Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Les limites du plan d’aide à la Grèce

Les limites du plan d’aide à la Grèce

Après plusieurs semaines de tergiversations et d’âpres discussions, où les pays de la Zone euro ont étalé leurs différends sur la place publique, ceux-ci sont parvenus hier soir à un accord sur un plan d’aide à la Grèce.

Athènes dispose donc enfin d’une solution à ses problèmes budgétaires, qui inquiétaient fortement le marché depuis plusieurs mois.

Toutefois, la solution retenue est loin d’être idéale, et concrétise même certaines peurs des opérateurs.

Déjà, ce plan sera mis en place ’’si et seulement si’’ la Grèce ne parvient plus à se refinancer sur les marchés. C’est donc pour l’instant plus un filet de sécurité ’’prêt à l’emploi’’ qu’un véritable dispositif de soutien financier. En gros, il faudra donc attendre que plus personne ne veuille prêter à la Grèce, ou que celle-ci soit véritablement prise à la gorge par le coût de sa dette pour que ses partenaires lui viennent en aide. Concrètement, cela revient à attendre que le problème s’aggrave avant d’agir...

Par ailleurs, les éventuels prêts qui seront consentis à la Grèce par ses pairs ne seront pas facturés au taux moyens des emprunts des pays de la Zone euro, mais répondront à une ’’tarification adéquate au risque’’.

Ensuite, l’aide que les pays de la Zone euro s’engagent à apporter à la Grèce sera obligatoirement couplée à un prêt du FMI. Et même si le FMI ne participera à ce plan qu’à hauteur du tiers de son montant, cette intervention met en lumière l’incapacité, ou tout du moins le manque de volonté de la Zone euro à venir en aide à ses membres et à affronter les crises. Par ailleurs, l’association du FMI à l’UE dans le cadre de ce pan d’aide met à mal le prestige de l’Europe, le FMI ayant plutôt l’habitude de venir en aide à des pays du ’’tiers-monde’’.

D’ailleurs, plusieurs officiels européens ont exprimé leur gêne vis-à-vis de la solution retenue. José Manuel Barroso avait en effet plusieurs fois exprimé sa préférence pour un plan d’aide 100% européen, tandis que Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a réagi à l’annonce du plan d’aide en déclarant que l’intervention du FMI était ’’très très mauvaise’’.

Alors même si l’annonce de cet accord a offert une bouffée d’oxygène à la monnaie européenne, elle soulève également certains problèmes de long terme, d’autant plus que ce plan crée un dangereux précédent, suggérant que la discipline budgétaire pourrait se ’’relâcher’’ en Europe. Pire encore, cette décision pourrait également alimenter les spéculations selon lesquelles la discipline budgétaire en Zone euro passerait par une baisse des taux de la BCE, ce qui serait très pénalisant pour l’Euro.

Copyright (c) 2010 ProfesseurForex.com. Tous droits réservés.

 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • candide candide 27 mars 2010 19:22


    Le FMI en Europe ! ........le Général de Gaule doit se retourner dans sa tombe...

    J’ai honte de cette Europe !

    Telle qu’elle est conçue cette Europe n’amènera que la misère des peuples ...

    Encore une fois, Le Pen avait raison bien avant tout le monde, rappelez vous en ... dans 2 ans


    • Augustule pipo 27 mars 2010 21:04

      Si on laisse rentrer le loup dans la bergerie, faudra pas venir pleurer après quand il aura dévoré ses proies l’une après l’autre.

      Who’s next ?


      • BA 27 mars 2010 21:57

        Cet accord est encore pire que ce que je pensais.

        En réalité, cet accord n’impose strictement RIEN.

        En réalité, cet accord n’impose aucun prêt de qui que ce soit.

        En réalité, cet accord n’impose à personne de prêter quoi que ce soit.

        En réalité, cet accord ne vise qu’à temporiser, qu’à gagner du temps.

        C’est une tentative mensongère de faire croire aux marchés internationaux qu’en cas de problème, les Etats européens voleront au secours de la Grèce en lui prêtant des milliards d’euros.

        C’est une tentative désespérée pour cacher l’horrible vérité aux marchés internationaux : les Etats européens sont surendettés. Les Etats européens n’ont pas les moyens de sauver la Grèce. Ils ne PEUVENT pas sauver la Grèce.

        (Je ne parle même pas de plusieurs Etats européens tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, etc, qui, eux, ne VEULENT pas sauver la Grèce : plusieurs pays européens ne VEULENT pas sauver ceux qu’ils surnomment avec mépris « les cueilleurs d’olives »)

        Lisez cet accord pipeau :

        - observez notamment l’utilisation du conditionnel « seraient décidés »

        - observez notamment cette expression hilarante « Nous nous attendons à ce que les États membres de la zone euro participent … »

         

        « Ce mécanisme, complétant un financement du Fonds monétaire international, doit être considéré comme un dernier recours, ce qui signifie en particulier que le financement de marché est insuffisant. Les déboursements des prêts bilatéraux seraient décidés par les États membres de la zone euro à l’unanimité et soumis à de fortes conditionnalités, sur la base d’une évaluation menée par la Commission européenne et la BCE. Nous nous attendons à ce que les États membres de la zone euro participent au prorata de leur part au capital de la BCE. L’objectif de ce mécanisme ne sera pas de fournir un financement au taux moyen des emprunts des pays de la zone euro, mais comportera des incitations pour retourner vers des financements de marché le plus vite possible par une tarification adéquate du risque. Les taux d’intérêt seront non concessionnels, c’est-à-dire qu’ils ne contiendront aucun élément de subvention. »

        http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/113564. pdf

        Conclusion : le bluff continue. Le mensonge continue.

        Bientôt, l’heure de vérité arrivera et posera la seule question qui vaille :

        « Qui va payer pour sauver la Grèce ? Et avec quel argent ? »

        En 2014, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB. La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB. La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB. La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB. La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB. La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB (calculs du FMI).

        http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès