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Les films les plus rentables du cinéma

« Quel est le film le plus rentable de tous les temps ? »

Cette question surgit de manière récurrente dans les magazines, les sites Web spécialisés. Elle suscite bien des débats parmi les producteurs, capitaines de cette industrie qu’est aujourd’hui le cinéma. Elle fascine même le grand public, et on observe qu’au-delà d’un certain niveau, le succès d’un film a un effet boule de neige, qui renforce encore son attractivité. Les personnes n’ayant pas vu le film se déplacent alors en masse au cinéma et le film devient une attraction obligatoire, par son succès, plus encore que par son contenu.

Les films les plus rentables sont, comme on pourrait s’y attendre issus de l’industrie américaine, qui domine de toute façon outrageusement la planète cinéma au niveau du box office, même si de nombreux challengers, à commencer par la France, s’essaient à briser ce monopole.

Chaque année, les classements des films les plus rentables s’affichent dans la presse, et côtoient le classement des films les plus rentables de tous les temps.

Mais comment définir cette notion de rentabilité ? Quels sont les critères par lesquels un film sera considéré comme plus rentable financièrement que son voisin ? Faut-il pour cela prendre en compte l’ensemble des canaux de distribution, et pas uniquement les salles de cinéma ? Pour ce qui est des films américains, faut-il comptabiliser le box office mondial ou uniquement Nord Américain ? Est-il important d’affecter les films les plus anciens d’une pondération négative compte tenu de leur longévité plus grande, ou au contraire tenir compte de l’inflation monétaire par rapport aux films sortis plus récemment ?

 

Il n’y a pas de réponse qui fasse autorité sans hésitation. Nous allons essayer de donner notre propre avis sur la question.

Bien entendu, l’idée de classer les films selon leur niveau de rentabilité peut sembler aberrante, compte tenu du statut d’art majeur, le 7ème, occupé par le cinéma. On ne chercherait pas à calculer la rentabilité d’un tableau de peinture, ou d’une sculpture.

C’est que le cinéma a cette dimension industrielle qui lui est propre, et que l’on ne retrouve pas chez les autres arts. La création d’un film est une opération de longue haleine, qui mobilise souvent un grand nombre d’individus, et qui est en principe très coûteuse. Il est donc logique de s’intéresser à la rentabilité, sachant que c’est souvent le premier critère qui décide de la lancer ou non la mise en production du long métrage.

Pour un grand nombre d’intervenants, les investisseurs, le studio qui lance la production du film, le critère de rentabilité est celui qui vient en premier.

La quasi-totalité des classements de films les plus rentables ne s’intéressent qu’aux sorties en salle, et choisissent donc de ne pas prendre en compte les autres types de droits, tels que les ventes en DVD et VoD ainsi que les ventes aux chaînes.

A cela 2 raisons : le cinéma donne ses lettres de noblesse au film, et de ce fait donne souvent le tempo du prix d’achat par les chaînes de télévision. Il influe également très fortement sur l’ensemble des ventes, le public étant plus inciter à acheter un film qui aura eu du succès en salles.

Mais surtout, les gains des autres vecteurs de diffusion sont très difficiles, parfois impossibles à calculer. Les ventes de DVDs peuvent s’étaler sur une longue période, le prix du support est quant à lui très fluctuant. En ce qui concerne les ventes aux réseaux de télévision, les grilles sont calquées sur les ventes en salles, sauf pour ce qui est des « output deal », que l’on pourrait traduire par ententes de production, et qui viennent encore fausser le jeu.

Par contre, un classement concernant les films qui ont, au contraire, perdu le plus d’argent, se devrait de prendre en considération ces autres flux qui permettent de réduire, parfois considérablement les pertes en salle.

La rentabilité brute au niveau mondial se calcule la plupart du temps en additionnant les dollars collectés par le box américain.

C’est la définition retenue par exemple par IMDB, et elle avantage bien évidemment les films les plus récents.

Le site Wikiepdia retient lui 2 listes, celle en dollars courant et celle corrigée de l’inflation.

Bien entendu, la définition de l’inflation étant elle-même changeante au fil des années, cela change un peu la donne, mais cela permet quand même de revenir sur des comparables.

La liste, non corrigée de l’inflation donne la part du lion à James Cameron, qui place 2 de ses films, Avatar et Titanic, aux deux plus hautes marches du podium, devant Avengers.

Par contre, la liste corrigée de l’inflation place Autant en Emporte le vent en tête de liste, devant Avatar et Star Wars Episode IV.

Ce classement est donc un peu plus précis, mais là où le bas blesse, c’est qu’elle ne tient pas en compte le prix de revient du film. Il est tout à fait normal d’attendre plus de revenus d’un film comme Avengers que de C’est Arrivé Près de Chez Vous.

Nous nous intéressons à la rentabilité. Il faut donc connaître le prix du revient du film.

Le site Internet Sens Critique a établi une liste des films les plus rentables de tous les temps, en faisant un rapport entre le coût (forcément) estimé de production, et les gains en salle.

Ce classement donne un podium totalement différent des 2 premiers. On retrouve Paranormal Activity à la première marche, suivi du Projet Blair Witch et de Tarnation. Notons que The Birth of a Nation (Naissance d’une nation), film de 1915 est à la quatrième place.

Aussi intéressant que soit ce classement est intéressant, il est encore une fois, biaisé.

Les deux films, Paranormal Activity et le Projet Blair Witch ont bénéficié de budgets marketing qui doivent être intégrés dans le calcul de base.

Pour Blair Witch par exemple, le distributeur Artisan Entertainment a acquis les droits du film pour 1 million de dollars, mais a investi 25 millions de dollars dans la promotion (cf également ce lien).

Les chiffres pour Paranormal Activity sont un peu plus délicats à obtenir. Le site The Numbers parle d’un budget de production de 450 000 dollars, tandis que Wikipedia parle de 15 000 US Dollars. Il est probable que ce dernier chiffre se rapporte aux coûts de tournage bruts, tandis que le premier intègre la post-production. Quoi qu’il en soit, les coûts de marketing sont estimés à 10 millions USD. Clairement, même si cela fait de Paranormal Activity, un film très rentable, il est tout aussi évident qu’il faut y intégrer le budget marketing, ce que les studios refusent de faire,… pour continuer à bénéficier de l’aura de film très rentable, et démontrer ainsi quelque part, leur savoir-faire industriel.

Il est donc très difficile d’obtenir les chiffres relatifs au marketing.

Pour obtenir un indice, il faut explorer du côté des films qui n’ont pas été distribués par des majors, et donc pour lesquels le succès est presque imprévu plutôt que le résultat d'un marketing intensif.

Le blog KnowYourMoney donne une liste des films les plus rentables, à l’attention des investisseurs. Ce site présente des films intéressants avec des parcours très distincts, mais toujours une production presque artisanale, de manière à maximiser le rendement de

Dans cette liste se retrouvent en ordre croissant de rentabilité, Rocky (10ème place), la Nuit des morts-vivants (9ème place), El Mariachi (8ème), les Frères Mc Mullen, Super Size Me, Mad Max, les esclaves du vice (film de 1928, tourné en 10 jours pour un budget de 2500 dollars et qui rapporta mille fois la mise).

Sur le podium, on trouve :

Deep Throat, film pornographique tourné en 1972 pour un budget de 25 000 dollars, et qui en rapporta 600 millions, chiffre sujet à caution malgré tout.

Tarnation, un documentaire autobiographique de 2004 tourné pour un budget famélique de 218,32 USD ( !) … et qui en rapporta plus d’un million. Mais ce chiffre est fortement contesté par plusieurs sources qui rajoutent des frais d’acquisition de droits et de post-production à hauteur de 400 00 USD, ce qui relativise très fortement le succès du film.

Le Projet Blair Witch, dont nous avons parlé plus haut, tourné à hauteur de 35 000 dollars, mais ce chiffre ne prend pas en compte le marketing de Artisan Entertainment.

Si l’on prend en compte les coûts de post production et de marketing même à la louche, le vainqueur est sans conteste Deep Throat.

Les chiffres annoncés, de l’ordre de 600 millions de dollars, sont très vraisemblablement exagérés, mais même en les divisant par 10, ce qui est l’hypothèse la plus fréquemment retenue, on retient que Deep Throat est le film le plus rentable de l’histoire.

Au-delà de la connotation sexuelle, cela est surtout indicatif que les films très rentables sont les indicateurs d’une époque, en l’occurrence pour Deep Throat, celle de la révolution sexuelle des années 70’s. Le film « Deep Throat » a fait l’objet d’un documentaire, Inside Deep Throat.

Lovelace, un film centré sur l’héroïne de Deep Throat, Linda Lovelace, aka Linda Boreman, est sorti sur les écrans français le 8 Janvier 2014.

Le film est intéressant en ce qu’il concentre sur l’expérience du tournage en elle-même et montre qu’un succès de cette ampleur a pris la production, également par surprise.

Au-delà du tournage, Lovelace se concentre bien plus sur les rapports difficiles entre Linda Lovelace et son mari, Chuck Traynor dont elle divorça 2 ans plus tard.

Dans le futur, il est probable que les films ou les vidéos les plus rentables seront disponibles sur Youtube ! Les systèmes de production avec de faibles barrières à l’entrée peuvent réserver des surprises, comme cela a été le cas pour le clip sur Gangnam Style de Psy.

Il reste à ce qu’un véritable film atteigne le même niveau de popularité et que les spectateurs acceptent de payer une certaine somme. Et cela n’est pas encore gagné !


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3 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 18 janvier 2014 13:42

    Pour moi...c’est gorge profonde...hic.. !


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 20 janvier 2014 02:29

      Il ne faut pas exagérer non plus. Si les magazines de cinéma font leur beurre, une bonne critique n’est pas gage de succès et une mauvaise n’est pas synonyme de four.


      Ce n’est pas un résultat de première semaine qu’il faut regarder pour jauger de la réussite ou de l’échec, mais l’évolution. Une lente érosion signera un succès public car le bouche à oreille fera son office, alors que si un film perd la moitié de son public en seconde semaine, il est clair que nous sommes en présence d’une grosse daube.

      Et pui n’oublions pas que le cinéma américain ne se résume pas à Hollywood ! Leur production indépendante est de très bonne facture même si elle est mal distribuée ici aussi.

    • Denzo75018 19 janvier 2014 09:14

      En France il est facile de faire un film rentable (pour les actionnaires/producteurs/têtes d’affiche). En effet une bonne partie est financée par des subventions de l’état ou des médias Français et 1/4 du déficit de l’assurance chômage est dû aux seuls 100 000 intermittents du spectacle !

      En fait quand les Français vont voir un film Français, ils payent 3 fois : Une fois pour le distributeur et 2 fois via ses impôts pour le financement du film et enfin pour payer le chômage partiel ou total des intermittents du spectacle !

      Cela devrait s’appeler un cinema d’état ! D’ailleurs il n’est pas étonnant que personne du cinéma ne critique le système largement soutenu par la gauche qui lui procure un vivier inféodé de voix !!!

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