Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Leurre de la dette publique

Leurre de la dette publique

Le 15 mai, les fonctionnaires débutent un long mouvement de grève pour protester contre la suppression de 22 900 postes. Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale ne daignant pas écouter un mouvement de contestation qui va donc en s’intensifiant tandis que commence à gronder un éventuel blocage des épreuves du bac.

Ces suppressions de postes sont justifiées par une volonté de revenir à l’équilibre budgétaire, but en passe d’être inscrit dans la Constitution, alors que Bruxelles menace la France d’une mise en garde.

Le mécanisme semble simple : trop de fonctionnaires, trop de dépenses, diminuer les fonctionnaires pour diminuer les dépenses. Mais il semblerait qu’en réalité d’autres mécanismes interviennent, qui viennent invalider les actions du gouvernement.

Le rapport Pébereau, en décembre 2005, posait les jalons de la pensée en vigueur : "Rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale".

Ainsi, le rapport préconise une incitation à la production des entreprises par une baisse des cotisations employeur, mais aussi une baisse des dépenses publiques (actuellement par le biais de la diminution des postes de fonctionnaires).
Sur des relents moralisateurs, vulgarisateurs, comparant les finances publiques à un ménage pour une meilleure lisibilité du plus grand nombre, la commission d’étude réalise une énorme erreur.

En effet, ces mesures peuvent aboutir à un équilibre, au niveau d’un ménage ou encore d’une entreprise (on parle alors d’un niveau microéconomique). Cependant, elles se révèlent inefficaces quant il s’agit d’un Etat.

Expliquons-nous : de nombreux penseurs économiques ont mis en perspective le rôle de l’Etat dans l’économie, car l’Etat n’est pas un agent économique comme les autres, son action peut avoir une influence sur la société :

D’un point de vue social, il ne faut pas oublier que les postes de fonctionnaires sont des emplois, les diminuer augmenterait le chômage, or les personnes au chômage disposent d’aides reversées par l’Etat et financées par les administrations publiques. Baisser le nombre de postes ne serait dès lors pas pleinement positif.

Le déficit d’une année se calcule à partir de la dette de l’année précédente, auquel on ajoute l’intérêt de la dette, le déficit primaire (recettes moins dépenses) de l’année actuelle. Or, de ce déficit primaire dépendent les dépenses bien entendu, mais aussi les recettes récoltées au cours de l’année. Ces recettes dépendent du taux de croissance.

De ceci découle que le taux d’intérêt de l’année précédente exerce une forte influence sur le déficit de l’année actuelle. Il faut donc réaliser un excédent (recettes supérieures aux dépenses), qui s’obtient par un taux de croissance supérieur au taux d’intérêt : voici le fameux effet boule de neige ! Cette affirmation peut se vérifier quand l’on voit une stabilisation de la dette à la fin des années 1980, période de croissance.

La croissance apparaît comme le seul moyen de retour à l’équilibre. Les crises que traverse l’économie mondiale actuellement sont des crises dites de surproduction : en clair, les produits ne trouvent pas de débouchés, poussant les entrepreneurs à revoir leurs estimations à la baisse ce qui se traduit par une baisse de la production et des licenciements. L’Etat peut vaincre cette spirale en stimulant la demande (par le biais de salaires indirects notamment, il "augmente le pouvoir d’achat" comme chacun sait), en injectant des moyens dans l’économie, ce qui est possible grâce au déficit public.

Cependant tous les déficits ne sont pas profitables. Deux économistes, B. Tinel et J.-M. Monnier distinguent des déficits récessifs (déficit budgétaire provoqué par un allégement des charges fiscales, sur les revenus les plus aisés) et expansionnistes (augmentation des dépenses et réduction des prélèvements obligatoires sur les plus bas revenus ayant la plus grosse propension à consommer).

Dès lors, il apparaît clairement que le déficit actuel n’est pas souhaitable (paquet fiscal...), mais la solution n’est pas dans une diminution des postes de fonctionnaires, plutôt dans un déficit "utile".

Si les baisses de dépense prônées par le gouvernement ne présentent pas d’intérêt d’un point de vue économique, elles prennent tout leur sens quand on se place d’un point de vue idéologique : tout se passe comme si le gouvernement désirait se servir de la dette pour amorcer un désengagement progressif de l’Etat.

Mais n’est-ce pas là un "but" de la pensée libérale ?


