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Accueil du site > Actualités > Economie > Les évasions barbares

Les évasions barbares

Le terme « d’évasions barbares » est utilisé au Canada pour désigner les fuites de capitaux vers les paradis fiscaux (parfois simplement le temps d’un simple passage). Cet article, volontairement (trop) court, vise à répondre à quelques questions. Quels sont les principaux moyens d’évasion fiscale, qui se confondent souvent avec ceux du blanchiment d’argent sale ? Quels moyens de lutte peut on envisager ?

Trois méthodes de blanchiment :

Le blanchiment s’effectue par le biais de trois méthodes principales : le placement, l’empilage, l’intégration. Celles-ci sont facilitées par la libre circulation des biens et des capitaux aménagée en général par l’OMC, et en particulier par l’Union européenne, au sein de laquelle le Luxembourg, et voisine de nombreux paradis fiscaux (Lichtenstein, San Marin...).

Le placement consiste à écouler les sommes en liquide par le biais d’achats en espèces dans des banques complaisantes d’actions ou d’obligations, en investissant dans des objets de luxe, d’art, de biens immobiliers. Pour les achats, la méthode est simple : on va diffuser l’argent sale par petites touches en le dépensant chez des vendeurs qui, brassant des sommes considérables, pourront le diffuser discrètement.

L’empilage vise à la multiplication des opérations financières faisant transiter l’argent suffisamment pour que l’on perde sa trace ainsi que le bénéficiaire de l’opération, au détour par exemple d’un paradis fiscal.

Enfin l’intégration utilise des sociétés-écrans éphémères sans véritable activité autre que des opérations de fausses factures, faux prêts, achats ou ventes, le temps de déposer le bilan.

La « perte opportune » :

Comme les mousquetaires, les trois méthodes de blanchiment d’argent sale sont en réalité quatre : la meilleure, je l’appelle la « perte opportune ». Elle n’est pas vraiment reliable aux trois catégories usuellement reconnues par les analystes.

Une méthode alternative consiste tout bonnement à faire faire un dommage fictif par la société écran à la société réceptrice de l’argent : cette dernière intente un procès, gagne car la défense de sa complice est pitoyable, et c’est la justice qui va, par sa décision, blanchir la somme.

La « perte opportune » peut aussi se concrétiser dans un casino. Une partie privée est organisée pour les employés des clients désirant échanger leur argent. On ferme les portes, et ces messieurs vont ressortir en déclarant avoir gagné/perdu précisément la somme qui les arrange. Le casino se charge, quant à lui, de brasser le reste de l’argent dans le courant très vif de ses salles de jeu, et empoche sa commission.

Enfin la « perte opportune » est quasi miraculeuse en ce qui concerne le jeu en Bourse truqué. Les chambres de compensation, comme Clearstream, établissent des comptes courants entre leurs clients, compensant leurs dettes et créances réciproques. Certaines vont assurer un service supplémentaire : les clients vont leur déclarer leurs avoirs en actions et en obligations cotées en Bourse. Dès lors, les chambres de compensation vont simuler la perte en Bourse, au fil des achats et des ventes de la journée, d’un client au bénéfice de l’autre. Comment y parviennent elles ? D’une part, elles peuvent antidater leur transaction, ce qui justifie la nécessité d’avoir un compte dans la chambre de compensation, et d’autre part, elles peuvent utiliser des outils d’analyse mathématique pour anticiper à très court terme les fluctuations et jouer sur de toutes petites touches cumulées, et dans ce cas, un simple mandat suffit, le compte devenant inutile. Comment conservent-elles les transactions illisibles ? Tout d’abord en assurant un service régulier pour tous leurs opérateurs, ce qui empêche de ne se fier qu’aux fluctuations du compte, ensuite en multipliant l’opération des milliers de fois par jour pour des milliers de clients, ce qui peut faire aboutir à la déclaration de millions d’échanges quotidiens. Enfin, en utilisant leur quota légal de plantages du système, permettant de camoufler entièrement les échanges sur une période.

Inutile de préciser que dans ces circonstances, le système est absolument illisible. Comment lutter contre le blanchiment ?

La lutte contre le blanchiment peut se concrétiser par des actions judiciaires, qui pour moi sont vouées à l’échec, ou à une régulation simple mais iconoclaste.

