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Accueil du site > Actualités > Economie > Les finances publiques enfin prises en main ?

Les finances publiques enfin prises en main ?

La Revue générale des politiques publiques initiée par Nicolas Sarkozy est-elle en mesure de répondre à l’enjeu des déficits publics et de la dette ? Rappel du contexte et commentaires.

Commençons peut-être par "pourquoi réduire le déficit public ?" Et auparavant, "qu’est-ce donc ?" Reprenons depuis le début (si vous connaissez déjà cela très bien, allez directement au paragraphe "vendredi 4 avril").

Les administrations publiques (Etat, collectivités territoriales et sécurité sociale) ont pour rôle de fournir certains services gratuitement pour tous (éducation, sécurité, soins...). Pour cela, elles doivent prélever une partie des richesses créées dans le pays pour les mettre dans un "pot commun".

Quelques ordres de grandeur : le total des richesses qui seront créées en France cette année (le PIB) est de 1 900 milliards d’euros. Le total des dépenses publiques est de l’ordre de 1 000 milliards d’euros (54 % du PIB). Or, le total des recettes publiques est de 950 milliards d’euros (51 % du PIB). Et c’est comme cela depuis trente ans : nous recevons bien plus de services publics que ce que nous payons. L’écart, les 50 milliards d’euros - soit presque 3 % du PIB - appelé déficit public, est obtenu en s’endettant auprès des investisseurs internationaux qui veulent bien nous prêter, et sera remboursé petit à petit par les générations futures.

L’accumulation des déficits publics d’année en année crée la dette publique. Elle est aujourd’hui de 1 200 milliards d’euros. On l’exprime souvent en % du PIB (env. 65 % aujourd’hui), mais elle est en réalité plus impressionnante comparée aux recettes publiques annuelles (le ratio est alors de 126 %) ! Ce niveau est paradoxalement dans la moyenne européenne et mondiale. Mais il faut savoir qu’on 1980, à 20 % du PIB, la dette publique de la France était la plus faible des grands pays du monde ! Donc, même si elle augmente de 50 milliards chaque année (ou 1 600 € par seconde - de jour comme de nuit - si vous préférez), la France pourrait continuer à rembourser ses créanciers (c’est-à-dire ne serait pas en "faillite") jusqu’en 2020 ou même peut-être 2025. Mais une chose est sûre : à ce rythme-là, un jour ou l’autre, cette faillite arriverait. Et, bien avant, les investisseurs la voyant arriver, ils ne nous prêteraient plus à 4 % mais, pour compenser le risque, ne nous confieraient leur argent qu’en échange de 5 %, puis 6 %, puis 7 %, gonflant ainsi nos dépenses publiques contraintes. La spirale s’accélère alors très vite (voir l’Argentine ou plus récemment la Hongrie pour les conséquences).

Une autre chose est sûre : cette accumulation de déficits est injuste, car la génération qui paiera ces services publics ne sera pas celle qui en a bénéficié. Comment cela s’appelle déjà ? Ah oui, c’est ça : du vol ! Evoquer le problème du déséquilibre des finances publiques, ce n’est pas fustiger l’impôt, l’Etat ou les fonctionnaires. C’est rechercher le partage le plus juste possible de la richesse (et des dettes) entre générations.

Vendredi 4 avril

Voilà qui nous amène à ce vendredi 4 avril, "cette journée historique" selon le président Sarkozy, car "le temps de la réforme de l’Etat est venu". Le gouvernement et le président sont de droite (je sais ce n’est pas un scoop) donc ils ne veulent pas augmenter les prélèvements obligatoires. A choisir, ils préfèrent réduire le coût de fonctionnement des services publics.

"Je le dis et je le répète, ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui permettra les économies", a insisté Nicolas Sarkozy "c’est la différence entre la rigueur et la réforme".

