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Accueil du site > Actualités > Economie > Les Étasuniens entre l’endettement et la consommation

Les Étasuniens entre l’endettement et la consommation

Par un affolant endettement de l’État, Le gouvernement des É-U a créé les prémisses d’une crise monétaire sans précédent. Elle débouchera sans doute sur la perte de l’hégémonie du dollar, sans pour autant avoir relancé la consommation de ses citoyens.

Au centre d’un maelström d’informations économiques souvent contradictoires, je ne suis pas certain que beaucoup de monde s’y retrouve. Pourtant, la crise continue, superbement indifférente à ce qu’on dit d’elle. On dit qu’elle est terminée. On dit qu’elle ne cessera que lorsque l’économie recommencera à embaucher. On dit, on dit, on dit !!!
 
Mais en tous les cas, il est certain que cette foutue crise est toujours là et que, en dépit d’une inflation, bien réelle celle-là, des discours, des réunions, des forums ici ou là, des G2, 8, 20, une seule chose est démontrée tous les jours : les politiciens comme les économistes sont plantés. Leur salive coule abondamment mais leurs neurones sont plats.
 
Il y a cependant bien des choses contradictoires dans toute cette affaire. Prenez le secteur financier aux É-U. On a accusé leur gouvernement d’avoir renfloué les institutions financières au lieu de refinancer les malheureux emprunteurs de subprimes que l’on continue de jeter à la rue par milliers. A-t-on bien compris pourquoi ? On s’est généralement contenté de dire que l’on privilégiait ainsi les riches. Bien sûr ! Bien sûr !
 
Mais pas seulement. On nous l’a pourtant expliqué sans arrêt depuis plus d’un an : on avait voulu donner de l’argent aux banques, passablement ruinées, les moyens de prêter à nouveau aux gens pour qu’ils recommencent à consommer en s’endettant, et fassent ainsi repartir la locomotive de la croissance.
 
Fort bien ! Mais le gouvernement des É-U avait-il oublié que la principale cause de la crise avait précisément été l’endettement des particuliers, si élevé que ceux-ci ne pouvaient plus faire face à leurs échéances. En effet, on a toujours parlé des emprunteurs de subprimes, mais on ignora royalement les autres consommateurs, endettés souvent par de multiples cartes de crédit à des taux de 18 à 24%, et dont les difficultés de paiement émergèrent dans le même temps où la Fed commença à réaugmenter ses taux, provoquant ainsi l’éclosion de la crise des subprimes.
 
En somme, en faisant en sorte que les consommateurs puissent à nouveau emprunter et consommer, le gouvernement des É-U agit de telle sorte que la crise reparte à ses débuts, sans doute avec une force et des dégâts bien plus considérables.
 
Cependant, en supposant que les consommateurs tombent à nouveau dans le panneau, qu’achèteraient-ils ? Sans doute en grande partie des produits importés, alors qu’avant la crise, c’est la croissance des importations qui avait mené à l’alourdissement progressif du déficit commercial du pays, lequel conduisit ainsi à son tour le dollar au déclin continu de sa valeur.
 
Mais heureusement pour le pays, les Étasuniens ont arrêté leur consommation échevelée. Depuis l’éclatement de la crise, ils épargnent et se sont mis à rembourser leurs dettes. En décembre 2007, ils dépensaient encore 3% de plus que le montant de leurs revenus. En juillet 2009, ils étaient parvenus à épargner 7% sur leurs revenus.
 
Des preuves ? En juillet 2009, le crédit à la consommation a diminué d’un montant record de 21,6 milliards de dollars (source : la Fed). D’autre part, l’encours de crédit à la consommation a reculé ce même mois de 10,4% en rythme annuel. En juin, la chute du crédit avait été annoncée à 10,3 milliards, mais elle vient d’être réévaluée à 15,5 milliards !
 
Sur un an, le crédit à la consommation a diminué de 11,7 % !
 
***
On peut donc dire, d’ores et déjà, que le gouvernement des É-U a manqué sa cible deux fois. D’un côté, il a dépensé plusieurs milliards de dollars pour rien, puisque la consommation n’est pas repartie. De l’autre, par un affolant endettement de l’État, il a créé les prémisses d’une crise monétaire sans précédent, qui débouchera sans doute à terme sur la perte de l’hégémonie du dollar.
 
On sait que la devise étasunienne fait déjà l’objet d’attaques incessantes de nombreux États dans le monde : le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), les pays d’Amérique latine qui projettent de créer une devise commune, les Monarchies pétrolières qui vont en faire autant en 2010, etc.
 
Mais depuis peu, un rapport émanant cette fois de l’ONU (Les Affaires – 19 sept. 2009), propose de réduire l’influence du dollar étasunien en confiant à l’ONU la mission de créer une monnaie supranationale, c’est-à-dire indépendante des États souverains.
 
Le FMI jouerait le rôle de Banque Centrale Internationale pour cette monnaie, qui serait basée sur un panier de monnaies nationales, celles-ci ne disparaissant pas, mais ne jouant plus de rôle dans le commerce international.
 
Cette conjonction parait beaucoup trop générale et suffisamment puissante pour ne pas être écartée du revers de la main par les Étasuniens. Encore faudrait-il que ceux-ci ne suscitent pas une résurgence de la crise en cours par des actions mal évaluées.
 
C’est pourtant ce qu’ils semblent faire…
 
© André Serra 
http://andreserra.blogauteurs.net/blog/
http://cybercanard.com
 
Cet article répond aux règles de la nouvelle orthographe
 

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4 réactions à cet article    


  • monbula 25 septembre 2009 16:31

    Vous parlez de consommer ou d’épargner ?

    Pour les petits placements, les livrets pour épargner sont garantis...

    Pour les autres un peu plus riches qui se méfient des placements, que peuvent-ils faire ?

    Placer son argent, dans la pierre, dans le foncier agricole, dans l’or ou racheter une entreprise par exemple. Avez-vous une piste à ce sujet ?


    • monbula 25 septembre 2009 16:32

      Suite

      qui se méfient des placements financiers, maintenant.


      • herve33 25 septembre 2009 16:35

        Quand on pense que les médias nous parlent de reprise , là tout monde rit . La hausse de 0,3% du PNB français n’est dû qu’à la prime à la casse sinon celui-ci serait négatif .
        Donc même avec les plans de relance à coup de centaines de milliards de dollars ou d’Euros , l’économie ne redémarre pas , pire l’aide des Etats crée une bulle de liquidités que les banques s’approprient pour rejouer au casino .
        Sinon , aucun doute qu’une grave crise monétaire va surgir d’ici la fin de l’année , les capitaux fuient les Etats Unis et le dollar .

        Voici un excellent site qui explique pourquoi cette pseudo reprise n’est que virtuelle .

        http://www.renovezmaintenant67.eu/index.php?post/2009/08/24/Il-n-y-a-pas-de-reprise-%C3%A9conomique-Chute-continue-du-Baltic-Dry-Index-La-crise-et-l-Etat-engraissent-les-banques


        • yoananda 25 septembre 2009 17:36

          Ce que j’aimerai bien savoir c’est QUI épargne .. est-ce les plus riches ou bien les classes moyennes ? parce que s’il faut, c’est seulement les plus riches, du genre, les gars de chez GS qui mettent leurs sous à l’abri plutôt que de les investir ailleurs, ce qui serait en fait plutôt un mauvais signe.

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