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Accueil du site > Actualités > Economie > Les leçons données aux Banques par les Hedge Funds

Les leçons données aux Banques par les Hedge Funds

Faut-il à tout prix sauver les institutions bancaires très importantes, ces fameuses « Too Big To Fail », par crainte du risque systémique ? La controverse est aussi ancienne que la crise elle-même : Quel devrait être le niveau d’engagement des Etats dans un secteur bancaire fragilisé et dans une conjoncture où l’économie réelle est plus ou moins abandonnée à son sort en dépit des milliards insufflés dans les Banques ? Et pourquoi nos Banques ne s’inspirerait-elles pas après tout des « Hedge Funds » ou fonds spéculatifs à effet de levier ?

Cette question tout à fait détonante a pourtant été posée par Piergiorgio Alessandri et Andrew Haldane dans le cadre d’une recherche récente émanant de la Banque d’Angleterre dont le but était d’éviter à l’avenir des sauvetages bancaires dont l’ampleur pourrait se révéler encore plus spectaculaire si aucun enseignement valable n’était tiré de la crise actuelle.

Leur démonstration est en fait légitimée par les questions très originales soulevées dans cette étude : Il est ainsi de notoriété publique que, l’industrie des Hedge Funds s’étant développée en marge de la régulation Etatique, ces fonds opèrent sur la base de sociétés impliquant directement la responsabilité de leurs promoteurs. Par ailleurs, ces fonds ayant la réputation de faire un usage outrancier de l’effet de levier se révèlent en fin de compte dépassés par les Banques qui ont été jusqu’à la crise de 2007 nettement plus impliquées dans des opérations à levier de ce type ! Et l’étude de conclure que notre système financier aurait des leçons à apprendre de ce secteur des fonds à risques qui a été en mesure de s’auto réguler en s’imposant des règles prudentielles indépendamment de toute réglementation Etatique... 

En réalité, la crise des subprimes ayant débouché sur les tourmentes financières que l’on connaît impose une évidence, à savoir que les Banques ont eu par le passé des comportements nettement plus à risques que les fonds spéculatifs qui n’ont finalement pas représenté de danger particulier à l’occasion de cette crise. La déconfiture d’une quantité impressionnante de ces Hedge Funds entre l’été 2007 et le début de l’année 2009 n’a effectivement pas mis en péril un système financier qui a plutôt payé lourdement le prix de la légèreté de Banques dont il serait nettement plus approprié qu’elles soient à l’avenir constituées comme des sociétés dont les Associés sont susceptibles d’être responsables sur leur fortune personnelle. Il n’est effectivement pas sûr que les directions de ces établissements adoptent des politiques d’investissement injustifiables si les partenaires devaient en répondre !

La régulation bancaire étant stricte afin d’assurer une protection optimale d’épargnants qui déposent leurs deniers dans ces Banques, une seule faillite bancaire serait - en l’absence de la fameuse garantie de l’Etat - susceptible d’entraîner une réaction en chaîne alors qu’un fonds de placement - dont les souscripteurs sont conscients de la nature spéculative - peut faire banqueroute sans nécessairement provoquer la déroute du système financier... Ainsi, en dépit d’une multitude de Hedge Funds qui, ayant été contraints à la faillite à l’occasion de cette crise, ont laissé présager d’une période aussi grave pour ce secteur que lors du tristement célèbre épisode LTCM, l’industrie des fonds spéculatifs se redresse - et prospère - aujourd’hui tout en tirant vers le haut un système bancaire inutile parce que déconnecté de l’économie réelle !

Les faits sont indiscutables : Les responsables de la crise sont les Banques qui n’ont pas respecté les règles de prudence et de contrôle des risques les plus basiques, qui ont subrepticement déchargé leur bilan d’instruments pourris qui sont revenus se rappeler à leur mémoire comme un boomerang et qui ont quémandé par la suite la charité des Etats... Si le secteur des fonds spéculatifs a connu au même moment des difficultés indiscutables, il n’endosse toutefois aucune responsabilité dans le déclenchement de la crise actuelle.

Pourquoi ne pas appliquer à notre système bancaire quelques règles en vigueur dans celui des Hedge Funds et notamment celle qui consisterait à opérer une distinction claire et sans ambiguïté entre les Banques qui représentent un risque potentiel et celles qui ne mettent pas en danger l’argent du contribuable ?


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21 réactions à cet article    


  • millesime 16 novembre 2009 11:32

    On assite à une croissance de l’ordre de 10% sur le marché des produits dérivés sur les 6 derniers mois..(il représente un marché notionel de 605 mille milliards de dollars).

    On assite ainsi à la création de nouveaux hedge funds par les financiers cherchant à échapper aux mesures d’encadrement de leurs rémunérations (dont les rapports avec les banques ne sont pas de la plus grande clarté.. !).

    Les financiers veillant à ce que la future régulation leur laisse des degrés de liberté, on va assiter à une « régulation limitée » des produits dérivés et des hedge funds qui servent à les manier, et à la persistance d’accueillants havres défiscalisés dénommés « paradis fiscaux » (si si il y en a toujours).. !

    http://millesime.over-blog.com


    • Paul .ca Paul .ca 16 novembre 2009 12:42

      > La déconfiture dune quantité impressionnante de ces Hedge Funds entre l’été 2007 et le début de l’année 2009

      Qui doit donner des leçons ?

      lol


      • plancherDesVaches 16 novembre 2009 13:46

        Vous n’avez rien compris. Désolé de devoir l’écrire. Et surtout : on fait tout pour vous cacher le malaise.
        Un tiers des hedge-funds ont été fermés fin 2008-début 2009 car les « fenêtres » permettaient aux smicards de retirer leurs billes à ce moment-là.
        Tout simplement.
        Pour ce qui est des fermetures de banques parfois assez importantes, le dernier chiffre est de 120 aux US, mais suivez bien ce qui va se passer avec l’accélération de tout ce qui va leur tomber sur le coin de la figure.


      • zelectron zelectron 16 novembre 2009 13:52

        « Too Big To Fail » mais pas non punissables en particulier pour leurs dirigeants et ce, de façon exemplaire. Gel de leurs biens, indemnités suspendues poursuites de leurs ayants-droits et quelques autres gâteries...Cela ferait réfléchir un certain nombre de dirigeants « véreux » qui profitent des failles du système en exerçant des pressions sur leurs salariés, utilisant toutes les formes juridiques de sophismes les plus éculées au vu et au su d’une justice paralysée par les chantages usuels (menaces physiques sur les femmes et enfants par exemple)


        • plancherDesVaches 16 novembre 2009 13:53

          Monsieur Santi.
          Déjà, oser écrire « industrie » en parlant de sociétés purement financières, vous auriez pu éviter.
          Merci de ne pas dévaloriser le terme industrie qui est une production de richesses réelles non pompées sur le dos des autres. (pour autant que ceux qui contribuent à cette création de richesses ne se fassent pas spoliés, j’en conviens).

          Puis : deuxième remarque.
          Un « hedge-fund » est simplement la mise en commun de moyens comme nous voyons la chose apparaître en Amérique Latine avec le SUCRE.
          Que l’union fasse la force est tellement évident qu’il vaut mieux éviter de parler des « bienfaits » des hedge-funds qui ne sont là que pour faire office de prédateurs.

          Bien à vous. (matériels, aussi)


          • zelectron zelectron 16 novembre 2009 15:02

            @PdV
            Je vous rejoint au plan de l’usurpation du terme industrie qui est par ailleurs suffisamment ignorée par les instances élues que point n’est besoin de lui adjoindre la finance qui n’est productive que d’artifices et ressemble de plus en plus aux casinos.
            Je vous rejoint aussi sur votre 2ième observation en y rajoutant que ce n’est pas parce qu’une association existe qu’elle ne peut pas être taxée d’association de malfaiteurs « légaux ».
             


          • Michel Santi Michel Santi 16 novembre 2009 15:12

            Il est vrai que c’est impropre de parler d’« industrie » mais 1) je reprenais un terme utilisé en anglais pour parler de tel ou de tel secteur de la finance et 2) j’aime bien faire réagir mes amis d’AV...


          • plancherDesVaches 16 novembre 2009 15:47

            Oui, bon. Faire réagir est une chose. Mais expliquer les arcanes de façon neutre et pour que chacun comprenne que les intérêts des uns seront toujours forcément au détriment des autres me paraîtrait plus juste.
            Juste.
            Et en cette époque de légère perturbation de « conjoncture », que réclamer de plus fort que simplement... de la Justice.


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 16 novembre 2009 18:05

            la financen’est ni plus ni moins une industrie que les autres secteurs economiques.

            production de richesses réelles non pompées sur le dos des autres. ? Mais quelles sont les industries qui ne prosperent pas sans pomper les autres,, si on suit votre logique ? L’automobile achete de l’acier produit grace a du minerai extrait au Bresil , du caouchou d’Indonesie pour lequel des types ontr vraiment transpiré, etc etc .

            Les financiers creent des produits, a l ’aide de ressources humaines, de technologie (informatique) et de matiere premiere (l’argent) et les revendent a des clients dans l’espoir de faire un profit, comme le boulanger (qui peut etre soit le type du quartier, soit la Brioche Doree) , comme un fabriquant auto ou comme n ’importe quelle boite.


          • plancherDesVaches 16 novembre 2009 19:04

            Eleusis, au moins, on peut vous reconnaître au moins une valeur : vous ignorez ce que veut dire bosser.
            Votre bonheur risque d’être interrompu incessamment... manque de bol.


          • perlseb 16 novembre 2009 19:17

            La finance ne produit aucune valeur ajoutée. Mais peut-être eleusis, vous êtes comme beaucoup et ne savez pas ce qu’est la valeur ajoutée, la vraie, pas la fictive.

            Tous ces produits bancaires sont là pour spolier les vrais travailleurs et les banques ne sont qu’une invention du capitalisme. Parce que s’ils n’y avait pas les vrais travailleurs pour vous nourrir, vous procurez de biens réels ou des services réels, vous pourriez crever la bouche ouverte avec tous vos produits financiers.

            On peut très bien imaginer une société qui fonctionne sans les banques : il y avait bien des sociétés qui fonctionnaient avant l’argent. Et si on garde la technique, une nouvelle société sans argent n’a aucune raison d’être archaïque.

            Ne penser que par l’argent est un manque profond d’imagination.


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 16 novembre 2009 22:42

            la valeur ajoutee et le PIB ont des definitions precises. Si vous voulez employer ces termes, tenez vous en à leur sens, sinon on comprend rien.


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 16 novembre 2009 22:45

            "arce que s’ils n’y avait pas les vrais travailleurs pour vous nourrir, vous procurez de biens réels ou des services réels, vous pourriez crever la bouche ouverte avec tous vos produits financiers."

            en fait votre defiance vis a vis du virtuel ne s’arrete pas à la finance, alors ?

            si on suit votre raisonnement, seuls les agriculteurs et les macons sont de vrais travailleurs, les autres des parasites, y compris les profs, les caissiers, les employés d’entrepot logistique, les acteurs, les fonctionnaires, les chargés d’etudes marketing, les webmasters bref tout ceux qui ne produisent pas de bien CONCRET qui se mange ou se touche ?


          • perlseb 17 novembre 2009 08:49

            Parce que vous croyez à la notion de PIB vous eulisis ? Je parle de vraie valeur ajoutée, celle qui enrichit l’homme, qui lui procure un petit plus. Le PIB augmente quand le vandalisme augmente, vous le savez, ça ? Si on vous casse votre pare-brise, ça fait augmenter le PIB, mais est-ce une création de richesse pour autant ?

            Il n’y a rien de virtuel dans l’éducation : elle permet d’augmenter la productivité et donc la vitesse de création de richesses par unité de temps. Pour tous les autres métiers que vous avez cités, ils sont bien concrets. Je ne parle pas de production réelle mais de travail réel. Je peux vous expliquer en quoi il y a un gain de productivité pour la population de créer des magasins et donc des caissiers : si chacun de nous avait besoin de voir 36 producteurs pour acheter des choses très diverses, il y aurait beaucoup plus de gâchis dans les transports (c’est de la logistique). Mais effectivement, il y a beaucoup de métiers inutiles dans notre société. Je ne parle pas du métier d’acteur (pour moi, on devrait tous avoir la chance de tourner un film dans sa vie).

            Il faudra que vous ayez un peu plus d’arguments pour défendre le parisitisme des banques et surtout que vous ayez un peu réfléchi à ce qui nous fait vivre et qui nous procure du bien-être. Il faut tout mettre à plat, tout remettre en cause et ne pas hésiter à repositionner l’homme comme un vulgaire animal, ce qu’il est. L’argent n’est bien qu’une invention qui cause actuellement plus de problèmes qu’elle n’en résout. Nous n’avons pas besoin d’argent pour vivre mais de nourriture (de soleil, d’eau, de plantes : donc d’un territoire suffisant, comme tout animal).


          • Daniel Roux Daniel Roux 16 novembre 2009 13:58

            Pour comprendre dans quel monde nous vivons en réalité, lisez aussi cet excellent article paru sur Agoravox cet été : http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/goldman-sachs-la-grande-machine-a-59168#forum2309190

            Les délinquants en bande organisée sont au coeur du pouvoir américain comme un cancer en cours de généralisation.

            A ce niveau d’infiltration du pouvoir exécutif et législatif par une organisation mafieuse, devons nous dénoncer un « complot contre la démocratie et le peuple » ou devons nous rester  « politiquement corrects » en ne parlant que du « monde des affaires » qui ne fait que des affaires ?

            Le brave Clinton si rigolo avec ses grimaces et son cigare, ou le gentil, Al Gore, prix Nobel de la paix, Grand Communicateur avec un film oscarisé, sont en réalité des complices. Ils font partie de la bande à Goldman S.

            Des lois scélérates qui passent en catimini, l’infiltration du pouvoir et la politique de renflouement des banques spéculatrices, cela se fait aussi chez nous, alors qui sont nos Goldman boys ?



            • plancherDesVaches 16 novembre 2009 16:46

              Hé hè heyyy... encore un qui pense comme moi que la guerre économique qui continue par une guerre monétaire va nous donner des lendemains qui vont chanter...

              http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2890
              « Le jeu dangereux du yuan faible, par Paul Krugman »

              Vous allez voir que les Chinois qui sont en train de mettre naturellement les ricains à genoux vont se prendre une guerre sur le coin de la cafetière.

              On parie ???


              • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 16 novembre 2009 18:05

                Bravo pour ce bon article, Michel


                • Le péripate Le péripate 16 novembre 2009 18:32

                  Oui. C’est très décevant pour les adversaires du marché, mais les hedges funds n’ont à aucun moment mis la société en péril.
                  Preuve que le marché basé sur des règles claires de propriété est un processus de découverte efficace. Et moral. Surtout moral.


                  • plancherDesVaches 16 novembre 2009 19:22

                    Et coté mort alité, you’re the best, my dear....

                    Enfoiré, va !


                  • Philou017 Philou017 16 novembre 2009 19:55

                    Un avis éclairé d’Eric Laurent sur les banques :
                    http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2009/10/30/On-a-oublie-que-les-banques-etaient-les-seules-responsables-de-la-crise-Eric-Laurent

                    Quand aux hedges funds, ils vivent de la même manière comme des sangsues sur le dos du système économique. A la poubelle comme le reste du système financier.


                    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 16 novembre 2009 22:48

                      500 millions d’europeens dont vous. Comment vivez vous le fait d etre une sangsue de la Terre, de ses ressources et de son Tiers Monde , avec votre empreinte ecologique d’occidental, bien au chaud chez lui sur son canap ?

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