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Accueil du site > Actualités > Economie > Les services publics ont-ils encore un avenir ?

Les services publics ont-ils encore un avenir ?

A l’heure où nos gouvernants appliquent aveuglément les préceptes de la commission européenne et libéralisent tous azimuts les secteurs confiés auparavant à la sphère publique, il est salubre de récuser quelques idées reçues largement entretenues par nos hommes politiques et autres aréopages d’experts économiques.

De la libéralisation - scandaleuse - des autoroutes, au secteur de l’énergie, en passant par celui de l’eau, l’impérialisme de la « concurrence libre et non faussée » chère à la commission européenne préempte toutes autres valeurs à la faveur d’une pseudo efficacité économique. L’absence de concurrence ne favoriserait ni l’innovation ni les gains de productivité ; le coût d’un service géré par la sphère publique serait ainsi plus élevé que celui géré par le privé.

Au delà de toute idéologie, il faut alors examiner scrupuleusement les faits. Le développement d’un marché concurrentiel est-il vraiment bénéfique aux consommateurs ? Est-il exact que la concurrence fasse baisser les coûts ?

Rappelons tout d’abord qu’un service public sert l’intérêt général. Il assure notamment la cohésion sociale d’un pays en permettant à tout à chacun de bénéficier de la même qualité de service quelque soit son origine sociale ou sa situation géographique et tente, autant que faire se peut, de minimiser le nombre de laissé-pour-compte. En effet, exclure l’accès à certaines populations, à cause du coût trop élevé ou de l’éloignement géographique, à certains droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, l’eau, ou l’électricité ne peut que favoriser la création de ghettos et attiser les animosités et rancœurs entre individus. C’est une vision humaniste de la société à opposer à la tendance actuelle d’individualisation et de stigmatisation, le chacun pour soi devenant la norme. Les violences urbaines toujours plus nombreuses initiées par une population s’estimant laissée-pour-compte sont là pour en témoigner.

L’intérêt général inclut également celui des entreprises. Plus un territoire bénéficie d’une infrastructure de qualité - qu’il s’agisse d’éducation, de système de santé performant, de réseau de transport efficace ou de qualité de vie, plus ce territoire sera attractif pour les investisseurs potentiels. Tordons le cou aux idées reçues : malgré tous les défauts que l’on nous prête, la France reste en 2008, une terre d’accueil privilégiée concernant le volume des investissements étrangers et se classe en deuxième position derrière les États-Unis ex-æquo avec le Royaume-Uni (2). Étonnant non ?

Les services publics gomment les défaillances d’un marché plus attaché à maximiser sa rentabilité en se concentrant sur les segments les plus rémunérateurs que d’assurer un service accessible à tous. La gestion privée de la santé américaine est sur ce point symptomatique : 50 millions d’américains, soit près de 1/5 de la population ne sont pas couverts par une assurance maladie et « le coût de la couverture médicale augmente dix fois plus vite que le salaire médian »(1). La crise « aidant », les choses ne risquent donc pas de s’améliorer à moyen terme. Les conséquences sont surprenantes pour un membre des pays les plus industrialisés : le taux de mortalité infantile est équivalent à celui de la Malaisie, 18000 personnes meurent prématurément chaque année d’absence de couverture santé, 13% des femmes enceintes ne sont pas régulièrement suivies, etc.

Attaquons-nous maintenant au cœur d’une croyance profondément enracinée : le public serait incapable de gérer de manière optimale ses coûts. Mais, le privé est-il vraiment exempt de tout reproche ?

Primo, il est nécessaire de rappeler - n’en déplaise aux libéraux - que la « concurrence libre et non faussée » n’existe pas. Sans régulation, un marché concurrentiel serait livré à une jungle et à une guérilla commerciales ; il est impératif d’établir des règles et de les faire respecter. Ainsi, l’état finance des organismes de régulation : l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) pour les télécommunications, la Commission de Régulation des Énergies (CRE) pour le marché de l’électricité et du gaz, chaque secteur a son organisme, et bien entendu, tout cela à un coût, jamais pris en compte et bien souvent sous-estimé.

