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Loi Fioraso (2) : l’anglais nous sauve plus qu’il nous noie

Polémique sur l’usage de l’anglais dans l’enseignement supérieur en France. Seconde partie : analyse moins factuelle.

J’aurais pu donner un autre titre à l’article. Par exemple : "Langue anglaise : la mondialisation est passée par Jeanne d’Arc" ! On parle souvent de Jeanne d’Arc comme ayant "bouté les Anglais hors de France" mais elle a aussi "bouté" le français hors du monde.

C’était en tout cas la thèse d’un de mes professeurs d’université il y a longtemps, théorie qu’a soutenue également la linguiste française Henriette Walter (84 ans) dans son livre "Honni soit qui mal y pense" (éd. Robert Laffont) publié le 31 janvier 2001.

Mon professeur, qui aimait choquer ses étudiants (pour les réveiller), affirmait que sans Jeanne d’Arc, jamais l’anglais n’aurait eu une telle domination dans le monde d’aujourd’hui. En effet, Charles VI avait déshérité son fils Charles VII et, par le Traité de Troyes (21 mai 1420), le royaume de France devait revenir à son gendre, le roi d’Angleterre, à savoir Henry V qui parlait français car c’était sa langue maternelle.

Ce dernier (mort deux mois avant Charles VI) puis son fils Henry VI se seraient installés à Paris à la tête d’un double royaume de France et d’Angleterre et jamais l’anglais n’aurait pu se développer, ni atteindre plus tard la côte américaine, sans l’intervention de Jeanne d’Arc qui rendit les Britanniques "francophobes" pendant de nombreux siècles…

Ce n’est qu’une simple hypothèse et il n’est jamais utile de refaire le monde, du moins pour prendre des décisions sur la situation actuelle (mais on peut s’amuser dans l’uchronie).

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Après avoir brossé un état des lieux de l’expansion de l’anglais dans les activités de recherche en France, voici quelques réflexions concernant cet article 2 du projet de loi Fioraso concernant la possibilité aux universitaires et chercheurs de délivrer en France un enseignement en langue étrangère (particulièrement en anglais).


Inquiétudes étonnantes

Si les inquiétudes sont toujours à prendre avec sérieux (on n’est jamais inquiet sans raison), elles restent cependant étonnantes concernant la langue française.

Étonnantes car il ne m’avait pas semblé que c’était nouveau qu’il y eût des cours en anglais à l’université. J’ai eu moi-même des cours de troisième cycle en anglais dans un passé qui s’éloigne un peu (d’avant la loi Toubon), délivrés par un chercheur russe qui était une sommité mondiale dans la discipline qu’il enseignait et sans cette possibilité de l’anglais, je n’aurais jamais eu la chance d’apprendre quelque chose de lui.

Étonnantes car j’ai l’impression que la polémique s’est placée à front renversé. Cela fait des décennies qu’on regrette que les Français ne parlent pas suffisamment les langues étrangères, cela fait des années que la France est à la remorque de beaucoup de pays (non anglophones) dans la pratique des langues étrangères, et cela fait des années qu’on insiste sur l’immense déficit du commerce extérieur (autour de 75 milliards d’euros !), et on voudrait se passer de l’anglais pour vendre nos produits dans des pays non francophones ? C’est assurément du masochisme.


Jeunes générations…

Heureusement, les jeunes générations (je dirais ceux qui ont moins de 40 ans aujourd’hui) ont une bien meilleure pratique des langues étrangères que leurs aînés. La généralisation de dispositifs comme Erasmus qui permet à un étudiant européen de passer une année de sa scolarité dans une université d’un autre pays a été très positive. La multiplication des échanges, l’utilisation d’Internet également, ont favorisé cette ouverture linguistique.

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Aujourd’hui, la "génération Y" ne résonne plus France mais Europe ou Monde ; leurs amis sont internationaux, leurs vacances sont internationales, leurs projets professionnels voire affectifs sont parfois internationaux… Cela fait longtemps que la science et le sport sont internationaux, mais apparemment, c’est toute la société qui s’internationalise par les plus jeunes, et c’est un bien, c’est un apport enrichissant et cela n’empêche nullement d’aimer la France et la langue française, ce n’est pas incompatible.


Aimer mais mal défendre le français

Faut-il d’ailleurs confirmer que j’aime la langue française, que j’aime discuter et parler en français et que j’aime écrire en français ? Est-ce la clef nécessaire pour parler d’ouverture extérieure ? Dois-je montrer un certificat de bonne francophonie pour pouvoir défendre l’usage de l’anglais dans certaines activités ? Car c’est le but ici, autant le dire d’emblée.

Sur la langue française, il y a des défenseurs qui m’ont toujours paru contreproductifs. Ce ne sont pas forcément ceux qui ne parlent que le français qui écorchent le moins cette langue.

Et puis, au plus haut niveau de l’État, lorsqu’il est interviewé par CNN aux États-Unis, je préfère nettement un Président Jacques Chirac qui parlait en anglais, sans doute pas dans un anglais parfait, à un Président François Mitterrand qui s’accrochait au français pour une prétendue défense de la francophonie mais aussi pour masquer son ignorance de la pratique de l’anglais.


