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Les fonds propres, maux des PME françaises

Les capitaux propres permettent aux entreprises de réaliser des investissements de capacité, de production, de productivité et d’innovation. Ils font également barrière à l’entrée d’investisseurs vautours, et aident donc les PME à garder leur autonomie et leur indépendance.

Avant la crise financière, la constitution de fonds propres pour les PME était difficile car les banques s’étaient désengagées peu à peu de cette activité trop risquée et peu rentable. Avec la raréfaction du crédit aux entreprises, la situation est toujours encore plus délicate.

Les efforts consentis par l’Europe en augmentant la capacité de la Banque d’Investissement Européenne (BEI) n’est pas une réponse aux besoins des PME en Europe. Il ne s’agit pas de prêter de l’argent pour de la trésorerie mais de venir renforcer les fonds propres des PME.

En cette période de crise financière et de guerre économique, quelle est l’alternative la plus adéquate pour renforcer les fonds propres de nos PME ?

Cette problématique est cruciale car le manque de ressources financières et intellectuelles exacerbe la compétition entre les entreprises et les Etats. C’est pourquoi, nous devons trouver une solution à long terme qui permettra d’établir des bases saines pour le redémarrage et le développement des PME françaises.

Le président Sarkozy avait évoqué l’utilisation de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), comme un fonds souverain pour financer la base de capital de nos industries stratégiques. C’est une solution intéressante pour les grands groupes car la CDC est le premier ou le deuxième actionnaire de vingt des principales sociétés du CAC 40, avec des participations pouvant atteindre 10 %. Cependant, la CDC n’est pas l’acteur le plus approprié pour les PME. De plus, la crise financière va obliger la CDC à revoir sa stratégie.

La France ne doit pas être complexée par le montant qu’elle va allouer à ce fonds car nous avons déjà de grands groupes et des technologies de pointe. C’est pourquoi, ce fonds devra être destiné uniquement au financement des fonds propres des PME. L’objectif est de redonner à l’Etat le moyen d’assurer un développement harmonieux du territoire et de créer des PME innovantes afin d’obtenir des avantages compétitifs dans les domaines de la biotechnologie, aéronautique, NTIC, automobile...en prenant des participations dans les PME via ce fonds.

Le fonds qui me semble le plus approprié pour hériter de cette mission serait le Fonds de Reserve des Retraites (FRR) doté de 35 milliards d’euros. Aujourd’hui le FRR place ses liquidités dans des lots d’actions sur 4 à 5 ans en faisant appel à des tiers prenant des frais de gestion. Grâce à la crise nous avons la possibilité de revoir l’objectif du FRR en lui assignant un nouveau rôle, celui de développer et de protéger les PME françaises.

Il est urgent de prendre position, car on constate que les centres de recherche sont délocalisés vers l’appareil productif. Assurer le développement de nos PME permettrait de maîtriser la désindustrialisation qui frappe aussi les Etats-Unis. C’est grâce aux PME que l’on pourra conserver une capacité de production nationale.

De même, le Crédit Impôt Recherche (CIR) mis en avant par le gouvernement n’est pas la clef du financement de l’innovation en France. Les PME ont besoin de fonds propres solides pour répondre à cet investissement. Le CIR est simplement un outil dont la complexité d’élaboration profite aux cabinets de conseils.

Le regard que portent les investisseurs indiens sur nos PME est inquiétant. Il suffit d’analyser le signal faible dans l’article du Monde lors de la visite du Premier Ministre indien à Marseille : « L’Europe est perçue par le patronat indien comme une terre d’investissements très divers, à la différence des Etats-Unis où l’Inde investit à 90 % dans le domaine des Technologies ». L’Inde a pris conscience que les PME européennes sont présentes dans des niches. De plus, nous ne sommes pas les seuls à identifier la faille concernant le manque de fonds propres des PME françaises. Les Indiens aussi. Par conséquent la réponse doit être adaptée à la menace : « Les entrepreneurs indiens s’intéressent de près aux PME françaises, présentées comme sous-capitalisées ».

Le manque d’éthique des Fonds Commun de Placement (FCP) nous pousse à envisager la création d’un Fonds souverain pour les PME françaises. Il suffit de mettre en lumière le cas du Laboratoire de Biotechnologie Marine Appliquée (LBMA) qui s’est fait spolié ses brevets lors de la prise de participation à son capital d’OTC un Fonds Commun de Placement dans l’Innovation. OTC a licencié M. Hemmery et cherche à vendre la technologie à des pays étrangers ce qui engendre un pillage de l’intelligence française.

Pour conclure, la création d’un Fonds souverain destiné à financer les fonds propres des PME est indispensable si nous voulons dynamiser notre territoire, utiliser ses richesses, développer des technologies de rupture et soutenir la place de la France dans l’économie de la connaissance.

Sources :

« Il faut mobiliser davantage l’épargne existante en Europe » Le Monde, jeudi 4 septembre 2008, Philippe Ricard

Le pillage technologique des PME par les fonds communs de placement, Infoguerre, le 17 octobre 2008

L’inde et l’UE renforcent leur « relation stratégique » Le Monde, 1er octobre 2008

Paris compte sur la BCE pour soutenir l’économie, Le Monde, 9 août 2008, Arnaud Leparmentier

Gare à la désindustrialisation des Etats-Unis, Le Monde, Jeudi 14 août 2008, Matin Hutchinson

M. Sarkozy entend faire de la Caisse des dépôts un fonds souverain, Le Monde, 5 juillet 2008, A. MI

 

Bertrand TERREUX


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4 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 8 décembre 2008 19:43

    Ce sujet pourtant d’importance majeure au regard de notre économie en France, n’attire pas foule.

