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Accueil du site > Actualités > Economie > Les seuils sociaux : mauvais prétextes pour les nuls

Les seuils sociaux : mauvais prétextes pour les nuls

"Les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils" : selon l'adage répété à l'envi par les anciens (du temps où il y avait de nombreux ouvriers, fiers de leur compétence) la faute, le manquement, les mauvais résultats sont dus à des éléments extérieurs à la personne qui pourrait être tenue pour responsable. Ainsi les entrepreneurs n'embauchent pas car ils se sentent entravés par les conséquences des seuils sociaux (10, 50, ... employés). Lisser ou supprimer les seuils sociaux et leurs lots de contraintes serait la mesure phare pour de nouvelles embauches. Est-ce si simple ? Est-ce un mauvais prétexte ?

En cette période du salon de l'Aviation et de l'Espace, au Bourget, la lecture des revues spécialisées et les interviews des entrepreneurs du secteurs, montrent, de façon incontestable, que depuis quelques années, avec la montée en cadence de fabrication des Airbus, la préoccupation des entreprises concernées (Airbus et ses sous-traitants de rang 1, 2 ou 3) est le manque de personnels qualifiés et la mise en place de formations accélérées, en direct ou en reconversion (techniciens en provenance d'autres secteurs industriels en régression). Le maître d'oeuvre Airbus et ses fournisseurs ensembliers de rang 1 sont soumis, de la part des Autorités américaines et européennes de certification, à des contraintes sévères : les processus d'études (calculs, dessins de conception), les processus de fabrication et d'essais envisagés et indispensables, et les qualifications du personnel, doivent répondre à des cahiers des charges et obtenir des certifications et agréments des Autorités. Les sous-traitants de rang 2, fournisseurs de composants, ont des contraintes allégées administrativement, mais les caractéristiques de leurs productions intégrées chez les rangs 1 seront insérées dans les dossiers de qualification et de certification. Les sous-traitants de rang 3 principalement des ateliers d'usinage travaillent sur des matériaux fournis par le donneur d'ordre ou par des équipementiers, et selon des procédés précis d'usinage ou de transformation, et avec un cahier des charges fixant les précisions. En plus de ces contraintes pour assurer une sécurité quasi absolue, une haute fiabilité même hors des limites normales d'usage, et une grande durée de vie, les entreprises de la construction aéronautique (et spatiale) doivent respecter les contraintes insérées dans leurs procédés de fabrication, fixées par l'Europe. En particulier, la pollution de l'environnement et la santé des intervenants doivent être pris en compte dans les travaux de peinture, de traitements de surface, des traitements thermiques et chimiques des matériaux dans leur masse. Il est évident que les contraintes classiques d'hygiène et de sécurité sont dépassées par les contraintes liées aux normes de cette industrie !

Les prévisions et prospectives à court/moyen terme des entrepreneurs est l'augmentation des effectifs pour répondre à la demande. Pour les TPI c'est l'embauche de 3 à 4 techniciens ou ouvriers très spécialisés pour passer de 7 ou 8 personnes à 12/15 personnes. Pour des PME c'est l'embauche de deux à trois dizaines de personnes qualifiées et passer ainsi de 35/45 personnes à une soixantaine ; il en est de même pour les entreprises de plusieurs centaines de personnes. Jamais les seuils sociaux et leurs contraintes ne sont évoqués, ni les contraintes liées à un licenciement. Au contraire, il s'agit pour l'entreprise de conserver son personnel et donc de créer et maintenir de bonnes conditions de travail physiques et psychologiques.

Dans les activités nouvelles du Numérique, en informatique de base, en domotique, en intelligence artificielle, en images 3D, en fabrication 3D, en réseaux multiples, en analyses de données, en applications pour smartphones, en robotique, en pilotage automatique de véhicules, etc... les start-up en développement, les TPI ayant créé leur marché, les entreprises spécifiques en grande progression, ne se préoccupent que de l'embauche de nouveaux collaborateurs et pour certaines pas encore rentables et autonomes, de l'accès à des financements publics et/ou privés. S'il y a eu un léger vent de fronde de la part de créateurs, c'était pour s'opposer à un régime fiscal de taxation de plus-values : la récompense pour la créativité et le travail acharné est différent de la plus-value de transactions financières. Le développement des industries 2.0 n'est pas liée aux contraintes des seuils sociaux.

Les contraintes des seuils sociaux et des ruptures du contrat de travail ne se posent que pour des activités stabilisées susceptibles d'un surcroît temporaire d'activité. Leur vrai problème c'est de retrouver une forte croissance qu'elle soit due à une augmentation de la demande et des ventes, à une évolution des produits due à l'innovation ou à des investissements, ou à des reconversions positives de l'activité.

Que les déblateurs médiatiques des mondes politiques, médiatiques, intellectuels, patronaux, syndicaux, économiques, se taisent pour réfléchir ensemble sur les mesures de simplification administrative et de promotion des activités nouvelles créatrices d'emplois "rentables" et vendables. Qu'ils prennent exemple sur le ministre Jean-Yves Le Drian qui se contente de bien gérer les Armées et la Défense, et de promouvoir à l'étranger les bonnes qualités et spécificités de nos équipements militaires : de l'efficacité sans bavardages médiatiques, sans cocoricos, vides, non suivis d'effets !

 


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2 réactions à cet article    


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 15 juin 2015 08:05

    Ils sont au pouvoir depuis 40 ans, ils font des réformes depuis 40 ans, se renvoient la balle et les responsabilités depuis 40 ans...
    Mais zéro résultat sur le front de l’ emploi...
    Persévérons donc dans la même voie qui a si bien réussi !


    « Il faut réformer », dit le FMI.
    « Il faut continuer les réformes structurelles » dit la Commission européenne.
    « Il faut continuer à réformer » disent en choeur les PS et Ripoublicains...

    Petit florilège des déclarations des Perroquets qui nous gouvernent :
    « Les perroquets des réformes structurelles ».

    • zygzornifle zygzornifle 15 juin 2015 09:10

      plus on vote, plus le temps passe et plus on s’enfonce comme quoi la politique ne nous sortira jamais de la merde dans laquelle ils nous enfoncent.....

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Auteur de l'article

hugo BOTOPO


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