Je ne peux que saluer les principes évoqués dans le rapport détaillé présenté parallèlement par Eric Woerth : "Un Etat concentré sur ses priorités, un Etat plus simple, un Etat adapté à son temps, un Etat qui n’hésite pas à changer de modèle d’organisation". Les mesures annoncées sont multiples et ont l’air convaincantes (fusions ou suppressions de nombreux organismes et commissions publics dont personne ne sait plus pourquoi elles ont été créées...). Trois cents personnes travaillent sur cette RGPP (Revue générale des politiques publiques) depuis juin 2007.

Le principe évoqué par le président, d’offrir le même niveau de service public mais à un moindre coût, c’est-à-dire d’augmenter la productivité du service public, peut permettre de réduire les déficits. Il faut arrêter d’imaginer que supprimer un poste public signifie licencier quelqu’un. Cela permet au contraire aux contribuables d’économiser le montant de prélèvements publics correspondant et, en le dépensant, de créer dans l’économie la demande correspondant à un emploi de plus quelque part. Au final, on a autant d’emplois, mais plus de pouvoir d’achat. Dans l’économie globalisée, l’effet est même multiplié : si notre taux d’impôt sur les sociétés passe en dessous de celui de nos voisins, par exemple, cela attirera de nouvelles entreprises.

Au-delà des principes, les objectifs d’évolution des dépenses publiques sont cohérents. Le gouvernement va plus loin que la stabilité des dépenses de l’Etat en volume, c’est-à-dire une augmentation limitée à l’inflation, qui était la règle depuis plusieurs années, en annonçant dans le prochain budget - qui sera pour la première fois pluri-annuel (2009-2011) - une augmentation d’1 % par an en valeur (proche du zéro que je demandais mardi sur mon blog). L’inflation étant montée à 3 %, cela signifie que les dépenses diminueraient de 2 % en volume.

Reste à voir l’évolution de l’ensemble des dépenses publiques car, outre l’Etat, celles des administrations publiques locales (régions, départements, communes...) augmentent de 6 % par an en 2007, et celles de la sécurité sociale, qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas limiter, de 4 à 5 % par an.

Je ne peux donc qu’applaudir des deux mains qu’enfin la politique publique prenne la bonne direction, avec un plan d’action pour atteindre l’équilibre en 2012.

Bonus : une très grande majorité des Français (79 %) estiment que "les déficits publics de la France sont si élevés qu’il est indispensable de réduire fortement les dépenses publiques", selon un sondage publié ce vendredi dans Le Figaro. Seules 20 % des personnes interrogées pensent que "les déficits publics de la France ne sont pas à un niveau qui rend indispensable de réduire fortement les dépenses publiques".

Ravi de l’apprendre

Au passage, une petite idée pas bête citée par le président : "Déplacer un service d’administration centrale en province, c’est favorable aux fonctionnaires, qui y gagnent en pouvoir d’achat et trouvent plus facilement à se loger, c’est favorable pour les territoires qui reçoivent cette activité, et c’est moins coûteux."

www.NonALaDette.fr


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28 réactions à cet article    


  • slide 7 avril 2008 17:13

    Non, "solidarité entre générations" c’est réservé à l’héritage, manière bien plus civilisée et moderne de gagner de l’argent que le travail, à laisser aux classes crédules et laborieuses smiley

     


  • Jacques 7 avril 2008 15:22
    « Il faut arrêter d’imaginer que supprimer un poste public signifie licencier quelqu’un. »
     
    Je suis très sceptique quant à la possibilité de réformer le service public, tant qu’on continuera de tourner autour du pot.
     
    Certains emplois dans le public ne sont-ils pas tout simplement redondants et dans ce cas il serait logique de les supprimer (comme par exemple les départements) ? N’est ce pas le nœud du problème ? Le licenciement dans le service public reste une vache sacrée en France : même Sarkozy prend des pincettes, lorsque cette question arrive sur le tapis : les gouvernements sont encore toujours tétanisés par le pouvoir de nuisance des salariées du public. Cependant seul le ‘dégraissage des mammouths’ permettrait des économies significatives.
     
    Pour le reste, imaginer transférer des activités de service public vers le privé pour diminuer les couts, susciterait tout aussi immanquablement une levée de boucliers. En effet les fonctionnaires concernés savent qu’ils ont à l’ère de la mondialisation infiniment plus à perdre que du simple pouvoir d’achat.
     
    En tout cas merci, pour votre article courageux, qui sera sans doute peu apprécié ici.

     


    • Dewey 7 avril 2008 16:11

      "Pour le reste, imaginer transférer des activités de service public vers le privé pour diminuer les couts, susciterait tout aussi immanquablement une levée de boucliers."*

      Le souci actuel et qu’une très large partie des externalisations du public vers le privé coûtent finalement plus cher, à tel point que, par exemple, de nombreuses municipalités tentent actuellement de reprendre à leur compte la gestion de l’eau. Alors certes, c’est un bon argument électoral. Mais quand les frais augmentent en flèche pour un service dégradé (voire totalement à refaire), les seuls bénéficiaires sont, outre les entreprises partenaires, les... fonctionnaires de la Cour des Comptes qui trouvent matière à s’occuper en épinglant les fautifs (n’est ce pas, M. Santini ?).


    • slide 7 avril 2008 17:17

      Il reste néanmoins très malvenu de vouloir économoser au détriment de postes de dépenses publiques après avoir soi-même fait exploser son indemnité de fonction, et après n’avoir pas tenu sa promesse de réformer aussi le régime de retraite des parlementaires !!!

      Que l’on arrête le clientélisme, réduisons les fonctionnaires exactement au même rythme que le montant de l’indemnité du chef de l’Etat, qu’il montre l’exemple !!!

       


    • dalat-1945 8 avril 2008 07:38

      à Slide,

      Le salaire du Chef de l’Etat était ridicule et en dessous de celui du 1er Ministre et de bien d’autre personnes de la Fonction Publique..

      Les autres présidents (Mitterand, Chirac) étaient obligés de frauder pour vivre (en tapant dans des caisses secrètes alimentées par des circuits de type mafieux). Voulez- vous que je vous dise comment le fils Mitterand, lorsqu’il travaillait avec son père à l’Elysée, touchait des commissions (pour son père) dans une simple valise remplie de billets de banque, pour des marchés passés en Afrique qui étaient financés par la Caisse Centrale de Coopération ? Voulez’vous que je vous dise le nom d’1 ou 2 de ces affaires ? Voulez-vous que je vous donne le nom de la personne qui portait ces valises à l’Elysée et que je demande à cette même personne de venir témoigner !

      Mais peut être voudriez-vous que les Présidents fassent voeux de pauvreté et pourquoi pas de chasteté aussi, pendant que vous y êtes ? La chasteté pour Mitterand, eut été très difficile. Demandez donc à toutes les femmes du PS qu’il s’est tapé en douce, sous sa présidence ! Et le coup des hélicoptères qui emmenait sa Sainteté Mitterand chez sa Maitresse en province le Week-end et encore bien d’autres choses (vacances en Egypte avec sa fille adultérine, etc.)

      En conclusion, il est plus saint (comme pour le financement des partis politiques) de donner à notre Président un salaire en rapport avec sa fonction, et de ne plus le voir en train de piquer l’argent de l’Etat dans des proprtions encore plus importantes que le montant actuel de Sarkozy.Je dis ceci, quelque soit le Président ’Droite ou de Gauche).

      Je vous ferais remarquer aussi que le président Sarkozy fait un peu plus de 35h par semaine et ne prend jamais ses RTT.I lfaudrait peut être songrer à lui payer ses heures supplémentaires comme à tous les fonctionnaires. Pourqupoi pas ?


    • Dewey 7 avril 2008 16:08

      "Bonus : une très grande majorité des Français (79 %) estiment que "les déficits publics de la France sont si élevés qu’il est indispensable de réduire fortement les dépenses publiques", selon un sondage publié ce vendredi dans Le Figaro. Seules 20 % des personnes interrogées pensent que "les déficits publics de la France ne sont pas à un niveau qui rend indispensable de réduire fortement les dépenses publiques".

      Ravi de l’apprendre"

      Et moi donc ! On peut donc en conclure que dans ce cadre, 79% des Français souhaitent la réduction du train de vie de l’Etat. Reste à transmettre le message à M. Sarkozy (augmentation de salaire et du budget de l’Elysee), Mme Dati (budget explosé par des frais de représentation faramineux) et à l’ensemble des députés (réformes plus qu’avantageuses de leur système de chomage).

       

      Nono Ladette, nous comptons sur vous pour transmettre le message.


      • Forest Ent Forest Ent 7 avril 2008 20:01

        La dette publique française est effectivement dans la moyenne occidentale et n’a en ce sens rien de plus alarmant qu’ailleurs. En revanche, la dette des ménages français est de moitié inférieure à celle des Etats-Unis ou de l’Angleterre. On va en voir bientôt les conséquences.

        Pour autant, il n’est effectivement pas souhaitable de trop l’augmenter. Je note bien que l’UMP annonce encore une fois vouloir la résorber, alors que c’est historiquement et de loin le parti qui l’a le plus augmentée quand il était aux affaires, ce qu’il a encore fait depuis un an, en particulier avec la loi TEPA.

        J’aimerais bien consulter en détail les "166 mesures" (ou 521, je n’en sais rien au fond) que le gouvernement a parait-il instaurées, mais je ne les ai vues nulle part. Savez-vous où l’on peut les consulter sur internet ?


        • Roland Verhille Roland Verhille 7 avril 2008 20:13

          Forest Ent,

          Voici le lien où vous trouverez peut-être ce que vous recherchez.

          Cordialement

          http://www.budget.gouv.fr/directions_services/sircom/rapport_rgpp080404.pdf


          • JL JL 7 avril 2008 20:26

            Quel Hypocrite ce mec !


          • Forest Ent Forest Ent 7 avril 2008 23:22

            @ M Verhille

            Merci du lien.

            Ca fait quand même 180 pages. Il me faudra quelques jours pour feuilleter ça. smiley


          • Nono Ladette Nono Ladette 8 avril 2008 10:13

            C’est clair que c’est un grand chantier, et ce rapport, dont l’application génèrerait 7 milliards d’économies, n’est que le début. En effet, Woerth a rappellé hier lundi l’objectif : trouver 10 milliards d’économies par an (c’est-à-dire 1% des 1000 milliards de dépenses publiques annuelles) pendant trois ans. Toutes choses égales par ailleurs, cela ramènerait le déficit 2011 à environ 25 milliards contre 55 en 2008.

            C’est clairement une bonne tendance. Mais on sait que depuis des années, pour ne pas dire des décennies, ces beaux objectifs ont toujours été manqués ! On attendra donc le rapport suivant pour les prochains 10 milliards d’économies.


          • Forest Ent Forest Ent 8 avril 2008 11:34

            J’ai commencé à lire ce rapport. Il m’a surtout l’air assez cocasse. Si j’ai le temps, j’essaierai d’en faire une petite synthèse ici. Mais en premier abord il ne ressemble à rien de ce que l’on en dit.


          • Laurence Bonzani, Serge Guérin, Safia Lebdi et Jean-Marc Pasquet Jean-marc PASQUET 7 avril 2008 21:55

            Dans l’histoire récente des finances publiques, nous avons connu successivement trois périodes :

             une gestion par la gauche marquée, jusqu’en 2001, par la baisse du déficit budgétaire y compris dans sa composante - essentielle - de fonctionnement (1) tout en maintenant à un haut niveau relatif l’effort d’équipement

             une gestion par la droite marquée, jusqu’en 2005, par la hausse des déficits de l’Etat, creusés par les baisses d’impôts dans un contexte de tassement de son effort d’investissement

             depuis 2006, une politique de stabilisation des déficits de l’Etat supportée par la chute spectaculaire de ses investissements (2) et une baisse volontaire des recettes courantes (paquet fiscal).

            Le projet de loi de finances 2008 le confirme, nous arrivons au bout de la logique de ce troisième cycle.

            POUR L’ETAT, UNE SITUATION DIFFICILE

            Comme les marges de manoeuvre en termes de baisses de recettes sont épuisées - sauf à creuser davantage le déficit - et qu’il n’est déjà plus possible de diminuer la frange investissement du budget de l’Etat déjà réduite à sa plus simple expression, nous sommes peut-être à la veille d’une « révolution » des finances publiques.

            Tout simplement par la force des choses.

            Cela est lié à un objectif essentiel : la volonté de diminuer les prélèvements obligatoires tout en restant sous la barre des 3 % du déficit consolidé sur l’ensemble du périmètre de la dépense publique : Etat, comptes sociaux et collectivités locales.

            Cet objectif est placé sous une contrainte qui « écrase tout » : la dette de l’Etat. Et plus particulièrement l’origine de la dette car désormais, le rapport entre les investissements réalisés par l’Etat et son emprunt n’est plus aujourd’hui que de 3 pour 20. En réalité depuis quelques années, environ 100 milliards d’emprunts annuels ne viennent financer qu’une quinzaine de milliards d’investissements et le solde vient en équilibre des comptes de l’Etat.

            La « stratégie de redressement » prônée par Bercy est décrite dans les scénarios de prospective des finances publiques pour les autorités de Bruxelles.

            Elle part d’un principe simple qui est le déverrouillage du nœud des contraintes en revoyant le rythme des dépenses, du moins, certaines d’entre elles.

            L’Etat affiche « prendre sa part à cet effort » en appliquant au périmètre de sa propre dépense, au mieux, le rythme de la croissance et, demain, celui de l’inflation.

            On notera au passage que l’année des municipales pourrait apparaître dans la ligne de cet objectif lorsqu’elle fait en réalité exception.

            La baisse des concours européens en 2008 a en effet permis au gouvernement Fillion d’afficher une « progression 0 en volume » de ses dépenses courantes et un déficit prévisionnel du budget stabilisé à une quarantaine de milliards d’euros.

            Cela ne tient nullement à une restriction du train de vie de l’Etat sur le périmètre qu’il contrôle.

            A titre d’exemple, une des mesures phares d’économies mises en avant, c’est-à dire le remplacement partiel des départs à la retraite des fonctionnaires, ne produirait que moins d’un milliard d’euros d’économies en régime de croisière. La moitié serait « reversée » aux fonctionnaires en activité. Sur un total de près de 120 milliards d’euros consacrés aux charges de personnel, le gain est mince et hors de proportion des enjeux.

            LA PORTE DE SORTIE : S’APPUYER SUR LES COLLECTIVITES LOCALES

            Côté comptes sociaux, la tentative en cours de réforme de certains régimes spéciaux n’aboutirait simplement qu’à atténuer la dégradation d’autres branches dont la santé, peu propice à l’avenir à contribuer à la résorption des déficits publics.

            Il ne reste plus à l’Etat qu’à chercher des marges de manœuvre du côté de l’autre grand acteur de la dépense publique pour parvenir aux exigences de Bruxelles : les collectivités locales.

            Sa stratégie se reflète dans la progression récente et à venir de ses concours à toutes les strates des collectivités, c’est-à-dire un calage progressif sur l’inflation.

            Il ne faut pas être grand clerc pour anticiper que l’indexation à venir de sa principale composante, la dotation globale de fonctionnement (DGF), pourrait être assise après 2008 sur l’inflation sans intégrer la hausse de la croissance comme c’est le cas actuellement.

            La conséquence de la raréfaction de cette ressource qui constitue près de la moitié des recettes des collectivités serait de contraindre de facto à la baisse le rythme de la dépense locale. C’est le pari fait par l’Etat.

            Ceci étant posé, l’Etat s’inscrirait une fois de plus en rupture du contrat qu’il a passé dès 1996 avec les collectivités en changeant les règles du jeu de leur financement.

            L’IMPOSSIBLE REFORME DU SYSTEME POLITICO-ADMINISTRATIF FRANCAIS ?

            Sur ce sujet, si tous les observateurs s’entendent sur la complexité du « millefeuille » politico-administratif français et les surcoûts qu’il induit, tous n’ont pas la même conception des réformes à conduire.

            Par exemple, faut-il revenir sur la liberté de fixation des taux des collectivités en « dealant » en contrepartie avec les acteurs locaux la pérennité de leurs bases fortement amputées par les réformes récentes ? (3)

            Pourrait-on considérer un pouvoir normatif des collectivités sur l’impôt local à l’instar des collectivités allemandes ou italiennes en échange d’une simplification ou d’une réduction de l’empilement des collectivités ?

            Quelles marges de manœuvre se donne-t-on sur les compensations accordées aux collectivités en échange des décentralisations pour qu’elles ne donnent pas trop la part belle à la « dépense historique » sur les nouvelles politiques ?

            A défaut de trancher ces questions essentielles, la stratégie portée par Bercy risque simplement d’amputer les capacités d’investissement d’un acteur essentiel de la dépense publique. Le secteur public local porte sept fois plus d’investissements que l’Etat pour une contribution au déficit dix fois moindre. Dans cette perspective de « redressement castrateur », la « révolution de la dépense publique » pourrait simplement se traduire par une régression sans la réforme...(4)

            Et pour certaines d’entre elles, cet ajustement se ferait plus cruellement sentir que pour d’autres. Dès lors que la contrainte des ressources accordées par l’Etat aux collectivités se trouverait resserrée et que la politique de péréquation serait préservée, les collectivités les plus en ligne par les réformes à venir seraient les plus jeunes d’entre elles. C’est-à-dire celles dont la composante en dépenses nouvelles mais aussi en investissements est la plus forte : les régions et les intercommunalités.

            Plus globalement, c’est tout le débat de l’efficience de la dépense publique qui pourrait se retrouver une nouvelle fois occulté par la sempiternelle bataille sur les volumes à porter par l’Etat et les collectivités.

            Un jeu de vases communicants et de tuyauteries peu audibles pour les citoyens. Notes : (1) On peut financer un certain temps ses investissements en ayant recours à du déficit mais on ne peut pas financer durablement ses dépenses de fonctionnement par de l’emprunt... (2) 16 milliards en tout quand les collectivités réalisent en année de croisière environ trois fois plus et moins de 3 milliards seulement en ne tenant pas compte des investissements militaires et des réalisations effectives. (3) La plus récente concerne le « plafonnement de la taxe professionnelle à 3,5% de la valeur ajoutée » des entreprises, dispositif qui consiste à n’appliquer la hausse de la fiscalité locale que sur une frange décroissante de la richesse locale imposable. (4) La baisse des investissements publics locaux fait partie des hypothèses retenues dans le rapport social et financier 2008, tome 1, page 90.


            • Fred 8 avril 2008 12:18

              "Dans l’histoire récente des finances publiques, nous avons connu successivement trois périodes :

               une gestion par la gauche marquée, jusqu’en 2001, par la baisse du déficit budgétaire y compris dans sa composante - essentielle - de fonctionnement (1) tout en maintenant à un haut niveau relatif l’effort d’équipement"

               

              Principalement due à une conjoncture économique mondiale sans précédent avec les nouvelles technologies qui a éclaté la dernière année du gouvernement Jospin, dernière année que de nombreux militants socialistes oublient où les mesures Jospin n’ont pas permis du tout de sauver la France. Cette bonne conjoncture couplée à un nombre record de privatisations a permis effectivement de faire rentrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’état.

               

              " une gestion par la droite marquée, jusqu’en 2005, par la hausse des déficits de l’Etat, creusés par les baisses d’impôts dans un contexte de tassement de son effort d’investissement"

               depuis 2006, une politique de stabilisation des déficits de l’Etat supportée par la chute spectaculaire de ses investissements (2) et une baisse volontaire des recettes courantes (paquet fiscal)."

               

              Effectivement les baisses d’impôts ont bien creusées les déficits, n’oublions pas non plus les 35h avec les 16 milliards d’exonération qui sont rentrées complétement en vigueur en 2000 pour le privé et donc ces exonérations ont commencé à affecter le budget du gouvernement sur la dernière année Jospin et les gouvernements suivants.

               

              Force est de constater que depuis 30 ans les gouvernements successifs n’ont fait aucun effort pour réduire les dépenses de l’état. Seules de fortes rentrées d’argent lors de conjonctures économiques exceptionnelles permettent de minimiser les dégats, une grande partie des pays a baissé leurs dépenses publiques la France n’a pas le choix que de réformer et de baisser le nombre de fonctionnaires qui n’a fait qu’augmenter jusqu’en 2003 sans augmentation de la qualité des services publiques.


            • dalat-1945 8 avril 2008 17:53

              Ce n’est pas le même Fred que d’habitude. Que se passe t’il ,


            • dalat-1945 8 avril 2008 20:42

              @ Fred,

              Excusez-moi vous n’êtes pas E-Fred, l’illuminé ! Désolé pour cette confusion.J’étais très surpris de ce discours auquel j’adhère.

              Cordialement


            • Le péripate Le péripate 7 avril 2008 22:17

              Réduire l’Etat ? Car c’est la question, je mets en déficit, puis je fais maigrir l’Etat. Commençons par supprimer le gouvernement. A quoi sert Rama Yade ? A rien. A quoi sert Fillon ? A rien. A quoi sert Sarkozy ? A trois fois rien.

              Tirons au sort quelques citoyens pour s’occuper de l’exécutif, les meilleurs hommes politiques ne veulent pas le pouvoir. N’est-ce pas ce qu’ils prétendent tous ?


              • Roland Verhille Roland Verhille 7 avril 2008 22:57

                Oui, le tirage au sort des représentants du peuple plutôt que leur élection à l’issue de batailles partisanes n’est pas à rejeter à priori. Cela supposerait de limiter cette procédure à la constitution des assemblées délibérantes, n’ayant à siéger qu’un nombre de semaines limité dans l’année. Les pouvoirs exécutifs seraient alors constitués par des gens élus directement par le peuple, assistés par des agents de l’Etat spécialement formés à cet effet.

                C’est le système retenu pour prendre les décisions les plus graves : les Cours d’assises, dont la composition et le travail est très rarement critiqué. C’est bien mieux qu’un "service civique obligatoire" proné par certains en vue d’embrigader les jeunes.

                Mais là, on se fait plaisir à reconstruire le monde, n’est-ce pas Peripate ?


              • Le péripate Le péripate 7 avril 2008 23:10

                Un petit peu d’ingénierie institutionnelle, en effet.

                Mais : le droit et la loi ont borné le pouvoir absolu.

                Mais : le marché a borné la démocratie.

                Donc, le tirage au sort est la solution pour borner la démocratie d’opinion, démocratie illimitée, démocratie totalitaire.

                 


              • dalat-1945 8 avril 2008 07:03

                @ Le Peripate,

                Vous venez de faire votre 1ère communion il y a peu de temps, il me semble !

                Etiez-vous en culotte courte et portiez-vous un brassard ?


              • Le péripate Le péripate 8 avril 2008 08:08

                Merci de m’accorder cette jeunesse d’esprit, j’ai toujours préféré cela au cynisme grinçant de ceux qui pensent avoir tout vu, tout entendu.


              • dalat-1945 8 avril 2008 09:41

                @ Le Peipate,

                Vous êtes à peu près dans le même état d’esprit que Daladier et Chamberlain à Munich’ en 1938. Ils étaient allés faire là bas, leur 1ère communion (politique) en culotte courte aussi.Quant au brassard, ils l’avaient soigneusement rangé dans leur armoire pendant la guerre et l’ont ressortis après la guerre pour chercher à nous culpabiliser.

                 


              • Nemo 8 avril 2008 10:15

                Sur la question de la dette, il n’y a pas 36.000 analyses différentes à faire. Cette année encore, le montant du déficit est égal au montant des intérêts de la dette publique.

                Et pour combler le déficit, on emprunte. En d’autres termes, on emprunte pour payer les intérêts de notre dette, et en économie, on appelle cela le surendettement.

                On aura beau retourner le problème dans tous les sens, il n’y a pas d’échapatoire, nous sommes surendettés.

                Et ce ne sont pas 5 ou 7 milliards qu’il va falloir trouver, mais 40. Le TEPA était une véritable stupidité, mais même sans cela, il aurait fallu trouver 25 milliards de plus. Et avant que nos hommes politiques osent le faire...


                • Nono Ladette Nono Ladette 8 avril 2008 10:35

                  Et pour cela ils ont besoin du soutien de l’opinion publique, d’où mon article et mon blog : www.nonaladette.fr


                • iris 8 avril 2008 12:24

                  il y a trop d’élus et trop bien payés-voir état de leur patrimoine dans le point il ya qq temps-c’est un métier qui rapporte-les économies il faut les trouver ici-ce n’est pas les petits fonctionnaires besogneux qui coutent chers-ils rendent service au contribuable

                  ces politiques me rappellent les courtisans sous les monarchies-

                  ce n’est + le petit entrepreneur qui cautionne ses emprunts avec ses bien personnels qui gagne de l’argent mais nos soi disant élite-sans risque-car le risque de perdre son emploi, tout le monde l’a -

                   


                  • dalat-1945 8 avril 2008 17:41

                    @ Hihihi,

                    Je viens de vous plusser comme très souvent et je n’arrive pas à vous moinsser aujourd’hui !

                    Merci de dénoncer la gauche de "papa et grand papa", et surtout avec les épouvantails qu’elle nous présente.

                    (je n’en ferais pas la liste : trop longue ! ) mais tout de même :

                    Les 2 que j’aime le moins c’est Dray et Moscovici (vous avez vu leur tronche !). Lang lui est toujours égal à lui même, il a toujours la même tête de satyre ,qui (en fait ) ne lui va pas si mal (ce qu’il lui faut, c’est qu’il puisse jouir à tout moment !). Fabius, pou lala ! Il va bientôt retourner vendre ses antiquités (enfin , on l’espère). Il devrait toutefois s’acheter une moumoutte pour ne pas effrayer les clients. Mélenchon me rend malade et Emmanuelli aussi .Guigou, ouh làlà, elle me fait peur aussi, son homme ne doit pas se marrer tous les jours. Aubry a fini sa cure de désintoxication (le whisky), çà se voit elle va un peu mieux, mais elle peut rechuter facilement. Ségolène est furibarde car NS lui a piqué ses idées et lui il passe à l’action. Il lui faudrait toutefois un air de "Mater dolorosa" plus marquée. DSK a disparu, mais on le reverra .Badinter est toujours bien, mais il insiste un peu trop (faut-il laisser Fourniret et sa femme en prison à vie ou pas, that is the question, et je parierais qu’il serait capaple de les prendre personnellement en charge chez lui d’ici 5 à 6 ans pout tenter de les remettre dans le droit chemin.

                    Bon j’arrête, Il y en a tout de même qui sont pas mal, mais je n’ose dire leurs noms, des fois que çà leur donne des idées pour aller travailler avec NS.

                    A bientôt.


                  • dalat-1945 11 avril 2008 08:09

                    @ Hihihi,

                    Bien d’accord


                  • commedestaupes 15 avril 2008 16:04
                    L’appel

                    Depuis 30 ans, l’Etat dépense plus que ce qu’il reçoit : né à partir de 1980, nous n’avons jamais connu un budget en équilibre.

                    Chaque année, le déficit budgétaire alourdit la dette publique :

                    Aujourd’hui l’Etat compte plus de 1 200 milliards d’euros de dette !

                    Et ce n’est pas fini ! Le poids de cette dette va très vite devenir insurmontable. Le montant de notre déficit budgétaire d’ores et déjà est égal au montant des intérêts de la dette.

                    Nous empruntons pour payer les intérêts de la dette, et la dette augmente : c’est un effet "boule de neige" !

                    Nous sommes la génération déficits, celle qui n’a jamais connu un budget de l’Etat en équilibre, et sur les épaules de qui repose le remboursement de ces emprunts.

                    L’augmentation permanente de notre dette publique compromet chaque jour un peu plus notre avenir, en sacrifiant les investissements dans la recherche, l’éducation et la modernisation de notre pays.

                    Arrêtons de creuser aveuglément le déficit !
                    Rejoignez notre collectif « Par-dessus la dette » !

                    www.commedestaupes.com

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