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Accueil du site > Actualités > Economie > Libération minimise la loi de 1973

Libération minimise la loi de 1973

Libé est-il de gauche ? La question mérite d’être posée après l’article du 13 avril 2012 (1), qui fait preuve d’une complaisance inouïe à l’égard de la finance et du libéralisme. Par petites touches, Dominique Albertini tente de faire passer la loi de 1973, dont on rappelle qu’elle a privatisé la création monétaire, comme légitime et relativement anodine.

Albertini commence par suggérer que contester la loi de 1973 est une idée extrémiste, puisque émanant de partis politiques « extrêmes ». Ceci est techniquement vrai, et pour cause : la gauche et la droite « modérées » (dont nous allons voir, en l’occurrence, qu’elles ne le sont pas du tout, modérées) sont tombées d’accord pour verser annuellement des milliards à la finance, c’est-à-dire aux plus riches. Plus de mille milliards pour la seule période allant de 1979 à 2006 (2). L’argent vient des deniers publics, c’est-à-dire des impôts, directs et indirects, payés par toutes les couches sociales, des plus pauvres (par la TVA notamment) aux plus riches. Que les ménages les moins favorisés versent une rente à la finance est-il une idée « modérée » ? Fort peu ! Conséquemment, ce sont bien les partis dits « extrémistes » (« minoritaires » serait en l’occurrence plus juste) qui ont la position la plus raisonnable et qui se mobilisent à bon escient. Ce transfert des pauvres vers les riches pose, sur le principe autant que dans son ampleur, un problème inédit, qui aurait mérité mieux de la part de Libération qu’un article dont nous allons mesurer la fragilité.

Un risque d’inflation ?

Albertini tente de justifier la loi de 1973 par le sempiternel argument du risque d’inflation, inflation qui, au demeurant, pénalise surtout le capital. Or, la décennie qui a suivi l’instauration de cette loi a connu une inflation à deux chiffres, tandis que ces dernières années, l’inflation est restée modérée malgré une création monétaire galopante. Preuve que la création monétaire n’est, au mieux, qu’un facteur parmi d’autres.

Quand bien même, l’argument du risque serait contestable en ce qu’il suppose que nos gouvernants ne sont pas responsables et ne doivent pas détenir les clés de la « planche à billet », planche dont l’usage excessif (nous soulignons : « excessif ») peut en effet déboucher sur une inflation non maîtrisée. Or, nos gouvernants prennent quotidiennement des décisions engageantes pour l’avenir, par exemple en maintenant la législation sur les rejets radioactifs et chimiques dans l’environnement, la vaccination obligatoire, etc. Autant de domaines où l’abandon des lois ne créerait des crises sanitaires qu’à moyen terme, bien après que le gouvernement fautif soit parti. Et pourtant, ces législations perdurent et restent dans le giron de l’État. Pourquoi faire exception pour la création monétaire, exception qui aboutit au versement de sommes colossales au privé, sur les deniers publics, et sommes qui devraient nous amener à nous méfier de la sincérité de certaines explications économiques ?

La dette crée l’argent

Rappelons que dans le système monétaire qui est le nôtre, la dette est le seul moyen de créer de l’argent (3), faisant de l’emprunt un acte vertueux et indispensable. La croissance de la masse monétaire passe (forcément) par la dette. Par ailleurs, le fait que l’argent soit désormais créé ex nihilo par de simples écritures informatiques, et ne soit donc pas forcément “pris” à quelqu’un, justifie de réétudier l’utilité et la moralité du versement des intérêts. Sont-ils indispensables dans tous les cas ?

Le point de vue d’ATTAC

Dans un but louable d’équilibre journalistique, Albertini cite l’économiste et membre d’ATTAC Dominique Plihon, selon lequel la banque centrale « doit [financer directement les États] en temps de crise ». Ce fut le cas, en partie, et indirectement, pendant la crise de 2008 et sonne d’ailleurs comme une confirmation de la justesse des critiques à l’encontre de la privatisation de la création monétaire, principe qui a donc été trahi lors de certaines opérations de la banque centrale européenne. Mais, et l’article ne le dit pas, la position d’ATTAC va plus loin que les seules situations de crise. Dans un article édifiant, ramenant la dette publique à sa cause première : la mondialisation libérale, ATTAC qualifie la loi de 1973 d’ « acte fondateur, et destructeur » et préconise sans détours que les banques centrales « [puissent] financer directement par création monétaire les déficits publics », dans le cadre « d’objectifs économiques, sociaux et écologiques » (4). L’association altermondialiste y explique comment la mise en compétition des pays, opérée par la mondialisation, a créé une course au moins-disant social qui a tari les recettes publiques, créant un déficit chronique que les États à haut niveau de protection sociale compensent, donc, par l’endettement. Autrement dit, non seulement les riches refusent de payer les impôts mais ils exigent de percevoir les intérêts de la dette ! Double avantage pour les intérêts privés, et double pénalité pour le public qui paie la dette sans pour autant maintenir entièrement sa protection sociale, continûment rognée. Contrairement à une idée reçue, et comme le souligne ATTAC dans le même article, les dépenses de l’État sont « globalement stable[s] depuis plusieurs années », et « [ont] même diminué par rapport à [leur] point le plus haut atteint en 1993 », exprimées en part de PIB. Si les dépenses diminuent, c’est bien entendu pour résorber la dette, nous dit-on, pourtant techniquement imputable à la privatisation de la création monétaire.

Un gagnant, la finance

Faute d’arguments vraiment convaincants, Albertini ergote, enfin, sur l’importance de la loi : expliquant ici qu’il reste possible pour l’État d’emprunter auprès de la banque centrale sur autorisation du Parlement, expliquant là que les taux d’intérêt actuellement pratiqués sont proches des minima historiques, et expliquant là, enfin, que l’État empruntait déjà auprès du privé avant la loi. Albertini tente manifestement de rassurer son lecteur. Hélas, la dure réalité, chiffrable et mesurable, est là : la charge de la dette est dorénavant le premier poste de dépenses de l’État – devant même l’Éducation nationale (5). Libération ne s’émeut-il pas que ces sommes considérables aillent aux plus riches ? Libération ne s’émeut-il pas qu’elles nourrissent une bulle financière toujours plus haute et dangereuse ? Libération ne tenait-il pas l’occasion de se demander pourquoi la merveilleuse libéralisation tant vantée met la France (et combien de pays développés) en état de déficit chronique ? L’incapacité de la gauche dite « modérée » à contester la privatisation de la création monétaire suggère, hélas, un rapport de forces défavorable qui n’est plus seulement le fait de la droite.

 

Yves Ducourneau, le 22 avril 2012

(membre d’ATTAC)

 

Illustration : budget 2011 (5)

Notes :

(1) “Tout le monde en parle, personne ne la connaît : la « loi de 1973 »”, par Dominique Albertini, le 13 avril 2012

(2) “La dette publique, une affaire rentable”, par André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder, 2010, Éditions Yves Michel

Sur la période allant de 1979 à 2006, Holbecq et Derudder évaluent à 1 141,7 milliards d’euros les intérêts versés par la France au titre de sa dette (page 72).

Holbecq a depuis actualisé son chiffre, à 1 408 milliards d’euros sur la période 1979-2010. “Soldes primaires des budgets publics”, par André-Jacques Holbecq, le 3 novembre 2011, http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/soldes-primaires-des-budgets-103444

(3) “La monnaie et ses mécanismes”, par Dominique Plihon, 2008, Éditions La Découverte

« L’évolution de la masse monétaire résulte du décalage entre la création et la destruction de monnaie lié aux opérations de prêt et de remboursement (de même que la population évolue en fonction de la différence entre naissances et décès). » (page 41)

(4) “Pour sortir du piège de la dette publique”, par la Fondation Copernic et ATTAC France, le 19 décembre 2011

(5) “La charge de la dette française est le second poste du budget mais son service est le 1er depuis des années ! La vérité des chiffres dérange, rétablissons les comptes !”, par Pascal Franchet, le 7 décembre 2010

Explication : le service de la dette est le second poste budgétaire en 2010 et devient le premier en 2011.


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84 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 23 avril 2012 10:23

    voici un article qui explique la relation entre la creation monaitaire et l’endettement :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/05/07/creation-dargent-et-endettement-public/


    • Tythan 23 avril 2012 11:11

      Ce blog n’explique rien du tout...


    • Robert GIL ROBERT GIL 23 avril 2012 15:50

      tu ne comprends pas, ce n’est pas pareil !


    • yvesduc 23 avril 2012 21:45

      ROBERT GIL, merci pour ce texte très court et pédagogue. Par contre, il n’indique pas que ce n’est pas la privatisation de la création monétaire en elle-même qui crée la spirale de la dette publique, mais, comme l’explique très bien ATTAC, l’état de déficit chronique créé par la mise en compétition de nos vieilles démocraties avec des pays aux salaires et aux protections sociales fort éloignées des nôtres.


    • Susanoo ! Susanoo 23 avril 2012 23:58

      Le loi de 1973, c’est une mesure de contrôle contre une mondialisation en roue libre.

      C’est une arme virtuel contre l’appétit réel du peuple pour une consommation insatiable.

      Consommation insatiable qui conduirait l’humanité à l’extinction en moins de 50ans.

      Vous comprenez pas cette loi parce que vous ne voyez pas plus loin que les choix que vous ne pouvez pas comprendre.

      Vous avez tous une lecture biaisé de la réalité parce votre vérité est basée sur des convictions erronées.


    • yvesduc 24 avril 2012 20:08

      Susanoo : premier ou second degré ? Une chose est sûre, les détenteurs de capitaux ne sont pas du tout freinés dans leurs appétits, eux.


    • fr_lh 29 avril 2012 21:45

      @ Tythan

      Pourquoi refusez-vous des Etats ce que vous acceptez des banques privées ?

      Les banques privées n’arrêtent pas de « faire marcher la planche à billets ». Mais, à la différence des Etats, elles font tourner la planche à billets pour l’intérêt de leurs propriétaires et pas pour l’intérêt général.


    • Tythan 30 avril 2012 16:54

      @ fr ht

       

      Il y a méprise : contrairement à ce que vous croyez, je sui pour que la Banque centrale puisse faire tourner la planche à billets au profit de l’Etat...


      • Tythan 23 avril 2012 11:10

        Ce type de réaction démagogique a le don de m’énerve, surtout qu’Edmond de Rotcschild est décédé en 1997. Vous confondez avec Edouard !

         

        Pour le reste, il faut arrêter avec cette logique complotiste complètement hors de propos..


      • Hermes Hermes 23 avril 2012 11:41

        Eh bien Tythan, il faut vous calmer. Vos commentaires me semblent bien rapides et agressifs. Le lien va bien vers Edouard et si Luca a fourché dans sa rédaction, sa description succinte de la captation des opinions par une alternative qui n’en n’est pas une est fort pertinente.

        Sans doute vue comme fort impertinente par ceux qui tirent les ficelles du jeu et ceux qui ont fait profession de foi de les croire. Si c’est l’impertinence que l’on qualifie de complotiste, je propose donc une nouvelle définition du mot complotiste : personne qui a l’impertinence de montrer comment fonctionne l’hypnocratie.

        C’est un peu comme le mot raisonnable : faites un choix raisonnable, c’est à dire veillez avoir l’obligeance de vous soumettre.

        Le français est une langue bien vivante ! smiley


      • Tythan 23 avril 2012 11:55

        Si le complotisme m’énerve, c’est parce qu’il simplifie le monde en le réduisant à un choix binaire aussi idiot que faux : d’un côté les méchants qui tiennent tout, de l’autre les gentils complotistes qui ont raison et vous dévoilent leurs odieuses manigances.

         

        Au bout d’un moment il faut arrêter : les journalistes de Libération ne sont pas devenus de droite dès qu’Edouard de Rotschild en est devenu actionnaire, c’est ridicule.

         

        Sur le reste, je suis d’accord pour dire que la gauche que promeut Libé est une fausse alternative. Mais disqualifier Libération par le seul fait que son propriétaire est également actionnaire d’une grande banque d’affaires est un procédé scandaleux et inquiétant pour notre démocratie.


      • Hermes Hermes 23 avril 2012 13:53

        Effectivement c’est un raccourci. N’y a t’il pas de relation entre la prose rose édulcorée de libé, et son actionnaire de référence. Le contraire me surprendrait beaucoup. Le bipartisme reflète dans nos hypnocraties la lutte d’influence Rockfeller-Rothschild, et le centrisme est une option prise par les Lazard.


      • Lucadeparis Lucadeparis 23 avril 2012 15:42

        Désolé pour le lapsus entre les deux « Ed » alors que j’avais bien mis le lien vers celui qui avait acheté Libération, Edouard.

        Après, je ne vois pas où est le complot ni le complotisme.
        Edouard Rothschild n’a pas fait cet achat en secret.
        Juste, comme dit le proverbe anglais, « Who pays the piper plays the game. » (Qui paie le flûtiste choisit la mélodie.).
        Enfin, que les journalistes de Libération comme d’ailleurs aient l’étiquette de gauche ou de droite ne m’importe guère : je vois juste ce qu’ils osent dire, ou pas pour pouvoir manger à la gamelle (Denis Robert par exemple est parti de Libération). Et je suis d’accord sur ce point avec Jean-Claude Michéa et Etienne Chouard pour dire que c’est une fausse gauche qui véhicule au fond et de fait une idéologie de droite.

      • taktak 23 avril 2012 19:51

        Complotisme.... Serait ce le nouveau point Godwin ?

        Dire qu’il existe des intérets différents dans la société, et que certains individus ont des intérets convergeants et agissent de ce fait consciemment ou non dans ce cadre est ce du complotisme ?

        Dans ce cas vous jeter à la poubelle tout pensée sociologique autre que strictement centrée sur la seul considération du libre choix entier et total d’un individu seul et libre.
        C’est aussi refuser de faire réellement de la politique qui revient fondamentalement à penser le système et donc l’organisation collective de la société humaine.


      • Tythan 23 avril 2012 20:13

        @ Hermès

        Franchement, je crois que non, il n’y a aucun rapport. Moi-même, je n’ai d’ailleurs aucun rapport ni avec Rotschild, ni avec quiconque a un intérêt réél ou supposé dans l’interdiction de la planche à billet. Il faut arrêter au bout d’un moment. Quant à l’histoire des luttes entre capitalistes, franchement, on nage dans le délire.