Moyenne des avis sur cet article :  3.24/5   (59 votes)




Réagissez à l'article

143 réactions à cet article    


  • Fred 23 juin 2008 12:52

    Le nombre de fonctionnaires n’a jamais cessé d’augmenter mis à part pour les quelques dernières années sans que nous aillons vu une amélioration de la qualité des services.

     

    Tous les pays qui ont réussi à se sortir de leur dette ont commencé par une diminution drastique et non anémique, comme vient de le faire Sarkozy, des effectifs de fonctionnaires. On peut regarder les exemples des pays Scandinaves dans les années 80, baisse de 40% des effectifs plus changement à un status de droit privé et en plus ce sont des pays socialistes.


    • Diego 23 juin 2008 13:54

      D’accord quand aux pays Scandinaves, mais je ne connaîs pas bien leur situation d’un point de vue économique, la structure de l’état... Mais pensez-vous qu’on puisse les comparer à la France quand on sait qu’une grande partie de leur pib est due à l’exploitation de gisements pétroliers et d’industrie technologiques liées à la nouvelle économie ?

      Pour les fonctionnaires, comment pouvez-vous juger, apprécier un quelconque aspect qualitatif d’un point de vue national ? Il semble que l’état lui même n’y parvienne pas et doive user d’artifices comptables pour une évaluation pas toujours pertinente ?

      Aussi, la solution semble pour vous être une baisse de la dette, un retour à l’équilibre sur le court terme : pour ma part cela n’est pas la bonne solution comme j’ai tenté de l’exposer dans l’article


    • donino30 donino30 23 juin 2008 14:24

      "Aussi, la solution semble pour vous être une baisse de la dette, un retour à l’équilibre sur le court terme : pour ma part cela n’est pas la bonne solution comme j’ai tenté de l’exposer dans l’article"

       

      Ce n’est pas une solution en soi, mais à court terme une voie incontournable. Regardez où nous en sommes arrivés : les seuls intérêts de la dette couvrent l’impot sur le revenu ! Croyez vous que ceux qui ont mis en place cet impôt au début du siècle dernier avaient envisagé qu’il servirait à cela ? Après, le sempiternel dilemne entre augmenter les recettes ou diminuer les dépenses... C’est bien beau de souhaiter la croissance pour réduire la dette, mais comme vous avez pu le constater nous n’en prenons guère la direction : 0,3% annoncés sur les 6 prochains mois ! Donc être le pays le plus taxé au monde et ayant le second taux de dépense publique ne favorise pas la croissance, que reste t-il comme solution ? Poursuivre encore plus dans cette voie, vous y croyez sincèrement ?


    • Fred 23 juin 2008 18:02

      "fred menteur,

      "Le nombre de fonctionnaires n’a jamais cessé d’augmenter mis à part pour les quelques dernières années sans que nous aillons vu une amélioration de la qualité des services"

      c’est archi-faux.

      vous répérez à l’envi cet argument éhonté !

      donnez vos sources au lieu de raconter des énormités !"

       

      Ben voilà une source

       

      http://www.debat2007.fr/index.php?id=105

       

      J’attends de voir les votres puisqu’apparement pour vous les effectifs n’ont pas augmenté (je rappelle que j’ai dis qu’ils avaient légèrement baissé sur les dernières années en gros depuis que Jospin n’est plus premier ministre).


    • Fred 23 juin 2008 18:03

      Je crois que seule la Norgège a d’importants gisements, la Suède, le Danemark et la Finlande n’ont pas grand chose.


    • JPC45 23 juin 2008 13:48

      Pour réduire le chomage, l’Etat pourrais embaucher tout les chomeurs et la boucle et bouclée

       


      • sisyphe sisyphe 23 juin 2008 14:01

        Sophisme moins absurde qu’il n’y parait à première vue.

        Un chomeur coûte beaucoup à l’état, sans rien rapporter à personne.

        En fait, le chomage arrange les entreprises, mais fait du mal aux finances publiques. Déjà que les entreprises bénéficient d’énormes aides de l’état (40 milliards par an), san qu’aucune contrepartie ne soit exigée en matière d’embauche, ni même d’interdiction de licenciements, le chomage, de plus, décharge une grosse partie de leurs dépenses (salaires, cotisations), vers l’état.

