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Accueil du site > Actualités > Economie > Les frontières géostratégiques mondiales se radicalisent

Les frontières géostratégiques mondiales se radicalisent

Constat inquiétant : depuis deux mois, nous assistons à une accélération des positionnements géostratégiques, des déploiements militaires, des alliances énergétiques. Une carte bipolaire se dessine nettement, et les pays qui s’y positionnent semblent placer leurs derniers pions. Jamais, dans l’histoire du monde, des engagements ne se sont conclus si rapidement.

Une géostratégie de l’énergie

Lors de la seconde invasion de l’Irak, les Etats-Unis, en dépit de toutes les « preuves » qu’ils avaient présentées pour justifier leur intervention, n’ont rien trouvé d’autre qu’un petit Saddam Hussein et un grand gisement de pétrole. Loin de faire profil bas, loin de s’expliquer sur la légitimité des preuves, non seulement l’ingérant s’installe, non seulement il demande l’aide internationale, après avoir court-circuité sa plus haute instance, l’ONU, mais il montre son appétit pour le voisin, l’Iran, dont le gisement de pétrole n’a rien à envier au premier. Et de venir brandir le même type de preuves, et de venir crier au loup à nouveau. Mais l’affaire est plus corsée, l’Iran n’est pas sans relation.

L’Iran a en effet signé avec la Russie, le 27 février 2005, la mise en route de la première centrale nucléaire, à vocation civile, début d’un programme énergétique, réaffirmé le 17 octobre 2007, pour lequel Poutine n’entend pas recevoir de leçons des Etats-Unis. La Russie a par ailleurs souhaité étendre ce type de programme à d’autres pays. L’Iran est aussi engagé dans la constitution d’un Cartel, avec la Russie et le Qatar, qui détiendrait le monopole mondial du gaz. Déjà en 2004, l’Iran avait confié l’exploitation de son gaz à la Chine, qui devient dès lors son premier client, rendant tout boycott commercial international dérisoire. En outre, la Chine, dont on connaît les besoins grandissants en pétrole, s’est déjà assuré 15 % de son approvisionnement en Iran.

La crise récente en Géorgie a montré la sensibilité du problème énergétique. La Russie, qui voit l’Otan comme une coalition contre ses intérêts, veut empêcher la Géorgie d’y entrer et renforcer sa présence dans cette région, véritable zone de transit énergétique. La Russie, ayant la mainmise sur ce pays, pourrait ouvrir une liaison avec le Proche-Orient et l’Iran. Le Caucase est une région riche en enjeux énergétiques, notamment en Azerbaïdjan, le Dubaï de la Caspienne, lié directement à l’Occident par un pipeline. Point d’intérêt central des Etats-Unis et de la Russie, empoisonné par le vieux conflit du Haut-Karabakh, qui n’est pas sans rappeler celui de l’Ossétie, en rivalité avec son voisin, l’Arménie (disposant de bases russes), le pays vient d’assister à la démonstration de force de Moscou en Géorgie et préfère adopter un profil bas en privilégiant les négociations sur fond d’achat d’armement israélien. Peut-être un second conflit du Caucase en vue, même si un pacte de stabilité est en cours d’élaboration.

Dans l’optique d’une crise majeure, la Russie et la Chine viennent de signer, pour alléger leur dépendance aux incertitudes mondiales, une série d’accords : en premier lieu sous forme d’un échange de pétrole russe contre un financement chinois de 25 milliards de dollars des réseaux d’oléoducs russes, ensuite sous forme de construction d’un oléoduc direct Sibérie-Chine, enfin sous forme d’un projet de coopération nucléaire. Ce partenariat enterre la désuète guerre froide qui pouvait encore subsister entre les deux pays, et annonce leur rapprochement par le biais de l’OCS, ou groupe de Shanghai, qui met les bouchées doubles pour mettre en place une indépendance énergétique régionale, fort de ses pays membres, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, la Russie, Tadjikistan, ainsi que de ses pays observateurs, l’Iran, l’Inde et le Pakistan. Selon une source russe, l’Iran pourrait être admise très prochainement à l’OCS.

Le spectre de l’abysse financier

Les organisations se concertent. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, lors du conseil du groupe de Shanghai à Astana, a déclaré le 30 octobre : « La crise mondiale va s’amplifier, c’est pourquoi nous devons agir en nous concertant, notamment en renforçant le contrôle des finances ». D’après la Chine, « l’économie mondiale est sur le point de s’effondrer ». Lors de leur rencontre, Vladimir Poutine et Wen Jiabao ont même envisagé de « renoncer au dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays ».

Devant le refus de l’Opep de consentir à des efforts (que l’on pourra comprendre, puisque des analyses affirment que cette crise était destinée à affaiblir les fonds souverains fruits du pétrole), c’est la Chine, déjà courtisée par l’Occident, qui pourrait devenir leader du sauvetage du système financier mondial, devant les faibles ressources du FMI, estimées à 250 milliards de dollars, et, par le biais de l’alliance de l’OCS et ses observateurs (dont l’Iran), la Russie, qui a déjà signé des accords bilatéraux avec la Chine. La coopération de la Russie avec la Chine, via l’OCS, pourrait lui être salutaire, car elle est réellement menacée de se faire emporter par la crise. Il est peu probable que la Chine accepte de se substituer au FMI sans compensation, et son appartenance à l’OCS, dans laquelle elle a des engagements, et dans laquelle l’Iran est en cours d’intégration, ne va pas arranger les affaires de Washington.

La course aux alliances s’emballe

Les ballets internationaux, d’ordre diplomatique, économique ou commercial, s’emballent, accentuant les tendances que le conflit entre la Russie et la Géorgie avaient révélées. Consciente des dangers qui pourraient survenir du prolongement de ces tendances, l’UE, grande consommatrice d’énergie russe, tente une marche arrière : Le 28 octobre, l’agence Reuters annonçait que l’Union européenne « étudiera un calendrier pour la relance des pourparlers sur un partenariat stratégique avec la Russie lors d’un sommet bilatéral ». Ceci en dépit « d’Etats-membres divisés » et d’une presse résolument diabolisante.

L’opéra commence le 20 août, lorsque Al Assad, président de la Syrie, proche de l’Iran, part à la recherche de la coopération militaire de la Russie, qui lui vend déjà de l’armement. La « coopération » porterait sur l’acquisition de missiles sol-air Pantsir-S1, ainsi que de missiles à moyenne portée BUK-M1. La Russie avait déjà envisagé, en juin, de réhabiliter le port de Tartous, en Syrie, pour y établir sa flotte. C’est dans ce cadre que les Etats-Unis ont établi des sanctions contre 13 entreprises ou organismes étrangers « susceptibles d’aider l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie, à mettre au point des armes de destruction massive ou des systèmes de missiles », sanctions condamnées par la Russie.

Début septembre, « en réponse à l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine au sein de l’Otan », la Russie annonce la livraison de plates-formes anti-aériennes et anti-missiles à l’Iran, puis les deux pays annoncent le renforcement de leur « relation de bon voisinage ».

Les choses alors s’accélèrent : le Venezuela, dont on connaît la capacité à irriter la Maison-Blanche et dont on connaît la capacité de production de pétrole, s’allie avec la Russie et l’Iran dans le cadre d’un projet financier, engage avec la Russie un programme d’achats d’armes et des manœuvres militaires aériennes et navales. Pour rappel, l’armée de l’air vénézuélienne est largement équipée en Sukhoi Su-30, 24 au total, ce qui est énorme pour ce petit pays, tout comme la Chine, une centaine, qui les fabrique elle-même sous licence. Ces manœuvres ont, bien entendu, provoqué un froid sur les relations américano-russes, d’autant quand l’on sait que 15 % du pétrole américain dépend de Chavez. Celui-ci entame en octobre sa tournée diplomatique en Russie, en Chine et à Cuba, dont on apprendra qu’il va bénéficier de l’aide russe en matière de défense anti-aérienne.

A la fin du mois de septembre, Ban Ki Moon aurait signé un accord derrière le dos russe mettant l’ONU au service de l’Otan. La Russie a demandé une enquête, toutefois cet événement témoigne pour le moins de l’état de délabrement terminal dans lequel se trouvent les plus hautes instances mondiales.

Le 1er novembre, Kadhafi rencontre Poutine, en vue de résolutions de certains accords sensibles. En contrepartie de l’effacement de la dette de la Libye, la modique somme de 4,5 milliards de dollars, Moscou pourrait être autorisé à stationner des bâtiments de sa flotte dans le port militaire libyen de Benghazi. En outre, la Russie pourrait développer son commerce de nucléaire civil avec Tripoli, « en particulier dans la conception et la construction des réacteurs et leur approvisionnement en combustible nucléaire », ainsi que son commerce d’armement, notamment en missiles sol-air et en avions de chasse Mig 29 et SU-30

Annonce : « Un élément déclencheur est demandé à l’accueil »

Les tensions géostratégiques, à flux tendu, sont au taquet de leur marge d’élasticité. Le 28 octobre, Thom Shanker du New York Times publie un inquiétant article, qui fait mention de déclarations du secrétaire d’Etat à la Défense, Robert M. Gates. On y trouve la notion « d’auto-défense étendue » qui justifie n’importe quelle intervention américaine dans n’importe quel pays, comme celle du 26 octobre contre la Syrie, en regard de critères propriétaires et unilatéraux. La gâchette devient plus sensible, et les conflits passent les frontières, comme cela s’est déjà traduit au Pakistan. Avec cette belle cerise sur le gâteau : « Interrogé sur le fait de savoir si ces moyens pouvaient inclure l’usage d’armes non-conventionnelles et notamment nucléaires, Robert Gates a répondu que “toutes les options sont sur la table, nous n’excluons rien et ne nous soucions que de l’efficacité opérationnelle” ».

En novembre, la marine russe déploie sa flotte dans diverses parties du monde, l’océan Indien, la mer d’Oman, « après avoir visité une série de ports étrangers », et en Méditerranée, pour « des exercices conjoints avec des bâtiments de la Flotte de la mer Noire ». Selon une source russe, un système antiaérien soviétique serait en cours d’élaboration à Cuba, en réponse à l’ABM américain en Pologne.

Les Etats-Unis, quant à eux, sont en bout de course. Militairement enlisés en Afghanistan et en Irak, ils n’ont même pas pu apporter leur appui matériel à Saakachvili. Au bord du gouffre financier, et potentiellement tributaire de la Chine – et donc de l’OCS – qui pourrait se substituer aux carences du FMI (voir ci-dessus), ils sont condamnés à très court terme à perdre leur rôle de premier plan.

Devant l’issue de la crise financière, incertaine, voire incontrôlable, l’énergie prend une place de premier choix, en vertu de ses caractéristiques sonnantes et trébuchantes, autrement plus aguichante que l’économie virtuelle, devenue monnaie de singe. Il en va de même pour l’armement, monnaie bien physique fortement appréciée. La Russie vient de budgéter son enveloppe militaire : une augmentation de 50 %, rien que ça, sur la période 2009-2011, un budget astronomique et fortement inquiétant. C’est en ce sens que les alliances se sont multipliées ces deux derniers mois.

Les Etats-Unis n’accepteront jamais de modifier leur politique de fuite en avant. En ce jour du 2 novembre 2008, où j’écris cet article, la poudrière mondiale est en place, même si quelques alliances de dernière minute peuvent encore survenir. Il ne manque que l’allumette. Le premier qui tire la ficelle tire aussi tout le sac de nœuds. Il est malheureusement à craindre que le monde connaisse un incident international majeur dans les mois qui viennent, prétexte à mettre le feu aux poudres. Avec un inconvénient de taille, bien résumé par ce mot d’Emmanuel Todd : « Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler ».