    Du coup les banquiers peuvent se frotter les mains et dire :

    vous voyez ça n’interresse personne, pourquoi les financer, pourquoi les sauver, on a autre chose à faire que de s’occuper des "canards boiteux", les "rentabilités des PME ?", laissez moi rire 4 à 5% maxi, j’ai en portefeuille des fonds de pension, des produits dérivés garantis non toxiques qui vont me rapporter du 15 à 20% minimum, n’insistez pas vous dis-je, vous ne comprenez pas ? J’EN AI RIEN A FOUTRE DES PME ! je prefère financer des vespasiennes, le dernier modèle "TOPAZE" est d’une rentabilité particulèrement exeptionnelle ... Je vous le dis confidentionnellement 50 à 60% garantis, on peut se rencontrer pour en parler discrètement...

    Qui sont les fossoyeurs de l’agriculture de de l’industrie ?....

    toute ressemblance...



    • SDM 94 SDM 94 9 décembre 2008 00:01

      Et si une piste de solution n’était pas au niveau étatique national mais plutôt au niveau local de la région ou du bassin d’emploi local. En effet dans la culture colbertiste de l’état français le soutien aux PME ne sera jamais une affaire noble, il sera toujours entaché de suspiscion de corporatisme voire de poujadisme...

      Une autre piste serait de favoriser des PME à structures actionariales multiples : en même temps privées, coopératives, mutualistes et à participation des collectivités locales. Ceci permettrait de les désensibiliser d’investisseurs non impliqués dans l’entreprise et de favoriser les solidarités entre toutes les parties prenantes au niveau local


      • Internaute Internaute 9 décembre 2008 09:41

        Pour résumer l’article - c’est à l’Etat de financer les PME au travers d’un fond souverain pour les PME françaises.

        Vous ne proposez aucune analyse de la cause du manque de fond propre des PME ni de leur difficultés économiques. C’est dommage. Si on applique vos souhaits, l’Etat injecte des milliards dans les PME, tout continue pareil, on dépense les milliards et dans cinq ans on en est revenu au même point avec un peu plus de dettes.

        La désinsdustrialisation de la France vient de la concurrence déloyale imposée par la suppression volontaire de nos frontières commerciales. Il suffit de voir tous les cas de délocalisations et de fermtures. Ils viennent tous de ce problème. Commençons par attaquer ce problème au moyen de taxes d’importation ou de quotas annuels d’importation de marchandises. Cela redonnera déjà à nos PME un énorme terrain de jeu, celui de la consommation nationale et leur permettra de reconstituer leurs marges.

        Le deuxième point est l’absurdité dogmatique de type socialo-communiste qui veut que le coûts de l’emprunt à une banque soit du côté des dépenses (diminue l’assiette fiscale) et celui de la rémunération des actionnaires soit du côté des recettes (est à payer sur ce qui reste aprés les impôts). Un bon gestionnaire est donc contraint d’emprunter plutôt que d’augmenter le capital de sa société. C’est débile mais c’est ainsi.

        Il faut réformer profondément notre vision de l’actionnariat pour qu’il devienne un actionnariat de masse. Simplifier les règles administratives d’appel de fonds, supprimer totalement l’impôt sur les sociétés et les taxes que payent les entreprises. Cela ne me gêne nullement qu’en échange l’impôt sur le revenu explose dans les tranches hautes et frise les 100% au-delà d’un plafond à déterminer. Il ne s’agit pas d’être de gauche ou de droite mais simplement reconnaître que la PME est le seul lieu de création de richesses et qu’il faut tout faire pour ne pas freiner cette création. Ensuite, au niveau de la répartition on peut discuter le bout de gras. Il faut aussi revoir la question fiscale des droits de successions. Les PME françaises vont crever de notre connerie égalitariste dans ce domaine. A vouloir faire la chasse aux riches nous n’aurons plus que des pauvres.
        Les actionnaires devraient pouvoir revendre les actions obtenues lors d’une augmentation de capital sans que la plus-value rentre dans leur revenu imposable. Ainsi, tous les boursicoteurs resteraient imposés mais les investisseurs dans les fond propres des PME seraient épargnés.

        Quand à votre position sur la recherche et la haute technologie, je ne la partage pas du tout. Si on n’applique aucune protection comme cela est le cas à cause de l’UE, on ne fait que rentrer dans une course épuisante dont nous ne sortirons jamais. D’autre part, il faut des emplois en quantité de tous niveaux pour tout le monde, chose que ne peuvent pas offrir les hautes-technologies.


        • Internaute Internaute 9 décembre 2008 10:57

          « AFP 09/12/2008 Le déficit commercial de la France s’est encore creusé en octobre à 7,066 milliards d’euros, un nouveau record mensuel, contre 5,961 milliards d’euros en septembre, en données corrigées des variations saisonnières, ont annoncé les Douanes. »

          Depuis le début de l’année, cette politique nous a déjà coûté combien - 50 milliards d’euros ? C’est en tout cas supérieur à la somme des plans d’aide que le gouvernement a mis en placee en augmentant notre dette. Ne serait-il pas temps de réduire nos exportations, de réduire nos importations et de fabriquer chez nous ce que nous consommons ?

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