        Comme toujours, privatisation des bénéfices, socialisation des pertes ; logique implacable du système libéral.

        C’est bon : on continue comme ça ?


      • Diego 23 juin 2008 14:06

        Oui voilà ! Sérieusement les Etats-Unis ont plus ou moins pris de telles mesures dans des temps reculés avec des effets plutôt positifs, mais bon, ça pourrait marcher sur le long terme mais uniquement avec des frontières fermées et donc pas actuellement, exemple de la politique de relance en 81 tombée à l’eau car les méchants français achetaient japonais ! L’état engrangerait des recettes mais pas suffisamment parsk la demande ne suivrait pas.


      • JPC45 23 juin 2008 15:29

        Le travail obligatoire pour tout le monde : voila une bonne idée qui a fait ses preuves.


      • JL JL 23 juin 2008 18:45

        On appelait ça le STO, si j’ai bonne mémoire !


      • Guzecha Guzecha 24 juin 2008 12:36

        Tiens, à propos de coûter sans rien rapporter, est-ce bien l’état qui a payé au milliardaire animateur pseudo-humoriste Arthur un joli voyage en Israël dans les bagages du président ?


      • donino30 donino30 23 juin 2008 14:09

        "D’un point de vue social, il ne faut pas oublier que les postes de fonctionnaires sont des emplois, les diminuer augmenterait le chômage,"

         

        C’est très Keynesien comme raisonnement, mieux vaut payer des gens à creuser puis boucher des trous que de les laisser au chômage... Je caricature, mais à peine. Personne n’a prouvé que ça ne marchait pas, mais personne n’a prouvé l’inverse non plus. Ce n’est pas parce que l’on supprime des postes de fonctionnaires que l’on crée automatiquement du chômage tout de même ! Le raisonnement est pour le moins simpliste... Il faut bien garder à l’esprit que l’argent qui n’est pas consacré à la dépense publique ne se volatilise pas, il reste dans le circuit économique. Sinon effectivement je rejoins le commentaire de JP, que l’état embauche tous les chômeurs et hop, plus de problème smiley

        Il n’y a quand même pas de honte à dire que l’état a recruté trop de fonctionnaires à un moment donné, et qu’il faut procéder à un réajustement.


        • sisyphe sisyphe 23 juin 2008 14:19

          par donino30 (IP:xxx.x86.128.162) le 23 juin 2008 à 14H09

           
          "D’un point de vue social, il ne faut pas oublier que les postes de fonctionnaires sont des emplois, les diminuer augmenterait le chômage,"

           

          C’est très Keynesien comme raisonnement, mieux vaut payer des gens à creuser puis boucher des trous que de les laisser au chômage... Je caricature, mais à peine. Personne n’a prouvé que ça ne marchait pas, mais personne n’a prouvé l’inverse non plus. Ce n’est pas parce que l’on supprime des postes de fonctionnaires que l’on crée automatiquement du chômage tout de même !

          Keynesien ; sans doute...

          Manifestement donino préfère le système Friedmanien de la "main invisible du marché, qui, lui, a largement et indubitablement prouvé sa faillite et les dégats qu’il engendre.

          Sinon, en supprimant des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, sans que les entreprises ne créen d’emplois, je vois difficilement comment on peut échapper à l’augmentation du chomage.. Sauf à ne plus indemniser les chomeurs (comme le propose le Friedmanien Dassault)  ; ça les fait disparaitre des statistiques, et ça fait donc des chomeurs en moins : le tour est joué......

          Bon, ça rajoute des rmistes et des sdf : mais ça, ça coûte quand même beaucoup moins cher ; d’autant qu’on va supprimer le rmi : tout benef, quoi !

          C’est pas beau, un monde libéral ? ...


        • donino30 donino30 23 juin 2008 14:33

          Manifestement donino préfère le système Friedmanien de la "main invisible du marché

           

          C’est tout à fait exact, mais je crois que c’est Adam Smith la main invisible. Plus précisément je ne crois ni à l’une ni à l’autre à l’extrême, mais à un équilibre entre les deux. Et pour le moment, vous conviendrez que la tendance est plutôt à creuser et boucher des trous, et ça ne donne au final grande satisfaction à personne.


