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Les réseaux du laboratoire GSK (2/3)

Après un premier billet consacré aux associations utilisées par GSK pour assurer sa promotion auprès des décideurs en France, voici la suite sur les relais et les recrutements très politiques de ce laboratoire anglo-saxon.

Société pharmaceutique, GSK fait partie des entreprises qui travaillent dans un secteur régulé, c'est à dire que leur activité est fortement encadrée par les pouvoirs publics. Dans le domaine des médicaments, ces derniers décident des autorisations de mise sur le marché des médicaments, des restrictions d'emploi, des prix ... Tous ces éléments ont un impact direct sur les profits des industriels. Aussi il leur faut trouver des moyens de faire passer des messages au monde politique.

La semaine dernière on a vu comment GSK avait tissé sa toile par le biais d'associations en apparence anodine mais qui lui permettent de développer ses réseaux vers les décideurs. Il existe un autre moyen pour cela, avec les choix en matière d'implantation industrielle. Le pari est simple. Comme vous représentez des emplois, il y a des chances que les élus de la zone dans laquelle vous êtes installé vous soutiennent.

En premier lieu bien entendu les élus de la ville d'implantation du siège de l'entreprise seront vraisemblablement ses premiers soutiens. Pour GSK, c'est dans les Yvelines, à Marly-le-Roi que cela se joue. Et le PDG de GSK France n'est pas totalement en terre inconnue. Le maire de la ville, Jean-Yves Perrot, est conseiller maître à la Cour des Comptes, l'administration où sa mère, Hélène Gisserot, a fait une brillante carrière. Le député de la circonscription, Pierre Lequiller, est un homme de poids dans le département en tant que vice-président du Conseil général.
Mais GSK fait dans l'oecuménisme, puisqu'il a créé il y a peu un site de production dans le Nord, à Saint-Amand-les-Eaux, ville dont le député-maire est le communiste Alain Bocquet. Cette implantation a fait grincé des dents car dans le même temps, GSK annonçait 600 licenciements sur son site d'Evreux. Il semble que tant que Jean-Louis Debré en était le député-maire tout allait bien, mais depuis son départ en 2007 GSK s'est rendu compte de la féroce concurrence des génériques et du besoin de restructurer son appareil industriel ...

Plus récemment encore, GSK a implanté un site de recherche dans l'Essonne, aux Ulis, qui emploie près de 70 personnes. Il est vrai que le député local, l'UMP Pierre Lasbordes, est le vice-président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. A ce député spécialiste des questions de recherche, GSK ne refuse rien. Il organise en mars 2005 un colloque sur la désindustrialisation, financé par GSK, avant d'être interviewé dans le cadre des débats Avenir de la Santé en 2006 (voir l'article précédent). Et c'est bien entendu en sa compagnie que Valérie Pécresse visite le site GSK des Ulis en septembre 2010.

Pour assurer la liaison avec ces élus, GSK recrute dans le milieu politique ses directeurs des affaires publiques. L'actuelle titulaire du poste, Cécilia Araujo, est une ancienne collaboratrice de cabinet ministériel, qui a notamment passé plusieurs années auprès de Xavier Bertrand. Cela doit ouvrir quelques portes au Ministère de la santé quand il s'agit de venir négocier des prix, des autorisations, ... Auparavant c'était une autre collaboratrice des élus de droite qui tenait le poste, Véronique Delvolvé-Rosset. Elle rejoint GSK après un passage au cabinet de Jean-François Mattéi, ce secrétaire d'Etat à la santé qui avait perdu son poste pour avoir préféré rester en vacances pendant l'épisode de la canicule de 2002. Mais Véronique Delvolvé-Rosset a eu le mauvais goût de se mettre à dos Rachida Dati lors des élections municipales à Paris, et cela lui a, semble-t-il, coûté son poste.

Petit détail intéressant : alors que GSK finance largement des colloques parlementaires, qu'elle recrute des directeurs des affaires publiques venant du monde politique, aucun de ses représentants ne figure sur la liste des représentants d'intérêts instituée par l'Assemblée nationale (une liste qui recensent les "lobbystes" autorisés à venir à l'Assemblée nationale). Dans le monde de l'industrie pharmaceutique, les seules organisations ayant révélé leurs représentants dans les relations avec les députés sont le LEEM, Solvay et ... Servier pourtant accusé d'opacité. GSK de son côté semble préférer plus de discrétion dans ses actions à l'Assemblée nationale ...


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3 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 18 juillet 2011 21:51

    Une compagnie bien sous tous rapports selon http://www.gsk.fr/index.html


    Même si la base line et les images de l’index prêtent à sourire.

    On sent que c’est parfaitement formaté. Des évangélistes ces gens là.

    Votre article confirme brillamment ce qu’on subodore depuis longtemps.

    • agent orange agent orange 19 juillet 2011 04:42

      GREED STILL KILLS.


      • Montagnais Montagnais 19 juillet 2011 05:30

        Bien vu. GSK est donc le générique de toute l’industrie pharmaceutique. Et d’Orange, l’avatar de France Télécomique.. Et même de tout le système économique du moment. 


        Aparté : Excellent votre question Moscovici Armitage (fiable cependant la source « archive » ?)

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Lucie


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