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18 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 novembre 2008 13:41

    Bonjour, Voilà un article bien documenté qui illustre bien cette recomposition du monde que j’avais moi-même évoqué dans deux billets plus généraux et moins documentés. L’OCS semble devenir un pendant à l’Otan quand à la Russie, elle reste au centre, alliée à l’Europe via l’OSCE, mais de commerce avec l’Asie et l’Iran. Peut-on pour autant parler de poudrière ? C’est loin d’être certain. A terme, une nouvelle guerre froide ?


    • John Lloyds John Lloyds 4 novembre 2008 14:25

      Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Guerre froide, oui, mais c’est un bas mot. Dans l’incident de l’attaque américaine du village syrien, on en est déjà à jouer avec le feu. La déclaration de Gates, dont le lien figure dans l’article, montre l’évolution de l’esprit étatsunien, dans le sens belliqueux.


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 4 novembre 2008 16:55

      Bonjour,

      Une analyse circonstanciée en ces temps de crise où l’on risque fort de voir un nouveau battage des cartes, et qui ne devrait pas être à l’avantage des Etats-Unis.
      Les temps qui s’annoncent sont marqués du funeste sceau du conflit, et pour qui s’intéresse aux évolutions géopolitiques/économiques, ça bouge énormément en ce moment tandis que les Etats-Unis s’enlisent du fait de la crise financière et des opérations militaires au Moyen-Orient/Asie Centrale. Et plus l’influence des Etats-Unis va en s’amenuisant, plus le risque de conflit augmente. Pendant ce temps, l’Europe (enfin l’Union Européenne) reste totalement amorphe, ne réagissant qu’au coup par coup (lire à ce sujet le coup de gueule porté par Jean-Claude Juncker sur l’impéritie des instances Européennes face à la crise actuelle). Elle qui avait voulu punir la Russie en septembre dernier se retrouve maintenant en train de lui apporter de façon bien penaude un partenariat qui est en souffrance depuis des lustres (à cause de la réticence de pays comme la Pologne ou les Pays Baltes).

      Cordialement


      • aquad69 4 novembre 2008 17:09

        Bonjour John,

        merci de cet article rempli d’infos et dont le plus grand mérite est de bien mettre en relief leur signification : la préparation de chacuns à l’éventualité d’une tempête très sérieuse à l’échelle mondiale. 

        C’ était malheureusement à prévoir : autant l’URSS s’est effacée "avec classe", presque discrètement, autant les Américanistes résisteront jusqu’au bout, prêts à toutes les folies, dans le déni et la révolte contre leur sort, quitte à entraîner le Monde entier dans leur chute.

        Quand à moi, je pense que la période la plus dangereuse est le mois qui commence à partir de ce soir... Je vous l’annonce dans l’espoir de pouvoir me dire pendant les fêtes que je me serais trompé !

        Cordialement Thierry


        • nico 4 novembre 2008 17:48

          Article interessant, mais il faut quand même relativiser la puissance russe, après 15 ans de sous-investissement. Quand vous dites "La Russie vient de budgéter son enveloppe militaire : une augmentation de 50 %, rien que ça, sur la période 2009-2011", là aussi il faut souligner que le budget militaire russe est infinitésimal par rapport à celui des USA (de mémoire il est même très loin de celui de la Grande-Bretagne et de la France !), si bien que 50% de plus que pas grand chose ça ne va pas très loin.
          La politique de domination des US, très anti-russe inquiéte d’ailleurs la Russie qui se voit dans l’obligation d’augmenter ses dépense militaires alors qu’elle n’a aucune envie de revivre la "guerre des étoiles".


          • Internaute Internaute 4 novembre 2008 18:09

            L’article est assez juste mais donne trop de poids à l’alliance asiatique. Je vois plus le rapprochement Russie-Chine et assoc comme un réflexe d’auto-défense vis à vis du danger américain que comme la montée en puissance d’un outsider qui viendra tenter sa chance sur le ring. Il ne faut pas non plus s’alarmer avec les pourcentages. Quand on passe de 1 à 2 euros on fait 100% d’augmentation. Quand on passe de 100 à 105 milliards on ne fait que 5% mais on investi 5 milliards contre 1 euro. Le budget militaire russe est dérisoire et sa flotte n’existe pas vraiment. La flotte russe est comparable à la marine française. Elle est capable de dissuation nucléaire et d’opérations de sauvetages côtiers mais dans un conflit non nucléaire elle ne fait pas le poids face à la marine US. Les russes ont 1 porte-avion de taille moyenne quand les US en alignent 12 de plus de 100.000 tonnes sans compter 250 navires d’accompagnement.

            Je ne vois donc pas de poudrière mais le commencement d’un ré-équilibrage salutaire dans les relations mondiales. Quand à Dick Cheney, il est hors course à partir d’aujourd’hui, donc pas de danger de ce côté là.


            • philbrasov 4 novembre 2008 18:11

              " Les Etats-Unis, quant à eux, sont en bout de course. Militairement enlisés en Afghanistan et en Irak, ils n’ont même pas pu apporter leur appui matériel à Saakachvili. Au bord du gouffre financier, et potentiellement tributaire de la Chine – et donc de l’OCS – qui pourrait se substituer aux carences du FMI (voir ci-dessus), ils sont condamnés à très court terme à perdre leur rôle de premier plan."

              Le USA sont nullement enlisés en Irak, Il ne se passe plus rien d’interessant depuis UN AN.

              les USA, ont eu ce qu’il voulaient... Ils y on mis le temps, et trainent derrière eux qq casseroles. ( ya pas d’omelettes sans casser d’oeufs.

              certe...
              Mais question enlisement on repassera.

              un kurdistan irakien en pleine prospérité.

              - un état irakien fédéral, ou chiites et sunnites apparement commencent à s’entendre, alors que sous Saddam, c’etait le massacre des uns , pour le plus grand bien des autres.

              - qq attentats pas plus qu’en algérie et autre pays arabe.

              - des tours opérators qui reviennent dans ce pays

              - des pertes US 4200 GIS en 5 ans.... on croit réver.... alors qu"au Vietnam on a eu 80 000 morts.
              de qui se moque t"on pour parler d’enlisement.......

              Afghanistan :
              que veulent les USA.... le passage de leur PIPE... rien d’autre .... les talibans ils s’en foutent.
              Si les talibans leur donne, et le PIPE et Alqaida, ceux-ci reviennent au pouvoir dès demain.
              Faut quand même pas croire que les usa vont mourrir pour un désert pourri géré par des moyens ageux.
              ( jusqu’au 11 /09 ils négociaient encore avec les talibans )

              La chine....
              c’est bien cet ETAT, qui est tributaire des USA, et non l’inverse... QUI est débiteur, qui est créditeur... ;
              Qui fait tourner la machine CHINE, sinon les USA, et ensuite l’Europe.
              SAns les USA et l’Europe la chine en est encore au moyen age de la corée du nord.
              les USA sont condamnés, a être encore, au premier plan....
              C’est pas sur qu’ils le veuillent.... avec probablement la venue d’Obama à la tête de l’administration US.
              Et si ce jour devait arriver, le monde se cherchera vainement un autre leadership.....
              Et nous aurons les yeux pour pleurer, car la nature a horreur du vide.
              Après les romains, sont venus , les barbares.....






              • Hieronymus Hieronymus 5 novembre 2008 18:05

                @ Philbrasov
                commentaire iconoclaste et interessant
                vous aimez deranger et n’avez pas peur de choquer

                j’aurais sans doute un peu plus le souci du detail et de l’equilibre
                ainsi qd vous ecrivez
                Les USA ne sont nullement enlisés en Irak, les USA, ont eu ce qu’il voulaient ..
                1) ils ne savent toujours pas comment ils vont s’en sortir
                2) ils ont eu et ont srt des emmerdes avec l’Irak

                un kurdistan irakien en pleine prospérité. un état irakien fédéral, ou chiites et sunnites commencent à s’entendre
                c’est de l’humour noir ? si sunnites et chiites s’entendent, c’est a massacrer les chretiens qui vivaient avant l’invasion US en securite sous Saddam

                qq attentats pas plus qu’en algérie et autre pays arabe. des tours opérators qui reviennent dans ce pays
                ah bon ? on peut prendre son ticket pour avoir peut etre la chance d’etre temoin direct d’un attentat la-bas ?
                les americains ne parviennent meme pas a securiser totalement les qq kms qui separent l’aeroport de leur QG, alors pour le tourisme, "Euphrate and Tiger gardens" ca attendra ..

                des pertes begnines, 4200 morts en 5 ans une pecadille (qd on pense a ce que 10 morts chez les Francais provoquent comme emoi) c’est vrai que compare a 50 000 morts en 10 ans de guerre au Vietnam, ca fait 5 fois moins en proportion, le progres technique quoi !

                Afghanistan : que veulent les USA.... le passage de leur PIPE... rien d’autre .... les talibans ils s’en foutent.
                c’est tout de meme curieux, les Talibans au depart ce sont les americains qui les ont aide a prendre le pouvoir, sans doute qu’ils ont ete decus car maintenant ils n’en veulent plus du tout ..

                La chine.... c’est bien cet ETAT, qui est tributaire des USA, et non l’inverse...
                sur ce point-la je suis en gros d’accord avec vous, il faut bien que les chinois puissent vendre leur camelote qq part pour se fournir ds les matieres premieres qui leur manquent

                Après les romains, sont venus , les barbares.....
                les Romains ont commence par enroler des barbares pour se defendre contre les agressions des autres barbares mais ca a fini par leur couter trop cher si bien qu’un beau jour tout leur systeme s’est effondre, ils n’avaient plus assez d’or pour payer leurs mercenaires et les hordes barbares toujours plus nombreuses, bref meme si vous etes en position de force (les USA) tout systeme a sa limite, son point de rupture d’equilibre au dela duquel tout bascule, ca pourrait bien finir par arriver aux USA ..






              • Pour un flirt à Kaboul Liberty 4 novembre 2008 18:29

                " Les Etats-Unis, quant à eux, sont en bout de course."

                Affirmation tellement grotesque que je préfere en rire.

                Que vous souhaitiez que les Etats-Unis soient "enlisés" est une chose, mais c’est à mille lieues de la réalité.

                Les Etats-Unis ont une grande stratégie et ils avancent leurs pions avec succès, malgré quelques accrocs tactiques ici ou là bien peu importants.







                • fonzibrain fonzibrain 5 novembre 2008 00:20

                  accroc comme les centaine de milliers de mort irakien et un chaos pendant 4 ans.
                  accroc commes les dizaines de milliers de civils mort pour rien, avec en 8 ans aucune amélioration entre les afghans et les militaires ..accroc comme la défaite israélienne au liban face à deux mille combattants

                  mais,malheureusement,cela ne veut pas dire qu’ils vont s’arreter,loin de la,avec un budget de 800 milliard de dollars,ils ont dû nous inventer des armes à faire flipper tout le monde


                  • John Lloyds John Lloyds 5 novembre 2008 01:51

                    "là aussi il faut souligner que le budget militaire russe est infinitésimal par rapport à celui des USA"

                    C’est parfaitement exact, mais ce n’est pas la même finalité de budget : maintien national d’un côté, hégémonie mondiale de l’autre. C’est la petite entreprise familiale à côté du fils prodigue qui va flamber au casino de l’argent qui n’est pas le sien. Etre partout, et y rester, ça coûte cher, tellement cher que même le super-budget ne suffit plus, puisqu’il est fait appel à des armées de larbins, appelées coalition.

                    "Le USA sont nullement enlisés en Irak"

                    ...

                    "Les Etats-Unis ont une grande stratégie et ils avancent leurs pions avec succès"


                    C’est une méconnaissance de l’histoire. Toutes les politiques coloniales occidentales récentes furent abandonnées à cause, non pas du coût de la conquête, mais du coût du stationnement. Une guerre en Irak estimée à 3000 milliards par le prix Nobel de l’économie Joseph Stiglitz (initialement prévue à 50 milliards), par rapport à un budget annuel, de mémoire, de 500 milliards, ça ressemble plutôt à du flambage de casino, financé par de la dette, répartie ensuite sur les contribuables planétaires, non ?
                     
                    Par quel tour de passe-passe, maintenant que les caisses sont, non pas vides, mais dans un négatif abyssal et incontrôlable, les Etats-Unis vont-ils pouvoir poursuivre leur "grande stratégie", à commencer déjà par rester sur place ? Si c’est pas de l’enlisement ça ... Ils n’ont qu’une solution, la fuite en avant - ce pourquoi je crains dans les prochains mois un incident international majeur, qui fera office de prétexte. On peut appeler ça une grande stratégie, moi j’appelle ça de l’irresponsabilité.


                    • philbrasov 5 novembre 2008 06:49

                      Que la guerre en irak ai couté, j dis bien "ai" coute, car cette guerre qui qu’en disent les grincheux, est terminée depuis presque UN AN.....
                      (Les américains, vont doucement se retirer.... laisssant la place à un Irak qui n’a jamais été. Et pas grâce aux défaitistes......),
                      à supposer que cette guerre ai coûté 3000 G$.. l’ETAT US étant très peu endettée. la résorbsion de cette guerre se fera par l’émission de TBonds, sur 30 ans , ce qui aura pour effet d’augmenter légérement les déficits budgetaires.... mais guère plus que dans nos pays.
                      L’eefort de guerre au temps du Vietnam, était 2.5 fois plus important qu’aujourd’hui.


                      l’ETAT US a plutôt une gestion saine de ces finances..... ( déficit US 68%) déficit japonais 140% déficit italien 100% déficit français 65%)......
                      Quand aux guerres coloniales récentes.... faudra peut être nous donner des exemples....
                      faut arreter de vivre avec des fantasmes.....
                      et de se faire son film....


                    • Forest Ent Forest Ent 5 novembre 2008 12:24

                      L’étude des grandes crises économiques passées montre qu’elles mettent beaucoup de temps à se transformer en guerres. Le temps nécessaire pour que les populations en souffrent et cherchent à exprimer leur agressivité, qu’elles élisent des bellicistes, que les tensions cristallisent, les provocations soient de moins en moins contrôlées, ... Pas possible avant 2014.


                      • John Lloyds John Lloyds 5 novembre 2008 15:27

                        "Quand aux guerres coloniales récentes.... faudra peut être nous donner des exemples...."

                        Ouvrez n’importe quel manuel d’histoire du secondaire, il est fort bien expliqué pourquoi n’importe quel colonisateur finit à long terme par être dans une situation intenable à 5000 km de chez lui.

                        "la résorbsion de cette guerre se fera par l’émission de TBonds, sur 30 ans"

                        Ben voyons, toujours ce réflexe de transmettre la patate chaude à la descendance. Un petit extrait de Paul Craig Roberts à ce sujet : "Mais un pays dont l’objectif en politique étrangère est l’hégémonie mondiale continuera sur la voie de la destruction jusqu’à ce que le reste du monde cesse de financer son existence. La plupart des Américains, y compris les candidats à l’élection présidentielle et les médias, ne savent pas qu’aujourd’hui le gouvernement des États-Unis, à cette minute même, n’est pas en mesure de financer cette journée de fonctionnement et doit compter pour ce faire sur les étrangers qui achètent ses bons du Trésor. Le gouvernement leur paie les intérêts grâce à la vente de nouveaux bons, et lorsque ceux-ci arrivent à échéance, le gouvernement les rembourse en vendant à nouveau des bons. Le jour où les étrangers cesseront d’acheter les bons du Trésor sera le jour où le peuple américain et son gouvernement seront ramenés à la réalité".

                        "Le temps nécessaire pour que les populations en souffrent et cherchent à exprimer leur agressivité, qu’elles élisent des bellicistes, que les tensions cristallisent, les provocations soient de moins en moins contrôlées, ... Pas possible avant 2014"

                        Sauf que vous prenez la crise économique actuelle comme origine, ce qui n’est pas le cas, elle ne fait office que d’accélérateur. Ensuite, dans le cas présent, ce n’est pas du peuple dont il s’agit, plongé dans sa moutonnerie habituelle, mais des nations qui se sentent menacées dans la course à l’énergie.

                        En ce jour où l’on célèbre "le rêve américain de Luther King" dans les flots de champagne, la Russie déploie ses missiles et accuse les états-unis d’être à l’origine de cette crise financière. La douche froide attend les lendemains de fêtes, les réalités courrent plus vite que le rêve américain, et 2014, ça risque déjà d’être l’année prochaine.


                        • Christoff_M Christoff_M 6 novembre 2008 01:37

                           visite de Poutine chez Khadafi étonnant, non...

                          alliances entre sociétés russes et algériennes pour le gaz et le pétrole...

                          accord d’exploitation de l’uranium en Afrique noire cédés aux chinois... oui il se passe beaucoup de choses et cela s’appelle la mondialisation et la jungle économique...

                          nous en sommes encore aux grenelle alors que d’autres en sont à la guerre économique aux alliances qui contournent l’Europe, fin du monopole de certains en Afrique, oui il va se passer beaucoup de choses...

                          et certains européens nostalgiques devraient réaliser que le monde avance avec ou sans eux !!


                        • canardQuantique 9 novembre 2008 17:59

                          Un peu de distraction...

                          http://vioxx.labrute.fr


                          • sophie 17 novembre 2008 21:01

                            Medvedev et l’Otan : "Ne jamais dire jamais".

                            http://fr.rian.ru/russia/20081116/118341770.html :

                            WASHINGTON, 16 novembre - RIA Novosti. L’adhésion de la Russie à l’Otan n’est pas possible pour l’instant, cependant il ne faut jamais dire jamais, a estimé le président russe Dmitri Medvedev, interrogé par des représentants du Conseil des relations internationales à Washington.

                            "Comme on dit, ’Never say never’. L’Alliance Atlantique a eu l’occasion d’inviter la Russie, mais cela ne s’est pas produit. La situation est aujourd’hui différente. Mais nous souhaitons entretenir de bonnes relations avec l’Otan. Nous sommes prêts à développer nos relations de partenariat avec l’Alliance", a déclaré le chef de l’Etat russe.

                            Il a répété que la Russie était disposée à toute amélioration de ses relations avec l’Otan dans la mesure où ses intérêts étaient respectés.

                            M. Medvedev a appelé à la création d’un forum réunissant l’Union européenne, des organisations internationales et l’Otan pour débattre des menaces potentielles à la sécurité.


                            • toiroy 26 novembre 2008 18:43

                              C’est certain que l’énergie est un enjeu important du futur. Toutefois, j’espère que les USA vont revenir à une politique plus sage en la matière.

                              J’ai bon espoir qu’Obama réfléchisse plus long terme et ajoute à l’idée de pénurie, l’idée d’écologie et d’optimisation des ressources.

                              Je vous invite à lire cet article intéressant : http://www.citedurable.com/screens/blogPage/viewBlog/sw_viewBlog.php?idTheme=34&idContribution=487

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