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Accueil du site > Actualités > Economie > Les Institutions de microfinance sont-elles efficientes ?

Les Institutions de microfinance sont-elles efficientes ?

Publication de l’étude Les institutions de microfinance sont-elles efficientes ? Une approche par la méthode Data Envelopment Analysis par Pascal de Lima[1] avec la collaboration de Pauline Gavrilov[2] et de Vincent Lapadu –Hargues[3].

Parmi les très rares recherches consacrées à la mesure de l’efficience des organisations de micro-finances (IMF), l’étude conduite par Pascal de Lima en collaboration avec Pauline Gavrilov et Vincent Lapadu-Hargues se singularise en premier lieu par la réalisation d’un rating relatif dans lequel chacune des IMF est positionnée par rapport aux autres en traçant une frontière optimale et en identifiant à chaque fois les facteurs clés de succès, tant au niveau des inputs que des outputs. Ainsi, composantes économiques et sociales sont intégrées dans un spectre large et relatif.

L’étude qui a porté sur la période 2006-2009 se caractérise par son très large spectre -317 IMF réparties sur les 5 continents-, et analysées au sein de groupes constitués par 13 aires économiques et géographiques distinctes. La plus grande concentration d’IMF étudiées se trouve en Amérique du Sud (116 IMF) et en Asie (88 IMF), tandis que la plus petite se situe en Europe de l’Est (24 IMF).

La mise en œuvre de la méthodologie Data Envelopment Analysis (DEA) - méthodologie déjà certes connue mais très peu appliquée à l’étude des IMF - a permis d’établir un benchmark des IMF, ainsi que le calcul et la détermination des facteurs clés d’amélioration de la productivité. Les traditionnels ratios financiers ont ainsi été dépassés au profit des notions d’input et d’output qui permettent d'inclure la spécificité de l’activité des IMF dans les calculs de leur performance.

Large spectre et méthodologie robuste donnent à l’étude son caractère inédit qui lui permet de répondre avec précision à la problématique du calcul de l’efficience des IMF. Un scoring fiable de l’efficience des 317 IMF étudiés a ainsi été produit.

L’étude a porté sur la période 2006-2009, soit sur une profondeur de 4 années d’observation, d’analyse et de mesure.

On observe une baisse de l’efficience managériale pour l’ensemble des régions. Cependant, cette baisse est accentuée pour les régions d’Afrique de l’Ouest. La crise financière semble avoir accentué l’inefficience managériale des IMF de ces régions et enfonce encore davantage les IMF les plus fragiles. Les Philippines sont également particulièrement inefficientes suivies de « Asia Others ». Les pays d’Europe de l’Est demeurent les plus efficients avec notamment l’Ukraine et la Bulgarie en tête et non les pays du Sud-Est de l’Asie ni d’Amérique Latine qui perdent au classement. Pour l’Amérique latine, il semble d’ailleurs que le Brésil ait supplanté la Bolivie et le Chili pourtant très connus pour l’efficacité sociale de leurs IMF. Dès 2007, « l’Eurasia » concurrence « l’Amérique Latine ».

Les Pays d’Afrique de l’Ouest sont aussi caractérisés par des sauts de volatilité inquiétants mais ne sont pas les plus volatils du globe. En effet, ce sont le Maghreb et le Middle East qui connaissent des volatilités chroniques plus importantes. Ici, afin de stabiliser les pratiques managériales et éviter que le système ne s’effondre au moindre choc interne ou externe, il faudrait appliquer les bonnes pratiques managériales des Pays d’Europe de l’Est : la qualité des agents employés par les IMF en corrélation avec leur niveau de rétribution, la réduction du montant moyen de dépôts par déposant, l’arbitrage entre les coûts de transaction et les charges de personnel. A inputs constants, les facteurs clés de succès coté outputs sont : le montant moyen des crédits par emprunteur et le nombre d’emprunteurs actifs sont suivis de très près par le nombre d’emprunteurs par équipe et, assez surprenant, le nombre de femmes emprunteuses... L’augmentation des agences de microfinance et une meilleure accessibilité financière du crédit afin d’augmenter le volume de crédit et le nombre d’emprunteurs constituent l’ordonnance principale à l’encontre des pays africains. 

L’étude apporte un éclairage nouveau sur l’une des questions majeures du développement : la pérennité financière et sociale des institutions de micro-finances.



[1] Economiste et enseignant à Sciences-po Paris

[2] Ingénieur-conseil

[3] Ingénieur-conseil


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