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Accueil du site > Actualités > Economie > Les « Je » du hasard social sont désormais interdits en France (...)

Les « Je » du hasard social sont désormais interdits en France !

La réaffirmation récente de la priorité du nouveau gouvernement est la réduction des dépenses publiques. On va alors faire exploser les dépenses d’hygiénisme social, exemple : si on économise 3 milliards de dépenses de fonctionnement on génère 30 milliards de coûts cachés de réparations sociales et il faudra alors aller emprunter sur le marché financier à 7% de taux d’intérêt pour les financer. Seul le cap financier est gardé, le « Je vous ai compris » social est reporté aux calendes électorales, FMI, OMC, Bruxelles, Hedges Funds, BCE, Fonds Souverains et Wall Street obligent.
 
L’autisme généralisé dans les allées du pouvoir politique et économique bloque toute expression spontanée voir hasardeuse du « Je souffre socialement et Je veux espérer politiquement ».
 
Ainsi, la France sera bien notée, elle a lancé un Tramway d’économies qui cache un TGV de coûts cachés et de drames sociaux, et puisqu’il faut parler chiffres, 8 millions de mal lotis soit 15% de la population.
 
On satisfait d’abord au « Dieu Moloch du marché financier ultra libéral » en sacrifiant la santé/espérance globale de ses humains/citoyens par incapacité et aveuglement à croire en l’humain en investissant plutôt dans la confiance et l’avenir, créateurs d’emplois , d’espérance et de liens sociaux.
 
On punit d’abord les dispendieux pour marquer la stigmate et on se retrouve ainsi reconnus dans le cercle des « bons élèves gestionnaires du G20, d’autant plus que l’on en assure la présidence désormais » qui vont s’engager à atteindre l’objectif faux et illusoire par construction virtuelle d’indicateurs délirants jamais atteints par quiconque.
 
Nos amis Anglais qui comme d’habitude tirent les premiers, font bien mieux que nous, du viril, du saignant, ils annoncent la suppression de 500 000 emplois publics, se moquent des mauvais dépensiers gestionnaires et imprudents irlandais qui risquent d’ébranler l’€, à côté d’eux, nous jouons en 3é division et pas d’honneur.
 
On ne parie plus sur l’investissement cela ne paye pas financièrement, trop risqué politiquement, un chiffre c’est net , c’est clair, pas d’embrouilles, pas de hasard, on se le fixe et tout le pays va suivre, quitte à laisser des millions de gens dans la misère sociale.
 
C’est comme l’éternel débat en entreprise , le Directeur Financier gagne à tous les coups car il chasse des coûts réels mesurés et constatés alors que, l’entrepreneur , investisseur, développeur, n’a qu’un plan sur le futur à présenter avec tous les risques financiers que cela comporte, d’ailleurs il émet des scénarios, des hypothèses, des jeux , c’est un flambeur.
 
Posons nous la question de savoir qui sont les alliés de cette barbarie néolibérale ? Ou sont les appuis ? les relais d’opinion ? Qui sont les exécutants de cette stratégie mortifère ? 
 
Sans tomber dans le « tous pourris » , qu’elles sont les racines structurelles de cette posture active ? et pourquoi a t’elle séduit les libéraux comme les humanistes dits socialistes, administratifs sourcilleux de la répartition budgétaire égalitaire.
 
Tentons une suggestion parmi tant d’autres en tout cas elle me traverse la caboche, l’ayant vécu comme vous tous : Depuis 40 ans, seules les sciences dites dures ont marqué les élites de tout bord, nous avons eu le règne des ingénieurs, puis des traders, MBA et le reste, même l’économie en a bien profité et pourtant c’est loin d’être une science. Les ex premiers ministres européens se reconvertissent dans la haute finance sans honte (Schroeder, Blair, …).
 
Nous serions donc victimes de cet engouement pour les sciences dites exactes, comme quoi et une fois de plus « Les problèmes d’aujourd’hui sont les solutions d’hier », dixit Albert un génie de la physique et humaniste s’il en faut.
 
Les sciences humaines reviennent à l’ordre du jour, on parle de mettre la philo en seconde et le poker au CP, on rappelle les sociologues, les psychologues et les bobologues de tout poil. Les grandes écoles se mettent à l’éthique dare dare, ils confondent avec l’informéthique, nouvelle technologie venue d’ailleurs bien sûr.
Au secours, même les financiers se sont plantés, qui croire ?
 
 Le hasard pardi, la vie, l’incertain, le je verrai bien ce qui va se passer, l’espoir, le rêve, le mythe, l’imaginaire, le beau,…l’erreur et toutes ces vertus de la construction du vivant faite d’ordre et de désordre. D’où cet engouement pour les jeux de hasard en période d’hypercrise, allez y comprendre quelque chose.
 
Et si on nous laissez aimer toutes les sciences, les molles, les dures, les tendres et qu’on cesse de vouloir nous imposer un seul modèle de direction assistée.
On pourrait presque faire appel à Pascal pour lancer un nouveau pari, en quoi faut il croire ? « la vie collective ou la mort individuelle ? » en attendant on répare et on colle aux indicateurs gestionnaires c’est plus cool que sur le « Je » de hasard des expressions humaines, c’est tellement cacophonique le verbe, en plus il faut tendre l’oreille !
 

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2 réactions à cet article    


  • zototo 19 novembre 2010 11:27

    Bon article !


    « Les ex premiers ministres européens se reconvertissent dans la haute finance sans honte (Schroeder, Blair, …) »

    Je vois les choses un peu différemment : ils ne se reconvertissent pas, on leur offre de joli poste pour service rendu.

    Et malheureusement, les liens politiques/hautes finances ne datent pas d’hier...
    Pompidou ancien rothschild qui nous pond avec giscard la loi de 73...

    • jef88 jef88 19 novembre 2010 12:38

      C’est comme l’éternel débat en entreprise , le Directeur Financier gagne à tous les coups car il chasse des coûts réels mesurés et constatés alors que, l’entrepreneur , investisseur, développeur, n’a qu’un plan sur le futur à présenter avec tous les risques financiers que cela comporte, d’ailleurs il émet des scénarios, des hypothèses, des jeux , c’est un flambeur.

      Avant 1973 l’entrepreneur dirigeait.
      En 1974 ce fut le commercial ce qui a donné de belles dégringolades.
      Proposer des moutons à 5 pattes c’est génial pour se distinguer du concurent ! Mais les fabriquer ????
      Depuis c’est le financier qui compte ! Et il a toujours raison !

      Mais il ne voit pas plus loin que la prochaine situation de trésorerie....

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