Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Les géants allemands disent au revoir à Wall Street

Les géants allemands disent au revoir à Wall Street

En ces temps de crise financière, les grandes entreprises allemandes se livrent à un petit jeu inhabituel : c’est à celle qui court le plus vite. Daimler et Deutsche Telekom ont déjà dit Auf Wiedersehen Wall Street, et d’autres s’apprêtent à leur emboîter le pas.

Courage, fuyons ! Cette information pourtant parue dans l’incontournable Spiegel, serait presque passée inaperçue par chez nous. Les médias français ont certes relayé avec complaisance l’affaire des écoutes téléphoniques des employés de Deutsche Telekom, mais peu se sont souciés d’une autre affaire, transatlantique celle-ci, et symptôme du changement de paradigme que nous vivons.

DT, la plus grande compagnie de télécoms européenne, a quitté en juin le New York Stock Exchange, après 14 années de présence. En réalité, DT se retire de tous les marchés étrangers et va se concentrer sur le marché de Francfort.

Daimler, la première firme allemande à être listée au NYSE en 1993, a officiellement quitté Wall Street cette année.

Sur 11 des blues chips allemandes cotées au DAX, seulement 4 restent aujourd’hui à Wall Street.

Pourquoi ces départs ?

Pour le Business Insider, le coupable est tout trouvé : la sur-régulation aurait fait fuir les géants allemands.

L’attractivité américaine a commencé à s’éroder après les lois de régulation dites Sarbanes-Oxley, qui ont augmenté le coût et la complexité des opérations, et s’est poursuivie avec l’assouplissement même de ces lois en 2007, qui avait vu les départs des géants BASF, E.on et Bayer.

New York se serait ainsi tirée une balle dans le pied, favorisant l’éparpillement des entreprises cotées sur d’autres places financières.

Par ailleurs les progrès réalisés en électronique et en trading par Internet permettent aujourd’hui aux investisseurs étrangers de faire leurs opérations directement à Francfort, et cela importe peu qu’une compagnie soit cotée à Bombay, New York ou Francfort.

Il serait cependant inexact d’affirmer que les entreprises allemandes se sont totalement retirées des Etats-Unis : Daimler s’est délistée du NYSE, mais reste plus que jamais intéressé par le marché américain, selon son Chief Financial Officer, Bobo Uebber.

C’est juste que d’une place financière incontournable, New York devient une place parmi d’autres. Le monopole est terminé.

Documents joints à cet article

Les géants allemands disent au revoir à Wall Street

Moyenne des avis sur cet article :  4.72/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • easy easy 31 juillet 2010 14:33


    Les raisons profondes de ces départs sont probablement un peu différentes pour chacune de ces entreprises mais il est un fait qu’il est aussi facile de boursicoter sur Francfort que sur Wall Street.
    Cette équivalence technique libère les choix stratégiques de fond.



    Parmi les critères stratégiques de fond et outre ce que l’auteur nous a signalé, il se pourrait que certaines entreprises constatent déjà ou pressentent une décorrélation entre les indices US et les indices de Francfort.

    La corrélation, quand elle dessert le cours de notre entreprise, nous agace. J’imagine que les entreprises cotées à WS et qui ont vu leurs cours s’effondrer après les attaques du 11 septembre, ont dû trouver ça injuste ou absurde.

    Si une méga marée noire paralyse les EU, l’Europe en sera réellement affectée aussi au niveau des échanges et dans un premier temps mais tout de même pas dans la même mesure, ni dans un second temps, au contraire même.
    Or quand l’indice de NY, composé en très grande partie d’entreprises US, s’effondre, les entreprises européennes qui y sont cotées, plongent avec en grande partie, par effet d’entraînement. tout bête.

    Oui, les indices du monde entier sont globalement correlés les uns aux autres lors d’évènements chocs, sous l’effet d’une émotion planétaire. Mais ils peuvent décorreller et parfois même diverger notablement.

    Alors, a priori, les PDG de ces entreprises qui se francfortisent sont ceux qui redoutent une chute des cours plus forte aux EU qu’en Allemagne. Ils tablent peut-être sur une décorrélation significative.

    Il pourrait y avoir aussi une autre raison. Il se pourrait que les européens (petits comptes et institutionnels) soient de plus en plus nombreux à placer en bourse en même temps qu’ils disposeraient de plus de liquidités. Et comme ici on brasse des euros alors qu’ailleurs on joue en petits dollars... 

