une moyenne.

                                  Faites gaffes aux moyennes, interressez vous plutot aux ecarts-types si vous ne voulez pas finir avec la tete sur une pique. le probleme etant justement les groupes pas suffisant armes en formation pour pouvoir s’adapter. Et pour eux la delocalisation c’est le sang et les pleurs, et le processus d’adaptation se passe mal, meme au Japon ou je peux vous l’assurer que la generation montante, ma generation, a une vision de la vie apocalyptique. Pour l’instant ca va, mais je predis que dans moins de 10 ans, ce sang sera le sang de tous, repandu.

                                  Moi ca, j’ai suffisamment de formation et de cynisme pour m’adapter a tout.


                                  • Michael (---.---.65.73) 30 janvier 2007 18:02

                                    Chine. Nos médias nous rabachent que les chinois maintiennent les leurs esclaves, sans syndicats, etc.

                                    Voyez cet article qui nous révéle qu’en réalité ce sont les entreprises capitalistes occidentales qui bataillent ferme pour y torpiller les réelles avancées sociales et syndicalistes en gestation.

                                    ...’l’autre son de cloche !

                                    http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=10280


                                    • Jean (---.---.11.58) 30 janvier 2007 18:17

                                      Une seule solution, un protectionisme total integrale et equitable :

                                      Vous voulez profiter du marché Français pas de probleme , mais vous payez les taxes sociales des emplois perdu en france à cause de vos importations...

                                      Parceque sans cela pourquoi pas renvoyer les momes pousser des wagonnets au fond de la mine à 14 ans ? non ? Ce serait super pourtant, on pourrait comme ça luter contre la chine à armes egales, sur la voie merveilleuse du liberalisme sans frontiere !

                                      Que des fadaises, le liberalisme tue le capitalisme en le deresponsabilisant , la société est faites pour le bien-etre des hommes pas pour celui exclusif des financiers.

                                      Le plus triste c’est que cela va aboutir a des periodes de trouble d’une tel ampleur, que les plus nantis s’apercevrons qu’ils ont sciés conscienceusement la branche sur laquel ils etaient assis...si confortablement.

                                      Je travail pour une misere avec un salaire qui déjà me permet a peinne de survivre, mais si un jour je me retrouve a avoir faim (ou mes enfants) il faudra pas s’etonner de voir les 50% de francais qui gagnent moins de 1500 Euros par moi, exploser.

                                      Ils l’ont deja fait et comme on arrive a des differences de revenus qui s’apparentent a ceux d’avant la revolution Francaise, il faudra pas s’etonner de ce qui se passera... Les tenants du liberalisme a tout va ; ferait bien d’y reflchir un peu...


                                      • erick (---.---.3.71) 30 janvier 2007 18:26

                                        d’accord avec l’opinion de Jean, meme si je prone l exact contraire : pourquoi pas uniformiser les conditions de travail entre les pays de l’OMC, gageons que dans ce cas les pays membres de l’OMC seraient beaucoup moins nombreux. A ceux qui ne respectent pas ces normes de travail (et/ou d’environnement), on les plombent par des surtaxes de douanes.

                                        car le protectionnisme existe en matière de service, n’en déplaise à l’OMC, je pense à toutes les professions régies par des ordres nationaux !


                                        • heso (---.---.71.168) 30 janvier 2007 18:32

                                          Bravo a l’auteur. Il etait temps d’etrangler ce serpent de mer. Les delocalisations ne sont absolument pas un danger pour l’economie francaise. On estime que les delocalisation coute 13.500 emplois chaque année. Mais pendant ce temps les entreprise etrangere delocalise leurs entreprise vers la france crée 20 654 emplois. conclusion les delocalisations de la mondialisation crée chaque année environs 7.000 nouveau emploie en france. Vous voullez vraimment interdire la delocalisation sur la planete ? http://www.danielmartin.eu/Cours/CoursT2.htm#DelocalInsignifiantes

                                          Bien a vous


                                          • Forest Ent Forest Ent 30 janvier 2007 18:56

                                            Je suis las de ces sophismes endémiques insinuant que la mondialisation est positive sans jamais le démontrer.

                                            « les IDE représentent environ 5 à 10% de l’investissement intérieur »

                                            Il n’y a pas besoin d’IDE pour sous-traiter la couture de chaussettes. Quel est le volume d’échanges ?

                                            « un pays a une productivité meilleure à mesure qu’il s’enrichit »

                                            C’est pour cela que les ingénieurs chinois équivalents aux français sont payés au mieux 100 euros par mois.

                                            « les firmes qui ont délocalisé, en gagnant en productivité-prix, amassent des profits plus importants. Ces profits peuvent être réinvestis sur le marché domestique (d’origine) et ainsi créer de nouvelles activités et, par suite, créer de nouveaux emplois. »

                                            Oui, ils pourraient. Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’ils le sont ?

                                            « En délocalisant, on diminue les coûts, donc les prix à l’importation. Ce faisant, dans les pays riches, on libère une partie de la demande vers d’autres produits de consommation et surtout vers de nouveaux services. »

                                            Le grand sophisme traditionnel !!

                                            Les revenus des ménages dans les « pays riches » ont diminué plus que les prix n’ont baissé, sinon les entreprises n’auraient pas délocalisé. La demande va donc DIMINUER !

                                            Devoir à refaire.


                                            • Yvance77 (---.---.234.111) 30 janvier 2007 18:57

                                              Il y a les délocalisations qui me gênent et celles moins. Si c’est pour se tirer en Chine, à Taiwan, en Inde en clair dans des pays hautement démocratiques, ou l’on est sur que le salarié de base pourra se refaire la cerise, sera bien traité, respecté dans ses droits ... bien je ne suis pas d’accord ... maintenant s’il s’agit de viser des marchés intra-communautaires et de vraiment favoriser quelque part le jeu européen c’est n’est pas génant.

                                              Une bouilloire éléctrique de Savoie ne sera pas acheté à Cracovie car compte tenu de tout les factures qui composent un prix, le niveau du citoyen de base ne le permet pas. Alors que pour un produit délocalisé c’est possible.

                                              Ne soyons pas non plus égoiste. D’autant plus que c’est du donnant donnant, s’ils s’enrichissent ; ils viendront par exemple grossir le flot des touristes qui dépenseront dans notre pays quelques euros non ?

                                              Dnas le premier cas, c’est humainement désastreux pour tous, dans le second il y a une chance de gain pour deux à moyen terme.

                                              A peluche


                                              • seb59 (---.---.180.194) 31 janvier 2007 11:48

                                                @ Yvance77

                                                Malheureusement , toutes les delocalisations sont genantes !

                                                Meme en europe ! Ce qui ne profite pas à ton pays est perdu. Notre protection sociale en france, ne facilite pas l’implantation de production à bas prix. Il faut donc creer des taxes pour que l’argent perdu rentre en france d’une facon ou d’une autre.

                                                Un exemple : La vpc, avec ses beaux catalogues et ses sites web. Tu crois que les photos et le travail creatif sur les images est fait en france (c’est technologique, creatif, etc ...) ? Que neni ! C’est fait dans l’europe de l’est, via internet ! C’est juste un exemple, qui sera bientot valable pour tout : car presque tout est delocalisable.

                                                Ils sont tres reactifs : ils bossent 6 jours par semaine pour une bouchée de pain. L’europe n’est donc pas une solution, car que pouvons nous leur vendre qu’ils ne savent pas produire moins cher ?

                                                L’auteur de l’article n’a qu’une vision tronquée du monde du travail, et de la realité economique. Il devrait quitter l’enseignement, prendre un emploi manuel dans l’industrie, et je suis sur que son avis sur la mondialisation serait plus pertinant.


                                              • Pierre (---.---.137.74) 30 janvier 2007 19:00

                                                Bonjour, le contenu général de l’article ne correspond pas vraiment à ce que nous vivons au quotidien dans les grandes entreprises, où tout ce qui peut-être délocalisé en Chine l’est immédiatement. Il ne s’agit plus seulement de main d’oeuvre non qualifiée ou de call centers (ça, ça a commencé il a déjà 10 ans), mais d’emplois à forte valeur ajoutée : informaticiens, chef de projet informatique, program manager, etc... Exemple chez HP, ST Micro, Schneider, Alstom, Alcatel, etc... De plus votre article ne prend pas en compte la « non-localisation » : c’est-à-dire que quand il faut implanter une nouveau site industriel, c’est rarement en France. De plus, lorsque qu’un emploi à forte valeur ajoutée est délocalisé, cela entraine en général aussi des pertes d’emploi chez les soust-traitants locaux et les services locaux, qui ne sont pas comptabilisés. Pierre chez HP (3000 emplois en moins en 5 ans)


                                                • (---.---.161.139) 31 janvier 2007 10:31

                                                  A l’ensemble des commentaires laissés,

                                                  Que les choses soient claires. En aucun cas je ne me fais l’apôtre des délocalisations. Si la lecture de mon article vous amène à conclure de cette façon, je m’en excuse. Je voulais simplement souligné avec un maximum d’objectivité (ce qui sur ce sujet si délicat est difficile à obtenir) la réalité du phénomène a l’heure actuelle en France. Mon article vise simplement à nuancer l’approche rapide et simplificatrice qui consiste à dire que la délocalisation est forcément néfaste. je ne dis pas qu’elle ne l’est pas, je dis simplement qu’il faut éviter de tirer des conclusions hâtives sur un phénomène particulier. Certes, comme je le souligne à la fin de l’article, elle s’avère en partie désastreuse sur des pans spécifiques de l’économie, notamment celle qui touche les travailleurs les moins qualifiés (qui voient leur travail délocalisé vers l’Est à des conditions de vie et de travail beaucoup moins respectueuse des travailleurs), mais elle n’est pas LA responsable principale du taux de chômage (endémique ?)de la France. Certes, me direz-vous, au niveau d’un bassin industriel, une délocalisation est porteuse de paupérisation de la région, elle casse le tissu social et économique, brisant une partie du lien social, mais au niveau d’un pays, on constate que son impact généralisé est mesuré. il es vrai comme le souligne certainsque depuis peu, même le travail qualifié commence à se délocaliser (c’est surtout vrai pour l’informatique par exemple), ce qui n’est pas sans poser de problèmes. néanmoins, en l’état actuel, les délocalisations ne sont pas les seules et uniques (loin s’en faut) sources de sous-emploi qui frappent notre pays. Voilà ce que mon article visait à dire.

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