Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Les privatisations sont-elles une bonne chose ?

Les privatisations sont-elles une bonne chose ?

Le débat sur la privatisation de GDF au travers de son éventuelle fusion avec SUEZ fait rage... Pour tout un chacun, notre ministre de l’économie et des finances étant de droite et ancien grand patron de Thomson et France Télécom, il est "libéral" (avec tous les sous-entendus péjoratifs qui s’y attachent dans notre cher pays) et donc : "un libéral, ça privatise" et "privatiser, c’est de droite".

La vraie question, que se pose le "libéral pur beurre" que je suis, n’est pas celle-ci. Celle que j’adresse en rédigeant ce "post" est plutôt : les privatisations sont-elles à la fois une bonne chose pour les finances de notre pays et sont-elles menées suivant les bons principes ?

Je ne parlerai pas ici d’EDF et GDF car ces privatisations sont fortement corrélées à la déréglementation du marché de l’énergie, sujet qui, à lui seul, justifierait un long "post". Je prendrai donc plutôt l’exemple des sociétés autoroutières ASF, APRR et SANEF ainsi que l’aéroportuaire ADP.

Les trois autoroutières ont le même format : elles perçoivent les péages d’autoroutes (qui constituent l’essentiel de leurs revenus), elles "entretiennent, rénovent et achèvent" le réseau dont elles ont la charge et elles remboursent leur importante dette héritage de la construction des dits réseaux. Elles sont fortement bénéficiaires et amenées à l’être de plus en plus sauf à ce qu’on leur demande de construire de nouveaux réseaux (ce qui ne fait pas partie du cahier des charges de leurs contrats de concession qui prennent fin vers 2032).

Leurs entrées en Bourse remontent à 2002 pour les ASF (décision de L. Fabius) et à fin 2004 et début 2005 pour APRR et SANEF (oeuvre de N. Sarkozy). Avant que Thierry B. ne soit nommé ministre des finances, nous avions donc 3 sociétés autoroutières cotées en bourse dont l’actionnaire majoritaire était l’État qui, soit dit en passant, n’avait pas récupéré grand chose de ce début de privatisation (2 milliards environ en 2002 pour ASF et rien pour les 2 autres puisqu’il s’agissait d’augmentations de capital et non de cessions d’actions).

Les bénéfices d’une telle situation sont maigres : à peine peut-on penser qu’en passant du statut d’entreprise 100% publique à celui de "public company" (au sens anglo-saxon du terme à savoir "société cotée en bourse"), la gestion de ces sociétés se doit d’être un peu plus rigoureuse et orientée vers une meilleure performance économique.

Ceci dit, l’État est à la fois l’actionnaire de contrôle, le bailleur de fonds (la dette est portée par la Caisse Nationale des Autoroutes filiale de la CDC), le signataire du contrat de concession en tant que "concédant" et le régulateur des tarifs (au travers de la Direction des Routes et de la DGCCRF) : de multiples casquettes sources de potentiels conflits d’intérêt qui, à mon avis, ne devraient pas rassurer le petit actionnaire...

Notre Thierry B. décide, lui, de céder entièrement les blocs de contrôle de l’État et en décembre 2005, ASF, APRR et SANEF sont repris respectivement par Vinci, Eiffage et l’espagnol Abertis. Ces cessions rapportent environ 15 milliards d’euros à l’État qui peut également gommer environ 20 milliards de dettes de son bilan consolidé (sommes à comparer à nos 2000 milliards de dette publique...). Du grand art, rendu sympathique par le fait que les petits actionnaires ayant ensuite apporté leurs titres aux offres publiques de retrait (OPR) ont empoché de confortables plus-values (les plus marxisants d’entre nous diront que ces plus-values auraient dû finir dans la poche de notre cher État... ils n’ont pas totalement tort).

Le seul "couac" du processus : l’échec de l’OPR d’APRR par Eiffage (qui n’a que 81% d’APRR contre 95% nécessaires pour forcer un retrait de la bourse) contré qu’il a été par 2 fonds américains et Suédois dont on dit qu’ils sont proches de SACYR (groupe espagnol qui aimerait prendre le contrôle d’Eiffage...). Pas de manque à gagner ici pour l’État français (sauf à ce que les repreneurs aient "factorisé" dans leur prix de rachat le risque d’échec de ces OPR) et peu de péril pour les petits actionnaires encore présents (un an de patience et ils se verront peut-être offrir une somme supérieure à celle reçue par ceux qui ont apporté leurs titres avant avril 2006).