    Si on monte un casino vaut mieux le monter en zone euro, non ?

    C’est à dire que si le problème des retraites par répartition se meurt et que la retraite par capitalisation prend le relais en Europe, ce sont bien les bourses européennes qui vont en profiter.


    A ce sujet, je trouve qu’il y a des cocasseries ou paradoxes que les fonds de pension vont peut-être éviter. Est-ce qu’un fonds de pension européen osera dire à ses investisseurs de retraite qu’il a misé sur la Chine, sur notre délocalisation, disons notre décadence ? Est-ce que devant le risque d’un gros scandale éthique ou moral en cas de patatras, ces fonds de pension au service des retraités européens choisissent de n’investir qu’en Europe ? Je n’en sais évidemment rien mais j’ai l’impression que oui.

    Que les Américains aient mal vécu le patatras des paris fous qui avaient été pris sur leurs propres capacités à rembourser leurs crédit maison, c’est une chose. Mais que nous, européens, nous constations que nous sommes entraînés à la ruine à cause d’un foutoir US, ça nous scandalise autrement et là nous demandons la tête de ceux d’ici qui ont misé sur les junk bonds US.


    En somme, on veut bien de la mondialisation quand elle nous fait gagner, pas quand elle nous fait perdre.


    • easy easy 31 juillet 2010 16:34

      @ Frank,

      On aurait à inventer un système de retraite aujourd’hui, compte tenu de la courbe démographique, on n’aurait j’amais osé proposer la répartion comme solution (sauf à l’étendre directement à toute la planète puisque globalement, elle semble toujours en croissance démographique).


      On aurait à l’inventer aujourd’hui, on dirait aux gens qu’il n’y a qu’une soluce, thésauriser pour soi.
      Sur cette base, on se demandera alors ce que feront des billets dans les matelas à part attendre. Et on en viendra vite à dire que c’est trop bête de laisser l’argent dormir alors que -dans l’optique de croissance avec laquelle on met les quelques enfants au Monde- il faut poursuivre le rythme des investissements. On en viendrait très vite à proposer aux gens d’épargner tout en plaçant leur argent dans le système en faisant miroiter qu’a priori, si chacun en faisait autant, ces investissements seraient productifs d’intérêts.

      Est-il besoin de dire que bien des gens bourrés de bon sens, comme les immigrés européens des années 50-80, tout en ayant cotisé à la retraite par répartition pour les vieux du moment ont constitué en plus une thésaurisation en investissant directement en temps, en argent et en sueur dans l’immobilier locatif ?

      C’est à peine croyable comme ces gens ont été économes et travailleurs pour avoir réussi à payer à fois la retraite des autres et la leur voire de leurs enfants.
      C’est vraiment au cas par cas, bien entendu, mais il existe ici, des gens, qui n’ont bossé qu’avec des chassures de sécurité aux pieds et qui ont assuré pour 3 générations. Et rien, dans les variations du contexte, n’empêcherait quiconque d’en faire autant puisqu’il y a encore et toujours ce genre de remueurs de béton à l’oeuvre.

      Il faut reconnaître qu’il n’y a quasiment que dans le béton qu’une telle performance a pu être réalisée sur une assez grande échelle et dans une population disons discrète. Je pense que les immigrés Chinois qui ont également beaucoup bossé, qui ont eux aussi cherché à assurer pour 3 ou 4 générations, surtout dans la restauration, ne sont pas arrivés aux performances des maçons.

      En dehors donc des courageux maçons, les autres braves travailleurs ne pourraient pas investir à la fois temps, argent et sueur le WE. Un cuisiner, un ingénieur en aéronautique, une employée de banque, ne peuvent qu’investir de l’argent, ils ne peuvent donc que confier des économies à des entreprises et le résultat sera médiocre, il n’assurera que pour leur seul compte.

      A condition que cette épargne ne soit injectée qu’en France, via la création d’entreprises, ce seront leurs rares enfants qui, en faisant bien tourner ces boîtes, en profiteront en termes de salaires tout en offrant quelques dividendes à leurs parents.


    • JL JL 2 août 2010 15:36

      Je connais nombre de travailleurs indépendants qui, partant du principe qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, n’ont, pendant leur activité professionnelle, versé que le minimum retraite. Et au soir de leur vie, regrettent amèrement de n’avoir pour seule alternative que de vivre longtemps mais pauvre ou mourir encore jeune !