         

        @ Lucadeparis

         

        Vous êtes dans le déni, comme tout complotiste qui se respecte. La faille dans votre raisonnement, ce n’est pas de dire qu’Edouard de Rotschild est devenu l’actionnaire majoritaire de Libération. Ce qui est contestable (et, de toute évidence, complètement faux), c’est de dire que parce qu’Edouard de Rotschild possède Libération qu’il défendrait la loi de 1973 introduite sous la présidence de Georges Pompidou qui avait travaillé dans cette banque auparavant. C’est vraiment, pardonnez-moi, n’importe quoi.

         

        Au soutien de cette théorie, vous n’avez aucun argument, aucune preuve. Mais cela ne vous empêche pas de pérorer !

         

        Je passe sur le cas de Denis Robert, dont le travail n’est probablement pas irréprochable comme l’a bien prouvé le fiasco judiciaire de l’affaire clearstream.


      • fr_lh 29 avril 2012 21:47

        @ Tythan

        Pourquoi refusez-vous des Etats ce que vous acceptez des banques privées ?

        Les banques privées n’arrêtent pas de « faire marcher la planche à billets ». Mais, à la différence des Etats, elles font tourner la planche à billets pour l’intérêt de leurs propriétaires et pas pour l’intérêt général.


      • Tythan 30 avril 2012 16:56

        @frlh

         

        Cf message précédent. J’ajoute que la création monétaire des banques ne profitent pas seulement à ses seuls actionnaires (que vous et moi pouvons devenir : il suffit d’acheter des actions de ces banques, dont les plus grandes sont cotées), mais à toute l’économie, au premier rang les emprunteurs !


      • Hermes Hermes 2 mai 2012 23:26

        @Tythan,

        Bonsoir,

        vous savez, l’homme est assez incorrigible : quel que soit son niveau de pouvoir et/ou de richesse, et plus il est élevé, il essaiera toujours de grignoter la part de son voisin, à la fois par avidité maladive et aussi parcequ’il est pris à son propre jeu. Il n’y a rien de délirant là dedans, c’est juste un système de compensation à l’angoisse existentielle devant la vacuité de sa propre existence.

        Chacun a son propre système de compensation, mais on se l’explique toujours à soi-même de façon très cohérente, et sauf accident ou démarche consciente, on n’en sort pas, car celà justifie notre réel comportement.

        Bonne soirée.


      • Tythan 23 avril 2012 11:05

        Je commence à en avoir assez de tous ces phantasmes véhiculées par la loi de 1973 et du débat qui s’est instauré sur cette question. A titre personnel, je suis favoarable à son abrogation, mais les arguments des détracteurs de cette loi sont, il faut bien le dire, souvent d’une bêtise incommensurable.

         

        L’article de Dominique Albertini n’est pas parfait, mais il est dans l’ensemble assez juste, contrairement à ce que vous dites. Les lecteurs intéressés pourront trouver matière à réflexion sur mon blog où j’avais écrit un article sur le sujet http://tythan.blog.free.fr/index.php?post/2010/12/14/La-mon%C3%A9tisation-des-dettes-publiques

         

        Rappelons tout de même que la critique de la loi pompidou-rothschild est l’occasion pour bon nombre de fous furieux antisémites et anticommunistes de se défouler, que l’une des sources de cet article est un véritable charlatan, ex-ufologue (c’est-à-dire un spécialiste des petits hommes verts) dont les calculs ont été bidonnés (http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/critique-de-la-loi-pompidou-de-73-32777).


        • taktak 23 avril 2012 20:31

          @ tythan

          je cite une partie de votre article :

          "Y a-t-il une arnaque à la dette publique ?

          Bien sûr que non. Les marchés financiers prêtent aux Etats en contrepartie d’un intérêt. Il n’y a donc absolument pas d’arnaque : l`Etat indemnise ses prêteurs comme n’importe quel emprunteur. L’utilisation de l’argent dans le temps a un prix, et ce prix, c’est le taux d’intérêt.

          L’intérêt rémunère en réalité deux choses : le coût d’immobilisation de l’argent et le risque de non remboursement. En effet, les prêteurs ont devant eux plusieurs choix d’investissements : si l’Etat ne propose pas d’intérêts, personne ne souscrira à sa dette. D’autre part, le prêteur prend un risque : celui de ne pas être remboursé. Il est donc normal que plus l’emprunteur soit susceptible de faire défaut, plus le taux d’intérêt exigé de lui soit élevé.

          C’est extrêmement simple, tout le monde doit pouvoir se mettre d’accord avec ces propositions."

          Non, tout le monde n’est pas d’accord avec ce point. Très briévement et de manière trop partielle

          1) de manière insidieuse vous instillez une comparaison entre 2 choses différents : le prêt d’une masse monétaire existante, et de la création monétaire. Cette seconde n’est pas de même nature. Il est parfaitement concevable qu’une banque centrale crée de l’argent sans intéret. L’intéret n’a là rien d’un mécanisme automatique. Vous noterez bien que l’on peut s’interroger sur le cout d’immobilisation d’un argent crée ex nihilo. Et s’agissant de la prise de risque dans la mesure où c’est la collectivité qui éponge au final....

          2) surtout, le problème est que le droit de création monétaire de banque privé via l’emprunt d’argent par le public pose la question de la légitimité de la perception d’un intérêt capté par des intérets privés à leur seul profit du fait seul de ce droit de création monétaire.

          Vous me répondrez que le différentiel entre l’intéret qui serez perçu par la banque centrale et celui perçu au final par les marché est (dans le cas de la france ) de 2 à 3%. Mais c’est énorme. C’est la quasi totalité du déficit budgétaire....

          Au final, la création monétaire par des intérets privés n’est qu’une manière détournée de capter de la plus value crée par le travail.


        • yvesduc 23 avril 2012 21:37
          Tythan, plusieurs remarques sur votre article :

          Vous justifiez le paiement des intérêts par le fait que « le prêteur prend un risque : celui de ne pas être remboursé. » En partie seulement en cas de création ex nihilo, car la banque perd alors un argent qu’elle ne possédait pas au départ et qu’elle a créé par une simple écriture comptable, suivant le principe de la réserve fractionnaire. Si le client fait défaut, elle ne perd réellement que les intérêts.

          Vous indiquez ensuite que « la monétisation indirecte (…) reste autorisée. La BCE l’a d’ailleurs pratiqué dernièrement, alors qu’elle ne le faisait pas auparavant. » Faut-il attendre la crise pour agir ?

          Vous allez un peu vite en besogne lorsque vous indiquez, à propos de l’endettement d’État : « Comment se traduit concrètement ce déséquilibre ? Par l’inflation : comme la quantité de monnaie disponible augmente sans qu’il y ait une augmentation de richesse correspondante, les prix montent. » Bien sûr que si, il y a création de richesse puisque l’État irrigue l’économie avec cet argent. Il n’y a inflation qu’en cas d’abus de création monétaire.

