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Les efforts de The Economist pour défendre les terrains vagues commerciaux

Le « moment protectionniste  » dont parle Paul Krugman, évoquant le succès des porteurs de ces idées lors des primaires étasuniennes, et les développements autour de Tata Steel en Grande-Bretagne, mettent en grande difficulté les tenants de l’anarchie commerciale, comme The Economist.

 
Un débat intellectuel de plus en plus inégal
 
Il faut bien reconnaître à la bible des élites globalisées le mérite d’évoquer les arguments du camp adverse, malgré un biais quasi religieux puisque l’hebdomadaire a été fondé au 19ème siècle par opposition aux lois protectionnistes. Pour lui, « le cas pour le libre-échange est accablant », citant une étude qui affirme que le salarié moyen perdrait 29% de son pouvoir d’achat si les Etats-Unis se fermaient à tout commerce (et 62% pour les plus pauvres). Mais, outre le côté caricatural de l’hypothèse l’autarcie, cela n’est pas recevable car le raisonnement est articiel : la protection assure des revenus plus élevés compensant des prix plus élevés, comme The Economist le montrait pour le riz. Et le fantasme des gains de pouvoir d’achat est contredit par la baisse des revenus d’une majorité de la population.

Du coup, l’hebdomadaire finit par reconnaître qu’il y a des perdants, et incrimine l’accesion à la propriété, qui fixerait les personnes dans des zones déclinantes, ne leur permettant pas d’accéder aux zones dynamiques. The Economist souligne notamment que le libre-échange « réduit la paie de ceux dont les savoir-faire sont courant », notant que les diplômés de l’université gagnent 50% de plus que la moyenne, contre 30% avant, des arguments à l’origine du changement d’opinion de Paul Krugman sur le libre-échange. Il cite même une étude selon laquelle le commerce avec la Chine aurait coûté 1 million d’emplois industriels aux Etats-Unis, une étude déjà évoquée précédemment. Mais il finit par se rassurer en notant que l’opinion publique, aux Etats-Unis, comme en Grande Bretagne, reste libre-échangiste.
 
Dans un dernier effort, The Economist se raccroche à un papier d’économistes sur la situation de la France et de la Grande-Bretagne des années 1890, en attribuant aux lois Méline protectionnistes hexagonales un retard dans la croissance de notre pays. Le raisonnement est que le protectionnisme augmente le revenu des agriculteurs, qui peuvent donc avoir plus d’enfants et donc investissent moins dans leur éducation, du fait du gain moindre de l’éducation. Un raisonnement un peu court du fait de nombreux autres facteurs (du rôle des Empires respectifs ou des transitions démographiques différentes). Et surtout, le protectionnisme agricole ne semble pas avoir ralenti le développement économique spectaculaire des pays asiatiques, du Japon à la Corée du Sud, en passant par la Chine.
 
Bref, tous ces papiers confirment surtout que l’anarchie commerciale a des effets dévastateurs pour une grande partie de la population, pesant sur l’emploi et le pouvoir d’achat, chose dont les pays asiatiques ont su se protéger. Seule la foi de The Economist ne leur permet pas de le reconnaître pleinement.
 

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2 réactions à cet article    


    • Frédéric Van der Beken Frédéric Van der Beken 24 mai 17:54

      A une époque, c’était principalement les matières puis les produits qui étaient en concurrence. Maintenant ce sont les hommes avec des déplacements plus faciles, des frontières plus ouvertes, des droits supérieurs, des délocalisations facilitées, etc ... Le tout avec une vitesse de plus en plus importante.
      On appauvrit ceux qui étaient « riches », on rend moins « pauvre » ceux qui l’était. Le tout dit avec des nuances et en moyenne. L’ancien « riche » reste plus riche que ses parents mais dépense trop futilement ou sans le réel besoin. L’ancien « pauvre » vit mieux que ses parents, cherche à ressembler à l’ancien « riche » et tombera dans les mêmes travers.
      A l’aube où les robots vont bientôt mettre tout le monde d’accord, les humains ressembleront peut être à une meute de loups en train de se déchirer un morceau de ... travail rémunérateur.

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