Car imaginez le téléspectateur américain qui écouterait l’interview : pour lui, le doublage est rédhibitoire, alors qu’entendre un Président français parler dans sa langue, c’est l’écouter déjà d’une oreille favorable et attentive.

Du reste, le téléspectateur français est pareil. N’a-t-il pas ressenti un sentiment de facilité, voire de fierté, lorsqu’il a pu entendre s’exprimer en français, parfois dans un français exceptionnellement correct, des personnalités étrangères aussi différentes que Boutros Boutros-Ghali (ancien Secrétaire Général de l’ONU), Benoît XVI (ancien Pape), Shimon Peres (Président de l’État d’Israël), ou encore, très récemment, lors de leur visite à Paris, le nouveau Président du Conseil italien Enrico Letta (le 1er mai 2013), ainsi que le Président allemand du Parlement Européen Martin Schulz (le 25 mai 2013) ?


L’anglais, vecteur paradoxal de la francophonie

S’adresser dans la langue de ses interlocuteurs, n’est-il pas le moindre des respects ? Même De Gaulle, dont on ne peut douter de son amour non seulement pour la France mais aussi pour la langue française, passait son temps dans les avions à apprendre ses discours par cœur dans la langue du pays qu’il allait visiter (anglais, allemand, espagnol etc.) en répétant le temps qu’il le fallait pour bien prononcer.

Il faut avoir bien peu confiance en la richesse de la langue française pour vouloir autant se replier et quitter la scène internationale. Parler anglais à l’extérieur de la France, c’est au contraire donner envie aux étrangers de mieux connaître la France et donner envie d’apprendre le français.

J’ai déjà eu l’occasion de travailler avec des Américains dont certains, malgré un niveau intellectuel incontestable, étaient bien incapables de savoir quelle était la capitale de la France ou de l’Allemagne (de la Grande-Bretagne, si !), mais lorsqu’ils sont venus en France une fois, puis deux fois etc., ils ne parlent que de la France, ils seraient capables d’être les meilleurs guides touristiques pour la Corse, pour les châteaux de la Loire etc. et cette passion nouvelle (avec option gastronomique voire œnologique) finit souvent par l’acquisition de la langue française.

Faire aimer la France, c’est d’abord atteindre les non francophones et leur parler de la France… dans leur langue. C’est beaucoup plus efficace que de se protéger du monde extérieur en voulant préserver le français par des attaques insensées de l’anglais.


Langue internationale

Car l’anglais n’est plus la langue de la culture anglo-américaine, c’est la langue internationale par excellence. Surtout depuis la chute de l’empire soviétique. On pourra toujours disserter sur le pourquoi du comment, sur la suprématie des États-Unis sur le reste du monde depuis 1945 etc. (le dollar a été beaucoup plus entreprenant dans la domination américaine depuis quarante ans), mais on ne peut contester la réalité du terrain : l’anglais est la langue ppcm du monde, le plus petit commun multiple de la diversité mondiale.

Et il faut être lucide : cette réalité ravit non seulement les anglophones, mais les citoyens de tous les pays, y compris les Français, et plus particulièrement les chercheurs français qui travaillent généralement en liaison avec d’autres laboratoires du monde. L’anglais évite de devoir apprendre le japonais, l’hindi, le mandarin, le russe, l’hébreu, et beaucoup d’autres langues de pays dans les apports scientifiques sont majeurs dans certaines disciplines.

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C’est même une exceptionnelle chance qu’il existe une langue à peu près commune à toutes les nations. J’ai beau aimer le français, sans anglais, jamais je n’aurais pu avoir cette improbable discussion avec un compagnon de voyage dans un train russe. Celui-ci était Azéri et a pu me parler de sa reconversion professionnelle dans le pétrole et le gaz ou encore des tarifs comparés de la téléphonie mobile en Azerbaïdjan (à l’époque, prendre un forfait dans ce pays, même pour téléphoner depuis la France, aurait été rentable car les communications internationales coûtaient moins cher que les communications intérieures françaises avec un opérateur français).


L’exception française ?

La France, dans son arrogante idée d’exception culturelle, reste encore plongée en plein XVIIIe siècle et pense pouvoir imposer aux autres nations le français comme langue internationale. La réalité est que c’est fini. On peut le déplorer (et je le déplore) mais la splendeur de la France ne peut passer que par l’anglais pour faire connaître ses idées, ses valeurs, ses réalisations, ses projets avec la meilleure efficacité.

La France a longtemps refusé ce principe de réalité et elle a perdu beaucoup de temps notamment pour ses brevets. Elle n’a ratifié le protocole de Londres qu’en 2008, longtemps paralysée par cette exception culturelle, et l’Europe (hors UE) a enfin réalisé le brevet unique européen (il était temps).

La France refusait jusque récemment que les brevets qui puissent s’appliquer sur son territoire national ne soient pas rédigés en français. Mais elle oubliait que sans ce protocole, les auteurs de brevets français devaient dépenser des sommes folles pour faire traduire leurs propres brevets dans les autres langues européennes. Il y a toujours une contradiction entre le repli sur soi identitaire et le rayonnement de le France.


Un clivage prévisible entre sciences dures et sciences humaines

Comme je l’expliquais dans le précédent article, le clivage en France est essentiellement entre les sciences dures, anglophones, et les sciences humaines et sociales qui tendent encore, à juste titre, à préserver le français dans les travaux de recherche.

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Ce clivage s’était exprimé notamment lors d’un débat sur France 3 à l’issue du journal du soir, le 21 mai 2013. D’un côté, il y avait le Vincent Berger (46 ans), spécialiste en optoélectronique, auteur de cent cinquante publications et d’une quinzaine de brevets, et président de l’Université Paris-Diderot depuis 2009 ; de l’autre côté, le célèbre et sympathique philosophe et académicien Michel Serres (82 ans).


L’anglais favorise le français

Le principal "argument" de Vincent Berger en faveur de l’anglicisation de certains enseignements universitaires en France, c’était la jeune Anglaise Emma Walton, doctorante en biologie dans un laboratoire de son université, le Centre "Épigénétique et Destin cellulaire" (UMR7216), qui était également présente sur la plateau.

Elle voulait faire ses études en France mais son niveau de français était trop faible et sa candidature fut rejetée par certaines universités françaises. Heureusement, elle a trouvé un cursus anglophone en France, qu’elle a suivi avec succès et la voici en train de préparer sa thèse de biologie …qu’elle rédigera en langue française, parce qu’entre temps, elle a pu apprendre le français (elle s’exprimait d’ailleurs très bien en français). C’est bien une preuve que les cours en anglais favorisent… le français ! Sans ces cours, Emma Walton serait restée en Grande-Bretagne faire ses études et n’aurait pas appris le français.

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Michel Serres, lui, avait une approche évidemment différente. Il considère qu’on ne peut jamais exprimer précisément ses idées que dans sa langue maternelle. Le problème, c’est qu’il généralise sa propre impossibilité personnelle. Il enseigne pourtant aux États-Unis et n’est pas ce qu’on pourrait appeler un homme fermé et replié sur lui-même. Mais parfois, comme avec Edgar Morin, son raisonnement ne colle pas à la réalité (question de génération ?).


Comme dit plus haut, ce qu’il dit est probablement valable pour des disciplines telles que la philosophie, la littérature française, l’histoire… mais certainement pas pour les sciences dures. La langue n’a rien à voir avec le langage.


La langue anglaise n’est qu’un outil de communication

C’est à peu près ce qu’a tenté de répondre David Monniaux, chercheur en informatique, dans une tribune publiée le 21 mai 2013 dans le journal "Libération" : « Le langage scientifique se veut précis et univoque, son vocabulaire est codifié : il s’agit de transmettre des faits, des concepts, des idées, des démonstrations, sans se préoccuper de style. Il porte sur des phénomènes indépendants des cultures : une étoile s’éloigne à la même vitesse de la Terre qu’on la voie de Tokyo ou de Paris, un théorème vrai à Madrid l’est encore à Mumbai. À style limité, concepts appauvris argumentent certains. Faut-il en conclure que les travaux, publiés en anglais, qui ont valu leurs prix Nobel à Françoise Barré-Sinoussi et à Serge Haroche, sa médaille Field à Cédric Villani, sont élémentaires et sans profondeur ? ».

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Ce chercheur d’ailleurs s’agaçait du procès en "globish" qu’on faisait aux universitaires français, considérés comme incapables de faire des cours en anglais correct alors que la réalité est très différente selon l’enquête dont j’ai parlé dans le précédent article sur le sujet. Et de poser cette question : « Si une université est capable de choisir un professeur de physique nucléaire, n’est-elle également capable de savoir s’il est raisonnable qu’il fasse cours en anglais, vu son niveau dans cette langue ? ».

Il contestait aussi les arguments un peu faciles sur les possibilités de traduction, car actuellement, aucun outil technique n’est vraiment efficace et les moyens humains de traduction sont par ailleurs très coûteux : « On voit (…) dans ce débat des gens qui croient (ou font mine de croire) que les chercheurs disposent de traducteurs pour publier dans les revues scientifiques internationales ou pour lire celles-ci, et d’interprètes pour organiser des colloques : soyons sérieux ! ». Si les chercheurs français n’avaient plus besoin de s’exprimer en anglais grâce au soutien logistique de leur laboratoire, cela se saurait !


Faux débat dans une France qui s’enflamme sur des mots

Cette polémique, c’est l’exemple même des faux débats, stériles, comme la France sait en produire régulièrement. D’autant plus stérile que dans le précédent article, j’expliquais que la loi ne changerait rien à l’évolution de l’anglais dans les labos, la loi Toubon n’ayant rien empêché et la loi Fioraso n’encouragera ni ne découragera rien de ce qui se pratique déjà par nécessité.

Ce type de débat, c’est en fait créer un clivage qui n’a pas lieu d’être.

Il n’est pas incompatible d’aimer et de défendre la langue française tout en s’exprimant en anglais pour faire rayonner la recherche publique française dans le monde. Heureusement que beaucoup de chercheurs français le font déjà depuis longtemps.

C’est d’ailleurs, à terme, le meilleur moyen de faire connaître la France, la faire aimer, et, par ricochet, donner envie d’apprendre cette belle langue qu’est le français.


Aussi sur le blog.


Sylvain Rakotoarison (4 juin 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Enquête sur l’utilisation de l’anglais dans la recherche publique française.
Protocole de Londres enfin adopté (29 janvier 2008).
Naissance du brevet unique européen (11 décembre 2012).
Un adorateur de la langue française.
 

 

(Premières illustrations de Gotlib et Pancho).

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Réagissez à l'article

22 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 4 juin 2013 08:51

    Bonjour,

    Il est vrai que, si l’on regarde l’histoire, nous avons un passif plutôt lourd avec nos amis d’outre manche ce qui a construit sans doute notre réticence à l’apprentissage de leur dialecte. Ceci dit, cette langue est incontournable. Que ce soit pour les sciences, les affaires et les voyages à l’étranger. Me déplaçant assez souvent hors de nos frontières, je suis surpris par la pratique et la maîtrise de l’anglais dans de très nombreux pays. Je pense que l’apprentissage d’une langue quasi universelle est une bonne chose. A parler le même dialecte les hommes se comprennent mieux et cela évite beaucoup de malentendu. Il faut aborder cela de façon positive. Apprendre une langue ne veut pas dire renier la sienne et faire fi de ses racines, mais tout en gardant son identité s’est s’ouvrir à celle des autres.


    • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 4 juin 2013 09:27

      @ l’auteur,

       À la lecture de la première partie de votre article, il y a trois jours, je pensais bien que vous en arriveriez là.

      Il y aurait tellement à dire sur vos propos que mon commentaire serait aussi long que votre article, et c’est pour cela que j’en prépare un depuis quelques jours.

      Citons seulement votre conclusion :

      (…)Ce type de débat, c’est en fait créer un clivage qui n’a pas lieu d’être.

      Il n’est pas incompatible d’aimer et de défendre la langue française tout en s’exprimant en anglais pour faire rayonner la recherche publique française dans le monde. Heureusement que beaucoup de chercheurs français le font déjà depuis longtemps.

      C’est d’ailleurs, à terme, le meilleur moyen de faire connaître la France, la faire aimer, et, par ricochet, donner envie d’apprendre cette belle langue qu’est le français.(…)

      Vous me paraissez sincère, et vous l’êtes, je vous l’accorde comme beaucoup d’autres. Je n’ai aucun doute là-dessus. En revanche, vous êtes d’une naïveté dans le domaine de la langue, que cela fait peine à voir.

      Quand on parle de langue, il faut voir les choses sur le long terme (entre 50 et 100 ans), et surtout réfléchir sur ces 60 dernières années.

      La loi Fioraso, si elle devait être appliquée, c’est le début de la mort de la langue française, d’ici 50 à 100 ans. Cest trop long à développer ici.

      Une citation :

      « Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le sachent ou non, rares étaient les écrivains, poètes, artistes, historiens, scientifiques ou critiques de l’Europe d’après-guerre dont le nom ne fut pas d’une manière ou d’une autre lié à cette entreprise secrète. »

       « Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle » :

      version en français. Paris : Denoël. p. 14. Titre original « Who Paid the Piper ? : CIA and the Cultural Cold War »

      Et une dernière pour la route :

      « Il y va de l’intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l’anglais ; que, s’il s’oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines ; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains ; et que, si s’élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent. » (David Rothkopf, “In Praise of Cultural Imperialism ?“, Foreign Policy, N° 107, Été 1997, pp. 38-53.)

      Posez-vous la question suivante : Pourquoi ces gens-là, anglophones de naissance écrivent de tes propos ?

      Et si vous le souhaitez, je pourrais vous donner d’autres références. Il y a de la matière dans ce domaine-là.

      Bien cordialement.


      • Krokodilo Krokodilo 4 juin 2013 09:55

        Les Américains ne sont pas fous, et savent où sont leurs intérêts : jamais ils ne négocieront dans une autre langue que la leur. Et contrairement à vous, je préfère un président français qui s’exprime clairement en français, accompagné d’un bon interprète, plutôt qu’un président qui court le risque de gros malentendus dans une autre langue que la sienne.


        « Car imaginez le téléspectateur américain qui écouterait l’interview : pour lui, le doublage est rédhibitoire, alors qu’entendre un Président français parler dans sa langue, c’est l’écouter déjà d’une oreille favorable et attentive. »

        Mort de rire : les pauvres petits ne supportent pas le doublage ! La vérité, c’est qu’il est plus profitable pour leur business d’acheter des scénarios à l’étranger, de tourner des remakes puis de vendre le remake dans le monde entier, même si la plupart sont moins bons que l’original..

        • taktak 4 juin 2013 12:10

          Si les chercheurs français n’avaient plus besoin de s’exprimer en anglais grâce au soutien logistique de leur laboratoire, cela se saurait !

          Nul n’est censé se prévaloir de ses propres turpitudes. Ce n’est pas parce que l’état français, ne met pas au service de la francophonie, les moyens de diffuser sa production en langue française et que la recherche française est contrainte et forcée de baragouiner anglais que c’est une bonne chose.

          Une langue, lorsqu’elle ne sert plus à créer dans le domaine technique, scientifique, de la production, est une langue morte à court terme
          Une langue c’est aussi l’héritage d’une culture, d’une façon de penser le monde. Et force est de constater que le choix de l’anglais - plutôt que l’espagnol ou le chinois -est un choix idéologique : celui de Wall Street.

          De façon général, votre article en tout point assène plus qu’il ne démontre, ne faisant que répéter les habituels poncifs sur la question :
          un exemple parmi d’autre : les français seraient nul en langues étrangères (nettement moins que les english natives speakers...et encore faudrait il le prouver) mais appelons un chat un chat, c’est de l’anglais dont vous parlez. La majorité de nos échanges se font avec l’Allemagne, l’italie et l’espagne ainsi que la chine ? Sont ce des pays qui parlent anglais ?


          • ZenZoe ZenZoe 4 juin 2013 13:16

            L’anglicisation des peuples, un complot de la CIA ?
            Impossible de savoir si c’est vrai ou pas, rappelons-nous quand même que le phénomène a commencé bien avant la naissance des Etats-Unis. A partir de la fin du 16ème siècle, les « comptoirs commerciaux » en Asie et ailleurs allaient déboucher sur une concurence féroce et la naissance de l’Empire Britannique, le plus étendu et le plus influent de toute l’histoire sous la reine Victoria. Si l’Empire Britannique n’est plus, il existe toujours le Commonwealth, encore bien solide, et où l’anglais est une langue officielle. La prominence de l’anglais, phénomène jamais égalé de par son ampleur, vient d’abord du Royaume-Uni. Les Américains n’y sont pas pour grand-chose et à eux seuls, ils n’auraient certainement pas pu réussir le même coup de force.

            L’anglais, une menace pour le français ?
            Hum ! Comme souvent, l’ennemi vient de l’intérieur. Ecoutez parler les journalistes et les animateurs télé, dont pourtant c’est le métier, et relevez le nombre de bourdes de syntaxe. Lisez des rapports de cadres en entreprise, qui ont fait des études supérieures, et notez le nombre inimaginable de fautes d’orthographe dans leur prose. Partout autour de vous, les commerçants, les footballeurs, vos voisins, dans le train, le bus, en centre ville comme dans les zones, les gens écorchent leur langue en la parlant et en l’écrivant. La faute à qui ? A la CIA ? Permettez-moi d’avoir des doutes....


            • taktak 4 juin 2013 14:07

              Pas besoin de voir un complot de la CIA : la promotion de l’anglais se fait d’abord et essentiellement par le choix de nos élites qui en adoptant cette langue veulent imposer l’idéologie et le pouvoir qui vont avec qui leur vont mieux. C’est bien ce que font les copé, fioraso et autres valets des marchés.
              C’est ainsi que la classe dominante française fait le choix de tuer sa langue et de saborder la francophonie pour mieux faire allégeance aux USA.

              Vous mettez sur le même plan des choses très différentes. les fautes d’orthographe ou de grammaire ne mettent pas autant en danger une langue que le fait de la couper de la vie sociale en faisant le choix politique de l’éloigner du monde de la production. C’est ce qui distingue une langue morte d’une langue vivante. Le choix de Fioraso c’est celui de tuer le français.
              A l’heure où notre oligarchie pousse les feux du GMT, mettant de fait un terme aux mensonge d’une europe puissance alors que ce n’est qu’une colonie US, le choix d’adopter la langue de Wall Street relève du même mouvement : notre classe dominante et ses élites souhaitent s’intégrer en tant qu’élites américaines. Peu importe si pour cela il faut sacrifier sa langue et sa culture.

              Voir deux articles publié sur Agoravox :
              des racines de classes de l’autophobie nationale
              l’idée France (publié par PRCF)


            • Ruut Ruut 4 juin 2013 14:21

              L’anglais non maîtrisé est une immense source de mal entendus.

              Nous pouvons entendre l’Anglais sans le comprendre ou en le comprenant mal.
              C’est le risque avec un enseignement en Anglais.

              Les mots Anglais ont un sens qui dépend du contexte.
              Se tromper dans la compréhension du contexte entraîne un apprentissage erroné.

              A l’inverse de l’Anglais la langue Française est précise et avec peut d’ambiguitée.

              Corrigeons nos dictionnaires informatiques l’histoire d’avoir un français plus propre.
              Oui pour s’inspirer de la culture anglo-saxonne, non pour la mimer.

              Il est de plus temps d’enrichir la culture Française.
              Les nouveaux mots intégrés au dictionnaires sont une offense a notre culture, pourquoi des mots du trottoir et non des mots de la science ou de la technologie ?


              • zozo 4 juin 2013 17:13

                à l’auteur. J’ai trouvé votre article bien intéressant, vous mettez en avant des vérités sur l’anglais et son utilisation. Cependant j’ai l’impression à vous lire que vos arguments quant à la défense de la langue française sont vides, sur ce sujet votre article est une coquille vide. Je pense que vous aimez le Français mais que d’une certaine manière vous prenez des gants pour ne pas choquez vos lecteurs. Je m’explique :

                - Vous faites état de la mondialisation et de cette volonté de la jeune génération d’embrasser ce phénomène dont l’anglais finalement en serait une des clefs. Les langues deviendraient comme les frontières un obstacle qui finiraient pas s’effacer tôt au tard. Finalement si je suis votre argumentation on pourrait se dire pourquoi pas soutenons l’anglais car c’est le ciment de la modernité et la langue des jeunes. Sauf que j’ai l’impression que la jeune à laquelle j’appartiens veut tout rapidement sans faire de concession. Donc l’anglais est pratique, international, les autres langues régionalisées et inutiles. Peut-on réellement se considérer comme citoyen du monde et ignorant les autres langues ???????????????????
                - L’anglais est vraiment comme vous le dites utile pour les sciences, les affaires etc. Mais si nous suivons cette logique devons-nous chanter an anglais tourner les films en anglais, demander aux auteur d’écrire en anglais pour rayonner dans le monde ????????La langue doit-elle être considérée comme un seul outil de communication ?
                - Les pressions de l’anglais sont immenses parce que l’europe veut se doter d’une langue commune mais est-ce utile de vouloir imposer une seule langue en Europe au dépend de toutes les autres. La richesse de l’europe est justement enfin je pense son plurilinguisme. 
                - Vous dites que le Français mais cela est vrai pour les autres langues au contraire grâce à l’anglais vivra. Comment peut-on avancer cet argument sans aller plus loin dans la réflexion. Si l’anglais devient la seule langue de l’université en Europe et la seule langue de travail en Europe, elle deviendra alors la seule langue Prestigieuse qui poussera les peuples graduellement à abandonner leurs langues considérées comme des dialectes puisqu’elles ne serviront que pour jouer au carte autour d’un Pastis. 

                La vrai question est est-ce que nous voulons d’une langue commune qui de toute manière finira pas supplanter toutes les autres à long termes du moins en europe. Je pense que les défenseurs de l’anglais devraient être honnête et dire simplement nous voulons une langue unique car c’est plus pratique car nous ne voulons pas apprendre d’autres langues point. Je crois qu’en ces termes on éviterait ces débats hypocrites style l’anglais favorisera la francophonie ou le rayonnement du français c ar vous savez aussi bien que moi que vous avancez ces arguments pour stopper les ardeurs des pro langue française.

                Finalement et peut-être je me trompe l’attachement à une langue change du fait de l’éducation, nous sommes passés à un système d’éducation classique axé sur le culturel à un système d’études plutôt basé sur le business, le pragmatisme et le court terme...............

                • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 4 juin 2013 18:10

                  Merci à ceux qui ont pris soin de réagir ici.

                  L’une des méthodes pour fausser une discussion, c’est de caricaturer à outrance les positions pour faire des amalgames. C’est d’ailleurs l’objet de ma conclusion : on peut aimer le français et ne pas être choqué par la nécessité de parler en anglais pour se faire comprendre.

                  Les langues n’ont rien d’un obstacle dans les échanges entre deux pays, mais lorsqu’un sujet est travaillé par des équipes regroupant de nombreuses nationalités parlant des langues différentes, sauf pour quelques exceptions, il devient vite impossible de connaître dix, vingt, trente langues et une langue commune est ressentie comme une nécessité.

                  J’aurais bien sûr pu continuer en disant que j’aime l’allemand, le russe etc. et les autorités françaises ont rarement compris que pour défendre le français, dans l’Union Européenne, le mieux était de renforcer par exemple l’allemand au lieu d’attaquer inutilement l’anglais. Ceux qui sont intéressés par certaines cultures se mettront assez naturellement à étudier les langues associées. Les amoureux de la Russie chercheront à connaître un peu de la langue russe, etc.

                  Mon histoire et ma géographie personnelles ont fait que j’ai appris à l’école l’allemand comme première langue, sans aucune hésitation, l’anglais venant en deuxième langue. J’ai même passé un entretien de recrutement en allemand. Mais c’était en Allemagne. Cela ne viendrait à l’esprit de personne d’utiliser cette langue en Russie. Sauf avec des voyageurs allemands.

                  L’idée est de s’adapter aux cas concrets. C’est une question de bon sens. Oui, dans les sciences dures, la langue n’est qu’un outil de communication et le but est de partager l’information avec le plus grand nombre de personnes au monde pour faire avancer le sujet. Mais non, la langue n’est pas seulement qu’un outil dans d’autres disciplines, comme la littérature, la philosophie, etc. où la langue fait partie intégrante de la pensée, du raisonnement.

                  Je ne pense pas non plus qu’il y a un intérêt à n’avoir qu’une seule langue universelle. Chaque langue correspond à la culture. Le globalisation des échanges ne signifient pas la perte des identités. On ne peut partager que si l’on a quelque chose à apporter. Je comprends que certains parents veuillent faire apprendre le breton (par exemple) à leurs enfants, mais je ne comprends pas que cela puisse être au détriment d’une langue comme l’anglais.

                  Il suffit de regarder les populations de petits pays qui savent pertinemment que leur langue ne sera jamais parlée au niveau international car ils ne sont que quelques millions à la parler : elles sont moins arrogantes et apprennent quelques langues étrangères pour pouvoir échanger.

                  Enfin, je le répète : la loi Fioraso, tout comme la loi Toubon, n’aura aucune influence sur l’usage des langues dans la recherche publique, parce qu’une loi n’a pas à dicter le comportement intime des citoyens dans un pays libre. Toute cette polémique n’est qu’une tempête dans un verre d’eau. Les étrangers qui essayeraient de comprendre ce type de débat seraient bien intrépides.

                  Bonne soirée.


                  • Login Login 5 juin 2013 07:25
                    Mettez 20 européens dans une salle, 19 européens non anglais et un anglais. Le débat n’est pas de savoir si l’anglais est européen smiley Ajouter un animateur dans cette salle, non anglais, présentant en anglais. Dans 90% des cas, celui qui a des difficultés à comprendre l’animateur est l’anglais.

                    Pourquoi ? 





                  • Login Login 5 juin 2013 07:40
                    Parce que l’empreinte culturelle de la langue est faible pour les non-natifs. Ils traduisent les objets ’mots’ dans leur ’référentiel’ de sens, leur culture pour résumer. L’anglais lui, si l’expression n’est pas parfaite, peut ne pas en percevoir le sens. Il est toujours étonnant de voir combien un anglais peut avoir du mal à vous comprendre quand il n’a pas l’expérience de l’international ( et encore).

                    Enseigner n’est pas communiquer et inversement.

                  • Login Login 5 juin 2013 07:53

                     Et, si vous faites la confusion entre enseigner et communiquer, se pose alors une autre question :
                     Que communiquez-vous ?

                     Question subsidiaire :  Croyez-vous que ceux qui en débattent l’ignorent ?

                    On en revient aux commentaires de votre article. soit ils sont dans une logique purement utilitariste (en gros, c’est un contrôleur de gestion qui est à la tête des affaires culturelles et de l’éducation), soit ils veulent que nous adoptions le bœuf bouilli comme plat national (c’est bien sur une image, les anglais ont largement amélioré leur cuisine, euhhh la leur ? 

                    Et si ou lieu de vouloir enseigner dans l’indifférence on apprenait le respect des différences ?


                  • Login Login 5 juin 2013 07:59
                    D’alleurs, Vous ecrivez : Merci à ceux qui ont pris soin de réagir ici. 

                    Intéressant smiley comme quoi les mots... Pourquoi ’soin’ et pas ’le temps’ et pourquoi ’ici’ sachant qu’il n’y a pas d’ailleurs ici ?







                  • Login Login 5 juin 2013 08:02
                     Bonne journée.

                    Et demandez-vous pourquoi ceux qui sont censés nous aider à la rendre meilleure, nous emmerdent à longueur de temps sur la question du thermomètre.

                  • zozo 4 juin 2013 18:14

                    En relisant votre article ce que je relève surtout c’est cette haine de tout ce qui est français chose commune à nos élites, journalistes voir chercheur. Nous ne sommes plus capable de faire rayonner notre pays, il n’y a plus d’idée plus d’ambitions si ce n’est suivre ce que font les autres sans tenter de proposer une autre voie. Que croyez-vous ? qu’avec l’anglais vous allez faire rayonner la recherche, c’est un peu fort de café de se cacher derrière l’anglais pour ne pas voir notre propre médiocrité et incapable de parer à notre propre déclin. Il y a quand même une différence entre le besoin d’une langue internationale et le côté dogmatique que revêt l’imposition de


                    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 4 juin 2013 18:28

                      « Notre propre médiocrité » a quand même donné un Prix Nobel de physique en 2012 à un Français, qui a toujours publié en anglais, histoire d’être compris par tous les chercheurs dans son domaine de prédilection, à savoir la physique quantique... Où est la haine de la langue française ?

                      C’est plutôt haïr la France que de ne plus voir sa capacité de rayonner par son propre génie. De Gaulle haïssait-il la France pour parler allemand en Allemagne et anglais en terre anglophone ?

                      L’excessif est insignifiant, méfiez-vous des raccourcis !

                      Cordialement.


                    • Fab81 4 juin 2013 18:34

                      M. Rakotoarison, votre principal argument en défense de ce projet est que le français ne serait d’ores et déjà plus une langue de communication internationale. Il ne servirait donc à rien de mener un combat perdu d’avance.
                      Pourtant, le français n’est pas encore réduit comme vous le prétendez au statut de langue de second rang. C’est une langue officielle dans nombre d’instance internationale. Bien sûr, sa position a reculé face à l’offensive du globish. Doit-on pour autant renoncer à le défendre ? Votre position sur le sujet est assez révélatrice. La langue n’est pas un véhicule neutre comme vous le prétendez. C’est un instrument majeur de domination culturelle, sociale et politique.
                      Dans ce domaine comme dans d’autres, vous défendez la normalisation de la France. Adopter les normes politiques néo-libérales dominantes dans les pays anglo-saxons, adopter la langue des anglo-saxons... Vous avez une démarche de renoncement et d’abandon. Vous pouvez bien tenter de la masquer derrière des arguments pseudos scientifiques, les lecteurs d’AV savent bien ce dont Rakotoarison est le nom...


                      • Krokodilo Krokodilo 4 juin 2013 18:59

                        Mieux vaut écouter F.Asselineau dans le débat chez Hondelatte, écoutable sur Avox :


                        • bobbygre bobbygre 4 juin 2013 19:02

                          Que de suffisance... Vous voulez bien donner un peu de crédit à vos opposants et cesser de les prendre pour des attardés, des conservateurs indecrottables, des enfants qu’il faut éduquer et rassurer car si les gens sont contres c’est qu’ils ont peur, n’est-ce pas ? Je sais que c’est l’image que les médias donnent du peuple français mais vous n’êtes pas obligé de rester tout le temps dans la caricature (surtout qu’à force, c’est vous que vous caricaturez).

                          Ce débat est justement tout sauf un débat superficiel. C’est un débat essentiel. Il en va de l’avenir de la langue et donc du pays à court, moyen et surtout long terme !

                          Voilà comment vous parlez des arguments des opposants : « Michel Serres, lui, avait une approche évidemment différente. Il considère qu’on ne peut jamais exprimer précisément ses idées que dans sa langue maternelle. Le problème, c’est qu’il généralise sa propre impossibilité personnelle. Il enseigne pourtant aux États-Unis et n’est pas ce qu’on pourrait appeler un homme fermé et replié sur lui-même. Mais parfois, comme avec Edgar Morin, son raisonnement ne colle pas à la réalité (question de génération ?). »

                          Quel mépris alors que ce n’est qu’ignorance de votre part...

                          La langue determine-t-elle la pensée ? Autrement dit, en abandonnant la possibilité aux chercheurs de penser leurs recherches en Français, ne condamne-t-on pas à mort ce qui fait l’originalité de la pensée française qui a donné de si brillants résultats (scientifiques) lorsque le français était la langue scientifique par excellence (et que je sache, à l’époque, les anglais ne donnaient pas de cours en français dans leur université).

                          Voilà un débat qui anime linguistes, scientifiques, philosophes, écrivains, citoyens etc... depuis des siècles mais vous, vous avez résolu le problème en deux articles et les arguments de vos opposants en quelques lignes (donc en gros, Michel Serres est un imbécile qui prend son cas pour une généralité, bravo le niveau).

                          A ceux vraiment interessé par le débat, je conseille de regarder ce débat posté sur Agoravox TV et pour le coup réellement interessant car les opposants donnent des arguments autrement plus sérieux et factuels que ceux présents sur cet article (notamment le resultat d’une telle politiques dans des pays où elle est appliquée depuis longtemps) :

                          http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/hondelatte-dimanche-apprendre-en-39425


                          • zozo 4 juin 2013 19:59

                            Enfin, si je suis dans l’excès je ne doute pas que ceux qui font la promotion de l’anglais dans nos universités se noient dans leur ignorance. Comment expliquer que l’Allemagne s’interroge sur ce tout-anglais. Oui il y a des risques avec l’anglais comment se fait-il qu’au Danemark, un parti politique demande l’officialisation de l’anglais comme langue officielle au côté du danois de même en Suisse. Les risques sont là ; il n’ y a pas de langues neutres. Alors qu’un type doté d’un prix Nobel décide de faire un article sur les bienfaits de l’anglais, je répondrai qu’il continue à faire ses recherches mais de garde qu’ils ne se mêlent pas de géopolitique s’il veut parler anglais que grand bien lui fasse. Nous sommes en droit de douter de la portée de cette loi. Vouloir se débarrasser du français et ignorer les autres langues est dangereux............


                            • ecolittoral ecolittoral 6 juin 2013 15:01

                              « Du reste, le téléspectateur français est pareil. N’a-t-il pas ressenti un sentiment... de fierté, lors qu’il a pu entendre s’exprimer en français...des personnalités étrangères... »

                              Raison de plus pour ne pas céder au chantage de l’anglais !!!
                              Vive le russe, l’espagnol, le portugais, le français...
                              A chacun de faire l’apprentissage de telle ou telle langue. Apprentissage modéré, important, intense en fonction des besoins. Une langue « étrangère » ne doit pas être une excuse pour éliminer mais, un outil pour communiquer avec un interlocuteur dans sa langue...ou dans la nôtre.
                              Si les américains veulent sortir de « leur trou », il va falloir qu’ils s’y mettent.
                              S’ils veulent rester dans leur bulle anglophone, qu’ils y restent. 
                              On se débrouillera très bien sans eux !

                              • Pale Rider Pale Rider 11 juin 2013 09:58

                                « L’anglais nous sauve plus qu’il NE nous noie », en bon français, cher Sylvain, bien que vous soyez un des meilleurs rédacteurs d’AV.

                                La loi Fioraso est pour moi un pas dans le mauvais sens. Je suis pourtant traducteur anglais-français ; je ne suis donc pas anti anglais. Cela dit, quand je traduis, je tiens absolument à produire un français de haute tenue, où toute forme d’anglicisme soit indétectable. 
                                Quelques exemples : le verbe initier est détourné de son sens... initial, alors qu’on a lancer, démarrer, créer, prendre l’initiative de, etc. Pire encore, le verbe dispatcher (qui revient du français dépêcher) alors que nous avons répartir, ventiler, (re)distribuer... Liste d’horreurs non close, hélas.
                                Nos politiques, depuis Sarko, sont en train d’orchestrer le déclin mondial de la langue française. Et savez-vous qui en sont les plus ardeurs... supporters (on ne peut pas dire souteneurs !) ou défenseurs : les Africains francophones !

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