La force de frappe du Fonds de soutien aux pays en difficulté de la zone euro (FESF) n'atteindra "probablement pas" le montant de 1.000 milliards d'euros qui avait été initialement prévu, en raison de la dégradation de la situation sur les marchés, a reconnu mardi soir Jean-Claude Juncker [ lire ici ]....
De quoi s'agit-il ?
Le 27 octobre dernier, Nicoals Sarkozy annonçait triomphalement avoir signé avec Angela Merkel un accord supposé sauver l'euro. Un des volets étant une montée en puissance du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) dont le capital passerait de 440 à 1000 milliards d'euros. Les fonds complémentaires étant obtenu par un "effet levier", c'est-à-dire l'autorisation donnée au FESF de chercher cet argent sur les marchés.
Patatras ! Le coup de baguette magique n'a encore une fois pas fonctionné et la réalité refait son apparition avec l'échec du FESF qui n'arrivera pas à réunir ces fonds.
Cet échec était d'autant plus prévisible, qu'il y a quelques jours, le FESF n'avait pas trouvé de preneurs sur les marchés pour une recherche de financements de 3 milliards [ lire ici ] alors imaginez le résultat pour plus de 500 milliards !
Elle vient de s'ajouter à une autre série de mauvaises nouvelles pour le duo Sarkozy-Merkel, notamment le dernier rapport de l'OCDE dont son économique en chef critique l'incompétence des dirigeants européens, dont le résultat est une perte de confiance globale et la spirale infernale dans laquelle nous semblons être entrainés [ lire ici ].
On a quelquefois le sentiment que ces deux là veulent avant tout répondre aux désirs des marchés, mais trop c'est trop, et les marchés ne s'y trompent pas, c'est bien la poule aux oeufs d'or que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont en train de tuer, à force de tenter de coller des rustines sur des sparadraps ....
Il y a peu de chance que le nouveau "pacte de stabilité" que préparent ces deux là vienne changer la donne, notamment parce qu'il se heurte déjà à un principe de réalité, celui de la récession de la zone euro qui s'annonce déjà.
Paradoxalement, un retour à la normale des marchés passe par des dirigeants porteurs d'une vrai clarification politique et donc capable de poser un cadre clair, même si momentanément, les marchés doivent payer pour ça.
Dans cette optique, un Mélenchon vaut mieux qu'un François Hollande dont on ne voit pas encore bien la différence avec Nicolas Sarkozy sur leurs options de sortie de crise.
Quoi qu'il en soit, à quelques mois d'échéances électorales en France et en Allemagne, les marchés donnent un conseil que pour une fois les électeurs devraient suivre : Sarkozy et Merkel, ça suffit !
Publié sur LaDette2012.fr

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