          Plus loin : « Dans les vidéos précitées, le fait que lorsque les banques prêtent, elles créent de la monnaie pour ce faire est présenté de manière révolutionnaire. C’est absurde, puisque c’est tout à fait normal. N’importe quel élève de 1ère ES (…) le sait. » Il faut croire alors que “n’importe quel élève de 1ère ES” peut aussi avoir la mémoire courte car j’ai rencontré autour de moi peu de personnes capables de m’expliquer la création monétaire, lorsque j’ai commencé à m’y intéresser. La création ex nihilo et la réserve fractionnaire restent (autant que je puisse en juger) des concepts assez peu connus du grand public. La création monétaire tout court, aussi.

          Enfin : « lorsque le prêt est remboursé, la monnaie créée est détruite. » Oui, mais pas les intérêts, qui restent dans la poche du banquier. Tout le problème est là. Est-il moral que les banques perçoivent les intérêts de la totalité de l’argent créé, même s’il n’est emprunté à personne et même si la dette est le seul moyen d’augmenter la masse monétaire – ce qui est bien nécessaire à notre économie, vous en conviendrez ? Avant que ce système ne soit mis en place, l’argent venait des mines d’or et d’argent et il n’y avait pas à payer d’intérêts dessus. Aujourd’hui, sur 4 euros qui se trouvent dans ma poche, peut-être 3 sont des emprunts qu’il faut rembourser, avec intérêts.

          Pour revenir à votre commentaire, pouvez-vous donner le nom du charlatan ? Je rappelle que Holbecq (si c’est lui que votre qualificatif visait), est demandeur de contre-expertises et se désole d’être le seul à avoir effectué ce qui n’est, il en est conscient, qu’une approximation (il a notamment arrondi à un seul taux chaque année). Quant aux chiffres soit-disant bidonnés, contestez-vous que le service de la dette soit désormais le premier poste budgétaire français ? (ce qui n’est pas tout à fait une paille…)

        • Tythan 23 avril 2012 23:05

          @ Taktak

          Merci d’avoir répondu sans m’insulter, c’est devenu rare sur Agoravox ces temps ci. Je vais répondre à vos objections.

          1) Non, je ne fais pas du tout de comparaison entre deux choses différentes, que ce soit insidieux ou pas. Par contre, vous, vous semblez croire que l’Etat se financerait par création monétaire, ce qui est faux. L’Etat se finance sur les marchés financiers, en émettant des bons qui sont achetés, et ce par de la monnaie préexistante et non pas par de la monnaie créée par les Banques. Banques qui d’ailleurs ne détiennent qu’une part minoritaire de la dette publique. Vous n’avez pas lu mon article jusqu’au bout manifestement, vous auriez du mieux l’étudier.

          2) J’avoue que même après l’avoir relue, je ne comprends toujours pas votre phrase. Je comprends que vous contestez aux banques le droit de créer de la monnaie. Moi je veux bien, mais reste à savoir que ce système a plutôt pas mal fonctionné depuis qu’il est apparu. Encore une fois, ouvrir une banque, si ce n’est pas à la portée de n’importe quidam, est libre : si c’est selon vous si facile, allez-y créer votre banque !!

          La France s’est, de mémoire, financée à 2% sur les marchés en moyenne pour l’année 2011. On peut dire ce qu’on veut, mais c’est très peu.

          @ l’auteur

          Même remarque que précédemment. L’Etat ne se finance pas par création monétaire des banques, du moins pas directement.

          Faut-il attendre la crise pour agir ? Comme je l’ai démontré, la monétisation est une pratique dangereuse, étant par nature inflationniste. On peut donc tout à fait soutenir qu’il faille attendre une crise, génératrice de déflation, pour se permettre de l’utiliser. Les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne fonctionnent d’ailleurs peu ou prou selon ce principe il me semble.

          Et là dessus vous vous trompez : il y a forcément de l’inflation, puisqu’on met de l’argent sur la table sans contrepartie. Après, cette inflation peut se compenser avec des tendances déflationnistes, ou à un contexte très concurrentiel. Mais cela a mécaniquement un effet inflationniste.

          La ES concerne une part très minoritaire des lycéens (qui eux-même en sont une). Après, on peut l’avoir oublié. Mais sinon, c’est expliqué très clairement, et ce que vous dites ne prouve rien d’autre que l’état extrêmement faible de l’enseignement, en particulier en économie (et quand on pense que Nathalie Arthaud était prof en cette matière, on frémit). Sur la réserve fractionnaire, vous n’en parlez pas, mon article non plus, et on n’en a pas besoin en l’occurence.

          Mais attérissez à la fin : ce n’est pas forcément le banquier qui perçoit les intérêts s’agissant de la dette publique. Vous vous trompez complètement avec votre référence à l’or : depuis les mercantislistes bullionnistes espagnols du 16e siècle, la science économique a fait des progrès tout de même.

          Vous avez trouvé tout seul le nom du charlatan en question, je vous laisse cette déduction. M. Holbecq, qui n’a jamais produit une expertise de sa vie en dehors de « l’affaire ummo » (où il concluait, si j’ai bien compris, à l’existence de petits hommes verts... Le plaisantin à l’origine de l’affaire lui avait même écrit une lettre, ce qu’il a dû se marrer...). Que vous puissiez prêter attention aux délires de ce doux dingue m’étonne. D’autant que la contre-expertise a été faite, et elle est sans appel : les calculs qu’il a fait étaient bidonnés, ce à quoi il a bien été incapable de répondre. De même, mon article date de près de deux ans... Il a toujours été incapable de répondre à un seul de ces arguments...

          Personne n’a jamais nié que les intérêts étaient un poste budgétaire important. Ce qu’on se tue à vous dire, c’est que le paiement d’intérêts est tout à fait normal, avant 1973 comme après.


        • taktak 24 avril 2012 11:25

          Non le paiement d’interet à une banque privée n’est pas normal, dans la mesure où il ne résulte que du droit qu’on lui concéde gratuitement de pouvoir creer de la monaie pour attribuer ses prets. La politique monétaire et le droit d’émission de monaie, ne devrait résulter que de banque publique.

          Le risque est en fait prit collectivement puisque si les banques pretes à tort ou à travers, c’est les peuples qui doivent les refinancer avec le vrai fruit de leur travail, ou se paye par de l’inflation.

          Et parler de cout d’immobilisation d’un argent que l’on crée par de simple écriture prete à sourire.


        • yvesduc 24 avril 2012 20:34
          « L’État ne se finance pas par création monétaire des banques, du moins pas directement. » C’est précisément ce dont nous discutons.

          « Comme je l’ai démontré, la monétisation est une pratique dangereuse, étant par nature inflationniste. » Vous ne l’avez pas démontré, mais asséné. Et je vous ai répondu plus haut que l’État irriguait l’économie avec cet argent, tout comme le fait n’importe quelle entreprise qui emprunte. Avec l’argent, l’État va verser des salaires à ses fonctionnaires, qui vont le dépenser ; il va lancer des chantiers, ce qui aboutit aussi à des salaires et à de la consommation. Une entreprise qui emprunte va par exemple construire une usine, ce qui veut dire embaucher des ouvriers ainsi que des employés pour y travailler. Cela irrigue l’économie de la même façon. C’est votre entêtement à défendre la loi de 1973 à tout prix qui vous fait percevoir le premier emprunt comme nocif et l’autre comme bénéfique, alors qu’ils sont parfaitement comparables.

          « il y a forcément de l’inflation, puisqu’on met de l’argent sur la table sans contrepartie. » Comme expliqué, la contrepartie est la croissance économique induite.

          « Mais cela a mécaniquement un effet inflationniste. » Non. Seulement si la masse monétaire croît trop vite par rapport à la croissance. Et encore : l’une des surprises de ces dernières années vient justement du fait que la masse monétaire a augmenté rapidement, sans que cela ne se répercute sur les prix. Explication : l’argent est capté par les plus riches, qui ne consomment que des produits de riches… (yachts, oeuvres d’art…)

          « le paiement d’intérêts est tout à fait normal » Et choquant !

          (Merci à taktak pour votre intervention)

        • Tythan 25 avril 2012 09:00

          @ Taktak

          Vous aurez beau dire, mais si, le paiement d’un intérêt à une banque est norma, admis par à peu près tout le monde (à part peut-être certains économistes marxistes et certains charlatans comme ceux dont nous avons parlé). Je n’y peux rien, c’est comme ça que c’est construit l’économie moderne. Si vous voulez proposer un autre système, libre à vous, mais ne prétendez pas que le fonctionnement actuel n’est pas normal.

          Si le droit concède aux banques le droit de créer de la monnaie, il ne faut pas croire que cette liberté est sans contrepartie : les banques, en France, sont lourdement régulées par la loi et les autorités réglementaires (en France, l’ACP, l’autorité du contrôle prudentiel). La Banque centrale est censée contrôlée l’émission de monnaie par les banques (et sur ce point, nous sommes tous d’accord pour dire que la BCE est criticable). On peut toujours débattre de la qualité de cette régulation (et je fais partie de ceux qui croient que cette régulation doit être renforcée de manière très importante), mais pourquoi remettre en cause un système qui malgré tout a plutôt bien fonctionner. Parce que l’alternative que vous proposez, elle n’a jamais été pratiqué, à ma connaissance, dans les pays communistes qui ont connu le succès que tout le monde connaît.

           Vous parlez ensuite de l’aléa moral : là dessus, vous avez tout à fait raison. Pour ma part, je crois qu’au cas où une banque ferait faillite, il faudrait malheureusement la renflouer avec les impôts des contribuables, mais en sanctionnant les actionnaires qui n’ont pas fait leur boulot en les expropriant ainsi que les responsables (d’abord en les virant, puis, si besoin, en les poursuivant au pénal).

          « Et parler de cout d’immobilisation d’un argent que l’on crée par de simple écriture prete à sourire » : souriez tant que vous voulez, c’est un fait : l’argent qu’une banque prête à X, elle ne peut pas le prêter à Y. Cela s’appelle un coût d’opportunité, c’est tout.

          Très franchement Taktak, je crois, à vous lire, que vous êtes quelqu’un de tout à fait raisonnable, mais qui s’est fait intoxiqué par les fous dingues hurlant avec les loups sur ces salauds de banquiers. Sans défendre outre mesure ces derniers, qui ont leur part de responsabilité, ne cédez pas à la falicité. Lisez mon article, il est, même imparfait, tout à fait valable.

          @ Yvesduc

          Je reprends vos paragraphes dans l’ordre

          § 1 Il n’y a rien à discuter mon vieux : l’Etat ne se finance pas comme un particulier lorsqu’il emprunte à sa banque, il émet des titres financiers qui sont achetés par de la monnaie préexistante, c’est tout. Soit vous l’acceptez, soit vous plongez dans le déni.

          § 2 Si, la monétisation a un effet inflationniste. Pourquoi ? Parce qu’il y a création de monnaie sans contrepartie. Aussi simple que cela, et vous n’avez pas réussi à mettre la plus petite rayure de canif dans ce « raisonnement » simplissime et, jusqu’à ce jour, imparable. C’est tellement simple que cela devrait être intuitif, pardonnez-moi de ne pas trouver les mots pour enfin vous faire admettre l’évidence.

          Je note que vous n’avez toujours pas compris que j’étais à titre personnel opposé à la loi de 1973, ce qui en dit long sur la qualité de votre lecture. Manifestement, vous ne lisez pas ce que je dis, emporté par vos a priori. Alors moi je veux bien tout entendre, mais j’exige de mes débatteurs un minimum de respect.

          Lorsque vous expliquez la façon dont l’argent créé peut irriguer l’économie, je vous suis tout à fait. Reste qu’à l’évidence, cela ne contredit en rien ce que je dis.

          § 3 la croissance induite ? Ah, si tout pouvait être aussi simple ! Vous me faites penser à cette image du baron du Münchauhusen (pardonnez l’orthographe) qui s’élevait dans les airs en tirant sur ces lacets...

          § 4 On en revient toujours à la même idée (ce qui démontre, à mon sens, votre confusion : vous êtes incapables d’expliquer rationnellement votre position). Une phrase devrait vous faire tilt : si la quantité de monnaie croît plus vite la croissance, il y a un effet inflationniste. Soit exactement ce que je me tue à vous expliquer depuis le début. Vous êtes en fait, contrairemenet à ce que vous dites, d’accord avec moi.


        • yvesduc 25 avril 2012 21:43
          Tythan : « Soit vous l’acceptez, soit vous plongez dans le déni. » Soit, troisième possibilité, nous choisissons de revenir à la situation d’avant 1973. Les règles ne sont pas immuables.

          « Parce qu’il y a création de monnaie sans contrepartie. » Si, l’activité économique induite.

          « Je note que vous n’avez toujours pas compris que j’étais à titre personnel opposé à la loi de 1973 » Pourtant, vous ne la contestez qu’à la marge. Je vous cite : « il me paraît évident que cette possibilité restera malheureusement limitée et que cela ne pourra que servir d’appoint. »

          « la croissance induite ? Ah, si tout pouvait être aussi simple ! Vous me faites penser à cette image du baron du Münchauhusen (…) ». Avec l’argent emprunté, l’État verse des salaires aux gens, qui consomment, ce qui crée de la croissance (par la demande). Avec l’argent emprunté, l’entreprise verse des salaires aux gens, qui consomment, ce qui crée de la croissance (par la demande). C’est exactement la même chose. Vous ne pouvez pas vous en prendre à la dette publique, sans vous en prendre selon les mêmes termes à la dette privée. Ce que vous ne faites pas : selon vous, seule la dette publique est mauvaise. Dette publique et dette privée ont pourtant exactement le même effet sur l’économie ! Votre raisonnement sur l’inflation s’applique aussi aux dettes privées (ces dettes accroissent la masse monétaire, aussi).

          Maintenant, il va de soi (je l’ai dit et je le répète) que la création monétaire doit accompagner l’activité réelle (c’est vrai aussi pour les dettes privées : on n’accordera pas de crédit à une entreprise si les perspectives de croissance dans son secteur sont mauvaises). Donc, évidemment qu’emprunter ne suffit pas à créer de la croissance, mais ce n’en est pas moins indispensable (allez donc faire de la croissance à masse monétaire constante).

          « Une phrase devrait vous faire tilt : si la quantité de monnaie croît plus vite la croissance, il y a un effet inflationniste. » Pas forcément. Pas si l’argent créé ne profite qu’aux riches (exemple : renflouement des banques après la crise de 2008). Pas si la monnaie est exportée massivement (cas du dollar). Mais nous sommes donc d’accord que l’État peut monétiser au moins au rythme de la croissance.

        • taktak 26 avril 2012 02:04

          @ tythan

          Je vais vous décevoir, je ne fais pas parti des « raisonnables »
          D’une part, car les économistes marxistes que vous écartez d’un revers de manche ont mon oreille. Et oui, ils ont le mérite d’être les seuls à expliquer les crises du capitalisme.... Ce qui est important tout de même. Ce qui explique qu vos beaux arguments ne me parle à moi que comme une joli description mais qui perd toute sa logique dès qu’on la confronte à la réalité. Car vous justifiez le fond de votre raisonnement par le fait que cela ne marche pas si mal. Effectivement, c’est ce que l’on vérifie tout les jours. Le monde est dans la plus grave crise économique depuis 29 et ce depuis 2007 au moins, et il y a eu auparavant des crises très importantes (bulles des nouvelles technologies, crises asiatiques...)
          D’autre part, et même sans considérer les raisonnements des marxistes, il va vous falloir être extrêmement persuasif pour m’expliquer :
          quel est le cout d’immobilisation d’une valeur qui n’est pas encore crée. Et à ce moment là de m’expliquer pourquoi les banques ne servent pas les mêmes intérets aux épargnants qui leur « pretent ». Il s’agit pourtant là d’immobilisation de vrai valeurs. Il est vrai qu’eux n’ont pas droit aux même droit concédés par l’état...
          en vertu de quoi un etat ne peut pas se financer directement auprès de sa banque centrale,pour le même intéret, alors qu’une banque privée le peu
          comment vous arrivez à considérer que 2 à 6% d’interets supplémentaires pris par une banque c’est peu, alors même que cela représente des budgets phénoménaux correspondant par exemple à un des premier poste budgétaire d’un pays comme la france (devant l’enseignement la santé, ou l’aménagement du territoire par exemple)

          En s’inspirant d’une comparaison de Politzer, le problème de croire que la théorie libérale de l’économie capitaliste est la réalité, c’est comme de croire qu’un bus et une idée de bus c’est la même chose. Sauf que si on peut raconter (et croire) que l’idée de bus ne fait pas mal quand elle vous écrase, ce n’est pas la cas. Et pour le coup, l’économie capitaliste (libérale) elle fait mal quand elle vous écrase


        • Tythan 26 avril 2012 09:42

          @ Yvesduc

          Je reprends à nouveau vos paragraphes dans l’ordre.

          § 1 Le fait que l’Etat ne se finance pas comme un particulier est indiscutable, que ce soit par monétisation directe ou par émission d’obligations. Si vous refusez cela, je ne sais pas quoi vous dire. Aujourd’hui, l’Etat se finance par émission d’obligations, qui sont éventuellement ensuite « monétisées ». Mais n’oubliez pas qu’avant 1973, la majeure partie du financement de l’Etat provenait également de l’émission de titres placés sur les marchés financiers.

          La plupart des contempteurs de la loi de 1973 font de cette date une rupture incroyable, ce qui n’est pas le cas : de mémoire, on ne monétisait pas plus de 20% de la dette publique, sauf crise majeure.

           

          § 2 L’activité économique induite n’est pas une contrepartie immédiate... Et surtout, elle n’est qu’éventuelle !

           

          § 3 Non, je réclame, moi aussi l’abrogation de la loi. Par contre, ce que je dis, c’est que la possibilité de monétisation rencontrera des limites, ce sur quoi tout le monde devrait s’accorder (on ne peut pas faire tourner la planche à billet autant que l’on voudrait). Encore une fois, j’aimerais avoir tort, ce serait si simple ! On pourrait même se passer de l’impôt !

          § 4 Et non, ce n’est pas la même chose, contrairement à ce que vous dites : lorsqu’une banque accorde un prêt à un particulier, une créance et une dette relie deux acteurs économiques différents. Ce qui n’est pas le cas avec la Banque centrale et l’Etat, qui sont en réalité la même personne (la BC appartient à l’Etat). Et sur ce point, fondamental, qui est présent si ce n’est dans les commentaires à votre article en tous cas dans mon article sur mon blog, jamais personnen n’a été capable de répondre. Vous semblez le nier totalement.

          Sur le système bancaire, vous êtes beaucoup trop entier : ce système, même s’il doit être corrigé comme le démontre la crise actuelle, reste le plus efficace qu’on ait trouvé. Surtout, n’oubliez pas que les banques, si elles ont effectivement le pouvoir de créer de la monnaie en accordant des prêts, ont également collecté l’épargne des particuliers. Sur le long terme, tous les économistes sont d’accord I=S.

          Je n’ai jamais dit que la dette publique était « mauvaise ». Contrairement à d’autres, je ne m’attarde pas sur des questions de morale qui n’ont rien à faire ici.

          Par ailleurs, dette publique et dette privée n’ont pas les mêmes effets (mais débat qui n’est pas celui qui nous intéresse). 

          § 5 Donc vous êtes en fait d’accord avec moi. Merci de le reconnaître aussi clairement. Si vous acceptez que la croissance monétaire doit accompagner l’activité réélle, vous êtes même beaucoup plus orthodoxe que moi !

          § 6 Si ce sont les riches comme vous dites qui capte cette monnaie, il y aura alors une bulle spéculative, ici ou ailleurs. Donc c’est exactement la même chose. Finalement, vous êtes un adepte de la monnaie voile !

          Au fond, je comprends que vous êtes d’accord avec moi.

          @ Taktak

          Des économistes marxistes ont votre oreille ? Alors là, je suis intéressé. A part peut-être l’inénarrable Frédéric Lordon, j’ignorais que cette espèce en voie de disparition soit encore vivante !

          Je ne vais pas me lancer dans un discours sur les bienfaits de l’économie capitaliste. C’est elle qui vous a permis de disposer de votre ordinateur. Maintenant, si vraiment il y a besoin, un voyage à Cuba ou en Corée du Nord pourrait vous ouvrir les yeux...

          « quel est le cout d’immobilisation d’une valeur qui n’est pas encore crée » : vous raisonnez, pardonnez-moi, comme un cabri qui viendrait de découvrir une de ces vidéos idiotes sur la création monétaire commises par Paul Grignon ou notre charlatan en chef qui s’est illustré plus bas. Si, il y a un coût, d’opportunité : l’argent que la banque prête à x, elle ne peut pas le prêter à y. Tout simplement parce que sa capacité de prêt est limité tant par les exigences de couverture réglementaire que par le souci d’assurer sa propre solvabilité.

          Je ne vais pas me lancer dans d’autres explications. Mais si vous ne comprenez pas ça, adressez-vous à quelqu’un d’autre, j’aurais fait mon possible.

          Si les banques ne servent pas les mêmes intérêts aux épargnants, c’est tout simplement parce que les sommes prêtées n’ont pas la même maturité et quantité. Autrement, cela doit être la même.

          « Il s’agit pourtant là d’immobilisation de vrai valeurs. Il est vrai qu’eux n’ont pas droit aux même droit concédés par l’état... » Je vous avoue ne pas ben comprendre ce que vous écrivez. J’ai l’impression qu’on est dans la mythologie. Quelle valeur est vraie et quelle valeur est fausse ? C’est plus une question philosophique qu’autre chose...

          « en vertu de quoi un etat ne peut pas se financer directement auprès de sa banque centrale,pour le même intéret, alors qu’une banque privée le peu ». On va le répèter une millionnième fois : je suis d’accord pour abolir cette interdiction. Mais cette interdiction a des arguments pour elle : la défense contre les effets inflationnistes de la planche à billets. Et, répétons-le une millionnième fois : l’Etat ne se finance, en temps normal, qu’en minorité auprès des banques : la majeure partie de la dette est détenue par des investisseurs institutionnels par le biais de fonds, d’assurance-vie, des assurances... Enfin, répétons-le une millionnième fois (mais je continuerais, jusqu’à ce que ça rentre) : lorsqu’une banque privée prête à l’Etat, elle le fait en achetant des émissions de titres financiers, soit sans créer de monnaie supplémentaire ; c’est un mécanisme qui n’a rien à voir (en théorie) avec la création monétaire résultant d’un prêt à un particulier. Je ne vais pas vous embrouiller avec la pratique actuelle, qui elle, est effectivement scandaleuse (où, par un tour de passe-passe, la BCE finance les banques qui ensuite achète des titres de dettes publiques des Etats en difficulté qu’elles peuvent ensuite placer comme collatéral auprès de la BCE). Bref, c’est beaucoup plus compliqué que ce que vous dites.

          « comment vous arrivez à considérer que 2 à 6% d’interets supplémentaires pris par une banque c’est peu ». En France, l’Etat a emprunté autour de 2% en moyenne au cours de l’année 2011. Moi, je veux bien tout entendre, mais dire que c’est beaucoup est une énormité. Pour d’autres pays, c’est autre chose...

           

          Votre dernier paragraphe n’appelle pas de commentaires. Pour ma part, je vous ai parlé de la réalité des choses, des faits, de comment le financement se passe. C’est vous (enfin là je parle plus de Yvesduc) qui êtes dans la spéculation totale en expliquant que la monétisation directe ne poserait pas de problèmes par la « croissance induite » : je vous le répète encore une fois : si seulement cela pouvait être aussi simple !

          Allez, je retourne bosser, merci pour cet échange,

          Tythan


        • taktak 26 avril 2012 11:50

          @ tythan
          A part peut-être l’inénarrable Frédéric Lordon, j’ignorais que cette espèce en voie de disparition soit encore vivante !

          Et pour cause, puisqu’ils sont écrasés par la masse des économistes libéraux. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas audibles qu’ils n’existent pas et que ce qu’ils disent n’est pas intéressant. Les arguments d’autorités et de nombre font bien souvent douter sur le fait que bien des analystes (et non économistes) traitent de « science » économique alors qu’ils ne servent que de paravents aux aberrations du système en place.

          Je ne vais pas me lancer dans un discours sur les bienfaits de l’économie capitaliste. C’est elle qui vous a permis de disposer de votre ordinateur. Maintenant, si vraiment il y a besoin, un voyage à Cuba ou en Corée du Nord pourrait vous ouvrir les yeux...

          Je pourrais aussi aller à Haiti ou au Bangladesh. Pour voir les bienfaits de l’économie capitaliste. Par ailleurs, sur le plan technologique, il ne me souvient pas que les pays de l’est n’est pas également quelques réussites à leurs actifs. Et sans remonter aussi loin, Cuba est par exemple à la pointe en matière de médecine. Mais vu que vous avez l’air particulièrement buté sur votre doxa libérale, ce sont sans doute des choses qui vous échappent.

          Si les banques ne servent pas les mêmes intérêts aux épargnants, c’est tout simplement parce que les sommes prêtées n’ont pas la même maturité et quantité. Autrement, cela doit être la même.

          "Il s’agit pourtant là d’immobilisation de vrai valeurs. Il est vrai qu’eux n’ont pas droit aux même droit concédés par l’état..." Je vous avoue ne pas ben comprendre ce que vous écrivez.

          Je vous le confirme. Je ne parle pas de l’argent prêté par les banques au particulier, mais celui prêté par les particuliers via leur dépôts . Ce capital est bel et bien immobilisé et pour le cout ne donne lieu à aucune rémunération et il est malgré tout porteur de risque... La génération d’intéret n’a donc rien d’automatique.

          "Je ne vais pas vous embrouiller avec la pratique actuelle, qui elle, est effectivement scandaleuse (où, par un tour de passe-passe, la BCE finance les banques qui ensuite achète des titres de dettes publiques des Etats en difficulté qu’elles peuvent ensuite placer comme collatéral auprès de la BCE). Bref, c’est beaucoup plus compliqué que ce que vous dites.

          On est donc au moins d’accord sur une chose.

          En France, l’Etat a emprunté autour de 2% en moyenne au cours de l’année 2011. Moi, je veux bien tout entendre, mais dire que c’est beaucoup est une énormité. Pour d’autres pays, c’est autre chose...

          Mon point de vu c’est que plus que zéro, c’est trop.


        • Pacalvotan Pacalvotan 23 avril 2012 11:09

          En même temps, on sait bien que Libé ( pour Libéral ) est détenu à 38,87 % par Edouard de Rothschild et dirigé par Domorand. Bref, ce torchon reste cohérent.


          • musashi 23 avril 2012 11:21

            Libé a raison la loi de 1973 n’est qu’un arbre que certains utilisent pour cacher la forêt.

            Penser laisser aux politiques la possibilité de création monétaire ça fait froid dans le dos quand on voit comment ils gèrent l’argent publique....


            • agent orange agent orange 23 avril 2012 11:33

              Libé est il de gauche ?
              Comme le rappelle lucadeparis, le proprio du journal est Edmond de Rothschild.
              La loi 73-3 du 3 janvier 1973 - aussi connue sous le nom "Pompidou-Giscard - fut promulguée sous la présidence Pompidou et élaborée par son ministre des finances Giscard d’Estaing.
              Il est bon de rappeler que Pompidou fut directeur général et administrateur de la banque Rothschild à partir de 1953, après avoir été chef de cabinet du général de Gaulle entre 1948 et 1953. Il devient président de la République en 1969.

              3 janvier 1973, réforme de la Banque de France

              Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :

              « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

              Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.

              Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépends de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.

              CQFD : Que vaut l’info d’un média qui appartient à un banquier ?


              • agent orange agent orange 23 avril 2012 11:36

                erratum

                Oupsss ! Il fallait lire « Edouard » et non « Edmond ».


              • Tythan 23 avril 2012 11:49

                Quand je lis que vous croyez avoir démontré quelque chose... Non, vous n’avez rien démontré du tout.

                 

                Je ne connais pas Dominique Albertini, mais le disqualifier avant toute forme de procès parce qu’il écrit dans un journal appartenant à l’un des principaux actionnaires d’une grande banque d’affaires (qui, à mon avis, ne doit pas prêter grand chose à la France) est beaucoup trop rapide.

                Dominique Albertini donne plus que quelques informations sur la loi de 1973 : il argumente, à mon sens de manière incomplète et trop rapide, mais il argumente. On ne peut pas vraiment en dire autant de votre commentaire.

                Car ce qui vous tient lieu d’argument n’en est pas un : pour vous, Georges Pompidou, parce qu’il a travaillé pour Rothschild, aurait fait passer une loi contraire aux intérêts du pays et favorables aux banquiers ? Quand je lis de telles accusations, de tels raccourcis, le sang me glace. On en est là en France aujourd’hui ? A hurler au salaud de banquier ? Juste pour vous rappeler, la Banque emploit en France près de 400.000 personnes. 400.000 salauds ? Au bas mot, les traders, les cadres doivent représenter au moins le quart de ces personnes. Tous des pourris ?

                De plus ce que vous dites est faux : avant 1973, s’il arrivait effectivement à l’Etat d’emprunter auprès de la Banque de France, il ne le faisait absolument pas de manière systèmatique.

                A titre personnel, je serai favorable à l’abrogation de ces dispositions, pour laisser la possibilité à l’Etat de faire tourner la planche à billets. Mais arrêtons les phantasmes autour de cette question : le problème de la dette publique ne vient pas de la vampirasation des financiers


              • agent orange agent orange 23 avril 2012 12:22

                La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros (dont 1306 milliards d’euros d’intérêts) ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros.

                1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros d’emprunts ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

                Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.

                NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros.


              • Tythan 23 avril 2012 12:57

                @ Agent orange

                Vous aurez beau salir et salir la mémoire de Georges Pompidou que cela ne rendra pas ce que vous dites plus vrai.

                Arrêtez de raconter n’importe quoi, prenez en compte les arguments que l’on vous oppose.

                D’où sortent vos chiffres ? Ils ne valent, faute de source crédible, rien. De quoi déduisez-vous la supposé sujétion de Georges Pompidou à la Banque Rotschild ?

                La Banque Rotschild a-t-elle tiré un profit direct de la loi de 1973 ? A priori aucun, puisqu’étant une grande banque d’affaires privées, elle n’a jamais dû acheté beaucoup de dette publique.

                J’en ai assez de voir des malades répandre leurs conneries !


              • agent orange agent orange 23 avril 2012 13:51

                A titre personnel, je serai favorable à l’abrogation de ces dispositions, pour laisser la possibilité à l’Etat de faire tourner la planche à billets

                Tythan
                Si vous étiez un peu familier avec le sujet, vous n’écriverez pas ce genre d’énormité.
                La loi Pompidou-Giscard de 1973 (ou loi Rothschild) a déjà été abrogée. Voir l’article 35 de la loi n°93-980 du 4 août 1993, qui met le statut de la Banque de France en conformité avec les obligations du traité de Maastricht.
                Cette abrogation est effective depuis le 1er janvier 1994.

                Quant aux chiffres, je vous conseille la lecture de « La dette publique, une affaire rentable », Holbecq et Derudder - éditions Yves Michel, 2011


              • Tythan 23 avril 2012 14:06

                Quand je lis de telles conneries, les bras m’en tombent.

                Tu connais l’article L. 141-3 du Code monétaire et financier ? A priori non. Et bien je te conseille de le lire et d’arrêter de donner des leçons là où c’est plutôt toi qui devrait en prendre.

                Pour info, l’un des auteurs de l’ouvrage que tu donnes est un véritable charlatan, ex-ufologue, qui ne s’y connaît pas plus en économie que Madame Michu. Mais bon, c’est internet, tous les avis se valent, hein. Un journaliste éco et un doux dingue, c’est pareil !!!


              • Tythan 23 avril 2012 20:04

                @ stailoboss

                Pour reprendre, dans l’ordre, votre commentaire.

                 

                Non, je n’ai pas écrit que la Banque Rotschild n’a pas bénéficié du nouveau (sic) marché des bons (resic) ouvert en 1973. J’ai écrit que cette banque n’avait probablement pas tiré beaucoup de profit de cette loi, puisque son activité ne doit être que marginale dans la dette publique. C’est tout, et si vous avez plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à m’en faire part. En bref, je serai curieux de voir en quoi ce que j’ai écrit relèverait de la connerie...

                 

                Je n’ai jamais dit que Georges Pompidou était un héros, reste qu’il s’agit d’un homme d’Etat d’une certaine stature, ce que personne ne pourra contredire. Au cours de sa carrière politique, il a d’ailleurs prouvé un certain panache, par exemple en 1968 ou de façon plus anecdotique en sauvant la tête de certains putschistes d’Alger. C’est sous sa présidence qu’ont été lancés nombre de projets qui font encore la France d’aujourd’hui : Airbus, le TGV, le nucléaire... Au bout d’un moment il faut arrêter de le dénigrer sans raison.

                 

                Quand je lis que pour vous, les vrais français le considèrent comme un traître, un frisson me parcourt le dos : on en est donc là aujourd’hui ? Et ceux qui ne sombrent pas dans la haine et la caricature, ce sont des mauvais français ? Quelle honte d’écrire des horreurs pareilles. J’espère que vous aurez la décence de vous excuser.

                 

                Ce n’est pas à moi de prouver « l’innocence » (mais de quel crime est-il d’ailleurs accusé ? D’avoir été président de la république lors du vote d’une loi par les réprésentants démocratiquement élus par les citoyens ? Au bout d’un moment, il faut arrêter les conneries). C’est à vous de prouver la « culpabilité » éventuelle de Georges Pompidou. Arrêtez de renverser la situation.

                 

                Personnellement, je ne prends pas les gens pour des cons. Même ceux auxquels j’ai répondu, et dont vous faites partie, et qui écrivent des énormités aussi abjectes que fausses. Cela arrive à tous d’écrire des conneries, ce n’est pas pour autant qu’on est un con. Pour avoir rencontré certaines personnes avec lesquelles j’ai débattu, parfois vivement, je peux même vous assurez que nombre d’entre elles sont en fait assez sympathiques. Mais que voulez-vous, il est du clavier comme les armes, dès qu’elles s’en saisissent, certaines personnes perdent tout sens commun.

                 

                Lorsque j’ai écrit « le problème de la dette publique ne vient pas de la vampirasation des financiers », je n’ai pas oublié que, même si je crois, à titre personnel, que nous aurions eu avantage à faire fonctionner la planche à billets que les dispositions précitées interdisent. Le problème de la dette publique provient de l’accumulation des déficits année après année auxquels aucun de nos hommes politiques de ces trente dernières années ne s’est vraiment attaquer. La loi de 1973, si elle a pu avoir un impact (que personnellement, je ne sais pas mesurer) n’est certainement pas déterminante.

                 

                Il faut vraiment que vous compreniez que je suis opposé à cette loi, mais je crois que la critique complètement démagogique et caricaturale à laquelle se livrent la plupart de ses contempteurs ne fait en réalité que la renforcer.

                 

                Si VGE a dit qu’il voulait créer le marché des obligations d’Etat en 1973, il a dit une belle connerie, puisque ce marché existait déjà et depuis longtemps. Par ailleurs, le marché des obligations ne passe pas forcément par les banques, mais par des intermédiaires (qui peuvent être des banques), les frais de gestion sont prélevés par ces derniers. Et, si comme dans tout secteur, des abus existent, ils correspondent à des frais qui sont engagés et doivent bien être payés par quelqu’un...

                 

                Votre dernière phrase s’applique particulièrement bien au cas de certains. Pour ma part, j’ai la prétention de connaître un peu le sujet (même si je ne suis pas parfait) et de l’avoir un peu travaillé, ayant écrit un article dessus, que vous lirez avec profit je l’espère.

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