        • xa 24 juin 2008 12:12

          "si Keynes revennais aujourd’hui il serait plutot de centre droit vor UMPeiste"

          Keynes se qualifiait lui même de bourgeois éclairé et de socialiste libéral (qu’il opposait au socialisme marxiste), mais surtout de non conservateur. Bref ce serait ce qu’on appelle aujourd’hui un bobo. "Centriste" certainement (en incluant les extremités centristes du ps et de l’ump), avec une palette allant de DSK à Carrez.

           

          "il était pour une intervention meusurée de l’Etat"

          Relisez Keynes. Keynes était libéral au sens "laisser des libertés au marché, réguler les excès". Dans ce sens, il était pour une intervention mesurée de l’Etat en matière de contrainte de l’économie (éviter de réglementer). A contrario, Smith, Friedman sont des "laissez faire le marche se régule tout seul". Keynes était farouchement opposé à cette vision de l’économie façon "loi du plus fort".

          Mais il était aussi pour l’intervention massive de l’Etat dans certaines conditions : investissement massif (pour orienter l’économie), controle des secteurs jugés primordiaux, décentralisation et délégation au privé mais en conservant le controle d’Etat (entreprise semi publique : ie de droit privé mais détenue en partie par l’Etat), ...


        • Nono Ladette Nono Ladette 26 juin 2008 03:43

          Réduire le nombre de fonctionnaires ne revient pas à augmenter le nombre de chômeurs !

          Comme l’a dit donino, ce salaire de X fonctionnaires qui ne sera plus prélevé sur les richesses produites dans le pays restera dans la poche des contribuables pour les dépenser autrement, dans des activités et ou des produits qui les satisferont plus en tant que consommateurs, et qui créeront ainsi des emplois.

          Je trouve ça incroyable mais j’ai l’impression que je dois le rappeler : les ressources de l’Etat et des administrations publiques (1000 milliards d’euros par an ! ) sont prélevées sur les richesses produites dans le privé. Quand on lit "l’Etat aide les entreprises à hauteur de 40 milliards" dans un des commentaires précédents, ça veut dire quoi ? Que l’Etat subventionne ces activités ? N’importe quoi ! Cela veut dire qu’il accorde un rabais sur le montant des charges sociales "normalement dûes" si on applique les taux prévus. Il n’empêche qu’il prélève beaucoup et que c’est cela qui permet d’avoir autant de services publics.


        • xa 26 juin 2008 11:23

          Euh, non. Les ressources de l’Etat ne sont pas de 1000 milliards par an (soit 58% du PIB).

           

          Les prélèvements sont de 44% du PIB environ, pas de 58. En ajoutant le déficit, on a donc un budget général de l’administration de 850 milliards environ (collectivités incluses donc puisque les 44% intègrent la TH, la TF, la TOM, ...).

          C’est déjà pas mal, inutile de forcer le trait.

           

           


        • Tintin Tintin 23 juin 2008 14:25

          En France depuis le début des années 90 jusqu’à nos jours, le nombre de fonctionnaire est passé de 4 à 6 millions, soit 1 actif sur 6, la croissance moyenne a été de 2.1%, soit moins que la moyenne européenne à 2.3 et que celle des US à 3.2, et la dette publique est passée de moins de 40% du PIB à plus de 60%.

          Ces quelques chiffres illustrent bien je pense que le leurre est de croire que la dette publique est seule facteur de croissance. La réalité est que nous dépensons plus, pour obtenir moins, avec un taux de chômage supérieur à 8% depuis plus de 20 ans.

          L’aveuglement idéologique est le seul responsable de cette situation très francaise, qui ne devrait pas s’arranger au regard du discours ambiant qui demeure totalement déconnecté de la réalité des faits.


          • JPC45 23 juin 2008 15:27

            1 actif sur 6 ! ça me parait faible, j’ai plutôt en tête 30% plutôt en prenant les collectivités locales


          • sisyphe sisyphe 23 juin 2008 15:35

            par Tintin (IP:xxx.x30.108.201) le 23 juin 2008 à 14H25

             
            En France depuis le début des années 90 jusqu’à nos jours, le nombre de fonctionnaire est passé de 4 à 6 millions, soit 1 actif sur 6, la croissance moyenne a été de 2.1%, soit moins que la moyenne européenne à 2.3 et que celle des US à 3.2, et la dette publique est passée de moins de 40% du PIB à plus de 60%.

            Ces quelques chiffres illustrent bien je pense que le leurre est de croire que la dette publique est seule facteur de croissance. La réalité est que nous dépensons plus, pour obtenir moins, avec un taux de chômage supérieur à 8% depuis plus de 20 ans.

            Ca prouve surtout, hors la parenthèse Jospin, l’incroyable incompétence des dirigeants de la droite française, qui ont tout plombé : la croissance, la dette, et qui, maintenant, s’attaquent au démantèlement du système social, sans aucun effet ; ni sur la croissance, ni sur la dette, qui continue d’exploser.

            Nous sommes au bord du précipice, mais il faut absolument continuer cette marche en avant !! ..

             


          • Tintin Tintin 24 juin 2008 13:16

            Il ne faut pas trop attendre des politiques, et surtout pas de la croissance, à part éventuellement celle de la dette.

            Durant la période Jospin la conjoncture internationale était plutôt favorable, la plupart des pays connaissaient une croissance soutenue. Hors malgré cette croissance, le solde public est resté désespérément dans le négatif. D’autres pays (RU, Suède, Allemagne) ont connu dans le même temps des excédents budgétaires...

            Les finances publiques n’ont donc pas connu une soudaine embellie qui se serait volatilisée par la suite. Les politiques francais de gauche comme de droite sont simplement de mauvais gestionnaires, alors attendre d’eux de la croissance, c’est faire preuve de beaucoup de naiveté.


          • finael finael 23 juin 2008 14:26

            Il suffirait d’une baisse de 1 point du taux directeur de la BCE (taux de base pour les prêts) pour diviser par deux la "dette" de la France.

             Il est heureux que quelqu’un explique enfin que "la dette" d’un pays n’a rien à voir avec celle d’un ménage !


            • JPC45 23 juin 2008 15:26

              Vos sources ? je ne vois pas comment une augmentation de taux peut faire diminuer la dette.

               


            • Diego 23 juin 2008 15:43

              Tout simplement une baisse du taux directeur entraîne une baisse de l’ensemble des taux de la zone euro, il en découle une baisse des remboursements sur les obligations à taux d’intérêt variable (émises sur les marchés financiers)


            • JPC45 23 juin 2008 15:46

              Soyez plus précis suppossons que l’état emprunte à 4% et à un stock de dette de 100 donc rembourse 4 tous les ans donc une diminution du taux à 3% fait passer la dette à 50 ! vous confimez ?


            • Diego 23 juin 2008 15:58

              Mais voyons le problème n’est pas si simple :

              il ne faut pas oublier les bons de trésoreries (très court terme pour les "trous" comme en comptabilité d’entreprise).

              L’état emprunte donc par le biais de plusieurs produits.

              Et sur la période il faut tenir compte des fluctuations de la valeur de la monnaie (que le taux directeur influence) :

              baisser le taux directeur baisse les taux d’intérêt et concourre à la crétion de monnaie !


            • Diego 23 juin 2008 16:04

              En effet, j’ai bafouillé !


            • JPC45 23 juin 2008 16:04

              Je vois toujours pas comment une diminution de 1% divise la dette par 2 ! Vous me dites ds un 1er temps c’est simple et puis dans un second temps c’est pas si simple. Je souhaite juste la preuve chiffrée de ce quiu est avancé et pour l’instant, je en vois rien qui justifie cette information car au contraire une baisse des taux fait augmenter la valeur d’une obligation à taux fixe donc pour une dette, une diminution fait augmenter le poids de la dette courant.


            • Diego 23 juin 2008 16:15

              Très bonne idée, voilà peut être la clé de la croissance !


            • donino30 donino30 23 juin 2008 16:44

              "Il suffirait d’une baisse de 1 point du taux directeur de la BCE (taux de base pour les prêts) pour diviser par deux la "dette" de la France."

               

              Il fallait lire les intérêts de la dette je suppose, comme certains l’ont fait remarquer. Et que se passe t-il si au lieu d’une baisse de 1 point du taux directeur, il y a une hausse de 1 point ? Ah ce n’est pas possible ? Tant mieux, car avec le taux actuel les intérêts de la dette représentent 20% du budget de l’état. C’est grave docteur ? Oui un état ce n’est pas un ménage, et une fois que l’on a dit ça on fait quoi, en quoi cela est il une garantie. Ce genre d’argument me rappelle le discours des établissements financiers il y a deux ans : "Nous disposons maintenant avec bale II d’outils de mesure du risque nous permettant de prêter sans qu’au final ni l’établissement ni le client ne prennent le moindre risque". On connait la suite. Jusque là, tout va bien...


            • nihalem 23 juin 2008 19:44

              Les taux directeurs de la BCE (ou d’une quelconque banque centrale) servent à réguler la masse monétaire symbolisant la richesse de l’économie qu’elle fluidifie. Ça n’est pas un taux de remise de dette.

              Lorsque la BCE abaisse d’un point son taux de refinancement par exemple (le taux classique quand on parle de taux directeurs et qui concerne les liquidités disponibles des banques, il existe aussi le taux d’escompte pour les prêts à très court terme, le taux ...), ça influence le montant des interêts à payer en plus du capital. Pour le coup, c’est comme les bons vieux prêts d’un ménage.

              Donc, non, si la BCE baisse ses taux directeurs d’un point, ça ne divise pas la dette. D’ailleurs, les banques centrales ne créent pas de l’argent ex nihilo, pas du tout, elles crééent de la monnaie, pas de la valeur, nuance. Si sur un marché il n’y a qu’une banane à acheter et que l’acheteur dispose de 1 ou de 1000 €, ça ne change rien, sa monnaie ne vaut qu’une banane. One ne peut pas diviser par deux la dette d’un pays, d’un coup de baguette magique. Le seul moyen de réellement éponger sa dette sans rembourser, c’est de voler, d’escroquer. Je vois mal la BCE accepter que tous ses créanciers se voient floués. Elle perdrait toute confiance (et pour le jeu de mot, tout crédit), et l’euro perdrait beaucoup de sa valeur. Si vous êtes prêt à me vendre un bien contre une reconnaissance écrite de dette que j’honorerai (encore un jeu de mot) dans un délai fixé, c’est parce que vous accordez de la valeur à ce papier. C’est pareil pour une banque centrale et sa monnaie. Arrêtons le mythe de la science économique magicienne : non, la dette d’un État n’est pas qu’une fiction comptable, un conte qu’on pourrait écire et réécrire selon notre rêverie. La BCE se rémunère sur son activité de banque centrale. Elle n’a pas intérêt à ce qu’on lui retire notre confiance dans son efficacité. S’il advenait que sa gestion fût complètement irrationnelle, alors, elle s’effondrerait, et tous ce qui est libellé en euro aussi : vos pièces, vos billets, vos chèques, vos comptes en banques. Retour au troc ou à une monnaie rationnelle !

              Un bon exemple de monnaie mal gérée est le dollar zimbabwéen. Au Zimbabwé, un gentil révéré grand timonier Robert Mugabe a tout pouvoir sur la banque centrale zimbabwéenne, partant, sur tous les dollars zimbabwéens. Mr Mugabe a mal géré l’agricultre nationale qui était avant le grenier de l’Afrique australe mais qui est devenu maintenant un pays importateur net pour l’agroalimentaire. Zut, Mr Mugabe se retrouve sans la ressource principale du pays pour financer l’État. Qu’à cela ne tienne, imprimons des dollars zimbabwéens et on pourra payer tout le monde ! Pourquoi personne n’a pensé gérer son économie ainsi auparavant ? Ah ah, les cons ! Ceux qui sont payés avec tous ces tout-nouveaux-tout-beaux dollars zimbabwéens veulent avoir de la richesse non financiaire, acheter des trucs quoi, car c’est une étrange population ou peu sont férus de numismatique. Le marché intérieur zimbabwéen, qui n’a pas eu d’augmentation magique de sa richesse entre-temps se retrouve avec plein de dollars supplémentaires pour acheter les mêmes biens et services. La valeur du dollar zimbabwéen plonge, pour un même bien, le prix augmente, ça s’appelle l’inflation. Jusqu’à 15000% d’inflation annuel, record battu. Oui, avec 150 ZWD, tu peux acheter 150 noix de cocos à 1 ZWD le 1er janvier ou même pas une noix de coco entière le 31 décembre. On économise pour investir dans sa future petite entreprise ? Non, évidemment. On emprunte ? À qui ? Pour qu’on accèpte de prêter, on veut qu’une fois l’argent de retour, on puisse au moins acheter la même chose avec la nouvelle somme, ça fait un gros taux d’intérêts... Résultat, le pays est sinistré, la famine sévit, le peuple s’éxile, notamment en Afrique du Sud voisine. Bravo Mugabe !

