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Accueil du site > Actualités > Economie > Les marchés ne racontent pas d’histoire…

Les marchés ne racontent pas d’histoire…

A présent que le baromètre suprême – à savoir la Bourse – semble au beau fixe, l’optimisme revient parmi les analystes et économistes qui n’ont de cesse d’annoncer le retour prochain à une consommation US qui renaîtrait de ses cendres et à une baisse subséquente du marché obligataire. Pourtant, cet exercice auquel se livrent nos chers spécialistes s’apparente nettement plus à des manœuvres d’auto persuasion car les signaux émis par les Bourses ne sont pas et sont même très loin d’être infaillibles. 

La raison en est effectivement toute simple et réside en un fait limpide qui est que le marché obligataire est bien plus fiable que le marché boursier au petit jeu des prévisions économiques et le verdict de cet obligataire ne prête aujourd’hui à aucune ambiguïté. En effet, tandis que les indices US Dow Jones et S&P ont progressé chacun de l’ordre de 7% en Juillet dernier, les obligations d’Etat US n’ont également pas cessé de s’apprécier, le rendement sur le Bon du Trésor Américain à 2 ans ayant ainsi atteint des records de baisse… Comment interpréter dès lors ces hausses parallèles – que certains qualifieraient de contre nature – de ces deux marchés supposés évoluer inversement l’un par rapport à l’autre ? 

Par quel miracle les investisseurs Américains moyens qui ont subi deux fois en dix ans une division par deux de la valorisation de leur portefeuille actions privilégieraient-ils aujourd’hui un marché boursier qui les a méchamment sinistré au placement dans les Bons du Trésor public de leur Etat Fédéral ? Et ce alors que la croissance US est en outre manifestement en train de ralentir. Les bénéfices des sociétés Américaines publiés récemment ont certes démontré que l’esprit d’entreprise et que les potentialités étaient toujours dans les starting-blocks mais ces progressions de leurs profits sont nettement plus redevables aux stimuli gouvernementaux et aux coupes drastiques dans les charges qu’à une effervescence de la demande intérieure. 

Le rendement des Bons à 10 ans qui sont un excellent indicateur des anticipations de croissance et d’inflation à venir ne s’y trompent du reste pas : Après avoir flambé de 2.5% à 4% en une année depuis Mars 2009 et à la faveur du rebond boursier impressionnant de cette période, il se situe actuellement autour de … 2.9% ! Quelle histoire nous racontent donc ces marchés obligataires en cet été 2010 et alors que les opinions – et les porte monnaies ! – se préparent à un monde d’austérité qui ne sera hélas plus agrémenté de dépenses publiques ?


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4 réactions à cet article    


  • alberto alberto 7 août 2010 17:56

    Monsieur Santi : c’est ambigu :

    "les obligations d’Etat US n’ont également pas cessé de s’apprécier, le rendement sur le Bon du Trésor Américain à 2 ans ayant ainsi atteint des records de baisse"

    Il n’y aurait aucun lien entre les deux ?

    Diable !

    Bien à vous.


    • Michel Santi Michel Santi 7 août 2010 19:45

      quand le prix des obligations monte, quand elles se vendent plus cher, leur rendement baisse automatiuement. C’est mécanique et reflète ainsi la loi de l’offre et de la demande.
      Pas de raison qu’un emprunteur paie plus cher si tout le monde se précipite sur ses oblig...


    • perlseb 7 août 2010 19:11

      J’aimerais bien savoir quand même qui achète les Tbons américains (à part la FED). On nous dit que la Chine et le Japon, de loin les plus gros détenteurs, s’en débarrassent.

      Si personne n’en veut, dans un marché juste et non trafiqué, les taux devraient flamber, non ? C’est en principe la seule manière de convaincre des éventuels acheteurs qui voudraient être mieux rémunérés pour leur achat jugé, sûrement et à juste titre, très risqué (car personne n’est dupe de la notation AAA des agences américaines pour leur propre nation).

      Si c’est la FED qui rachète tout (le dollar serait donc de facto une monnaie de singe, qui ne chute pas immédiatement uniquement à cause de son inertie liée à son statut de monnaie de réserve), alors les taux trafiqués (car ils ne représentent nullement un équilibre entre l’offre abondante et la demande réelle, totalement absente) sont volontairement au plancher pour ne pas faire exploser le déficit et donc la dette.

      Si seulement chaque nation avait autant de facilités à imprimer de la monnaie sans que cette création ex nihilo ne produise une hyperinflation (les Zimbabwéens doivent l’avoir mauvaise) ! Définir la monnaie de réserve d’un seul pays comme monnaie de réserve mondiale donne au pays qui imprime cette monnaie la possibilité de vivre sur le dos des autres. Pour un nouveau Bretton Woods (qui était peut-être l’unique objectif des 2 guerres mondiales : à qui a profité le crime ?).


      • zelectron zelectron 7 août 2010 19:18

        Décidément je préfère le « brick & mortar » aux illusions boursières et ce depuis toujours.
        La corbeille a été, est et sera toujours un attrape coui...pardon gogos.
        Quant au marché ... ceux qui le manipule lui font dire ce qu’il leur plait.

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