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Accueil du site > Actualités > Economie > Les PME créent-elles vraiment de l’emploi ?

Les PME créent-elles vraiment de l’emploi ?

Affirmer que ce sont les petites entreprises qui créent de l’emploi est très vraisemblablement un déni de réalité et un vœu pieux... du moins pour l'instant !

Je viens de tomber dernièrement sur une étude statistique qui vient à contre-courant de ce qui est couramment affirmé : « Depuis trente ans, les grandes entreprises concentrent de plus en plus d’emplois », voilà ce que titrait l’INSEE dans une analyse parue en avril 2010. (1)

Je cite les conclusions de cette étude : « Les salariés du secteur privé travaillent aujourd’hui dans des entreprises plus grandes qu’il y a trente ans, quel que soit le secteur d’activité. Cette évolution s’est faite au détriment des entreprises de taille moyenne, alors que les petites entreprises concentrent toujours autant de salariés.  »

En effet, il y était montré qu’entre 1985 et 2006, la part des entreprises de plus de 5000 salariés était passée de 17 à 21%, et celle des entreprises de 1000 à 5000, de 10 à 12%, alors que la part des entreprises petites et moyennes (de 20 à 1000 salariés) passait de 43 à 36 %, les très petites entreprises (moins de 19 salariés) restant stables. (voir le tableau ci-joint)

Par contre, l‘observation s’inversait, si l’on analysait non plus la taille des entreprises, mais celle des établissements. Toujours selon cette étude, « cette situation résulte de deux mouvement opposés : baisse de l’emploi dans les grands sites industriels, forte progression de l’emploi dans le secteur des services au sein de petits établissements. Dans le commerce de détail, les points de vente prennent de plus en plus d’ampleur avec le développement des grandes surfaces.  »

Dernière observation faite, ce mouvement est vrai dans tous les secteurs : la croissance s’observe aussi bien dans l’industrie manufacturière que dans les services opérationnels, le commerce de détail ou le conseil et l’assistance. Notons toutefois que la croissance dans l’industrie manufacturière est plus lente, probablement car elle partait déjà d’un point élevé : après une baisse faible entre 1985 et 1990, la part des entreprises de plus de 1000 salariés passe ensuite de 40 à 45 %. (voir le graphe ci-joint).

Mais dès lors, pourquoi affirme-t-on de partout que ce sont les petites entreprises qui créent de l’emploi et les grandes qui le détruisent ?

Dommage de ne pas disposer d’une actualisation de cette étude…

En me plongeant dans les statistiques plus récentes de l’INSEE et accessibles en ligne, je n’ai trouvé que celles issues de la base ESANE et qui ne sont pas être regroupées, selon la même méthode. Impossible donc de raccorder les deux.

Ces données issues de ESANE (1) portent sur les années 2009 et 2010 et amènent toutefois un regard complémentaire intéressant (voir le tableau ci-joint (2)).

Deux observations globales :

- Si l’on y compare les années 2009 et 2010, on voit que le nombre de salariés n’a diminué que dans les entreprises de moins de 10 salariés, alors qu’il était stable dans celle de 10 à 20 salariés, et progressait de 4% dans celle de 20 à 249 salariés, et de 8% dans celle de plus de 250 salariés (4).

- Si, au lieu de s’intéresser au nombre de salariés, on regarde le nombre équivalent temps plein, la photographie change sensiblement : seules les entreprises de 10 à 19 salariés voient leurs effectifs baisser (de 3%), alors que toutes autres catégories progressent légèrement (de 1 à 2%).

L’analyse par secteur d’activité montre l’évolution atypique du secteur « activités spécialisées, scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien » : on y constate une forte progression des entreprises de 10 à 249 salariés, tant en nombre de salariés (+11 et +17%) qu’en équivalent temps plein (+10 et +12%). Les plus grandes entreprises ont une très forte progression de l’effectif salarié (+42%), mais une stagnation de l’équivalent temps plein.

Donc ces données semblent bien prolonger ce qui avait été analysé entre 1985 et 2006, et, à tout le moins, on ne voit pas une création d’emploi dans les petites entreprises. Pour aller plus en avant, il faudrait pouvoir raccorder les deux séries statistiques, et ventiler la catégorie des entreprises de plus de 250 salariés en introduisant les seuils de 1000 et 5000 salariés.

Mais à y bien réfléchir, est-ce si surprenant de ne pas retrouver de croissance nette de l’emploi dans les petites entreprises, quand on sait le nombre de disparitions annuelles et combien les emplois y sont souvent vulnérables.

Regardons par exemple le cas des entreprises créés, et leur taux de survie en fonction de leur nombre d’années d’existence. L’INSEE a publié une étude sur la survie des entreprises créées en 2002 et en 2006 (5) : au bout de 3 ans, 1/3 des entreprises ont disparu ; au bout de 5 ans, la moitié.

Une autre étude (6) donne plus d’éléments d’analyse sur les entreprises créées en 2006, en précisant quel est leur taux de survie à 3 ans en fonction de leur taille initiale. A la lecture de ce tableau, il semble que la vulnérabilité augmente avec la taille initiale…

Ceci donne une idée de la vulnérabilité initiale des entreprises. Il faudrait pour être complet savoir si les entreprises ayant survécu se sont développées – ce qui est probable –, et combien elles ont créées d’emploi.

De ce tour d’horizon malheureusement trop superficiel, il ressort que l’affirmation « ce sont les petites entreprises qui créent des emplois » mériterait pour le moins d’être démontrée, et semble bien être largement fausse. Si les statistiques montrent qu’elles embauchent effectivement, on oublie de tenir compte de la durabilité de ces emplois, et inclure combien sont détruits en même temps par d’autres petites entreprises. Si les petites entreprises créaient durablement de l’emploi, on verrait alors leur part relative s’accroître dans la répartition de l’emploi.

Je reste convaincu que la réelle relance d’une dynamique de l’emploi repose beaucoup plus sur le développement des entreprises moyennes, et plutôt des « grandes moyennes », c’est-à-dire celles qui ont plus de 500 emplois.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire il y a presqu’un an (voir « Faut-il que les PME financent les grandes entreprises ?  » et « Qui arrêtera l’hémorragie financière des PME françaises ?  »), c’est là où le tissu industriel français est fragile. Vouloir les conforter demanderait de s’attaquer enfin au problème du crédit inter-entreprises qui pompe la trésorerie des petites entreprises industrielles – ce au profit de la distribution, des grands donneurs d’ordre… et des banques qui financent leur besoin de trésorerie correspondant…

D’ici-là, affirmer que ce sont les petites entreprises qui créent de l’emploi, est très vraisemblablement un déni de réalité et un vœu pieux… pour l’instant.

(3) Il suffit de double-cliquer sur le tableau pour en avoir une version agrandie et donc plus lisible

(4) Malheureusement cette catégorie n’est pas éclatée plus finement


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36 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 16 octobre 2012 12:42

    Si vos chiffres sont vrais (on fait dire ce que l’on veut aux statistiques ?) c’est une catastrophe annoncée et dans ce cas : courage ! fuyons !


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 12:46

      Je crois que ces chiffres sont tout à fait exacts : ils proviennent de l’INSEE. J’ai une formation scientifique (et même en probabilité à l’origine), et je ne les aurai pas repris s’ils me semblaient inexacts ou non significatifs.

      Je ne pense pas qu’il faille fuir... mais cela montre qu’il y a du travail à faire si l’on veut que vraiment le tissu industriel français se renouvelle...

    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 13:44

      On a maintenant tous les jours des suppots de la grande Banque qui viennent sur Agoravox nous déverser leur cathéchisme. Répondons-lui tranquilement :
      La France est en train de crever de ces grandes entreprises dont les dirigeants sont comme par hasard de la même école que les politiques, et qui sortent des produits de merde, mais de belle facture. Citons en vrac.
      - Le Concorde, qu’on n’a pas réussi à vendre.
      - Le paquebot France, qu’on n’a pas réussi à vendre.
      - Les centrales nucléaires, qu’on n’arrive pas à vendre.
      - Le Rafale, qu’on n’arrive pas à vendre.
      - Le TGV, qu’on n’arrive pas à vendre.
      etc.

      CONTINUONS A PENSER TOUJOURS LA MEME CHOSE. BRAVO LES GRANDES ENTREPRISES ! smiley


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 14:28

      Je ne suis le suppôt de personne, et je fournis simplement une information brute qu’il est bon de connaître.

      Je suis le premier à regretter que l’on ne mène pas une réelle politique en faveur des PME, et singulièrement des entreprises moyennes. J’ai eu l’occasion d’écrire plusieurs articles sur ce sujet, ici, sur le site des Echos et sur mon blog.
      Sans elles, il n’y aura pas de renouvellement des entreprises, ni des entrepreneurs.

    • Yvance77 16 octobre 2012 14:33

      « mais cela montre qu’il y a du travail à faire si l’on veut que vraiment le tissu industriel français se renouvelle... »

      Bonjour,

      Je crois que tout est dit dans la citation de l’auteur ci-dessus. Car la réponse est bête : NON ils ne le veulent pas.

      Pourquoi nos faiseurs d’argent le voudraient-ils du reste ! En millisecondes de nos jours, ils jouent dans un casino virtuel (les bourses) et se les font plaquée platine. Des fortunes colossales se font donc très aisément.

      Revenir dans le tissu industriel, c’est long, peu rentable, des gens revendiquent font la grève etc... pourquoi se gêner avec les gueux dès lors ? Et les politiques assistent à cela impuissants qu’ils sont...

      L’avenir on doit le violer si l’on veut un poil de soleil pour nous... cela est certain !


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 14:38

      Non je ne crois pas que le viol soit une solution, ni qu’il faille se contenter de ne rien faire.

      Il est possible de mener une autre politique sans procéder à une « révolution ». Les politiques menées dans d’autres pays le montrent.
      La 1ère chose à faire serait de modifier notre droit pour que le transfert de propriété ait lieu au paiement et non pas à la livraison. Ceci aurait pour conséquence de mécaniquement, raccourcir les délais de paiement, donc le crédit inter-entreprises, et effectuer un transfert massif de trésorerie depuis la distribution et les grandes entreprises, vers les PME (voir mes articles voir « Faut-il que les PME financent les grandes entreprises ?  » et « Qui arrêtera l’hémorragie financière des PME françaises ?  »),

    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 14:58

      « Je suis le premier à regretter que l’on ne mène pas une réelle politique en faveur des PME, »

      Ah bon ? Alors pourquoi tout votre article dit l’inverse ? Ce n’est pas vous qui l’avez écrit ? smiley


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 15:00

      Evidemment que c’est moi qui ai écrit cet article.

      Dans cet article, je ne prends pas position en faveur des grandes entreprises, je constate qu’elles se développent selon les statistiques de l’INSEE, ce qui est cohérent avec une politique qui leur est favorable.

    • fb 16 octobre 2012 15:01

      Euh... je ne voudrais pas dire mais si le paiement se faisait à la livraison cela se saurait. Et puis on pourrait aussi parler des marges arrières. L’économie réelle est gangrenée par les nuisibles (financiers, grande distribution...), si les chiffres statiques sont justes, la dynamiques est elle impulsée par les TPE et les PME ; sans mouvement, pas de vie.
      La question sous-jacente, mais que vous ne posez pas, c’est pourquoi a-t-on un solde négatif de création d’emploi ? Et là ce n’est pas un problème de TPE/PME/ETI.


    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 15:14

      En lisant votre bio : Je suis conseil de direction depuis 1988, d’abord au sein de grands cabinets internationaux - Senior Partner de Bossard Consultants, Vice Président de Mercer Management Consulting -, puis depuis dix ans en indépendant. "

      Si vous n’êtes pas le suppôt de la Banque, personne ne l’est.


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 15:20

      eh oui, je parle à la première personne, cad en disant qui je suis et d’où je viens... ce qui n’est malheureusement pas le cas de tout le monde, et notamment pas du vôtre. Je ne sais donc pas à qui je parle...

      Ceci écrit, mon expérience professionnelle et les choix que j’ai faits témoignent au contraire de mon indépendance d’esprit : j’ai choisi d’être libre en tout connaissance de cause, et de prendre le risque de ne dépendre d’aucun lobby, ni d’aucune institution... banque ou autre...
      Ce point est facile à vérifier me concernant !

    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 15:25

      @fb

      Précisément si le paiement était fait à la livraison cela se saurait et changerait tout !
      Pour votre information, c’est le cas des pays anglo-saxons, car le transfert de propriété n’est pas fait à la livraison comme en France, mais au paiement. Ceci explique largement pourquoi il y Allemagne : en France, elles ne peuvent pas grandir, car leur bénéfice est mangé par le besoin de trésorerie, lié au délai de paiement.
      Quant à pourquoi ce solde négatif, ma réponse personnelle est liée à l’existence du crédit interentreprises, qui fait que ce sont de fait les PME qui financent la distribution, les grandes entreprises et les banques

    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 16:15

      L’auteur « j’ai choisi d’être libre en tout connaissance de cause, »

      Sauf que vous êtes payé par les grandes entreprises et comme par hasard, vous les défendez contre les PME. Quel hasard ! Comme vous êtes libre ! smiley


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 16:17

      Qui vous dit que je suis aujourd’hui payé par les grandes entreprises ?


    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 20:01

      Votre métier. Qui vous paye ?


    • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 20:19

      Je suis essentiellement écrivain maintenant, donc ce sont déjà ceux qui me lisent !



    • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 21:34

      Votre bio dit l’inverse de ce que vous me dites maintenant. Vous nous mentez quelques part. Je répète ma question : pour qui roulez-vous ?


    • HELIOS HELIOS 16 octobre 2012 14:17

      ...les entreprises c’est comme la taille des voitures, a chaque génération elles prennent du poids et de la taille !

      Une entreprise qui marche, croit et grandi... et rapidement, pour beaucoup de raisons dont il serait interressant que l’on en parle, s’associent, fusionnent ou se font bouffer par une plus grande.

      Mais lorsque deux entreprises fusionnent, quel que soit le mode administratif de la fusion, ce n’est pas pour conserver ses effectifs, c’est pour les diminuer.
      Donc il est normal dans ce contexte de constater que plus les entreprises grandissent, plus elles sont pourvoyeuses d’emplois par leur croissance externe... sauf que si on observe la dynamique, on s’aperçoit que le taux CA ou la marge augmente par employé (donc optimisation et rentabilité) et donc diminue l’emploi.

      ... et puis, les entreprises naissent petites.... donc ce sont bien les pme ui generent de l’emploi !


      • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 14:31

        Je partage sur le principe votre raisonnement et c’est pourquoi je suis favorable au développement des PME. 

        Mais si les PME créaient réellement de l’emploi (plus qu’elles n’en détruisaient pas disparition), a minima leur poids dans l’économie se maintiendrait, ce qui ne semble pas le cas.
        Il y a donc bien un phénomène de concentration et un manque de renouvellement...

      • La mouche du coche La mouche du coche 16 octobre 2012 21:36

        C’est plutôt votre raisonnement qui manque de renouvellement. Vous n’en avez pas marre de pensez la même chose que lorsque vous étiez étudiant ?


      • Romain Desbois 18 octobre 2012 14:32

        Il y a quand même un besoin de confiance dans l’avenir.

        C’est ce qui manque je pense actuellement dans les PME.

        Parce qu’essayer d’avoir un ramoneur avant six mois, un plombier avant 3 semaines ou ne serait ce que trouver un antenniste ou un couvreur.

        Ca devient un parcours du combattant.


      • plexus plexus 16 octobre 2012 16:28

        Merci pour votre belle démonstration, et la solution que vous proposez, c. à d. développer les facilités financières des PME.
        C’est exactement comme cela qu’on en arrive à de très belles décisions politiques.
        Nombre de créations de grosses entreprises ne créent pas d’emplois : elles en bouffent.
        Vous citez la grande distribution, mais étudiez une zone où s’est créé un hyper, avec X emplois à la clé, et comptez les petits commerces qui subsistent, et ceux qui ont disparu ?
        Un boucher, qui vivait en traitant 2 carcasses de boeuf par semaine, doit fermer boutique etc
        Evidemment, me direz-vous, cela profite à la population, car la grande surface fait baisser les prix, et, donc, améliore le niveau de vie.
        Sans rire ? En tout cas, le niveau de vie des grands dirigeants s’est amélioré, au profit des paradis fiscaux, ça, c’est sûr.
        On a tenté de limiter la casse avec les Conseils Départementaux du Commerce...on sait très bien comment ça se passe.
        Autres mesures idiotes des princes qui nous gouvernent, et qui on prêté la main à la concentration du BTP, avec une hémorragie de TPE et PME, « pour constituer de grands groupes de taille critique » qui absorberaient de grands chantiers internationaux.
        Billevesées, combien d’emplois directs ont été détruits, combien d’emplois induits ?
        Alors, on se réjouit par la création de nombreuses entreprises individuelles, souvent de braves et pauvres diables qui ont cédé au mirage « d’être patron ».
        La « casse » apparaîtra dans vos statistiques.
        Alors votre remède, développer le crédit aux PME : je vois très bien le banquier dire : je sais que vous perdez de l’argent, mais je vous prête quand même des sous parceque le gouvernement l’a dit.
        Croiriez vous au Père Noël ?
        Concrètement, connaissez vous les formalités et leur durée pour cré&er une entreprise, tant auprès de l’ADMINISTRATION que des FORMATIONS CONSULAIRES qui ne sont pas en reste ?
        Connaissez vous le casse-tête des innombrables paperasses et règlements à remplir ?
        Un patron, c’est comme quelqu’un d’autre : à partir du moment où la somme de ses enquiquinements dépasse le profit qu’il en retire, il se CASSE, et va s’embaucher chez un autre patron, qui aura l’infrastructure lui permettant de surnager.
        Et, avec votre très bel esprit scientifique, vous direz : une fois de plus, c’est la grande entreprise qui a créé UN EMPLOI.
        Il serait temps de voir les choses en face, les réalités du terrain.
        A votre disposition, par exemple pour parler des glorieuses 35 h 00, et de la façon dont ça s’est passé, avec le déficit comblé par le fric de la sécu.
        Pourtant, logiquement, naturellement, forcément, ça devait « marcher ».
        Sauf que ces brillants promoteurs avaient complétement ignoré un phénomène pourtant bien connu, enseigné en première année de fac : l’ELASTICITE.
        Cordiales salutations. Et faites de beaux rêves.


        • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 16:37

          Quelques précisions :

          - Je ne propose pas de développer le crédit aux PME, mais de modifier le droit des affaires pour organiser le transfert de propriété au paiement et non plus à la livraison (comme c’est le cas en droit en anglo-saxon). Ceci va mécaniquement raccourcir les délais de paiement et diminuer les besoins de financement des PME : ceci se traduira par l’arrêt de transfert de ressources des PME vers la distribution (qui est elle payée comptant par ses clients) et les grands groupes (qui se financent sur le dos de leurs sous-traitants). C’est ceci que l’on appelle le crédit interentreprises. Sa résorption évitera aux PME d’aller chercher des crédits de trésorerie auprès des banques, crédits qui sont au mieux onéreux, au pire qu’elles n’obtiennent pas (dès que leur taille devient très supérieure au patrimoine du dirigeant).
          - J’ai été de 1979 à 1981 chargé de mission à la Délégation à la PMI et est participé à l’écriture de mesures de simplification pour la création d’entreprises, mesures jamais réellement mises en oeuvre. J’ai été de 1981 à 1984 administrateur de l’Agence pour la Création d’Entreprises (au titre de la DATAR), et rien n’a toujours été fait (j’en fait amende honorable, mais j’étais bien jeune et ignare alors...)
          - J’ai créé plusieurs entreprises personnelles et je connais la complexité du parcours.

          Donc tout ce que j’écris, je le fais en connaissance de cause, et ce ne sont pas des rêves : c’est faisable si on le voulait bien...

        • ecolittoral ecolittoral 16 octobre 2012 19:27

          Et si on parlait de l’élimination de la concurrence ?

          Je suis une grosse boîte. Je commande à un petit concurrent ou un sous traitant. 
          J’oublie de le payer. Les mois passent, le concurrent coule j’achète et je liquide.
          C’est une pratique classique dans tous les secteurs d’activités.
          Les très grosses boîtes ont les reins assez solides pour faire traîner les affaires.
          Elles peuvent s’implanter, casser les prix pendant deux ou trois ans et récupérer les marchés.
          Les PME peuvent survivre à condition de ne pas faire de l’ombre aux plus grosses.
          C’est ce que je constate depuis les années 70. C’est toujours d’actualité.
          Les politiques, les banques, les marchés, les institutions européennes fonctionnent de cette façon. Comme les PME ferment, les nouveaux inactifs(?)consomment moins, les marchés s’assèchent.
          C’est ce qu’on appelle à tort une crise. C’est ce que j’appelle de l’autophagie ou du suicide.

          • eau-du-robinet eau-du-robinet 16 octobre 2012 19:56

            — début de citation —
            Les PME créent-elles vraiment de l’emploi ?
            — fin de citation —

            Ils s’avère que des nombreux secteurs ont été avalé par des grosses entreprises voire des multinationales durant les dernières décennies, bref des sociétés qui sont coté en bourse pour la grande majorité entre elles.

            Les grandes entreprises sont plus favorisées que les petites par le système d’imposition.

            Une étude portent le titre « Le taux de taxation implicite des bénéfices en France » nous à livré les informations suivantes :

            Au titre de 2007, le taux implicite varie de 39 % pour les PME (de 10 à 249 salariés) à 19 % pour les grandes entreprises (de 5 000 salariés et plus).
            Le taux implicite d’imposition des micro-entreprises (de moins de 10 salariés) s’établit à 37 % et celui des entreprises de taille intermédiaire (ETI) se situe, lui, dans la moyenne, à 28 %. Dans cette décomposition, les entreprises considérées font l’objet d’une consolidation au niveau des groupes fiscaux :
            une PME détenue par un grand groupe apparaît ainsi dans la catégorie des grandes entreprises.

            En France, seules les PME créent de l’emploi

            Sur les dix dernières années, elles ont créé plus de 600.000 emplois net, tandis que le nombre de postes dans les grands groupes est resté relativement stable.

            Les PME et très petites entreprises françaises ont représenté la quasi-totalité des créations nettes d’emplois salariés du secteur privé ces dix dernières années mais contribuent toujours trop peu aux exportations, selon une étude du cabinet KPMG dévoilée jeudi 31 mai.

            Plus de 600.000 emplois net ont été créés sur cette période par les entreprises de moins de 500 salariés, répartis à peu près à égalité entre les société de moins de 20 salariés et celles de 20 à 499, précise l’étude réalisée en vue du 10e salon Planète PME prévu le 28 juin.

            Ce qui suit est aussi très intéressant :

            — début de citation —
            Les PME championnes de la création d’emplois en Europe

            Les PME ont créé 85% des emplois dans l’Union européenne entre 2002 et 2010, selon une étude publiée le 16 janvier par la Commission Européenne. Elles sont toutefois plus fragiles que les grandes entreprises face à la crise. Explications.

            Les PME ont assuré 85% des créations nettes d’emplois dans l’Union Européenne entre 2002 et 2010. C’est le constat que dresse la Commission Européenne dans une étude publiée le 16 janvier dernier. La Commission souligne par ailleurs que la croissance annuelle de l’emploi des PME s’eleve à 1%, contre 0,5% pour les grandes entreprises. Tous secteurs confondus.

            Seule exception à la règle : le secteur du commerce dont l’emploi dans les PME n’a augmenté « que » de 0,7% alors que les grandes entreprises créaient, elles, 2,2% d’emplois sur la période, notamment dans la vente, l’entretien et la réparation automobile. Une croissance tirée par la consommation de masse.
            — fin de citation —

            Les PME ont créé 85 % de l’emploi dans l’Union européenne entre 2002 et 2010

            Je pense d’avoir apporté la preuve pour contredire votre tentative de semer un doute.

            http://ec.europa.eu/enterprise/policies/sme/facts-figures-analysis/performance-review/files/supporting-documents/2012/do-smes-create-more-and-better-jobs_en.pdf


            • eau-du-robinet eau-du-robinet 16 octobre 2012 20:19

              Je poste de nouveau le lien

              Le taux de taxation implicite des bénéfices en France

              qui ne fonctionne pas dans mon précedent message


            • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 20:27

              Si les PME sont les reines de la création nette d’emploi en France, pouvez-vous m’expliquer pourquoi ceci ne se traduit pas dans les statistiques de l’INSEE ?

              Enfin si les PME avait créé effectivement 85% des emplois en France (comme vous l’annoncez pour l’Europe), comment cela ne se verrait pas dans les chiffres !

              Je pense que l’on oublie de tenir compte de la disparition des emplois créés par les PME...

              Pour être clair, je ne défends aucune thèse, et ai été moi-même surpris de ce que j’ai trouvé.
              Mais à la réflexion, ceci ne m’étonne pas, compte-tenu de la politique économique française qui est systématiquement favorable aux grandes entreprises depuis des décennies (taux d’imposition, cédait interentreprises, système d’aides...). Etant un ancien de la Délégation à la PMI et de la DATAR, je parle sur ces derniers points en connaissance de cause : j’avais alors soulevé ces questions, et depuis rien n’a changé.


            • eau-du-robinet eau-du-robinet 16 octobre 2012 20:56

              Ouups voire ma réponse en dessous ( 16 octobre 20:53 )


            • eau-du-robinet eau-du-robinet 16 octobre 2012 20:53

              Bonsoir Robert,

              — début de citation —
              En effet, il y était montré qu’entre 1985 et 2006, la part des entreprises de plus de 5000 salariés était passée de 17 à 21%, et celle des entreprises de 1000 à 5000, de 10 à 12%, alors que la part des entreprises petites et moyennes (de 20 à 1000 salariés) passait de 43 à 36 %, les très petites entreprises (moins de 19 salariés) restant stables. (voir le tableau ci-joint)
              — fin de citation —

              Dans les statistiques que vous avez publié apparait l’évolution des effectifs !
              Cela veut dire que les grandes entreprises ont grandit, mais souvent en absorbent les PME’s !

              Pour moi une absorption n’est pas une création d’emploi mais un « simple agrandissement » des moyens et de l’effectif.

              Ceux qui créant le plus d’emplois sont les PME’s ... Les grandes entreprises sont surtout des « aspirateurs » de PME’s avant d’être créateur d’emploi ....

              Peut-être je me trompe complètement (mea culpa en avance) , je suis un simple informaticien, mais je ne vois pas d’autre explication pour lier les chiffres de l’INSEE que je ne conteste pas avec les informations que j’ai fournis dans mon précédent message.


              • Robert Branche Robert Branche 16 octobre 2012 20:57

                Peut-être mais je reste surpris que cette absorption d’entreprises moyennes soit à ce point importante...

                Tout ceci mériterait une analyse ad-hoc faite par l’INSEE et l’Unedic pour étudier précisément où se créent les emplois, et quelle est la durabilité de ces emplois. Il faudrait aussi distinguer entre les emplois à temps partiel des autres...

              • eau-du-robinet eau-du-robinet 16 octobre 2012 21:14

                Je fait une nouvelle petite recherche :

                Voici un exemples d’une grande société ayant absorbé d’autres sociétés
                google

                C’est impressionant ...

                Les groupes absorbent des sociétés à fort potentiel

                Parmi les sociétés indépendantes de 20 à 500 salariés en 1999, un tiers se retrouvent contrôlées par un groupe en 2003.

                source : INSEE


              • titi 16 octobre 2012 22:59

                Ce que je trouve surtout interessant c’est de voir l’évolution de l’emploi « marchand’ par rapport à l’emploi »industriel« .
                Cette évolution prouve que parler de »redressement productif« de »relocalisation" c’est vraiment du grand n’importe quoi : le vivier d’emplois n’est pas à vouloir produir la même chose que les chinois, c’est de vendre ce que produisent les chinois.


                • Leo Le Sage 18 octobre 2012 08:28

                  @AUTEUR/Robert Branche
                  Pas besoin d’être un expert ès statistique pour comprendre que les PME ne peuvent pas créer de l’emploi.
                  Il faut une certaine dynamique une vision du long terme pour pouvoir le vouloir.

                  Les statistiques n’expliquent pas tout, mais c’est une bonne référence. Là je suis d’accord avec vous.

                  La France ne crée pas d’emploi notamment du côté des PME parce qu’il n’y a pas de politique industrielle et c’est tout.
                  Dans le passé je ne le savais pas donc lorsque j’avais constaté que le tissu industriel est très faible, je me suis posé des questions.
                  L’essentielle de la politique était de favoriser l’émergence de grands groupes [airbus, etc.] pour contrer les USA par exemple.
                  Mais on ne s’est pas vraiment posé la question des PME comme acteurs économiques majeurs.

                  C’est cette année que l’on commence à s’y pencher sérieusement à ce que j’ai compris.
                  Le fait de tenter de créer un guichet unique des financements est un bon début.
                  Mais ce n’est pas suffisant.
                  Ce sont le droit du travail et surtout des affaires qu’il faudrait revoir et remettre à plat, par exemple.

                  Autre écueil de taille : l’esprit entrepreunarial n’est pas dans la mentalité française.
                  On devrait se poser les questions du style : « pourquoi les USa même lorsqu’ils vont très mal s’en sortent toujours ? »

                  Un autre soucis non négligeable : Les PME n’innovent pas beaucoup parce qu’ils n’ont pas les financements pour cela.
                  Le manque d’innovation a au moins deux effets pervers :
                  1/ freiner la compétitivité
                  2/ faire fuir les cerveaux sous d’autres cieux
                  ex :
                  Pourquoi les grecs malgré le mécontentement des allemands, préfèrent aller travailler en Allemagne plutôt qu’en France ?
                  Pourquoi beaucoup de français compétents s’expatrient systèmatiquement ?
                  etc.

                   
                  Cordialement

                  Leo Le Sage
                  (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


                  • Romain Desbois 18 octobre 2012 08:44

                    Une solution serait efficace rapidement, c’est généraliser les délais de paiement à 1 mois au lieu de 2 voire 3 aujourd’hui.

                    Ce sont les PME qui portent le poids de devoir avancer leur production avant d’être payer alors que la grande distribution engrange les recettes trois mois avant de les payés.

                    C’est un cercle vicieux qui touchent toute la chaîne des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.

                    En 2010, 75% des entreprises qui ont déposés le bilan avaient en souffrance des commandes non payées au moins l’équivalent de leurs dettes !!!!!


                  • Robert Branche Robert Branche 18 octobre 2012 08:50

                    C’est déjà théoriquement le cas, mais n’est pas appliqué car le rapport de force n’est pas en faveur des PME, et elles ne vont pas de mettre à dos un client ou un donneur d’ordre, au risque de perdre les commandes futures.

                    Le plus efficace est réellement la modification du droit des affaires, en faisant que le transfert de propriété soit au paiement et non plus à la livraison : les distributeurs ou les donneurs d’ordre ne pourraient plus revendre quelque chose qui ne leur appartiendraient pas, et seraient mécaniquement contraints à payer à moins d’un mois, cad à un quasi-comptant (comme c’est le cas dans les pays anglo-saxons)

                  • L'enfoiré L’enfoiré 18 octobre 2012 10:02
                    Bonjour,
                     Je reprends une phrase que j’ai ajoutée à la suite d’un article qui a dû émouvoir quelques Français au vu de sa fréquentation :
                    « Moi, entrepreneur » criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de « Merci patron » qui deviendrait plutôt, « Merci, partons ». 

                    En effet, la France ne crée pas d’emploi notamment du côté des PME parce qu’il n’y a pas de politique industrielle et c’est tout. Et Pattick Robin que j’ai vu à France24 le disait bien.
                    Je n’ai pas les statistiques pour la Belgique. Mais les PME sont dans l’esprit des politiques comme pierre philosophales contre la crise.
                    La situation n’est pas la même, l’exiguïté du territoire, les entreprises qui sont plus décentralisées, les grosses entreprises étant plutôt des entreprises étrangères qui se sont installées chez nous pour récolter les intérêts notionnelles.


                     « pourquoi les USa même lorsqu’ils vont très mal s’en sortent toujours ? »
                    Très simple. Pour eux, rebondir est un must. Faire faillite est presque naturel. Beaucoup d’entrepreneurs en ont quelques unes à leur actif. Regarder comment ils ont réagit au 11/9/2001. On a reconstruit des tours, à notre grand étonnement.


                    « Un autre soucis non négligeable : Les PME n’innovent pas beaucoup parce qu’ils n’ont pas les financements pour cela. »

                    Exact. J’ai travaillé dans de très petites entreprises et une grosse multinationale.
                    Les petites entreprises sont face à une contrat important, il faut engager en catastrophe. Dès que le contrat est terminé, ce nouveau personnel se retrouve en jachère avant un nouveau contrat.


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