      Alors les salariés payés au lance-pierre et qui triment pour boucler leurs fins de mois, voire chômeurs plus ou moins épisodiques, je ne vois pas comment ils feront pour investir des économies qu’ils n’ont pas !

      Mais c’est bien connu : « La bêtise insiste toujours » (Camus), et ce parce que ces messieurs croient qu’à force de répéter un mensonge ça en devient une vérité.

      La vérité n’est pas que s’il fallait inventer un système de retraite, bla bla, la vérité est que la mondialisation libérale est une calamité qui détruit nos institutions et nos emplois.

      L’autre jour, un autoproclamé jeune disait sur un autre fil que les jeunes étant privés de tout, ne devraient pas payer les retraites. Quelle imbécillité ! C’est un peu comme s’il disait que c’est pas juste que les chômeurs paient des impôts sur les revenus ! Ce ne sont pas les jeunes qui paient les retraites, mais les travailleurs. Au lieu de leur raconter des mensonges, messieurs easy et autre llabrés, essyez donc de savoir pourquoi ils n’ont pas de travail.

      Laisser les jeunes sans emploi est un crime contre la société !

      Et ne me dites pas que c’est l’Etat qui paierait pour les fonds de pension : je ne vois pas comment un Etat en faillite pourrait, à la fois continuer à assurer le reliquat de retraites par répartition, et investir en même temps des sommes colossales dans les fonds de pension : la rapacité de ces organismes les rend idiots au point de ne pas comprendre ces données élémentaires.

      La retraite par capitalisation, dans le meilleur des cas, ne saurait être qu’une retraite par répartition complexifiée par une usine à gaz de péraqutions et de gestion d’aléas boursiers.

      La retraite par répartition, dans son régime de croisière, ce qui est le cas, ne souffre d’aucune critique de principe ! Si elle a des défauts, ce ne sont que des problèmes de forme, non réhibitoire. Au contraire, le principe sur lequel est fondé la retraite par capitalisation est un principe structurellement déficient.

      Je n’ai rien contre ceux qui investissent dans les fonds de pension : je suis résolument opposé à une participation du Trésor public qui en ferait une niche fiscale des plus injustes !

      Bon, pardon à l’auteur pour ce hors sujet. Si vous repliez easy puisque c’est lui le coupable de ce hors sujet, repliez moi avec.


    • bo bo 31 juillet 2010 15:43

      C’est tout simplement que Wall Street perd de son importance...............et est « éclaboussé » de pas mal de scandales..........
      Que les entreprises allemandes se concentrent sur leur bases pour conserver leur spécificité ... et donc leur actionnariat traditionnel.....et se tiennent plus loin de la « Mecque financière » qui risque de nous mener au désastre...et bien tant mieux.... :->


      • Proudhon Proudhon 31 juillet 2010 18:17

        J’aurais plutôt intitulé l’article :
        LES RATS QUITTENT LE NAVIRE !


        • dom y loulou dom y loulou 31 juillet 2010 23:39

          les rats sont quand même assez intelligents pour comprendre que proudhon n’était pas vraiment un sous fiffre imperialiste



        • dom y loulou dom y loulou 31 juillet 2010 23:29

          vous oubliez un peu vite les révélations de wikileak sur la guerre en cours et qui viennent de sortir

          donc

          wall street a ruiné ses alliés pour donner de l’argent par milliards au pakistan et celui-ci forme les talibans avec cet argent pour les envoyer ensuite foutre la merde en afghanistan

          ...

          personne n’aime se faire enculer à sec vous comprenez

          votre article brille de stupidité


          • Causette Causette 1er août 2010 01:07


            Wall Street auf Wiedersehen

            à part ça
            Vivons curieux :
            une enquête de Wall Street Journal constate que l’une des plus rapide croissance des entreprises sur Internet est affaire d’espionnage sur les consommateurs américains.
            Premier d’une série : caché dans l’ordinateur de Ashley - Hayes Beaty , un fichier minuscule permet de recueillir des informations personnelles sur elle, tout doit être mis en vente pour un dixième d’un penny .
            Le dossier est composé d’un seul code qui l’identifie (4c812db292272995e5416a323e79bd37) secrètement comme une femme de 26 ans à Nashville , au Tennessee - Le code sait que ses films préférés sont « The Princess Bride »,« 50 First Dates »et« 10 Things I Hate About You ». Elle sait qu’elle aime la série « Sex and the City ». On sait qu’elle parcourt les nouvelles de divertissement et aime prendre des quiz.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès