Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Les leçons de la pénurie d’essence

Les leçons de la pénurie d’essence

Il est évident que de nombreux français ont eu à subir quelques désagréments ou pertes économiques à cause du blocage des raffineries pétrolières françaises. Malgré tout, je tiens tout de même à remercier chaleureusement les grévistes.

En disant cela, vous pourriez penser que je suis un fervent défenseur de la retraite à 60 ans et que j’attendais beaucoup de ces blocages pour préserver notre acquis social. Et bien pas du tout ! Je me suis d'ailleurs déjà exprimé à ce sujet dans un autre article.

Si je tiens à remercier les grévistes, c’est parce qu’ils ont créé les conditions nécessaires pour tester notre niveau de dépendance et la frénésie populaire pour obtenir les quelques précieux et indispensables litres de pétrole.

attente-essence.jpg

Cette expérience trouve ses origines dans un conflit politique. Elle était donc temporaire et il suffisait d’un fléchissement de l’une des parties pour que le mouvement cesse. Nous pourrions également comparer cela à la crise pétrolière de 1973 dont les origines étaient également politico-financières.

Or, nous serons soumis dans les années à venir, au phénomène de « pic pétrolier ». A partir de ce moment, le prix du pétrole augmentera fortement et durablement et la demande sur les marchés étant supérieure à l’offre, nous pourrions voir apparaitre un rationnement des pays importateurs.

Avoir la possibilité d’observer les conséquences d’une rupture d’approvisionnement est donc une chance. En effet, il a été possible d’observer un certain nombre de choses qui méritent que l’on s’y attarde.

Mouvement de panique

Dès l’annonce des blocages, la réaction immédiate des français consiste à faire des réserves. Il s’agit d’une réaction de panique qui accélère le problème en vidant les stations service plus rapidement. A cet instant, l’individuel prime sur le collectif car l’absence totale de réserves individuelles génère un sentiment d’impuissance qu’il faut à tout prix déjouer.

La plupart des français ont besoin d’essence tous les jours. Trois solutions se profilent alors pour ne pas céder à la panique : diminuer le besoin, prévoir des alternatives et mettre en place un stock individuel. Face à une situation temporaire, le stock permet d’éviter une situation de panique tout en organisant plus sereinement les jours suivants.

teletravail.jpg

En revanche, dans le cas d’une pénurie durable (après pic pétrolier), il est préférable d’avoir diminué au maximum ses besoins par une réorganisation progressive du mode de vie (achats de proximité, utilisation du vélo, télétravail, transports en commun, échange de compétences avec les voisins …).

La vérité masquée

Le gouvernement a nié jusqu’au bout les difficultés générées par la pénurie. Les ministres interrogés rassuraient sans cesse indiquant qu’il n’y avait aucun problème, qu’il y avait largement de quoi gérer la situation. Les décideurs n’admettent publiquement les situations difficiles que lorsque nous avons le nez dedans.

Anticiper un choc ou une crise serait susceptible de provoquer un mouvement de panique non maîtrisable. Donc plutôt que de préparer un évènement prévisible, l’Etat s’occupe de certains problèmes dans l’ombre mais n’en informe pas la population sauf s’il est soumis à l’évidence et à la pression des médias.

Il ne faut pas attendre du gouvernement qu’il informe les citoyens sur le pic pétrolier et ses conséquences. Cette absence de transparence et cet aveu d’impuissance ne sont pas rassurants car ils indiquent clairement que notre capacité d’anticipation ne peut plus exister avec un pouvoir centralisé, sauf si elle génère de la croissance.


Tout-va-bien

Par exemple, limiter les émissions de gaz à effet de serre génère une croissance verte en créant de l’emploi dans le bâtiment, les économies d’énergie, les énergies renouvelables, donc le gouvernement s’en préoccupe et communique sur ce thème.

Il semble donc vain d’attendre une confirmation ministérielle concernant la future hausse des prix et la probable indisponibilité du pétrole sur les marchés. Par ailleurs, je vous annonce (c'est un scoop !) qu'un haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur m'a indiqué la chose suivante :

En l'absence de consensus sur la période du pic pétrolier, le délai est estimé à 30 ans et aucune préparation ni gestion de crise n'est envisagée à ce jour.

Un système économique très vulnérable

Toutes les entreprises françaises étaient logées à la même enseigne. Les bus, les ambulances, les camions de marchandises, les commerciaux, les médecins … tous faisaient la queue pendant des heures dans les stations, montrant ainsi à quel point l’essence est devenue complètement indispensable au fonctionnement de l’économie. Les transporteurs routiers ont vu leurs réserves se vider en quelques jours à peine, les rapprochant ainsi d’une inévitable faillite en cas de prolongement de la situation.

 

L’activité économique de notre pays est trop vulnérable face aux aléas énergétiques. La situation économique mondiale ne permet plus d’envisager l’avenir avec une totale insouciance et il est fondamental que tous les secteurs se préoccupent de connaître leur niveau de résilience face à d’éventuelles difficultés.

Si certains secteurs ne peuvent pas faire sans pétrole aujourd’hui, ceux qui en revanche peuvent trouver des alternatives doivent y réfléchir dès à présent afin de sécuriser leur activité. Il s’agit pour cela d’analyser tous les éléments essentiels à l’activité, de vérifier la diversité et la redondance des sources et éventuellement les réserves à mettre en place.

La grande distribution mise à mal

L’organisation de la grande distribution est essentiellement basée sur des flux logistiques incessants. Elle est donc très dépendante au pétrole. Ainsi, la perception de cette fragilité a conduit à une menace de la grande distribution d’acheter leurs carburants à l’étranger.

Par ailleurs, ce système de logistique en flux tendus implique une quasi absence de stocks. Pour l’ensemble des produits, les grandes enseignes disposent tout au plus d’une quinzaine de jours de stock entre les plateformes logistiques et les supermarchés. Pour ce qui est des produits frais et de grande consommation, ce sont un à deux jours maximum !

Si les blocages avaient duré une semaine de plus, les supermarchés auraient commencé à se vider.

logistique

Nos besoins essentiels tels que l’alimentation, l’hygiène et la santé sont extrêmement dépendants de la production industrielle et de la grande distribution. Est-il tolérable que la réponse à nos besoins primaires soit confiée à un système aussi vulnérable et aussi peu résilient ?

Il faut absolument repenser rapidement cette organisation non durable, polluante par l’énergie qu’elle consomme pour son fonctionnement, et surtout très vulnérable à la moindre rupture d’approvisionnement de pétrole.

Les collectivités locales doivent s’assurer qu’elles disposent, sur leur territoire, d’un stock alimentaire et sanitaire minimum et d’un système de production diversifié et local minimum pour répondre aux besoins de la population.

Le prochain blocage ne sera peut-être pas en France

Chacun d’entre nous a pu faire le constat de tous ces éléments. Il ne s’agit pas de suppositions mais d’une réalité évidente. Contrairement à ce que nous pourrions penser, notre système est extrêmement fragile car il tire sa force et son pouvoir de quelques rares piliers fondamentaux comme le pétrole.

Nous avons eu la chance de vivre une expérience grandeur nature de ce qui nous arrivera demain, lorsqu’il n’y aura plus assez de pétrole pour répondre à la demande mondiale. Or tous les experts s’accordent à dire que cette situation arrivera avant 2020.

villes-post-carbone

Il nous reste donc dix ans pour prendre conscience de notre vulnérabilité, ouvrir les yeux sur notre dépendance quasi-totale aux importations de pétrole, et commencer à réorganiser la société en fonction de cela.

Les français, avec les élus locaux et le soutien de l’Etat, doivent se réorganiser pour supprimer tous les transports inutiles et relocaliser, à chaque fois que c’est possible, la réponse à leurs besoins essentiels

La résilience se contruit aussi en tirant les leçons de ses propres expériences !


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (20 votes)




Réagissez à l'article

18 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 14 décembre 2010 13:31

    Très bon article.
    Si ce n’est qu’il ne faut pas compter sur notre « modèle » de société pour que la prise de conscience soit suivie d’effets.

    Ce serait remettre en cause tous les principes de consommation qui nous ont été patiemment gravés dans la tête depuis des décennies.

    Et, cher auteur, vu la crise financière actuelle, je crains que le pétrole soit réquisitionné pour les chars et avions de chasse dans peu de temps.
    Les solutions s’imposeront alors d’elles-mêmes. Avec juste un peu de patience. smiley


    • epapel epapel 14 décembre 2010 22:19

      Vous exagérez un peu beaucoup, le ministère de la défense consomme à peine 3 millions de tonnes de carburant pour ses avions, ses chars et ses navires, ce qui est négligeable au regard de la consommation nationale (90 millions de tonnes)


    • aberlainnard 14 décembre 2010 14:14

      Voilà bien une phrase qui révèle l’irresponsabilité de nos dirigeants :

      "En l’absence de consensus sur la période du pic pétrolier, le délai est estimé à 30 ans et aucune préparation ni gestion de crise n’est envisagée à ce jour."

      L’auteur estime qu’en fait :

      "Il nous reste donc dix ans pour prendre conscience de notre vulnérabilité."

       Ceci est une hypothèse qui pourrait même se révéler très optimiste.

      Les économistes ne conçoivent la sortie de crise financière et économique que par une reprise de la croissance. Il n’est pas de croissance sans augmentation de consommation d’énergie. Or la capacité de production de pétrole est probablement très proche de son maximum technique possible si elle n’est pas déjà atteinte au dire de sources ayant accès à des informations que les milieux pétroliers s’efforcent d’en minimiser la portée. Il ne faut pas perdre de vue que passé ce maximum, la production ne peut que diminuer sans être compensée par de nouvelles découvertes ou par les progrès des techniques d’extraction.

      La crise économique a temporairement fait baisser la demande et a eu pour effet de différer la prise de conscience de la situation réelle. On a vu ces derniers temps le prix du pétrole augmenter significativement en raison d’une poussée de la demande. Une reprise économique ne pourra qu’amplifier cette hausse qui a son tour freinera l’activité pour, au mieux, se stabiliser autour d’un équilibre provisoire et fragile entre demande et consommation. Cette situation ne perdurera qu’un temps limité. Ce sursis est une dernière occasion de refonder notre société et notre mode de vie avant le « big crush » annoncé si nous persistons à suivre les logiques passéistes des économistes qui sévissent dans les sphères dominantes actuelles.

       

       


      • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 18:42

        Bonsoir,
        A partir d’une bonne constatation voici qu’en grattant un peu le vernis reapparait l’integrisme vert, et surtout la manipulation par la caricature !

        Alors l’auteur a raison quand il nous redis encore une fois, combien nous sommes dependant du petrole et qu’il est urgent de penser a autre chose !

        Par contre, la caricature, c’est quand il tente de faire peur en nous presentant la penurie comme un phenomene brutal et sans parade.

        Lorsque se profilerons a l’horizon, les premiere difficultés d’approvisionnement, il y aura longtemps que les prix auront fait « bouger » les choses. Le rencherissement des carburants aura d’une part favorisé les autres formes d’energies et auront même permis de se reorganiser pour diminuer la dépendance directe.

        Alors oui, l’auteur ne dit pas autre chose quand il pense qu’il faudra assurer et assumer la transition, sauf que cette transition a deja commencée.
        Les tergiversations autour des batteries et des vehicules electriques en sont la preuve. nous balbutions encore nos vehicules du futur, mais ils sont déjà en graine, et ils seront « murs » lorsque les conditions seront satisfaites.

        Là ou l’auteur nous montre son orientation, c’est en nous laissant supposer que seules une diminution de notre consommation energetique et une drastique reduction de la circulation automobile individuelle resoudra l’epuisement des energies fossiles (hydrocarbures solides, liquides et gazeux).

        Rien n’est plus faux. une vrai reprise economique peut parfaitement se faire en accroissant le taux d’usage des energies sans pour autant nous emmener a la catastrophe. il suffit simplement que la balance entre ce qui est possible et acceptable et ce qui est effectivement utilisé soient en concordance.



        • Benoît Thévard Benoît Thévard 14 décembre 2010 19:25

          Bonsoir Helios,

          Je n’ai rien d’un intégriste vert comme vous dites.
          Concernant les tergiversations, effectivement elles ne sont que tergiversations à ce jour.
          Il y a des dizaines d’éléments techniques qui démontrent les limites au remplacement du pétrole par l’électricité. Mais je ne vais pas vous les refaire ici, il me semble que nous en avons déjà parlé au sujet d’autres articles. Lisez certaines littératures d’experts.

          Si les prix montent au point de faire bouger les choses, dites vous bien que c’est l’économie qui s’effondrera car elle est basée sur d’innombrables transports, et donc sur une énergie qui ne coûte presque rien.
          Tout coutera donc forcément plus cher, et les gens ne gagneront pas plus tous les mois, donc auront de plus en plus de mal a consommer etc ...
          Pensez-vous qu’a ce moment là nous achèterons 31 millions de voiture électriques pour remplacer celles d’aujourd’hui ? (Sachant qu’il faut 60 barils de pétrole pour faire une voiture !)

          Non Helios, ce n’est pas de l’intégrisme vert, c’est juste que je n’ai pas une foi aveugle en la science et la technologie pour sauver le monde, alors je préfère prévenir que guérir.

          Il n’y a que trop d’articles et d’informations qui nous font croire au miracle technologique, permettez-moi d’apporter un peu de contraste dans cet aveuglement collectif ...


        • plancherDesVaches 14 décembre 2010 20:18

          Tiens, auteur. Puisque vous êtes ingénieur.

          Je pense (simplement parce que j’ai été élevé aussi à rationaliser tout processus) que l’avenir sera aux « stations services » de remplacement de batteries par le dessous des voitures.
          Technologiquement, il n’y a rien de plus efficace ni rapide.
          Et la fonction de la station service resterait identique...

          Par contre... J’ai travaillé chez Exxon-Mobil. Et ça risquerait de ne pas leur plaire... smiley


        • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 20:41

          ...moi non plus je ne crois pas au miracle technologique... je crois seulement a deux choses essentielles... le bon sens et l’adaptation.

          Dire que demain on va produire 20 millions de voitures electriques, evidement que c’est utopique.Mais dire qu’en 10 ans on va faire passer le parc de 100% petrole a 70% electrique et le reste en divers hydrocarbures cela me semble raisonnable et en 20 ans on aura probablement résolu la majorité des problemes liés.

          je ne vais pas vous dire comment, je n’en sais rien, mais je sais qu’on le fera car on n’a jamais vu, sauf sur l’ile de Pâques, mais ils en sont mort, une regression.
           sans conflit catastrophique.
          Et comme je ne vois pas de conflagration généralisée a la mesure du probleme, même si deci-dela persistent quelques guerres, je suis sur que l’adatation va faire son effet.

          Vous verrez alors que le ferroutage marchera mieux, que peut etre les canaux vont se rehabiliter, que la réparation locale va reprendre au detriment du renouvellement etc... tout cela avec les elements conceptuels qui vont avec (design adaptés, evolutifs etc).
          Probablement que nous allons essayer de tirer parti de tout ce qui produit un brin d’energie,récuperable plus ou moins simplement (vent, soleil, geothermie, mouvement de l’eau) a l’echelle de l’unité d’habitation... non pas pour reinjecter dans le systeme mais pour diminuer l’apport des fournisseurs globaux.
          Le solde sera neanmoins superieur a ce qu’on consomme actuellement, car nous n’allons pas decroitre ni en nombre ni en besoin, ben au contraire.

          L’integrisme dont je vous parle et vous accuse, façon bien legere, vu que je ne vous connais pas, n’est du qu’a votre discours empreint de catastrophisme. Oui, je suis d’accord avec vous, si le petrole abiotique n’existe pas, nous allons tout droit a la penurie. mais la responsabilité consite non pas a attendre que la classe politique nous impose des mesures de contraintes, mais a travailler avec tous les industriels, les chercheurs, les commerçants, les artisans etc ,pour que des solutions auxquelles on ne pense souvent pas soient employées pour nos besoins, nos envies et notre bien etre a tous

          La transition va exister, c’est certain, mais elle va etre souple et désirée soit par mode, soit par envie soit par interet, facilité, plaisir... et on peut en rajouter, mais ne se fera surement pas par la contrainte que vous semblez souhaiter et appeler de vos voeux.

          C’est a l’intelligence humaine qu’il faut en appeler, pas aux peurs et aux religions, ecologie comprise.


        • Benoît Thévard Benoît Thévard 14 décembre 2010 21:10

          Si nous devons développer les véhicules électriques, effectivement ce sera le remplacement rapide de batterie qui sera le plus efficace.
          cependant, pour faire un parc de véhicule électrique, il faudrait augmenter notre production électrique nationale de 25%. Cela représente juste 135 TWh ou encore une grosse dizaine d’EPR à 5 Md€ pièce...
          Sachant qu’environ 50% de nos réacteur nucléaires ont environ 30 ans et que prolonger leur durée de vie coûte environ 600 millions d’euros par réacteur, je vous laisse imaginer le réalisme de la situation !
          Si vous ajoutez à celà l’absence de solution pour les avions, la densité énergétique des batteries 100 fois inférieure à celle du pétrole, la durée de vie limité, l’adaptation du réseau pour répondre aux appels de puissance pour la charge des batteries, l’absence sur notre territoire des matériaux nécessaires pour la fabrication ...
          bref, je vais m’arrêter là, mais très honnêtement, vous pouvez espérer que l’électricité viendra nous préserver des conséquences du pic pétrolier ... vous pouvez ...


        • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 20:52

          ... vous voyez, je voulais vous ditre qu’en fait nous sommes bien d’accord, mais je suis un incorrigible optimiste et surtout un partisan inveteré de la liberté.

          Vous aussi vous travaillez a cette transition, sauf que vous, a travers votre discours, s’il est le même dans votre environnement professionnel que sur Avox, vous êtes alors ce qu’on appelle un « oiseau de mauvais augure » qui annonce la catastrophe. La catastrophe n’est pas encore là et je pense même sincerement qu’elle n’arrivera pas, malgre vous... et moi ! Il n’est jamais bon de predire les catastrophe.....

          Cela dit, ni vous ni moi n’avons la vérité, cela se saurait.... nous avons seulement une vision prospective que nous defendons a notre manière.


          • epapel epapel 14 décembre 2010 22:13

            Une catastrophe annoncée et prise en compte est une catastrophe à moité évitée.

            Une catastrophe niée ou non prise en compte se produira avec un maximum d’effets si elle doit se produire.

            L’écueil de l’optimisme c’est l’insouciance et celui du pessimisme c’est le fatalisme, c’est pourquoi il faut être pessimiste dans la réflexion et optimiste dans l’action.


          • suumcuique suumcuique 14 décembre 2010 21:41

            Dire que demain on va produire 20 millions de voitures electriques, evidement que c’est utopique.Mais dire qu’en 10 ans on va faire passer le parc de 100% petrole a 70% electrique et le reste en divers hydrocarbures cela me semble raisonnable et en 20 ans on aura probablement résolu la majorité des problemes liés.

            Peut-être mais néanmoins il faut être conscients que les laquais de la haute finance apatride qui gèrent l’Europe depuis quelques décennies feront tout ce qui est en leur pouvoir pour prolonger au maximum le règne de l’or noir et la dépendance des pays européens envers les pays du tiers-monde producteurs d’or noir.

            La voiture électrique a été inventée en Islande dans les années 1960.


            • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 22:02

              En 1899, la « jamais contente » de Camille Jenatzy a dépassé les 100 km/h : C’etait une voiture electrique de plus de 60 ch (50kW) equipée de 2 moteur et d’une « grosses » batterie de 80 elements (160 Volts s’ils etaient montés en serie, ça personne ne le dit nulle part)

              1960 en Islande, cela fait 61 ans apres ce record....

              Pour le reste, rassurez vous, quand les requins n’auront plus de petrole a nous vendre, ils nous vendront de l’electricité et je peux vous le predire, ils nous freont payer d’une maniere ou d’une autre l’electricité que nos moteurs fabriqueront dans les descentes ou au freinage !!!


            • epapel epapel 14 décembre 2010 22:03

              Face un problème qui n’a pas encore produit ses effets, une majorité d’individus choisira quoiqu’il arrive l’option la plus optimiste et opposera toujours une voie sortie possible sans fournir d’effort, seule une réalité définitivement réfractaire peut leur faire prendre conscience de ce qui se joue (je pense aux pêcheurs français de thon rouge par exemple).

              Ceci dit, la pénurie durant le blocage de la rentrée n’est absolument pas représentative de ce que sera la situation après le pic pétrolier. Les stations service ne seront pas vides et il n’y aura pas de pénurie ni de files d’attente mais seulement des gens qui n’auront pas les moyens d’acheter tout le carburant qu’ils souhaitent à cause de prix trop élevés.

              Pour poursuivre ses activités, la population concernée de plus en plus nombreuse au fil des ans devra simplement s’organiser autrement et trouver des palliatifs essentiellement fondés sur une utilisation plus efficace de l’énergie, par exemple :
              - isoler son logement et baisser le thermomètre
              - rouler moins vite et partager son véhicule
              - utiliser des véhicules plus économes
              - remplacer la viande par des protéines végétales
              - ne pas se déplacer inutilement (pour des loisirs par exemple)
              ...

              Ces simples mesures comportementales permettent de faire face au problème pendant plusieurs décades. Dans le même temps, les avancées technologiques et les mesures structurelles permettront de tenir plusieurs décades supplémentaires. Il faut savoir qu’appliquées de façon générale et ordonnée ces mesures permettent de supporter une division par deux de la consommation énergétique sans remettre fondamentalement en cause la qualité de vie et est réalisable d’ici 2050 - selon une étude EDF- c’est à compatible d’un déclin de l’offre pétrolière à compter de 2015.

              En revanche certaines activités tout en perdurant ne seront plus des activités de masse car inaccessibles au plus grand nombre : tourisme, sports d’hiver, transport aérien notamment. C’est pourquoi il est totalement absurde de persister à investir dans les équipements correspondants car ils ne seront jamais rentabilisés (autoroutes, aéroports, hôtellerie,...) , cette persistance montre à quel point est grande la cécité des décideurs.

              Les secteurs associés à ces activités seront en décroissance et les gens devront se reconvertir, mais ça n’a aucune importance car elles seront remplacés par d’autres mieux adaptés au nouveaux besoins, nécessitant plus de main-d’œuvre et beaucoup plus difficiles à délocaliser.

              A l’horizon d’une génération ou deux, ça ne sera pas le bonheur économique mais pas le malheur non plus sauf si certaines nations sont assez puissantes pour imposer le caractère non négociable de leur mode de vie actuel et laissent aux autres une part insuffisante pour qu’ils aient le temps de s’adapter.


              • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 22:19

                Je partage votre vision des choses, sauf pour la decroissance que vous supposez. Si effectivement, pendant le temps d’adaptation necessaire la consommation energetique baisse, ce ne sera que temporaire, juste le temps pour que d’autres systemes et d’autres priorités se developpent.

                je ne crois par contre pas du tout au replis (plus de voyages, plus de sport d’hiver) sauf que ce ne sera pas le week end au ski, mais la semaine de ski a la montagne avec A/R en bus par exemple.

                Le transport sur de longue distance sera peut etre terrestre et maritime mais va persister et probablement se developper ainsi que probablement la navigation mixte vapeur/voile et les dirigeables

                Par contre, et c’est a mon avis un bien, les territoires vont developper a nouveau une economie de subsistance employant une partie de la population inactive et reduisant d’autant les importations lointaines.... nous mangerons quand même de la viande...


              • epapel epapel 14 décembre 2010 22:37

                Je ne parle pas d’une décroissance généralisée mais de certains secteurs d’activité, tandis que d’autres seront en croissance.

                Ce que vous ne voyez pas, c’est que le niveau de vie d’une partie de plus plus nombreuse de la population baisse depuis une quinzaine d’années. Jusqu’à maintenant ce phénomène concernait essentiellement les classes populaires qui ne profitaient pas du tourisme de masse et des sports d’hivers, à présent ce phénomène s’étend aux classes moyennes et il va s’amplifier dans les années à venir donc elles vont devoir renoncer progressivement aux activités jugées non indispensables ce qui entraînera de fait leur décroissance.

                J’ai noté par exemple que cette année, la vente de jouets de Noël a diminué (2,5%) pour la première fois depuis des décennies. La crise que nous vivons est en réalité une crise de notre modèle économique fondé sur le crédit qui n’est qu’une anticipation de la croissance future. Reconnaître ou constater qu’il n’est plus possible d’augmenter le crédit (ou la dette) revient à reconnaître que la croissance qui s’appuie dessus n’est plus possible, or ce constat est désormais partagé par tous quoique peu en ont tiré les conséquences.


              • HELIOS HELIOS 14 décembre 2010 23:01

                ... je comprends bien, mais ce que je veux dire c’est que c’est le modele qui n’est plus soutenable.

                votre demonstration suppose que le modele perdure, c’est a dire un modele basé sur une economie financiere qui laisse sur le bord du chemin ce qui travaille de leurs mains !

                Revenir a une economie de subsitance locale veut dire que l’agriculture et l’economie réelle d’accompagnement va revenir et la richesse sera notablement mieux repartie car impossible a thesaurisée et qui ne fait verse pas de dividende...


              • epapel epapel 15 décembre 2010 00:04

                C’est bien ce que je dis, dans une économie de subsistance fondée sur l’agriculture que j’ai appelée sans la nommer activité mieux adaptée aux nouveaux besoins, le tourisme et les sports d’hiver redeviennent une activité élitiste.


              • Crevette Crevette 15 décembre 2010 23:50

                Voui, nous vivons la fin de la société de consommation et de l’osolescence programmée !

                Ouf !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès