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Les subprimes à la française

Si un éminent consultant professeur au CNAM (Michel Godet) a pu parler à propos du système de retraite par répartition en France d’un système pyramidale à la Madoff (les derniers entrants paient le capital et les intérêts des premiers parvenus à la retraite), il est un autre sujet économique et social où l’on peut faire des analogies avec les dérives américaines : celui des Subprimes.

 Rappelons en quelques mots que les Subprimes étaient des titres échangées entre acteurs financiers sur des créances « pourries » prises par des pauvres qui s’endettaient dans les banlieues américaines en espérant que la hausse des prix de l’immobilier leur apporterait enfin richesse et prospérité.

En gros on peut dire que le système financier américain après avoir poussé à un endettement massif la classe moyenne (pour masquer la baisse des revenus mais aussi de la compétitivité américaine), ce système s’appuyant sur une Loi sociale qui obligeait les banques à prêter aux personnes défavorisées, ce système avait trouvé un nouveau débouché fantastique : prêter à des personnes aucune possibilité de rembourser mais en  tablant sur une hypothétique et continuelle hausse du prix  des biens immobiliers.

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et il n’en a rien été évidemment. Cette crise américaine s’est ensuite transmise à la planète entière du fait de la titrisation et de l’échange de ces créances douteuses.

Mais en France nous avons aussi nos subprimes, à la différence des USA ce ne sont pas des créances de particuliers mais des dettes de l’Etat qui depuis 30 ans servent à masquer notre déclassement économique.

En effet sous l’effet des crises successives depuis les années 70, l’Etat a emprunté pour continuer à assurer un Etat providence au plus grand nombre, nos dettes sont évidemment gagée sur les générations futures (mais certains n’en ont cure).

Sous prétexte de traitement social du chômage (on organiser des stages de formations parking, on retient dans le système scolaire les jeunes tout en sortant les quinquas du monde du travail dès que possible) notre pays a massivement créé une richesse artificielle en s’endettant plus que de raison.

Il ne s’agissait pas malheureusement de dépenses d’avenir (depuis 20 ans nous avons assez d’autoroutes, de lignes de TGV  ou d’établissements hospitaliers) mais bien d’assurer un pouvoir d’achat conséquent (nous sommes dans les 10 premiers pays au monde pour le PIB par habitant) en assistant toujours plus le pays entier (les simples citoyens certes mais aussi les entreprises qui vivent souvent très largement des aides et subsides de l’Etat ou de l’Europe).

Notre pays s’est donc largement installé dans l’assistance (ou l’assistanat) et si l’on prend l’exemple de l’immobilier en Allemagne et en France on peut comprendre aisément dans quelle situation perverse nous nous sommes placés.

En Allemagne les travailleurs paient beaucoup moins cher leur logement qu’ils soient locataires ou comme accédants à la propriété. Malgré des salaires contenus depuis des années (et désormais le travail est globalement moins coûteux en Allemagne qu’en France) les allemands disposent d’un pouvoir d’achat supérieur. Quelques  sont les raisons de ce paradoxe ?

1) Le marché allemand est beaucoup plus ouvert aux nouveaux compétiteurs et le commerce allemand bien plus dynamique que le commerce français coincé entre des règlements lourds et quelques conglomérats de la grande distribution,

2) Les allemands dépensant 50% de moins pour se loger et payant moins cher leur nourriture comme beaucoup de produits ils ont donc en général un pouvoir d’achat supérieur à la France,

3) L’économie allemande par ailleurs est tournée vers la production de richesses. Un allemand fortuné trouvera bien plus d’intérêt à investir dans une entreprise (y compris ces grosses PME allemandes qui exportent à tout va dans le monde entier, exploit impossible pour nos PME sous capitalisée et où personne ne parle anglais) qu’à acheter des blocs d’immeubles à Munich ou à Berlin.

En France l’immobilier fait consensus et le président de la République a refusé dernièrement la taxation des plus value immobilières sur la résidence principale. De ce fait plutôt qu’investir dans la production (et donc le travail) notre pays (toute tendance politique confondue) investit largement dans l’immobilier, c'est-à-dire l’immobilisme et les situations acquises. A ce jeu du premier arrivé mieux servi les jeunes générations découvrent tout à la fois :

  • Que les logements devenus hors de prix,
  • Que les meilleurs emplois (ceux qui ne sont pas précaires) sont occupés ad vitam aeternam par ceux arrivés avant eux

Au final ils n’ont guère le choix eux aussi que de s’installer dans l’assistance (encouragée par l’Etat qui solvabilise les locataires avec moult allocations logements).

Nous sommes donc à la fois des bourreaux (nous exploitons notre jeunesse précarisée) et des vierges effarouchées qui vitupérons contre la spéculation (tout en trouvant normal de revendre plus cher et sans impôts notre résidence principale).

En fait notre situation a beaucoup d’analogie avec  la situation américaine, la seule différence étant que c’est l’Etat français qui paie pour entretenir tout ce système qui marche sur la tête.

Pour en sortir ce ne sera pas simplement d’une règle d’or dont aura besoin notre pays, mais bien d’immenses efforts de remise à niveau (travailler plus, travailler mieux, moins prendre de vacances et tenter de rattraper nos retards). Ces efforts en serons-nous capables dans les 10 ans, rien n’est moins sûr tant la dette semble évidente et indolore à beaucoup de nos concitoyens.

Didier cozin

Ingénieur de formation professionnelle

par Didier Cozin (son site) mardi 23 août 2011 - 58 réactions
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  • Par AntoineR (xxx.xxx.xxx.69) 23 août 2011 11:25

    "En effet sous l’effet des crises successives depuis les années 70, l’Etat a emprunté pour continuer à assurer un Etat providence au plus grand nombre, nos dettes sont évidemment gagée sur les générations futures (mais certains n’en ont cure)."

    C’est faux, 

    L’état français emprunte pour :

     - compenser le manque de rentrées d’argent dû aux niches fiscales accordées à l’oligarchie
     - payer des intérêts aux banques sur la dette passée car l’état n’a plus le droit d’emprunter à 1% à la BCE (alors que les banques privées ont le droit elles)
     - payer les députés, les sénateurs, les euro-députés, les préfêts d’honneur (comme hortefeux), leurs primes, leurs retraites.....
     - payer les avions de Sarko, les guerres faites pour liquider les stock d’uranium appauvri et relancer le chiffre d’affaire de Dassault...


    Supprimons déjà toutes ces abberrations et après on parlera des retraites, de l’école publique et de la sécu.

    Mais je pense que si on fait déjà ça, tout ira pour le mieux au niveau des finances du pays.
    Il ne faut pas oublier que la technologie nous permet de doubler la productivité tous les 13 ans (X 4 en 26 ans...). C’est quand même un peu dommage à notre époque de ne pas pouvoir payer nos retraites.

  • Par penajouir (xxx.xxx.xxx.98) 23 août 2011 10:39
    penajouir

    Tiens encore un libéral qui vient nous jouer de la flûte ! Slogan de rigueur : Tous pour moi et chacun pour sa gueule. Le système existant est basé sur la solidarité, pardon je viens de dire un gros mot (Solidarité)… Si c’est mieux en Allemagne pépère, vas y, personne ne te retient !  

  • Par Carland (xxx.xxx.xxx.48) 23 août 2011 10:57

    "Si un éminent consultant professeur au CNAM (Michel Godet) a pu parler à propos du système de retraite par répartition en France d’un système pyramidale à la Madoff"

    L’inénarrable Michel Godet (qui est à l’économie ce que la charrette à bras est au TGV) cité en début d’article donne une idée de la soupe qui va nous être servie... On est pas déçu.

    Pour la retraite par répartition voici un lien pour le proffesseur au CNAM de la part d’un bac moins deux : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-arnaque-aux-retraites-deux-81011

  • Par Carland (xxx.xxx.xxx.228) 23 août 2011 13:21

    @ Didier Cozin

    vous dites : "Si dans 10 ans il y avait 20 ou 30 % des salariés en moins et 20 ou 30 % de retraités en plus on ne voit pas trop d’où viendront les fonds pour payer les pensions."

    Oh le joli sophisme par ailleurs éculé. La retraite par répartition ce sont les cotisations sociales d’aujourd’hui. Elle sont utilisées aujourd’hui et servent à payer les pensions, les frais de santé... etc. Votre argument pleurnicheur style comment on va faire ma pauvre dame avec plus de retraités et moins de salariés ne tient pas et vous le savez. La productivité augmente régulièrement, le PIB aussi et s’il y a un déficit c’est bien dû aux exonérations de COTISATIONS SOCIALES accordées au patronat. Une Trentaine de milliard par ans ce n’est pas rien !

    Le système par répartition fonctionne, il est fiable et de plus il est à l’abri de la SPECULATION et des FINANCIERS...

    Ce que vous proposez c’est d’importer en France un système qui a fait la preuve de sa nocivité. Il consiste à remplacer les cotisations (qui sont du salaire, je préfère le préciser !) par des fonds de pensions aux mains des banquiers et des financiers.

    Merci du cadeau ! En plus de renflouer les banques avec les impôts, vous nous coller la double peine en donnant aussi les cotisations sociales aux spéculateurs de tous poils. Merci pour eux.

    Au fait que pensent les ex salariés d’ENRON qui en plus de perdre leur boulot ont perdu leur retraite dans la faillite de la boite due à la rapacité de ses actionnaires.

    Ce que nous avons compris, c’est que les cotisations sociales échappent aux banques/assurances et autres parasites. C’est cela qui est insuportable aux actionnaires qui vu leurs talents financiers (voir les cours de la bourse) veulent se servir dans la poche des salariés

    Que vous soyer pour la loi de la jungle ou le riche écrase le petit est une chose, de la à nous expliquer que vous nous marchez sur la gueule pour notre bien, vous charriez un peu.

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-arnaque-aux-retraites-deux-81011

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