Les actions judiciaires peuvent prendre la forme de perquisitions, de délation, d’établissement de commissions rogatoires... Cependant, en pratique, les réticences et obstacles techniques sont suffisants pour renoncer à se reposer sur cette voie. Tout juste pourrait-on appeler de nos vœux l’établissement d’un procureur européen, pouvant établir des mandats d’arrêt, des perquisitions à l’échelon européen sans avoir à passer, comme c’est encore le cas, par les ministres de la justice des deux pays (ce que l’on appelle la coopération dans le cadre du Traité, et qui a permis l’an dernier une action de saisie de drogue simultanément dans trois Etats membres dont la France, la plus grosse opération commune jamais réalisée). Et pourquoi pas un European Bureau of Investigation, à l’image du FBI américain ? Celui-ci attirerait les plus brillants des agents et magistrats, et permettrait une lutte contre la corruption et contre le blanchiment plus efficace : n’oublions pas que les hommes politiques corrompus doivent rendre compte à leurs employeurs, et qu’il faut leur laisser la possibilité de se cacher derrière l’Europe pour justifier de leurs trahisons (un peu comme ils le font vis-à-vis des électeurs pour le reste de leur ligne politique, et 80% des lois sont des transpositions de directives, après quoi ils osent s’étonner du non au référendum sur la Constitution européenne...). En revanche, une voie plus prometteuse me semble tenir dans des réformes plus substantielles que procédurales. D’abord, l’établissement d’une taxe Tobin permettrait de ponctionner une partie de chaque transfert et d’obliger à sa déclaration. De quoi dissiper une partie du brouillard. Pourquoi ne pas affecter son revenu à la chasse aux criminels en col blanc ? D’une part les fruits de cette politique bénéficient vraiment à tous, d’autre part les effets de cette orientation me paraissent plus prometteurs qu’une simple redistribution (compte tenu également de la spéculation sur celle-ci).

La plus iconoclaste des propositions vient de moi : pourquoi ne pas forcer l’acquéreur (personne physique ou personne morale) d’un titre (action ou obligation) à le conserver deux semaines (ou plus ?) avant de pouvoir s’en délester ? Ce mécanisme n’empêche ni la spéculation dans le temps, ni celle dans l’espace (qui sont l’essence même du commerce). Les titres ne sont pas périssables. Seule la spéculation à très court terme (que j’ai dénoncée dans les commentaires de mon article « Stratégies marketing et régulation marchande »), se voit par contre absolument empêchée, ce qui permet de rendre la régulation marchande plus efficace car moins sensible aux attaques purement spéculatives, et plus respectueuse de son esprit et de sa légitimité économique et philosophique. Les plus pratiques moyens de blanchiment et d’évasion fiscale sont tout aussi entravés, et la baisse du nombre de transactions permettrait un contrôle plus efficace, un des principaux freins actuels à la volonté de réguler.

PS : Merci à La Taverne des poètes, auquel j’emprunte avec son autorisation le titre de l’article.


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20 réactions à cet article    


    • gem gem 13 octobre 2006 11:31

      johan, ton article est passable,

      mais excuse moi, tu n’a décidement rien compris à la finance.

      On achete et on vend, aujourdui, une récolte qui n’existe pas encore, une marchandise qui n’est pas encore arrivée au port. On ferait de même avec des titres bloqués une, deux ou même 52 semaines. On s’en foutrait, de ton blocage à la noix. Il serait juste une pénibilité de plus, une occasion supplémentaire pour truander.

      D’autre part l’idée que la spéculation est scandaleuse et nuisible est fort contestable. Cette idée régresse : hier toute spéculation était un scandale, aujourd’hui la spéculation à long terme est comprise et admise, et seule la spéculation « haute fréquence » est encore soupsonnée. Mais même dans cette hypothèse, il faut quand même s’interroger un peu sur le gain attendu et la faisabilité (et les les coûts) du système de régulation. La fameuse taxe Tobin par exemple, est-elle faisable, les conditions nécessaires à sa mise en oeuvre (sur le plan tehcnique comme sur le plan politique) sont-elle réunies, sont-elles même possible ? C’est plus que douteux. proposer comme « solution » un système infaisable, ce n’ets pas vraiment contribuer à résoudre le problème (même si on suppose que le problème existe, ce quin enocre une fois, n’a rien d’aussi évident).


      • (---.---.159.247) 13 octobre 2006 11:47

        ce n’est pas tellement la spéculation qui est scandaleuse car on spécule tous sur l’avenir mais la spéculation boursière entraîne plusieurs « effets de bord » :

        des actionnaires peuvent viser le court terme plutôt que le long terme : au lieu d’investir, ils préfèrent réduire les coûts immédiatement,cela se traduit souvent par des licenciements.

        Les intérêts des salariés d’une société ne sont pas toujours compatibles avec ceux des actionnaires, il en résulte donc des conflits.

        Un actionnaire ne connait pas forcément le métier et la gestion de la société dont il est partiellement propriétaire : la décision qu’il prend peut être néfaste autant à lui qu’à la société.

        les actionnaires peuvent être eux même victimes de leur ignorance, les délits d’initiés sont inévitables : le système profite à une toute petite minorité qui est au commande et ce sont les gens modestes qui perdent leurs économies.


      • (---.---.108.11) 13 octobre 2006 11:54

        A Gem,

        Ce n’est bien évidemment que la spéculation à très haute fréquence qui passe sous mes fourches caudines. L’essence du commerce C’EST la spéculation. Il y a peut être mieux, quelque part, avec un corbeau blanc et une souris de deux tonnes, mais on a pas encore trouvé.

        « On achete et on vend, aujourdui, une récolte qui n’existe pas encore, une marchandise qui n’est pas encore arrivée au port. On ferait de même avec des titres bloqués une, deux ou même 52 semaines. On s’en foutrait, de ton blocage à la noix. Il serait juste une pénibilité de plus, une occasion supplémentaire pour truander. »

        Remarque très pertinente, que j’avais envisagée moi même. Permets moi cependant de te rappeler que la propriété ne repose que sur une fiction juridique : la force publique qui est potentiellement au service du propriétaire. Plus d’Etat, plus de propriété, tout juste une possession (ce qui est en Droit radicalement différent).

        Si le Droit de l’Etat ne reconnaît pas le transfert de propriété, impossible pour celui qui l’a payé de s’en prévaloir juridiquement.

        Après, si certains sont prêts à signer des contrats qui n’ont aucune force juridique libre à eux. Mais ils ne sont liés à celui qui a encaissé leur argent que par une promesse, ce qui devrait décourager cette pratique. Quoique comme disait l’autre, un nouveau gogo naît chaque minute.

        Libre a eux aussi d’antidater leur transaction, comme les chambres de compensations le font. Déjà ça peut être résolu par une inscription à un organisme mondial de gestion des titres (qui serait nettement moins submergé qu’avec le système actuel). Ou bien simplement par le fait qu’un titre peut très bien être antidaté, il reste néant moins bloqué pendant les deux semaines qui suivent la date, ce qui est déjà pas mal.

        En ce qui concerne la taxe Tobin, elle me semble moins réaliste que ma proposition.

        Allez, pour montrer ma bonne volonté : mettons que seuls les titre cotés en bourse sont bloqués car seuls sont l’objet d’une spéculation à très court terme.


      • Johan 13 octobre 2006 12:00

        Pardon pour l’identification : le post ci dessus est de moi.

        (IP:xxx.x8.108.11) le 13 octobre 2006 à 11H54 A Gem.

        A .247,

        Oui, deux semaines c’est arbitraire. Je pensais à deux mois mais la spéculation à moins de deux semaines est incontestablement à court terme, et laisse ouverte la possibilé de « faire des coups » par exemple en achetant/vendant avant une annonce, ou une élection présidentielle.

        Après pourquoi ne pas imaginer d’allonger de délai pour faciliter le contrôle (moins à inscrire), et aligner la spéculation avec une période économique raisonnable ?


      • gem gem 13 octobre 2006 13:56

        Les « call » et les « put » sont de véritables possessions. En pratique aucun état n’intervient jamais, ce sont les bourses qui les gèrent, et il est de la plus haute importance pour elles de les gérer correctement.

        De plus tu semble croire qu’on achete et on vend chaque microseconde. Ce n’est pas tout à fait exact. Les financiers font des transactions à ce rythme, effectivement, mais on ne fait la « vraie » vente qu’à un rythme beaucoup plus faible : une fois par jour, une fois par mois, on compile toutes les transctions d’un opérateur (par exemple : 1000 achats pour un total de 999 € et 999 ventes pour 1000 €) et on fait la transaction résultante (1 achat avec gain de 1 € : c’est merveilleux la finance smiley ). C’est ça le boulot des chambres de compensation. Si ils fallait passer obligatoirement à un rythme de 2 semaoines ou 2 mois, ça ne les dérangerait pas...


      • Forest Ent Forest Ent 13 octobre 2006 15:07

        Mélangeons pas tout.

        L’évasion fiscale et le blanchiment de revenus illicites sont de vrais sujets et problèmes.

        Mais cela ne doit pas jeter le discrédit sur le commerce en général. Taxer n’importe quelle transaction commerciale est inutile et serait inefficace.

        La « spéculation » est en elle-même une chose utile. C’est comme tout : c’est l’abus qui est dangereux. La « financiarisation » de notre économie ne s’exprime pas avant tout par une montée des volumes et fréquences de transactions, mais par une concentration des capitaux entre des mains qui n’en sont pas propriétaires en des lieux défiscalisés.


      • (---.---.159.247) 13 octobre 2006 11:37

        « La plus iconoclaste des propositions vient de moi : pourquoi ne pas forcer l’acquéreur (personne physique ou personne morale) d’un titre (action ou obligation) à le conserver deux semaines (ou plus ?) avant de pouvoir s’en délester ? »

        C’est une bonne piste mais deux semaines, c’est arbitraire.

        Je suis étonné qu’il soit beaucoup plus compliqué d’acheter une maison qu’une action d’une société : dans un cas, il faut plusieurs RDV avec des banquiers, signer plein de papiers, avoir un notaire, etc et dans l’autre cas, un coup de fil à la banque ou un clic sur internet suffit. Je pense qu’il faut encadrer beaucoup plus les transactions boursiers pour les « ralentir » et les tracer, cela ne pénaliserait pas les gens qui veulent vraiment investir dans une société tout en freinant les spéculations qui pourrissent le système.


        • (---.---.142.250) 13 octobre 2006 12:00

          Thème à la mode. Normal. Ce devrait être une préoccupation mondiale permanente.

          Quel pays est-il prêt à se sacrifier ? Aucun ?

          Alors, supprimons toutes les Taxes ! Elles ne servent plus à rien ! Duty free Mondial ! Yes !. À mort la mafia ! Non ?

          Le litre d’essence à 0,02 €, la ligne de coke à 0,9 €, la putain à 5 € (un peu d’humanité), le paris-brest à 0,5 € (le gâteau, parce que la ligne du Luxembourg est en dérangement)

          Adieu le travail au noir, plus de trous dans la sécu, fini le dealer au coin de la rue, oublié la dette,..., enfin le top ! Comment Sarko n’y a pas pensé ?

          J’ai bien peur que cela ne reste qu’une vision... heu, une hallucination. Il est vrai que nous marchons sur la tête de nos jours, rien ne sert d’avoir les deux pieds sur terre !

          Philgri


          • Forest Ent Forest Ent 13 octobre 2006 12:52

            La partie descriptive est excellente.

            Les solutions proposées ont peu de chance de succès.

            Pour une taxation des transactions, il faut un système international. Je ne vois pas ce qui va convaincre les Bermudes et le Luxembourg.

            Evidemment, on peut le faire de manière unilatérale, mais pas dans l’UE.


            • Stephane Klein (---.---.19.227) 13 octobre 2006 13:01

              L’article est interessant mais l’auteur neglige de differencier blanchiment et evasion fiscale, ce qui retire pas d’objectivite a cet article.

              Quant aux entraves a l’activite imaginees, rappelon que quand bien meme elles seraient mise en place chez nous (et Euronext n’est pas que francaise, je le rappelle) que le London Stock exchange et le NYSE s’en lecheraient les babines puisque toutes les societes cotees iraient s’y referencer.

              Avant d’emettre une telle proposition, il faudrait apprendre a en peser les consequences, y compris en matiere d’emploi francais.


              • (---.---.37.70) 13 octobre 2006 13:20

                « Le terme « d’évasions barbares » est utilisé au Canada pour désigner les fuites de capitaux vers les paradis fiscaux (parfois simplement le temps d’un simple passage). Cet article, volontairement (trop) court, vise à répondre à quelques questions. Quels sont les principaux moyens d’évasion fiscale, qui se confondent souvent avec ceux du blanchiment d’argent sale ? »

                il ne faut pas faire l’amalgame entre blanchiment et évasion fiscal, qui n’est qu’une conséquence légal voulu par l’Etat en fonction de sa politique d’imposition. Il est bon que les capitaux circulent pour permetre une concurence effective des Etats et donc le Progrés.


                • DEALBATA (---.---.166.140) 13 octobre 2006 14:09

                  J’ai rien compris : Des barbares qui s’évadent pour se faire blanchir ... encore un problème d’immigration ?


                  • -noID- (---.---.80.97) 13 octobre 2006 17:30

                    Dealbata vous êtes impayable smiley

                    La proportion croissante de trublions du FN au sein de l’agora est déconcertante smiley


                  • Internaute (---.---.6.199) 13 octobre 2006 14:48

                    Je suis un peu étonné par cette analyse qui confond affaires financières et banditisme. L’évasion fiscale est une chose qu’il ne faut pas confondre avec le blanchiment d’argent.

                    Blanchir de l’argent c’est le rendre propre. C’est une technique qui permet de disposer librement des « gains » d’un racket ou d’un hold-up sans que la justice y trouve à redire. La technique est simple et toujours la même. On cherche un commerce dont on peut gonfler artificiellement les bénéfices sans que cela se voit. Il s’agit typiquement des commerces où l’on paye en liquide c’est à dire les bars, restaurants, boîtes de nuit, ferrailleurs et casinos. Le truand, propriétaire de l’établissement ou complice d’ycelui, déclare au fisc des recettes supérieures à la normale, la différence entre le réel payé par les clients normaux et la valeur déclarée étant constituée par le cash sale à blanchir. A la fin de l’année le truand paye ses impôts comme tout le monde et peut disposer librement de ce qui lui reste comme gain. Pour le mettre en défaut il faut que la police puisse prouver qu’il n’a pas gagné ce qu’il déclare, chose trés difficile quand il n’y a pas trop d’exagération dans les montants.

                    Une foi blanchi, l’argent sale est investi dans le circuit économique comme n’importe quel capitaliste le ferait.

                    La meilleur lutte contre le blanchiment et de supprimer au maximum les transactions directes entre particulier, c’est à dire le liquide. C’est la raison pour laquelle on a commencé à supprimer le chèque au porteur, puis les actions au porteur puis la vente de l’or, puis tous les paiements en liquide dés que la somme dépasse quelques centaines d’euros. Il parait que le Goulag pour tout le monde c’est mieux que de risquer le blanchiment d’argent. Quand on voit que la justice relâche les truands dés qu’on les attrape on peut douter de la méthode, qui n’est peut-être qu’un alibi pour tenir le peuple en laisse. Toutes les transactions qui nécessitent un chèque ou une carte bancaire laissent une trace claire, de l’émetteur au récepteur.

                    Ce dont vous parlez sont des techniques de bonne gestion pratiquées par tous les groupes internationaux. Pourquoi voudriez-vous que les bénéfices d’une multinationale payent 50% d’impôts s’il est possible de les faire atterrir aux îles Caïmans ? Ceux qui profitent des facilités du système bancaire international le font en général en toute légalité et le fond en plus avec de l’argent qui est propre au départ. On parle alors de bonne gestion de la trésorerie, pas de blanchiment.


                    • -noID- (---.---.80.97) 13 octobre 2006 17:53

                      Tres juste Internaute !

                      Cependant l’imbrication croissante de l’économie « blanche » et de l’économie « grise » et « noire » sous tend une interdépendance propre à annihiler toute marge de manoeuvre...

                      Selon l’Observatoire Géopolitique des Drogues, en 1995 la masse monétaire issue du trafic de drogues était équivalente à celle du marché pétrolier !

                      Hallucinant n’est ce pas ?

                      L’hypothèse que notre économie, régie par le droit, à la croissance morose, tiendrait debout du fait de cette « perfusion » (qui permet l’apport de capitaux que les bénéfices n’assurent plus) n’est pas à exclure, je pense smiley

                      Essayons de nous immaginer un instant le monde privé des apports du commerce pétrolier...

                      Ou en serions nous sans cette « perfusion » illicite mais tolerée ?

                      JM Le Pen élu dès le premier tour ?

                      En guerre civile ?

                      Tout ceci m’inquiète, je dois l’admettre smiley


                    • ZEN zen 13 octobre 2006 18:10

                      DENIS ROBERT a fait un papier là-dessus récemment sur Agora (voir archives)Il a beaucoup à nous apprendre.On peut aller sur son site personnel.


                      • Sam (---.---.187.20) 13 octobre 2006 23:02

                        Sur Agoravox dont je fréquente régulièrement les forums, il m’a paru légitime de mettre un petit mot pour Politis, dont je suis un lecteur régulier, sans être abonné, et qui est en voie de disparition.

                        Politis, c’est un petit mag sans pub, menacé par la faute, semble-t-il d’un appareil dirigeant plutôt amateur.

                        On peut critiquer ses choix éditoriaux et je le fais souvent,mais il assume ceux-ci avec constance et dans la marge de la presse, vu qu’il n’a pas de pub.

                        C’est un petit, au pays des gros organes de presse tout orientés vers la maximisation de la rente publicitaire, un journal orienté à gauche - nul n’est parfait - qui donne de l’info, des idées et des réflexions semaine après semaine, sans tomber dans le populisme ou la servilité, ce qui n’est déjà pas mal dans notre paysage informationnel actuel.

                        J’aime cette idée d’une petite presse d’idée qui vive encore, j’aime cette presse sans l’inféodation aux marques.

                        Je serais assez content que Politis reste dans nos kiosques.

                        Et je crois qu’Agora Vox, qui se veut représentant d’une presse alternative, ne peut oublier les rares organes de qualité qui continue leur bonhomme de chemin dans l’économie de la presse traditionnelle.

                        Alors j’invite les bénévoles rédacteurs, et les lecteurs de ce site, à manifester un soutien sans ostentation à Politis, de la manière qu’ils souhaitent, mais clairement, pour sa survie.

                        Quant à moi, je vais faire un petit chèque pour ce petit magazine pour qu’il continue à donner de sa petite et singulière voix.


                        • LOGA (---.---.161.152) 14 octobre 2006 19:12

                          L article est bon et on pourrait en rajouter mais là on toucherait peut être comme on dit le confidentiel défense.

                          Ma question est simple qu elle est la cause de l’évasion fiscale ? moins payés d impots ,avoir des subventions ,mentir aux salariés pour lincencier ?Avoir fait trop de bénéf sur des marchés ? Les profits de cette évasion alimente les bourses mondiales certes mais vont à qui aprés ?

                          le blanchiment d argent est autre chose car dés la base le profit est illégal.

                          L économie parallele existe ,par exemple pour ma part ,sans autres jugements , je suis toujours surpris par les voitures des gens du voyage et généralement d aprés un concessionnaire payées en liquide cash. La mise en place d’ un systéme de recoupage informatique par exemple entre la sécu, les alloc familiales,les nouvements bancaires et le salaire initiale ou autre prestations pourraient peut être mieux cérner le pb. Le travail au noir existe et coute trés cher à l’état. Au fait nos ministre n’ avaient ils pas des envellopes dans le temps ,et c est pas si vieux.


                          • Johan Johan 16 octobre 2006 13:57

                            A Tous,

                            Pourquoi traiter en même temps du blanchiment et de l’évasion fiscale ?

                            1 Parceque les problèmes sont liés : si je veux faire fuir une partie des revenus de mon entreprise vers l’étranger, je crée une société off shore qui lui intente un procès et j’utilise une méthode de blanchiment pour légalement enfuir mon capital. Ou bien j’utilise une chambre de compensation pour profiter de la perte opportune.

                            2 Parceque les flux financier à très court terme et uniquement spéculatifs créent un rideau de fumée qui rend tout contrôle judiciaire sur le blanchiment comme sur l’évasion fiscale (et tous les autres délits financiers ou presque) inefficace. C’est une externalité de l’activité financière qu’il faut réguler.

                            3 La régulation si elle est prise au niveau national peut entrainer une fuites des investissements. Déjà la France est un champion en ce qui concerne les investissements directs étrangers (deuxième mondial, toujuste rattrapé par la Chine), et ensuite si on accepte ce paradigme, alors on va directement vers une absence de régulation du marché, à tous les niveaux dès que ce n’est pas mondial.

                            4 Et sur ce je risque de surprendre des gens, je ne vois pas pourquoi une société côté en bourse quitterait une place financière où on est obligé de conserver son titre pendant deux semaine sachant que l’entreprise n’a AUCUN INTERET à la spéculation à très court terme, facteur d’instabilité majeur. Ce sont les spéculateurs à court terme qui iront choisir d’autres cibles et en menaceront la stabilité.

                            Conclusion : la France, même sans l’OMC, même sans l’UE, même seule, aurait tout à gagner à créer cette obligation de conserver ses titres.

                            Si rien ne bouge, c’est que les gouvernements ont intérêt à maintenir ce rideau de fumée, donc on peut supposer qu’ils en profitent largement.

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