Secundo, le capitalisme étant basé sur la propriété individuelle, chaque opérateur doit posséder son propre réseau. C’est le cas par exemple pour les trois opérateurs français de téléphonie mobile. Pas d’économie d’échelle possible, on imagine le gaspillage. De la même manière, vouloir libéraliser les chemins de fer n’a aucun sens : difficile de multiplier les voies ou de permettre à plusieurs compagnies de se partager le Paris/Nantes. Cela relèverait du casse-tête.

Enfin, il ne faut pas oublier les coûts liés à la rémunération du capital (dividendes) et à la commercialisation des produits (marketing, publicité). On le voit, le gain pour le consommateur n’est pas évident et sans réel fondement. A titre d’exemple, citons une nouvelle fois le cas de la santé aux États-Unis. C’est le système le plus cher du monde : 16 % du PIB y est consacré, deux fois plus que la moyenne de l’OCDE avec des résultats pour le moins mitigés.

Affirmer urbi et orbi que la libéralisation d’un marché ne peut qu’être bénéfique au consommateur est proche d’un comportement délictueux. La vérité est beaucoup plus contrastée. Les services publics sont globalement bénéfiques à la société : le privé a besoin du public tout comme le public a besoin du privé. Il faut certes dénoncer certains corporatismes et rigidités bureaucratiques, et favoriser l’innovation technologique au sein de la sphère publique, mais de là à juger le secteur public totalement inefficace et le démanteler bon gré mal gré en vertu du primat de l’idéologie libérale, le chemin est long. En érigeant la rentabilité court-termiste comme seul critère de performance, on en oublie l’essentiel : la paix, la préservation de l’environnement, la dignité des personnes, la justice sociale, la satisfaction du consommateur ne sont plus pris en compte.

Le traité de Lisbonne signé en 2007 reconnaît enfin les services publics : la concurrence n’est plus une fin en soi et les états membres pourront les organiser et les financer. Reste à combattre les idées reçues et l’aveuglement dogmatique de certains... notamment chez nos élites dirigeantes...

(1) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13852

(2) http://www.minefe.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/090313bilan_afii/som_090313bilan_afii.php


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134 réactions à cet article    


  • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 09:57

    Excellente synthèse, vraiment. J’ignorais que le traité de Lisbonne avait fait un petit effort de reconnaissance des services publics.
    Je crois moi aussi qu’il faut les deux, de puissants services publics (ceux que l’on démolit sciemment depuis des années) et un espace concurrentiel où puissent s’exprimer l’innovation, l’énergie de ceux qui veulent créer une entreprise ou développer leur groupe.
    D’accord aussi que la concurrence libre et non faussée est bidon : la liste des ententes illégales dans le passé lointain et récent est très longue, la tendance naturelle à l’homme est certes de se concurrencer (notre esprit de chasseurs et de guerriers) mais aussi de s’entendre sur les prix pour éviter la concurrence et se partager paisiblement le marché, ce qui est assez paradoxal ! Le domaine militaire est un exemple caricatural de privé porté à bout de bras par l’Etat, aussi bien en France (le rafale) qu’aux USA (collusion et subventions public-privé.
    Le système de santé étasunien est effectivement un bon exemple d’un paradoxe, le pays le plus puissant au monde qui a le meilleur de la santé n’arrive pas à trouver une structure permettant un accès aux soins relativement égal...
    Il faut répéter les choses simples : le privé peut faire des merveilles, mais, par essence, l’intérêt public est le dernier de ses soucis, le premier étant d’être bénéficiare pour ses actionnaires.
    Depuis l’époque préhistorique, les civilisations sont des recherches permanentes d’organisation sociale, avec concurrence (le mérite, etc.) ET entraide.


    • Marianne Marianne 28 juillet 2009 17:07

      « Excellente synthèse, vraiment. J’ignorais que le traité de Lisbonne avait fait un petit effort de reconnaissance des services publics. »

      Vous prenez cette affirmation non étayée pour argent comptant ?

      "Rien n’est plus mensonger que d’affirmer que l’UE protège désormais les services publics (baptisés « services d’intérêt général »). Un protocole dont l’intitulé parle des « services d’intérêt général » ne concerne en fait dans son contenu que les « services d’intérêt économique général » lesquels sont soumis aux règles de la concurrence. Il s’agit-là d’une formidable mystification de la part des auteurs du traité. Comme ceux-ci l’ont déclaré : « la liberté d’établissement et la liberté de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services continuent de revêtir une importance capitale ». A propos de la mondialisation néolibérale :

      L’affirmation selon laquelle désormais l’UE protégerait contre la mondialisation est totalement mensongère et démentie par le texte : celui-ci renforce les pouvoirs de la Commission européenne pour négocier des politiques de dérégulation à l’OMC. Les pouvoirs du Comité 133 sont consacrés et renforcés dans la mesure où il ne devra plus se prononcer à l’unanimité. Son opacité demeure. La négociation de la mise en œuvre de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), dont l’objectif ultime est la privatisation de toutes les activités de services qu’elles soient nationales régionales ou municipales, en sera facilitée. Le traité de Lisbonne facilite la soumission des services publics locaux aux règles de l’AGCS." R.M. Jennar

      http://www.collectifdu29mai.org/Les-mensonges-du-traite-de.html




    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 juillet 2009 04:12

       Les USA ont bien compris le passage du public l’entrepreneuriat quand l’investissement principal est matériel ; c’est la logique industrielle. Quand il est question de gérer du tertiaire - comme la santé, ou encore pire les services juridiques - c’est la catastrophe, car le capital traditionnel ne veut pas accepter que la composante travail/compétence est devenu de loin le facteur le plus important et qu’un projet n’est rentable que si le travailleur autonome est traité comme un entrepreneur et non pas comme une ressource à manipuler. La crise actuelle va forcer cette prise de conscience.


      En attendant, la mode est au Partenariats Public-Privé. Qui a dit qu’on ne pouvait rien apprendre du tiers-monde ?

      Pierre JC Allard


    • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 10:02

      Dernier exemple en date : l’état étant fauché et affaibli, il va faire construire des prisons par le privé, puis les lui louer cher et longtemps, ce qui au final reviendra largement plus cher mais reporte ces dépenses du point de vue comptable... Ca rappelle un peu les autoroutes, super-rentables actuellement.


      • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 10:46

        C’est une spoliation anticipée ! On aura financé fort cher des prisons qui appartiendront à de grands groupes, pas à l’Etat, faible et appauvri.


      • Le péripate Le péripate 28 juillet 2009 10:03

        Ah, l’antienne sur la santé aux USA !

        Oui, la santé aux USA occupe une part plus importante des budgets. Mais quel en est le sens ?

        Première affirmation : la santé est privée aux USA. Partiellement vrai. Medicaid assure automatiquement les gens sans revenus. Medicare les plus de 64 ans.

        Deuxième affirmation : 50 millions de non assurés. J’ai comme chiffre 40 millions, mais passons. Remarquons que grâce à Medicare et Medicaid il ne s’agit pas des plus pauvres ou démunis. Ensuite la moitié est sans assurance depuis moins de quelques mois, ce qui veut dire que c’est une population changeante, qui se renouvelle. Difficultés passagères plus que structurelles. 60% des non assurés ont moins de 35 ans, c’est qu’ils estiment ne pas en avoir besoin. De plus la réglementation fait qu’il est impossible à un service de santé de refuser un soin. Quant à ceux qui ont « pris leur chance » en ne s’assurant pas, ils obtiennent des plans de remboursement étalés dans le temps très avantageux.

        Troisième affirmation : le privé fonctionnerait sans aide de l’Etat. Ce qui est faux, des aides sont attribués aux établissements, des réductions fiscales aux particuliers, ce qui représentent plus de la moitié des dépenses.

        Les assurances sont chères. C’est vrai, mais il faut y intégrer le coût de la régulation. Des exigences excessives sont par exemple imposées à la chirurgie cosmétique, la chiropraxie et les traitements des maladies mentales.

        Ensuite les excès d’examens prescrits sont induits par la volonté des praticiens de se protéger des recours en justice, très nombreux et couteux.

        Chez nous le cout des immobilisations (hopitaux, installations publiques) ne sont pas comptabilisées.

        Les dépenses énormes de recherche et develloppement américains sont sans communes mesures avec ce que nous pratiquons ( et nous en bénéficions indirectement).

        Les américains sont plus riches que nous, et donc ils dépensent plus.

        Voila tout ce qu’il faut dire, en effleurant seulement le sujet pour combattre le cliché d’une santé américaine entièrement privée et innefficace.


        • ZEN ZEN 28 juillet 2009 10:09

          Bonjour
          Article intéressant
          Les dogmes de l’ultralibéralisme où l’Etat représentait« le problème » (Reagan) ont montré leurs limites et leur vraie nature
          Mais le processus de déréglementation rampante continue, comme c’est le cas pour EDF notamment . Bruxelles reste encore rivé au sectarisme du tout marché, je suis moins optimiste que vous...


          • Céline Ertalif Céline Ertalif 28 juillet 2009 13:42

            Article intéressant.

            Le point de vue de l’auteur est cohérent certes, mais l’article n’est pas forcément très intéressant. Il y a aujourd’hui une bonne antithèse de cet article :

            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-droit-de-propriete-est-il-le-59469 : un article vraiment intéressant, qui ouvre sur des questions à enjeux bien plus que la comparaison public/privé.


          • Jacky Jacky 28 juillet 2009 16:16

            Les dogmes de l’ultra étatisme où l’État alias « Dieu » est la solution à tous les problèmes ont montré leurs limites et leur vraie nature.
            Mais le processus de dé responsabilisation rampante continue, comme c’est le cas avec les actions des banques centrales. Bruxelles reste encore rivé au sectarisme de la réglementation à tout va.


          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 28 juillet 2009 19:44

            Une confusion permanente entre service public et fonction publique pervertie le débat.

            Un service public peut tout à fait être assuré par des sociétés de droit privé. Par exemple, les opérateurs de téléphonie portable sont tenus, pour pouvoir obtenir leur licence d’exploitation de bandes passantes, d’assurer une couverture du territoire national.

            Idem : une station service sur autoroute, doit ouvrir 24h/24h, 365 jours par an, offrir des boissons chaudes, à manger et entretenir des toilettes. Si elle ne respecte pas ce cahier des charges de service public, la société se voit retirer sa licence et doit céder la place à une autre entreprise.

            Concernant maintenant les surcoûts des services publics rendu par l’Etat, ils ne font aucun doute, et le nier relève soit d’une grande naïveté, soit d’un mensonge éhonté.

            La SNCF coute 12 milliard d’euros à l’état par an, soit 200 euros par habitant, avant même d’acheter un billet ! Voir l’exemple Allemand de privatisation

            Pour l’impression desz billet de banque, les société privées sont deux à trois fois moins chères que l’imprimerie nationale : Deux à trois fois moins chère ! (Et encore, ce coût a été calculé après les réformes consistant à fermer des sites, reduire des effectifs et réorganiser la production) et cela, payé par le citoyen.

            Il me semble que beaucoup d’entre-nous trouverions un usage à tout cet argent sorti de nos poches puis gaspillé.


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 28 juillet 2009 10:10

            Bravo, je trouve votre article très intelligent et d’ailleurs je suis tout à fait d’accord avec vous (ceci expliquant peut-être cela smiley ). En plus, j’avais déjà commis un commentaire sur le sujet, qui rejoint exactement vos arguments.

            Le tout c’est de bien répartir les choses à faire entre privé et public. Du côté public, tout le monde est à peu près d’accord pour y mettre l’armée, la police, l’éducation. Enfin, tout le monde dans la vraie vie, mais il y a des excités du tout libéral (certains à la Commission Européenne) qui y mettraient bien l’école ou même la police. Pour la santé, c’est plus confus, on fait un mixte, mais la pression est forte de la faire basculer dans le tout privé.

            Attendez-vous à un débat assez chaud.


            • ZEN ZEN 28 juillet 2009 10:15

              Je voyais arriver Le Péripate...

              « Les Américains sont plus riches que nous »
              Que voilà un jugement à l’emporte-pièce !

              Laissons parler des citoyens de ce pays, et non des moindres :

              USA :les inégalités augmentent :

              "Aux Etats-Unis, les 20 % des ménages les plus pauvres ne disposent que de 3,4 % de l’ensemble des revenus, mais les 5 % les plus aisés en perçoivent 21,2 %. A eux seuls, les 20 % les plus riches perçoivent près de la moitié du revenu national.Le niveau de revenu du 9ème décile (à partir duquel on entre dans les 10 % les plus riches) est près de 11,2 fois supérieur à celui des 10 % les plus démunis, contre 8,8 en 1973. Le niveau de revenu des 20 % les plus riches est deux fois supérieur au revenu médian.La progression des inégalités ne date pas d’hier aux Etats-Unis. En 1967, les 5 % des ménages américains les plus aisés disposaient de 17,5 % du revenu national contre 21,2 % en 2007. Les inégalités ont commencé à s’accroître dès la fin des années 70 sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, avant l’arrivée au pouvoir du conservateur Ronald Reagan en 1981. La suite est une lente montée, quasiment sans heurts. On notera que depuis 2003 le rapport semble relativement stable.Un ensemble de facteurs se sont conjugués pour expliquer la montée des inégalités aux Etats-Unis : précarité accrue sur le marché du travail, restructurations industrielles massives qui ont affaibli les syndicats, immigration peu qualifiée et rôle de plus en plus grand joué par le diplôme notamment..."

              -Paul Krugman, Robert Reich et les inégalités aux Etats-Unis

              • Le péripate Le péripate 28 juillet 2009 10:22

                Plus riche n’est pas incompatible avec plus inégalitaire. Ce qui compte, c’est bien sûr que l’ensemble de la société devient plus riche, y compris les plus pauvres.

                Mais je vois que vous n’avez rien d’autre à dire. Et pour cause.


              • ZEN ZEN 28 juillet 2009 10:26

                « la société devient plus riche, y compris les plus pauvres. »
                 ????
                Je vous invite à être pauvre aux usa, amicalement
                Pas lu les liens...


              • ZEN ZEN 28 juillet 2009 10:29

                Des pauvres, plus riches, oui...

                "...Durant l’année budgétaire débutée en octobre, 28 millions de personnes aux États-Unis utiliseront les coupons distribués par le gouvernement pour pouvoir acheter l’essentiel dans les commerces d’alimentation. C’est là le plus haut chiffre enregistré depuis que ce programme d’assistance alimentaire a été introduit dans les années 1960... Les saisies immobilières, l’augmentation des destructions d’emplois et la hausse rapide des prix ajoutent aux difficultés. Jusqu’à présent, le retournement de tendance s’est manifesté par une kyrielle de saisies à travers tout le pays, avec de nombreuses familles perdant leur domicile. Mais désormais, la crise commence à frapper le pays au coeur. Garnir la table de nourriture devient un défi que de nombreux Américains ont du mal à relever..."(D Usborne)


              • Gazi BORAT 28 juillet 2009 10:44

                « Ce qui compte, c’est bien sûr que l’ensemble de la société devient plus riche, y compris les plus pauvres. »

                C’est l’éternel argument justifiant les inégalités :

                « Quand les riches mangent mieux, les pauvres trouvent plus de restes dans les poubelles des quartiers chics.. »

                Ce qui est faux car, lorsque la richesse se concentrant en un nombre de plus en plus réduit de privilégiés, le nombre de pauvres s’accroit et ils se trouvent plus nombreux à fouiller dans la même poubelle.

                gAZi bORAt


              • sisyphe sisyphe 28 juillet 2009 11:01

                Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.157) 28 juillet 10:22

                Plus riche n’est pas incompatible avec plus inégalitaire. Ce qui compte, c’est bien sûr que l’ensemble de la société devient plus riche, y compris les plus pauvres.

                Ah oui, mais non...

                Si c’est plus inégalitaire, les pauvres deviennent plus pauvres ; pas plus riches.

                Un léger souci de cohérence ?


              • Bois-Guisbert 28 juillet 2009 11:39

                 devant tes réflexions répugnantes , je peux t’assurer que des gens comme toi , aux US , sont devenus ce que tu appelles des cloches et c’est ce que je te souhaite

                Je parle évidemment de l’immense majorité qui ne disposent pas des aptitudes pour s’en sortir (je rappelle que les auteurs du texte en parlent), et pas pour une petite minorité qui n’a pas eu de chance, ou qui, à un moment, a... pris des risques inconsidérés. Il y en a aussi.

                Et parmi les citations fournies par ZEN, il convient encore de mentionner celle-ci : « Durant l’année budgétaire débutée en octobre, 28 millions de personnes aux États-Unis utiliseront les coupons distribués par le gouvernement pour pouvoir acheter l’essentiel dans les commerces d’alimentation. »

                ... car le chiffre de 28 millions correspond très exactement au nombre de votes non-blancs et hispaniques récoltés par Oblabla. Etonnant, non ?

                Enfin, il n’est pas inutile de rappeler la faillite de la Californie - ex-puissance économique mondiale - que sa population actuelle transforme lentement - mais sûrement à en juger par le fiasco - en Etat du tiers monde.

                Ce qui est logique puisque ce qui fait un pays du tiers monde c’est une population de type tiers monde, et non l’inverse...

                Comme quoi, avant de parler de « réflexions répugnants », il ne serait pas superflu de réfléchir un petit peu à la réalité des choses.


              • Bois-Guisbert 28 juillet 2009 11:46

                Si c’est plus inégalitaire, les pauvres deviennent plus pauvres ; pas plus riches.

                Un léger souci de cohérence ?

                Sacré Sisyphe, toujours en pétard avec le concret !

                Si à un moment donné, les riches ont 100 et les pauvres 10, vingt ans plus tard, si les riches ont 200 et les pauvres 20, les inégalités se sont accrues, mais la situation des pauvres s’est améliorée parallèlement à celle des riches.


              • Le péripate Le péripate 28 juillet 2009 11:48

                Mort de rire. Démontez un argument truqué (le cout de la santé aux USA, et c’est diversion sur un autre truquage (inégalité versus pauvreté réelle).

                Cet argument est utilisé par deux fois dans l’article, ce qui en montre l’importance. Une fois « débunké », pfuitttt, plus d’article. C’est tout ce qui compte.


              • sisyphe sisyphe 28 juillet 2009 12:01

                @ Bois Guibert

                Sacré Sisyphe, toujours en pétard avec le concret !

                Si à un moment donné, les riches ont 100 et les pauvres 10, vingt ans plus tard, si les riches ont 200 et les pauvres 20, les inégalités se sont accrues, mais la situation des pauvres s’est améliorée parallèlement à celle des riches.

                Ben oui, mais non.
                Ca dépend, évidemment, de l’évolution du coût de la vie.
                Si, vingt ans plus tard, avec 20, tu obtiens moins que vingt ans avant, avec 10, tu t’es appauvri ; c’est ce qui se passe.

                L’aggravation des inégalités se fait, toujours, au détriment des pauvres, quel que soit « l’enrichissement global » du pays.


              • Raphaël 28 juillet 2009 12:06

                Je cite l’exemple de la santé américaine exclusivement pour montrer qu’il y a, dans le système privé, des gagnants et des perdants. Il est patent que le nombre de laissé-pour-compte est impressionnant sans parler des inégalités raciales manifestes. Ce sont les faits et ce n’est pas une argumentation fallacieuse ; on ne démontre pas les faits.
                A contrario, un système public tente autant que faire se peut, de réduire le nombre de laissé-pour-compte.
                Paupériser un nombre croissant de la population ne me paraît pas sain, c’est pourquoi corriger quelques défaillances du marché sur certains biens ne me paraît pas stupide.


              • plancherDesVaches 28 juillet 2009 12:13

                http://lalignegenerale.typepad.com/press_citron/2008/01/post-1.html

                Article disparu de Libération.
                « L’assurance de se ruiner la santé »
                « Aux Etats-Unis, des millions de familles privées d’assurance maladie s’interdisent d’aller chez le médecin. Trop cher. En cas d’urgence, la moindre opération les oblige à s’endetter, voire à se faire soigner en Inde ou en Malaisie. »


              • ZEN ZEN 28 juillet 2009 12:29

                A Calais, les hopitaux et cliniques sont pleins...d’Anglais !


              • Bois-Guisbert 28 juillet 2009 12:41

                Ca dépend, évidemment, de l’évolution du coût de la vie.

                L’exemple donné reste le même, et l’inégalité aussi, si on dit qu’il est exprimé en francs constants et le coût de la vie n’a pas doublé au cours des vingt dernières années.


              • wesson wesson 28 juillet 2009 14:17

                @ le péripate, Gazy


                Sans même dire que les quartiers de riches et les poubelles qui s’y trouvent s ne tardent jamais à se retrouver « protégées » par de belles milices plus ou moins privées pour éviter que la populace ne s’y rende. 

                Essayez d’aller dans l’avenue de Sarko à Paris, et vous verrez ce que c’est, un quartier privé.



              • Marianne Marianne 28 juillet 2009 17:14

                Sauf si les prix ont été multiplié par cent !


              • Jean-paul 28 juillet 2009 20:43

                @ zen
                C’est bizarre ,les Americains trouvent la vie tres , tres chere en France .


              • Jean-paul 28 juillet 2009 20:48

                @ sysiphe
                Se faire soigner a Cuba dans les hopitaux pour touristes dont la population cubaine n’a pas le droit d’entree .Pour les Cubains hopitaux de misere et pas de medicaments .
                Bel exemple de solidarite tu montres la .
                www.therealcuba.com


              • ZEN ZEN 28 juillet 2009 20:51

                Normal, Jean-Paul, vu la valeur actuelle du dollar, qui risque de s’effondrer en septembre...
                C’est le moment de visiter N.Y.


              • Michel DROUET Michel DROUET 28 juillet 2009 10:19

                En réponse à votre titre : non les services publics n’ont actuellement pas d’avenir. Ce serait plutôt le contraire. On s’orienterait plus vers un recentrage de l’Etat sur ses missions régaliennes (Police, justice, défense et impôts), et un transfert vers « les marchés » ou les collectivités locales de tout le reste, y compris l’éducation.
                Le pouvoir libéral actuel est avant tout engagé dans une démarche visant à diminuer les dépenses de l’Etat en laissant aux intérêts privés le soin de se substituer à lui en faisant payer le citoyen.
                L’attractivité du territoire en raison de ses infrastructures est bien réelle, mais cette qualité est surtout due aux investissements des collectivités locales, l’Etat se désengageant de plus en plus de l’aménagement du territoire et cherchant à faire des économies sur les dépenses de santé (cf loi Bachelot).
                On assiste donc à un transfert progressif de charges de l’Etat vers les collectivités locales, le contribuable payant les mêmes impôts nationaux pour combler le déficit et étant appelé de plus en plus à compenser localement ces transferts, soit en payant un impôt local plus élevé, soit en payant pour un service, anciennement public, assuré demain par le secteur marchant.
                Quant aux outils de régulation du marché, ils existent surtout pour nous faire croire que l’Etat a encore une capacité à intervenir sur des marchés et on peut douter de leur efficacité (voir la demande récente d’augmentation des tarifs EDF par le PDG de cette entreprise et la réponse gouvernementale, sans que l’autorité de régulation ah hoc ait été saisie). Cet épisode montre bien que la régulation du marché telle qu’on l’entend actuellement n’est que de la poudre aux yeux, les entreprises ayant un poids tel dans l’économie qu’elle se permettent de faire ce qu’elles veulent, et ce ne sont pas les quelques amendes distribuées pour atteinte à la concurrence (ententes entre les entreprises d’un même secteur pour se partager les marchés) qui changeront quelque chose à la situation actuelle. 


                • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 10:44

                  Et le nombre global de fonctionnaires n’a nullement diminué malgré la volonté actuelle du gouvernement, car les collectivités locales sont plus ou moins obligées d’augmenter leur personnel et leurs structures pour faire face à tous ces transferts de responsabilités - pas toujours financés... On marche sur la tête.


                • ZEN ZEN 28 juillet 2009 10:23

                  @ VPC
                  En ce qui concerne la santé, on voit arriver en France les intérêts privés attiré par une manne considérable . Mr Bébéar est le premier sur les rangs. Le processus est en cours d’accélération et nous allons suivre la voie américaine, qu’Obama voudrait justement corriger . Le pourra-t-il ? Il se heurte à de forts intérêts privés et sa réforme n’est pas assurée d’ aboutir, il le sait...

                  -L’assurance maladie aux Etats-Unis, un cauchemar | Rue89 :
                  "...D’après un article récent du American Journal of Medecine, en 2007, les problèmes de santé ont contribué à 62,1% des banqueroutes individuelles. 77,9% de ces victimes étaient au départ assurées ! Les assureurs ne couvrent en effet presque jamais la totalité des dépenses de soins. Et dans certains cas, devoir payer 10% du coût d’un traitement peut vous précipiter dans un abîme financier..."
                  -Système de santé US
                  - Système de Santé : la France au premier rang, les USA au dernier


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 28 juillet 2009 11:26

                    Eh oui pour la santé, on va se faire avoir en beauté, les assureurs sont en effet sur les rangs. Ah ça de ce côté, on ne peut pas reprocher à Sarko de ne pas appliquer ce qu’il veut appliquer : tout au privé, tout pour les copains. Décidément, on n’apprend jamais rien des conneries des autres...


                  • Céphale Céphale 28 juillet 2009 10:31

                    Contrairement à une idée reçue, la concurrence n’est pas une condition de progrès. Le plus souvent, c’est un obstacle. D’ailleurs la « libre concurrence » du traité de Lisbonne est un mythe. Cela n’existe pas. Les dés sont pipés, comme le démontre par exemple la pagaille qui règne sur le marché des télécommunications. Cet article est un excellent réquisitoire contre l’idéologie qui anime la Commission européenne. Le progrès se construit dans la coopération.


                    • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 10:49

                      Pour rester dans l’actualité, les Etasuniens ne sont pas allés sur la lune portés par un groupe privé, mais par la volonté politique, qui a unifié et coordonné les efforts privé-public en créant la NASA. Ceci dit, la concurrence entre URSS et USA a bien aidé !


                      • Lucrezia 28 juillet 2009 10:51

                        Le problème en France n’est pas du bien fondé des Services Publics mais d’un meilleur service rendu. En effet, même si vous attachez à « démontrer » fallacieusement la bonne gestion des services publiques et leurs coûts associés, vous omettez délibérément de préenter les coûts cachés à travers les déficits abyssaux de nombre de nos services publics : SNCF, France Telecom, etc. L’état Français excelle dans les services Régaliens ou la notion concurrentielle n’existe pas ( Sécurité, Justice, Social etc.). En effet, l’état Français ne dispose pas les outils et le management et surtout la réactivité du privé !

                        Enfin les services publiques ne gomment ni les défaillances, ni les différences, mais ils ne fontt que simplement reporter et reposer ces couts sur d’autres contribuables. Tout n’est histoire que de redistribution ...car l’état en particulier Français ne créé aucune richesse, mais ne fait que redistribuer et engloutir et bien souvent gaspiller les richesses produites des travailleurs !


                        • Krokodilo Krokodilo 28 juillet 2009 10:59

                          Beaucoup de maires ce sont aperçues que la fameuse gestion efficace de l’eau par les deux groupes concurrents était un leurre, entente et surfacturation, voilà leur credo, leur seul but étant de pomper le plus de bénéfices possibles à la collectivité.
                          Nombre de ces mairies ont créé l’intercommunalité, justement pour tenter de rationaliser la gestion et les coûts. Naturellement, vous avez raison que le service public doit se doter d’outils de gestion, et rechercher une meilleure efficience.


                        • ZEN ZEN 28 juillet 2009 11:45

                          @ Kroko
                          Tu as raison
                          Le maire de ma commune se pose aujourd’hui la question :
                          comment sortir des griffes de Veolia ?

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