L’opposition a bien évidemment crié au loup dans cette affaire. Le pathétique Bayrou a parlé de "vente des bijoux de famille" et l’affaire de la prime Zacharias (cf Rémunérations des grands patrons) a un peu entaché le dispositif. Je considère cependant ces opérations comme bienvenues (même si on aurait pu éviter le passage par la coûteuse case "bourse") car :

  • L’État s’est désendetté de façon significative ;
  • Le prix payé par les repreneurs semble être le bon (une preuve étant que les fonds d’investissement se sont retirés de la course) ;
  • Ces sociétés autoroutières sont maintenant clairement des fournisseurs-concessionnaires de l’État sans les conflits d’intérêt évidents cités précédemment ;
  • L’État continuera à toucher environ 600-800 millions par an d’impôts et taxes de la part de ces sociétés (sauf à ce que les bénéfices de ces sociétés viennent compenser des foyers de perte au sein des groupes repreneurs ce qui ne semble pas être le cas) ;
  • Leurs concessions s’achevant dans un peu plus de 25 ans, l’État pourra, à cette échéance, au travers du renouvellement de ces contrats faire jouer la concurrence et obtenir soit la construction de nouveaux kilomètres d’autoroute, soit des revenus complémentaires, soit les deux...

On aurait bien sûr pu faire autrement (et peut-être mieux) en se contenant d’"outsourcer" (reprise des moyens mais pas du chiffre d’affaires généré) l’exploitation de ces réseaux autoroutiers auprès des mêmes groupes en obtenant d’eux un coût plus compétitif que celui délivré par nos chères (sens propre et figuré) entreprises publiques, et on aurait ainsi gardé l’essentiel de la valeur économique du côté de l’État : cette approche n’était plus possible dès lors que l’on avait introduit ces sociétés en bourse et surtout l’état de nos finances publiques réclament aujourd’hui de faire l’arbitrage entre "du cash tout de suite" (ce qui a été retenu) et des "recettes régulières" (ce que mon scénario alternatif aurait offert).

Le lecteur doit se dire que je suis un fan de notre ami Thierry B. et que, si c’était simplement pour cela, j’aurais pu éviter de pondre ce "post" laudateur de notre actuel ministre des finances...

En fait les choses se sont gâchées avec l’introduction en bourse de la société ADP (Aéroports de Paris) qui est entrée en bourse récemment. Les 3 principales raisons de mon mécontentement sont les suivantes :

  • Je n’aime vraiment pas ce format d’"entreprise publique cotée" dont l’actionnaire de contrôle est l’État : certes le fait de devoir rendre des comptes aux marchés financiers impose une exigence supérieure à celle d’un simple contrôle par la Cour des Comptes et une vraie stratégie de performance économique mais on ne peut parler de "privatisation", les conflits d’intérêt restent flagrants et ce statut hybride peut amener des aberrations (exemple : lorsque France Telecom en 1999/2000 a fait des acquisitions très coûteuses en "cash" pour que l’État ne soit pas dilué en dessous de 50%) ;
  • Je me méfie des monopoles sans concurrence qui atterrissent dans des mains privées (ce qui arrivera certainement) : en dotant ADP de la possession complète des infrastructures aéroportuaires et du "foncier" sur lequel elles reposent et en ne confinant pas la société à un simple rôle d’exploitant ou de concessionnaire (qui peut donc être remis en concurrence de façon périodique), on se retrouve sur la même trajectoire que les Anglais (avec BAA), trajectoire que les Américains ont jusqu’ici évité à raison ;
  • Les raisons de ce mauvais choix de trajectoire tiennent à la très mauvaise santé financière de l’État : on lève un peu d’argent en bourse pour permettre à ADP de faire les investissements qui sont nécessaires dans les 5 ans à venir : on commence ici à vendre un "bijou de famille" avec une vision très court terme.

Bref, le bilan "privatisation" de notre ministre, sur qui les fonctionnaires de Bercy commencent visiblement à avoir de l’influence, est mitigé et l’étude des cas forts différents des sociétés autoroutières d’un côté, et de ADP d’autre part, montre que 3 règles doivent être respectées :

  1. Privatisation doit rimer avec concurrence (exemples : France Telecom, Air France...) ;
  2. Le modèle de concessions de services publics (à durée limitée) est le seul bon modèle lorsqu’il s’agit de situations durablement monopolistiques (ou équivalentes) ;
  3. L’État lorsqu’il privatise devrait passer directement de 100% de détention à 0% (ou en tout cas, via un scénario clarifié dès l’origine).

A vouloir mettre en place des schémas différents, transitoires et bâtards, on finit toujours par faire des bêtises : celles consécutives de cette fameuse "économie mixte" dont les Français ne se méfient vraiment pas assez ...


Moyenne des avis sur cet article :  4.2/5   (65 votes)




Réagissez à l'article

27 réactions à cet article    


  • Cool Raoul (---.---.56.131) 25 juillet 2006 15:42

    « Privatisation doit rimer avec concurrence », laissez-moi rire !

    Merci de bien vouloir nous expliquer en quoi les sociétés d’autoroutes sont dans un contexte de concurrence ??? (je parle bien évidemment de « vraie » concurrence, celle ou le consommateur *final* peut exercer son choix entre différents prestataires.

    Si je souhaite aller (par exemple) de Marseille a Nice par l’autoroute, pouvez-vous m’expliquer comment je peux faire jouer la « concurrence ».


    • Jesrad (---.---.20.126) 25 juillet 2006 16:08

      Raoul a raison, la concurrence chez les autoroutes, c’est pas évident. Prendre le train ? L’avion ? Sérieusement, il n’y a que les nationales qui fassent vraiment concurrence aux autoroutes.

      En d’autres termes, les autoroutes n’attirent du traffic que quand les automobilistes estiment que rouler un peu plus vite sur des voies un peu plus dégagées que les nationales vaut la dizaine d’euros (en moyenne ?) du péage.

      Ca veut aussi dire qu’une fois propriété privée, l’autoroute a une valeur qui dépend directement de l’état de décrépitude des nationales. Que l’Etat cesse de les entretenir, et les péages verront leurs tarifs s’envoler. Il y a là un risque évident de corruption et de collusion entre Etat et grandes entreprises, la tentation pourrait en pousser plus d’un... La solution est évidente : privatiser aussi les nationales à d’autres entreprises ! :D

      Ou alors, pour éviter tout « trusting » des voies autoroutières entre par exemple Chartres et Nantes, on mettrait en place un découpage des voies de l’autoroute entre plusieurs sociétés. Améliorons encore le modèle en nous inspirant de la dérégulation de l’ADSL : que le propriétaire de l’autoroute soit obligé de louer les voies à la demande de ses concurrents. On aurait même peut-être des opérateurs virtuels d’autoroutes achetant en gros l’utilisation des voies d’autoroute pour revendre au détail, comme ça se fait pour la téléphonie mobile ! Et des kiosques à péage appartenant à des entreprises différentes, les uns à côté des autres...

      On peut aller très très loin comme ça pour garantir une concurrence libre... De toute façon, j’ai pas de voiture et l’essence est trop chère pour moi. J’m’achèterai un cheval.


    • JDCh JDCh 25 juillet 2006 16:35

      Il n’y a pas concurrence autre que celles que vous décrivez (la nationale, le TGV, l’avion...). Il y a, par contre, remise en concurrence possible à l’issue des contrats de concession (en 2032) entre plusieurs sociétés d’exploitation. Pour être clair, VINCI ne possède pas les Autoroutes du Sud, il possède la société d’exploitation de cette autoroute qui a un contrat de concession se terminant en 2032.

      Ce n’est pas le cas concernant ADP qui est propriétaire du foncier et des infrastructures et qui, si elle était entièrement privatisée, serait dans une situation de monopole privé de fait : ce que je dénonce dans mon post.


    • Jade (---.---.134.38) 14 novembre 2006 13:14

      parfois je m’étonne un peu de certaines absurdité de vouloir mettre de la concurrence partout... meme s’il y a plusieurs sociétés qui exploitent les concessions autoroutières comment ca va marcher ? lundi/mardi c’est une filiale de vinci qui s’en occupe.. mercredi/jeudi c’est une filiale de bouygues et vendredi/samedi/dimanche c’est une filiale de suez ? :-0

      très sérieusement vos propos m’affolent.. a vouloir mettre de la concurence partout a tout prix on voit les limites du systeme ultralibéraliste.. et ne me traiter pas de marxiste je suis très content de la privatisation de FT qui a permis de faire baisser les prix de com dans tout le pays et surtout de se libérer d’un poids mort qui ne faisait qu’augmenter la dette du pays ! par contre privatiser les autoroutes et bientot edf/gdf merci.. on voit deja avec les autoroutes comment les prix se sont enflammés !! on ne paye peut-etre plus d’impot a l’état mais on en paye un autre pour les actionnaires ! :-0


    • voyer (---.---.153.61) 25 juillet 2006 16:10

      Bonjour,

      Le « pathétique Bayrou » mais c’est vous, auteur, qui êtes pathétique car vous ne rappeller pas que le Parlement en 2004 avait voté le principe de non cession de la gestion des auturoutes et que De Villepin à l’été 2005 avait décidé contre le vote du Parlement de privatiser la gestion Cette non privatisation devait permettre avec les dividendes de financer en partie de grandes infrastrtuctures que l’Etat n’est plus en mesure de financer et il ne faut pas croire que ces recettes « one shot » suffiront à diminuer la dette c’est une goutte d’eau dans une bassine de la dette qui ne pourra être résorbée que par des réformes de structures et non par des mesurettes contre productives...

      L’auteur pathétique devrait réfléchir avant d’écire et surveillez la décision du Conseil d’Etat en Septembre 2006 suite au recours de F Bayrou....vous changerez d’opinion


      • JDCh JDCh 25 juillet 2006 18:04

        J’« épithète » Monsieur Bayrou de « pathétique » depuis cette affaire car il l’a été en l’occurence.

        Sur les autoroutes, mon « post » ne dit pas autre chose que « heureusement que ces sociétés ne sont que des concessions jusqu’en 2032 et non une vente des bijoux de famille ».


      • (---.---.59.170) 26 juillet 2006 06:18

        « Cette non privatisation devait permettre avec les dividendes de financer en partie de grandes infrastrtuctures que l’Etat n’est plus en mesure de financer »

         ?? Mais elles sont de combien par action ces dividendes, parce que elles m’ont l’air d’être énormes là !


      • gem (---.---.117.250) 26 juillet 2006 16:53

        Un détail, mais un détail qui tue : juridiquement parlant, la question de la cession de la gestion des autoroutes relève exlusivement de l’exécutif, et absolument pas du législatif. En vertu du principe de séparation des pouvoirs, le vote auquel vous faite allusion n’a pas plus de valeur que l’opinion de Mme michu, la votre, ou la mienne (élus ou pas).


      • Chitah (---.---.91.222) 26 juillet 2006 10:53

        @ Jesrad et Cool Raoul.

        Bonjour,

        Je suis un entrepreneur, je décide, sur la suggestion de Jesrad et de Cool Raoul, de construire une autoroute, permettant d’aller de Marseille à Nice. J’ai plein de pognon, de récentes transactions comme le rachat de Nabisco ou de HCA (de l’ordre de 30 milliards de dollars) montrent que sur un bon projet, on peut trouver de toute façon de l’argent.

        Manque de bol, je ne peux pas faire cette autoroute. Quelqu’un ou quelquechose m’en empêche. Qui donc ? Je pose la question à Jesrad et Raoul.

        En répondant à cette questions vous aurez une idée de la nature de l’entité qui empêche, freine, et fausse la concurrence, et le libre choix des gens.


        • Jesrad (---.---.20.126) 26 juillet 2006 11:00

          Laisse-moi deviner... C’est la mondialisation ? Non ? Ah zut, pourtant c’est un coupable à la mode. Alors c’est le libéralisme ? Non plus ? pourtant celui-là, de coiupable, il est idéal : toujours absent, toujours coupable.

          Attends, attends, j’ai une troisième réponse possible : ce sont les mêmes gens qui se sont arrogés le droit exclusif de prendre des sous de force à tous les autres pour leur propre usage, sous prétexte qu’ils savent mieux que nous comment le dépenser ?


        • Offset (---.---.133.64) 26 juillet 2006 11:43

          « Manque de bol, je ne peux pas faire cette autoroute. Quelqu’un ou quelquechose m’en empêche. Qui donc ? Je pose la question à Jesrad et Raoul. »

          Heuresement que l’Etat te laisserais pas faire ! Tu te rend compte, il y aurait des trous dans les routes. Il n’y aurait aucune sécurité et si tu avais le malheur d’avoir un accident, tu devrais payer sinon on te laisserait creuver sur le bord de la route. Et puis de toutes façons, si tu avais faire ton autoroute moins cher, c’est que tu exploite les salariés, et si tu l’avais fait plus cher, c’est que tu t’en met dans les poches. Pfff, on est vraiment passé a coté de l’apocalipse.


        • Jean de ... (---.---.220.12) 26 juillet 2006 11:50

          ...pour ses pauvres pauvres lecteurs... LOL ...et en dépit qu’il soit dans le vrai.


          • Chitah (---.---.91.222) 26 juillet 2006 12:22

            Merci Jesrad, c’est exactement la bonne réponse : l’Etat.

            « Heuresement que l’Etat te laisserais pas faire ! Tu te rend compte, il y aurait des trous dans les routes. Il n’y aurait aucune sécurité et si tu avais le malheur d’avoir un accident, tu devrais payer sinon on te laisserait creuver sur le bord de la route. Et puis de toutes façons, si tu avais faire ton autoroute moins cher, c’est que tu exploite les salariés, et si tu l’avais fait plus cher, c’est que tu t’en met dans les poches. Pfff, on est vraiment passé a coté de l’apocalipse. »

            N’importe quoi, cela ne vaut même pas la peine de répondre tellement ces clichés, mis en forme dans un français et une orthographe plus qu’approximatifs, sont récurrents, abêtissants, etc... Voir ici : http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Argumentaires et ceci http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Gratuit%C3%A9


            • Stephane Klein (---.---.101.8) 26 juillet 2006 12:53

              Excellent article qui visiblement a attire les commentateurs les plus mediocres.

              Certaines privatisation ont en effet ete menees intelligemment et d’autres moins.

              Concernant ADP, il aarait ete preferable soit de privatiser la concession soit de separer Orly et Roissy afin de creer un concurrence.

              Concernant Bayrou, je ne suis pas tout a fait d’accord avec vous. Sa these etait de les garder afin d’en empocher les dividendes qui nous seront tres utiles dans une dizaine d’annees (lorsque les invest. seront rembourses) pour payer les retraites alors tres deficitaires. Ca n’est pas pathetique, ca se defend meme si je ne suis pas d’accord : a chacun de payer son du, si les retraites sont desequilibrees, aux cotisants de cotiser suffisemment.

              Si il faut trouver une raison aux privatisations, il faut se rappeler les trous du Credit Lyonnais, de Bull, de Air France, etc... tous ces milliards de FF engloutis dans le renflouement de ces entreprises mal gérés par des dirigeants non surveilles par le pouvoir socialiste en place a l’epoque.

              Et comme si cela ne suffisait pas, il faut se rappeler plus recemment le cas France Telecom : 1997, privatisation programmee precedent le mariage a 50/50 avec Deutsche Telekom, mariage tres favorable a FT car DT etait bien plus gros a l’epoque. La dessus arrivent les socialistes, bloquent le processus de privatisation (85 % etait alors publique) pour de pathetiques raisons ideologiques. Consequence : pour survivre FT doit acheter a tout va (Orange) et concourir aux licences UMTS ou racheter des boites ayant concouru et donc endettees. Pendant ce temps l’etat socialiste, impecunieux, vend les entreprises francaises par appartement pour arroser la clientele electorale et payer les 35H. On arrive donc en 2002 avec FT endette de 50 milliard d’E et publique a 54%, comme par hasard. Mais de privatisation censee donner une viabilite a FT point, on laissera cette mesure dangereuse a la droite. Et on se retrouve dans une situation de quasi-banqueroute ou un plan de privatisation est elabore : 9 MdE d’economies interne, 9 MdE d’augmentation de capital et 9 MdE d’injection de cash par le contribuable, merci la gauche !!

              Alors la raison pour laquelle on doit privatiser est la suivante : l’Etat francais est faible et clienteliste, sujet a ceder aux interets categoriels et egoistes. L’Etat francais gere mal des entreprises dont il ne connait rien au metier. L’Etat francais doit se concentrer sur ses missions regaliennes qu’il doit bien connaitre et gerer : justice, defense, education, recherche, infrastructure, solidarite point barre.

              En resume : moins d’Etat pour mieux d’Etat.


              • Adolphos (---.---.59.170) 26 juillet 2006 13:01

                Surtout : l’Etat est en faillite, donc il faut vendre, vendre, vendre pour payer les fins de mois.


              • Emile Red (---.---.229.153) 27 juillet 2006 12:08

                Mon grand-père qui était un saint homme disait :

                « Il vaut mieux vendre les patates du champs que le champs de patates »

                Une fois le champs vendu tu n’as plus rien à vendre....


                • THUATA (---.---.97.162) 27 juillet 2006 13:01

                  D’après vous la concurrence doit faire baisser les tarifs, que pensez de l’entente sur les prix des opérateurs de téléphonie mobile ? La concurrence sur ce marché, d’après moi, n’a pas vraiment joué.


                  • Emile Red (---.---.229.153) 27 juillet 2006 14:22

                    La concurrence ne peut en aucun cas fonctionner, deux hypothèses régissent le commerce et la concurrence :

                    1) toutes les entreprises sont moyennement riches et de valeurs égales, elles s’entendent sur les prix les plus élevés et ne se font pas d’ombre entre elles.

                    2) une ou deux entreprises sont beaucoup plus riches que les autres et elles les bouffent, dans ce cas, ou il y a monopole et les tarifs sont prohibitifs ou la règle 1 s’applique et les tarifs restent chers.

                    Il n’y a pas que le cas des opérateurs de téléphonie pour corroborer ce phénomène, les banques, les assureurs, les fai, les fabriquants d’autos, d’électro-ménager, jamais on ne trouve sur le marché des produits à des prix extraordinairement différents parcequ’il y a concensus.

                    Des exemple flagrants pour le monopole : Microsoft pour l’auto : Renault qui n’ose pas mettre sa marque sur la Logan pour éviter la surenchère, mais qui tarifie la Nissan Micra et la Clio au même niveau à cout de production bien différent.


                  • Adolphos (---.---.59.170) 27 juillet 2006 14:23

                    « jamais on ne trouve sur le marché des produits à des prix extraordinairement différents parcequ’il y a concensus. »

                    Oui, c’est le prix du march" : celui qui vendrait plus cher perdrait de l’argent. Mais si les produit sont différent, par exemple Haute de gamme et bas de gamme, les prix sont différents.


                  • Emile Red (---.---.229.153) 27 juillet 2006 14:27

                    Encore une fois tu réponds à côté, il est entendu dans concurrence à produits équivalents, jamais personne ne remettra en cause le prix d’un chateau face à une bicoque en planche.


                  • Adolphos (---.---.59.170) 27 juillet 2006 14:34

                    « il est entendu dans concurrence à produits équivalents, »

                    Si c’est équivalent, pourquoi les consomateur payeraient plus cher pour un des produits ?????????????????????????


                  • Forest Ent Forest Ent 27 juillet 2006 14:49

                    Je ne peux être d’accord pour considérer que l’Etat a vendu à « un bon prix » pour 15GE quelque chose (les concessions autoroutières) qui lui rapportait 1GE/an. Cela s’apparente pour moi plus à la mise au clou des bijoux de famille. Il est vrai que cela aurait pu être pire puisque le gouvernement était parti à 10GE, et il a fallu l’opposition de la majorité pour remonter à 15. Il n’en reste pas moins que cela revient à actualiser les dépenses de l’état entre 6 et 7% à une époque où l’Etat finance sa tréserorie entre 3 et 4%. La perte sèche pour le contribuable est de plus de 10GE, relativement à un simple emprunt d’état.

                    Par ailleurs, cette privatisation a un inconvénient dont vous ne parlez pas. Elle transforme ces entreprises de TP en maîtres d’ouvrage dans leur propre secteur. Ceci ne pourra que renforcer l’aspect oligopolistique du secteur, déjà important et mis en évidence par des nombreuses condamnations pour ententes.


                    • JDCh JDCh 27 juillet 2006 15:21

                      A Forest Ent, vous semblez oublier les 20GE de dettes qui ont été transférées avec... Sur le fait que les sociétés de BTP deviennent Maitre d’ouvrage, cela aurait été vrai si elles étaients propriétaires des infrastructures. Ce n’est pas le cas... Elles sont plutôt Maitre d’oeuvre délégué et leur délégation est semble-t-il parfaitement bornée.


                    • Forest Ent Forest Ent 28 juillet 2006 22:40

                      Les 1 GE de recettes dont je parlais étaient nettes, après le service de la dette. L’évaluation du CGP était de 21 GE, ce qui est plus dans la logique du rapport Lebègue, dont ça a été l’épreuve du feu, à laquelle il a succombé en silence.

                      Sinon, « maître d’oeuvre » ou « ouvrage », le concessionnaire sera en tout cas seul « maître » à bord pour choisir ses fournisseurs de maintenance, malgré quelques engagements formels, qui ne vaudront pas plus que les lois existant sur les ententes qui ne sont presque jamais appliquées.


                    • Forest Ent Forest Ent 6 août 2006 00:00

                      A noter que c’est justement pour cela que l’état italien vient de bloquer la fusion Albertis/Autostrade. ACS, société de BTP espagnole, aurait été actionnaire d’Autostrade. Citations :

                      Le secrétaire général de la CISL :

                      « Avoir offert Autostrade aux Benetton a été une erreur gravissime. Quel en a été le gain pour la collectivité ? Seulement des tarifs plus élevés »

                      Le président d’Autostrade a reconnu que seuls 20% environ des investissements prévus par la concession entre 1997 et 2003 avaient été réalisés.

                      Le président de l’Anas a chiffré à entre 3 et 4 milliards d’euros les retards enregistrés dans le plan d’investissement d’Autostrade.


                    • tchoo (---.---.155.247) 29 août 2006 11:25

                      Et le service publis, vous connaissez ! Quel est l’interêt d’une entreprise, telle que celle qui concourent pour acheter les bijoux de l’état (les notres) ? : faire de l’argent. La privatisation de l’électricité en Californie, du rail en Angleterre, ont vraiment améliorer les choses pour l’utilisateurs/clients ? L’état gère mal L’entreprise privé, gère dans un but différent Quel est notre choix, entre la peste et le choléra ? N’y a-t-il pas une 3 ème voie (un plan B) ? Et comment se fait-il, que nous citoyens n’avons pas eu droit d’acheter des actions des autoroutes de France ? Pourquoi, oui pourquoi ? Si le libéralisme etait la solution à tous nos meaux, cela se saurait. Les contre-exemples se multiplie dans le monde.


                      • francis (---.---.33.228) 18 septembre 2006 19:03

                        le commentaire de stephane klein sur france telecom me paraiît comporter beaucoup d’erreurs ou d’approximations : l’ouverture du capital de france telecom a été annoncée par M.Fillon à washington, en 1996, à la sortie du bureau d’un ministre, manifestement pour répondre à sa « demande », voire àson injonction, je n’ai jamais entendu parler d’une fusion à parité 50/50 entre france télécom et deutsche télécom. la droite n’avait pas ouvert le capital (elle avait très peur du personnel), même pas à 15%... la gauche l’a fait...et a conavaincu certains syndicats en fasant miroiter l’actionnariat salarié, la nécessité, bruxelles....

                        heureusement qu’au moment de la bulle internet, la participation de l’état était de 50%, sinon FT, propriété à 100%privée aurait été « dégraissée » à tour de bras par les actionniares, puis revendue par morceaux, et n’existerait sans doute que comme une compagnie locale de fixe...On eput assi écrire le scénario où FT, public, n’aurait ni acheté orange, ni investi en allemagne et serait une très belle entreprise... il faut sortir du « pretàpenser » véhiculé sur les ondes par Notre ministre et ex PDG, ThierryBreton... et pour les prix des télécoms, le bilan de cette mise en concurrence je cherche une étude correcte sur ce point et n’en ai trouvé aucune... certrains prix ont baissé (ceux des gros clients), d’autres ont augmenté (les petits utilisateurs), l’offre est devenue compliquée (on ne sait souvent pas combien coûte l’appel avant de le afire), souvent plus chère (cf les renseignements), l’universalité disparaît (certains numéros ne peuvent être joints par d’autres..) sans compter moins d’emplois dans le secteur, moins bien payés, délocalisés.... je cherche un vrai bilan..si vous avez une référence..france, europe, ou comparaison internationale..

                        FRANCIS

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès