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Accueil du site > Actualités > Economie > Les plans de rigueur budgétaire : fausse bonne idée ?

Les plans de rigueur budgétaire : fausse bonne idée ?

Je n'aurai pas besoin de ressasser l'actualité, que tout le monde connait : les dettes et déficits publiques sont abyssaux, nuisent aux actions gouvernementales, et sont, de surcroit, sanctionnées par l'Union Européenne. Les taux d'intérets explosent, mettant des pays entier en difficulté (cf situation grecque ou espagnole), sous l'impulsion d'agences de notation privées, auxquelles les états ont souscrits VOLONTAIREMENT (les états et organismes y ayant souscrit les ont payé pour être notés et pouvoir emprunter encore plus). De fait le retour à l'équilibre des finances publiques semble devenir un objectif primordial pour les nations.

Cependant, le contexte économique mondial depuis les années 70 (et les chocs pétroliers), qui peut être rapproché du concept de "crise permanente", rend la question extrémement complexe. Je m'explique : la crise des économies qui prend racine, justement, dans les années 70, à posé un problème inédit : pour les première fois, nous étions comfronté à la fois à une hausse du chômage et à une forte inflation. Les solutions théorisées par John Maynard Keynes après la crise de 1929, à savoir relance de la consommation par une intervention accrue de l'état dans l'économie en pratiquant notament des politiques de grands travaux, deviennent caduques car elles sont créatrices d'inflation. Alors l'objectif majeur des banques centrales devient la limitation de l'inflation. Hors à l'heure actuelle, ces solutions restent les seules connues pour se sortir d'un contexte de crise économique, et les plans de rigueure budgétaire empèchent purement et simplement l'application de ces politiques, qui nécessitent des emprunts importants de l'état. Ainsi, pendant ces dernières décennies, les états ont beaucoup emprunté, pour soutenir la croissance et limiter le chômage, et les banques centrales ont fait monter les taux d'intérets pour limiter l'inflation, favorisant par ce biais le financement des entreprises par l'action et non plus par l'emprunt bancaire. Ainsi s'explique la situation actuelle, à laquelle personne ne semble avoir de solution.

J'en arrive alors au coeur du sujet : il nous faut revenir à l'équilibre budgétaire pour nous donner les moyens de lutter contre le chômage massif (qui est aujourd'hui en france, ai-je besoin de le rappeler, proche de 10% de la population active) mais les plans de rigueure budgétaire sont générateurs de chômage et nuisent à la création de richesses (à nouveau, je me réfère à la situation en Grèce, où l'application des plans de rigueure imposés par l'UE notament pour préserver le salubrité de la zone euro, mettent des milliers de personnes sur la paille et sont alors en eux même une véritable catastrophe sociale).

Alors la question est la suivante : le retour à l'équilibre des finances publiques doit-il se faire au détriment de la qualité de vie des citoyens ? Ne devrions nous pas au contraire commencer par lutter contre le chômage et la crise avant d'envisager la rigueure budgétaire.

D'autres questions sont aussi induites : l'Etat peut-il emprunter à des banques privées à ces taux exhorbitants ? Est-ce acceptables pour les citoyens que nous sommes ? Faut-il, comme cela à été proposé, un audit sur la dette ?

C'est à tout cela que je vous invite à réflechir et à débattre, car c'est pour moi l'enjeu politique majeur de la prochaine décennie, pour le moins.


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7 réactions à cet article    


  • epapel epapel 20 février 2012 22:16

    Alors la question est la suivante : le retour à l’équilibre des finances publiques doit-il se faire au détriment de la qualité de vie des citoyens ? Ne devrions nous pas au contraire commencer par lutter contre le chômage et la crise avant d’envisager la rigueure budgétaire.

    Mais ça fait 30 ans qu’on nous sert ce discours et la dette publique n’a jamais cessé d’augmenter sans que le chômage diminue et vous voulez continuer jusqu’à la faillite comme les grecs ?

    Vous sortez du nid ou vous êtes amnésique ?


    • epapel epapel 20 février 2012 22:22

      D’autres questions sont aussi induites : l’Etat peut-il emprunter à des banques privées à ces taux exhorbitants ?

      Ces dix dernières année l’Etat Français à emprunté à 3,5% avec un taux directeur de la BCE de 1% (ce qui induit un retour d’au moins 0,5% au Trésor) pour une inflation de 2% en moyenne soit un taux réel d’au plus 1% et vous trouvez ça exorbitant.

      Vous croyez vraiment que c’est ce 1% qui peut changer les choses ?


      • epapel epapel 20 février 2012 22:27

        J’en arrive alors au coeur du sujet : il nous faut revenir à l’équilibre budgétaire pour nous donner les moyens de lutter contre le chômage massif (qui est aujourd’hui en france, ai-je besoin de le rappeler, proche de 10% de la population active)

        C’est en partie la lutte contre le chômage au travers des réductions de charges et des niches fiscales (50 milliards annuels) qui ont aggravé voire crée les déficits. Alors comment faites vous pour maintenir ces subventions sans réduire les autres dépenses de l’État et sans augmenter la dette ?


        • epapel epapel 20 février 2012 22:46

          Les solutions théorisées par John Maynard Keynes après la crise de 1929, à savoir relance de la consommation par une intervention accrue de l’état dans l’économie en pratiquant notamment des politiques de grands travaux, deviennent caduques car elles sont créatrices d’inflation. Alors l’objectif majeur des banques centrales devient la limitation de l’inflation. Hors à l’heure actuelle, ces solutions restent les seules connues pour se sortir d’un contexte de crise économique, et les plans de rigueure budgétaire empêchent purement et simplement l’application de ces politiques, qui nécessitent des emprunts importants de l’état.

          En 1929, cela avait un sens car la consommation et la production avaient chuté de 50% aux USA et de 30% dans le reste des pays développés, le but était de revenir au niveau antérieur en relaçant une machine cassée.

          Mais rien de tel n’est arrivé en Europe depuis 35 ans ni même en 2008-2011, au contraire en France la consommation n’a quasiment jamais cessé d’augmenter, alors comment pouvez-vous espérer relancer ce qui ne s’est jamais ralenti et réparer ce qui n’a pas été cassé ?

          Le problème actuellement, ce n’est pas la consommation mais la production : nous sommes incapables de produire les choses au prix que nous pouvons les acheter du coup nous les importons d’où les délocalisations et le chômage. Dans ce contexte la relance de la consommation consiste à augmenter le pouvoir d’achat et donc les coûts de production ce qui ne changerait rien mis à part l’accélération des délocalisations et l’aggravation du déficit commercial.

          Pour relancer la production, il n’y a que deux solutions :
          1) abaisser les coûts de production en baissant les charges et/où les salaires
          2) mettre des taxes où des quotas à l’importation

          Les deux ont pour conséquence une diminution du niveau de vie du fait que le pouvoir d’achat pour les produits importés diminue ou qu’on est obligé d’acheter plus cher en France. Mais seul le premier est applicable dans le contexte européen et mondial actuel libre-échangiste.



          • epapel epapel 20 février 2012 23:07

            Ainsi, pendant ces dernières décennies, les états ont beaucoup emprunté, pour soutenir la croissance et limiter le chômage, et les banques centrales ont fait monter les taux d’intérêts pour limiter l’inflation, favorisant par ce biais le financement des entreprises par l’action et non plus par l’emprunt bancaire. Ainsi s’explique la situation actuelle, à laquelle personne ne semble avoir de solution.

            C’est vrai pour l’emprunt sauf en ce qui concerne les taux d’intérêts, car nous n’aurions pas pu emprunter massivement si les taux réels avaient été élevés comme le démontre l’exemple de la Grèce entre avant (taux élevés) et après l’entrée dans la zone euro (taux plus bas jusqu’à la faillite). La vérité c’est que nous appliquons depuis 35 ans une mauvaise solution au problème de la baisse de la croissance qui est due en grande partie à la tertiairisation de nos économies c’est à dire le développement massif d’activités à faibles gains de productivités sans contrepartie de croissance ailleurs (doublement dans le PIB du secteur santé, retraite, aide à la personne : les vieux et les malades ne travaillent pas et ils sont de plus en plus nombreux).

            D’autre part plusieurs secteurs à fort gain de productivité (5%/an pour l’agriculture depuis 1950), n’ont pas apporté au final un surcroît de richesse car ils sont arrivés aux limites de ce qu’on peut consommer en interne (nourriture, automobile) et qu’on ne peut pas les exporter car trop chers à l’export.


            • yazan 21 février 2012 01:08

              Dépenses en augmentation... Recettes globalement stables... (grosso merdo)... Mais boom des richesses créées... Marre de ce tout libéral (le paramètre nouveau de ces trente dernières années) qui permet de plus en plus à ces richesses créées d’échapper à l’imposition !
              Faciliter la vie à l’investisseur pour qu’il n’investisse et permettent aux vieux leviers de l’économie de s’actionner, ce système est devenu obsolète.
              Les agences de notation notent favorablement les subprimes en leur temps et dégradent les notes des états européens sous le coup d’attaques spéculatives contre l’euro ? A qui profite le crime ?
              La troisième guerre mondiale sera économique (ou ne sera pas) ? Quelles lois pour prévenir de crimes de guerre d’un genre nouveau ?
              Cela peut être assez violent, mais à la guerre comme à la guerre : Faut il pénaliser la spéculation toxique ?


              • AmerPierre AmerPierre 26 février 2012 18:48

                Le but de cet article n’est que de poser des questions pour susciter un débat. C’est en posant les bonnes questions que l’on peut avancer vers des solutions. Je n’y argumente pas sur mes opinions, j’essaye simplement de poser le contexte et la problématique. Le peu de réactions à cet article me fais tirer des leçons et je prépare des articles plus construits et mieux documentés. Cher epapel, je suis au regret de vous dire que je ne pense pas que vos réactions aient beaucoup contribué à élever le débat, puisque dans l’ensemble elle vont dans mon sens, à savoir que le problème actuellement dépasse les théories sur lesquelles nous nous somme basé jusqu’aujourd’hui. Cependant je ne conteste pas l’exactitude de vos chiffres.

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