              Pitié, qu’on cesse de balancer à la catapulte des conneries sur l’économie. J’en ai assez que le débat soit à la fois si nul (peu d’intervenants bossant effectivement dans les sciences économiques) et si idéologique...


            • impots-utiles.com 23 juin 2008 18:39

              Et oui, les caisses de l’Etat sont vides... quand ça arrange le gouvernement !

              car lorsqu’il s’agit de financer les campagnes publicitaires télévisées du chef de l’etat ( propagande ?) , le problème des caisses ne se pose plus...

              Au nom de quoi le contribuable français devrait-il financer les campagnes de pub du président en mal de points dans les sondages ??

              Les français n’attendent- ils pas des résultats plutot que du blabla médiatique ??

              http://www.impots-utiles.com/qui-paye-la-campagne-de-pub-de-sarkozy.php


              • chmoll chmoll 23 juin 2008 19:17

                y a qu’a voir tout s’qu’ont peu faire sur l’net au niveaux administratif sans s’déplacer, j’me d’mande tous les fonctios qui faisaient s’boulot,vont faire koi ?

                j’me d’mande si l’net n’a pas une p’tite part dans le suppression des fonctios


                • Diego 23 juin 2008 20:03

                  Bah je pense que le premier avantage est une réduction du coût d’acheminement.

                  Après ça fait moins de postes c’est sur mais pas tant que ça si on prend en compte le fait qu’il faille du personnel de s’occuper de la maintenance informatique etc


                • donino30 donino30 24 juin 2008 11:40

                  "Après ça fait moins de postes c’est sur mais pas tant que ça si on prend en compte le fait qu’il faille du personnel de s’occuper de la maintenance informatique etc"

                   smiley La remarque est sérieuse ou il faut la prendre au second degré ? Juste un exemple : les effectifs des services des impôts en France et aux Etats unis sont sensiblement identiques (respectivement 78000 et 98000) pour une population 5 fois supérieure... Les USA ne sont pourtant pas des tendres au niveau fiscal. N’y voyons nous pas de "légers" gains de dépense publique ? Ne vous leurrez pas, le service publique est avant tout au service de lui même.


                • jaja jaja 23 juin 2008 20:42

                  Gud, "Commençons par supprimer le droit de grève de cette engeance privilégiée qui sclérose la France ! "

                  Vous dégueulez la haine contre toute une frange (souvent mal payée) de salariés de ce pays... Vous dégueulez aussi contre les chômeurs, les Rmistes, les grévistes du privé, les banlieusards etc...... Bref vous attaquez des millions de gens qui sont partie intégrante du peuple de France...

                  Que vous répondre lorsque vous dites "Commençons..."... Qui sont ces nous ? Les gros bras de l’extrême droite laquais zélés des néocons qui gouvernent ce pays ?

                  Et vous croyez que nous allons nous laisser faire ? Votre rage illustre votre impuissance cher Monsieur du Gud...

                   


                  • jaja jaja 23 juin 2008 21:00

                    Les aides publiques aux entreprises (lire aux capitalistes) se chiffraient à 65 milliards d’euros en 2006 soit plus que le déficit budgétaire... Et une partie de ces sommes colossales partent en placements ce qui est le comble de l’absurdité économique....

                    Entre 2000 et 2007 la réduction des impôts pour les riches a fait perdre 50 milliards d’euros au budget...

                    Les entreprises publiques, comme les autoroutes, construites avec l’argent des contribuables sont bradées aux requins de la finance ce qui aggrave le trou du budget de l’État.

                    "L’État est en faillite" disait Fillon, "les caisses sont vides" affirmait Sarko...

                    Non les caisses ne sont pas vides, elles sont vidées, ce qui n’est pas la même chose et systématiquement....


                  • JPC45 23 juin 2008 21:04

                    encore le monde diplomatique ? un conseil : creuser un peu les sujets.


                  • jaja jaja 23 juin 2008 21:31

                    "encore le monde diplomatique ? un conseil : creuser un peu les sujets."

                    A vous de jouer si vous pouvez contester ces chiffres... S’ils sont vrais, la messe est dite....

                    Là c’était la Documentation Française.... une petite revue gauchiste


                  • JPC45 23 juin 2008 21:33

                    un lien ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès