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Accueil du site > Actualités > Economie > Les européens contre le libre-échange

Les européens contre le libre-échange

Depuis la fin des années 1970 et l’arrivée au pouvoir des Thatcher et Reagan, l’idéologie (pour ne pas dire la religion) néolibérale a été imposée. Sans cesse ressassé, tant par la majorité des personnalités politiques que par les medias, le catéchisme néolibéral intègre le dogme du libre-échange, c’est-à-dire le « laisser faire » - « laisser passer », pour les marchandises comme pour les flux financiers.
 
Le libre-échange et la division internationale du travail qui l’accompagne, seraient les meilleurs vecteurs de croissance économique, de création d’emplois, de progression des revenus… et, in fine, d’augmentation du bien-être des populations. Par conséquent, il est inutile, pour les « élites » au pouvoir, de consulter la population, par un vote ou même par sondage, sur un sujet censé faire l’objet d’un large « consensus ». De plus, il faut éviter le risque de résultats non conformes aux attentes.
 
Néanmoins, des « agitateurs d’idées » ont commandité, dans plusieurs pays européens, un sondage pour recueillir l’opinion des populations à propos du dogme du libre-échange. Les pays retenus sont : La France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et l’Angleterre.
Les résultats, montrent une profonde divergence entre l’opinion des européens et le consensus officiel des élites.
 
L’ouverture des frontières aura des effets négatifs sur l’emploi dans l’avenir
Pour une majorité d’européens, l’ouverture des frontières aux marchandises en provenance des pays émergents (Chine, Inde) aura, dans les années à venir, des effets négatifs sur l’emploi : France, 75% ; Italie, 62 % ; Espagne et Angleterre, 56% ; Allemagne, 52%.
 
Car les produits en provenance des pays émergents sont trop peu taxés
C’est ce que pensent à plus de 65% les Français, les Espagnols, les Italiens et les Allemands. Les Anglais ne sont que 50% à déclarer que les importations en provenance de pays comme la Chine et l’Inde sont insuffisamment taxées.
 
La nécessité du protectionnisme
Hormis les Anglais, une majorité d’européens – entre 60 et 67% - se déclarent favorables à une augmentation des taxes sur les importations en provenance des pays émergents. Les Anglais ne sont que 45% à partager cette opinion.
 
A mettre en œuvre à l’échelle européenne, ou à défaut, à l’échelle nationale
Entre 67 et 80% des Français, des Allemands, des Italiens et des Espagnols pensent que les droits de douane doivent être placés à la frontière de l’Europe plutôt qu’à la frontière de leur pays. Les Anglais sont partagés sur cette question.
En cas de refus des partenaires européens de relever les droits de douane vis-à-vis des pays émergents, les Français, les Anglais, les Allemands, les Espagnols et les Italiens sont environ 60% à penser qu’il faut le faire quand même aux frontières de leurs pays respectifs.
 
Les bienfaits escomptés de la thérapie protectionniste
L’augmentation des droits d’entrée sur les importations en provenance des pays émergents devrait avoir des conséquences positives pour le secteur industriel, l’emploi et la croissance économique. De plus ces mesures devraient assurer la protection du savoir faire des différents pays (sans doute en ralentissant ou en arrêtant le processus de délocalisation). Par contre, les européens, dans leur ensemble, anticipent des conséquences « moins » positives sur les prix des produits de consommation.
 
Les résultats de ce sondage traduisent la capacité d’analyse et la maturité de la réflexion de la population européenne face à la crise financière, économique et sociale. Malgré la presse-tituée qui relaie un discours pseudo-consensuel sur les « vertus » du libre-échange, les européens remettent en cause ce dogme de façon radicale. Ils ont enfin compris que le libre-échange signifie l’égalisation par le bas des conditions sociales sur l’ensemble de la planète, le libre-échange c’est la Tiers-Mondialisation de la planète.
 
Photo : Friedrich List "théoricien" du protectionnisme éducateur.


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6 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 20 septembre 2011 10:30

    Les donneurs d’ordres sont peu nombreux dans le monde, ce sont eux qui
    distribuent le travail et influent sur les logiques salariales. Les pays du sud
    produisent à bas prix, mais la majorité des usines qui fabriquent dans ces pays sont
    des usines occidentales, et 80% de leur production sont vendus sur les marchés des
    pays riches. La mondialisation est une chimère qui permet à certains de produire
    aux coûts les plus bas puis de vendre dans les pays où les gens ont les moyens
    d’acheter !Lire :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/02/concurrence-et-mondialisation/


    • Kalki Kalki 20 septembre 2011 13:33

      tout faux,

      plus personne ne travail, aujourd’hui et à l’avenir

      alors quoi ? ah un expert en nez con homis


      • Aldous Aldous 20 septembre 2011 15:57

        Vieux débat doctrinaire franco-britannique et éternel recommencement du fiasco de 1860 (Traité de libre échange Cobden-Chevalier), suivi de la dépression de 1870 et du retour au protectionnisme.

        N’oublions pas que les premiers libéraux français c’est à dire les Saint-Simoniens sont aussi pour le remplacement de la démocratie représentative par des assemblées d’ingénieurs et de savants.

        Débarrassé du libéralisme pour ne garder que le corporatisme il donnera le fascisme.

        Mussolini en 1921

        « Je suis un libéral.(...) Il faut abolir l’État collectiviste, tel que la guerre nous l’a transmis, par la nécessité des choses, et revenir à l’État manchestérien »

        Mussolini en 1922 :

        « Nous voulons dépouiller l’État de tous ses attributs économiques : assez de l’État cheminot, de l’État postier, de l’État assureur »

        Mussolini en 1925 "

        « Le fascisme est absolument opposé aux doctrines du libéralisme, à la fois dans la sphère politique et dans la sphère économique... L’État fasciste veut gouverner (...) par le moyen de ses institutions corporatives, sociales et éducatives...)

        Nous en sommes à la phase 1922.

        Bientôt la mutation corporatiste.


        • Wàng 20 septembre 2011 18:53

          Encore du grand n’importe quoi ...


          • BA 20 septembre 2011 21:35
            Mardi 20 septembre 2011 :

            Union Européenne : Bruxelles juge une recapitalisation des banques « peut-être nécessaire ».

            Une nouvelle recapitalisation des banques européennes sera « peut-être nécessaire » en raison de l’aggravation de la crise de la dette, a déclaré mardi le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia lors d’une conférence de presse.

            Il va proposer d’étendre les règles mises en place par la Commission en 2008 et 2009 pour permettre aux gouvernements d’apporter une aide publique à leur secteur bancaire.

            « Malheureusement, avec l’aggravation de la crise des dettes souveraines, de nouvelles banques auront peut-être besoin d’être recapitalisées » en plus des neuf qui n’ont pas réussi les tests de résistance des banques effectués en juillet, a dit M. Almunia.

            Dans ces circonstances, « je vais proposer cette année de prolonger les règles autorisant les aides d’Etat » mises en place en 2008-2009, « afin de permettre aux gouvernements de continuer à aider publiquement leurs banques au-delà de 2011″, a-t-il annoncé.

            Ce recours au financement public doit intervenir « en dernier recours », a-t-il mis en garde, encourageant les banques à se « financer sur les marchés et à prendre toutes les mesures possibles, comme la vente de filiales et la limitation des dividendes, avant de se tourner vers le soutien public ».

            « J’aurais préféré qu’on revienne plus tôt aux règles normales » de concurrence, « et c’était mon intention jusqu’à cet été. Mais la situation à laquelle nous sommes confrontés plaide pour une prolongation du régime existant » permettant aux Etats d’aider leurs banques, a-t-il expliqué.


            En clair :

            Contribuables européens, préparez-vous à payer.

            Contribuables, vous allez payer pour recapitaliser les banques européennes.

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