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Loi TEPA et heures supplémentaires : la machine à fabriquer des chômeurs

« Les Français ont fait plus d’heures supplémentaires fin 2009 » titre La Tribune. En période de décroissance et de record de chômage, les salariés font des heures supplémentaires, donc.
 
L’Usine Nouvelle nous en donne la raison : « Rien d’étonnant à cela, les entreprises, après avoir arrêté brutalement la production, ont commencé à re-stocker. Et avant d’embaucher des salariés pour faire face à un surcroît de demande, elles recourent aux modes de travail les plus souples ».
 
Des « modes de travail plus souples »... La pudeur de l’expression est à la hauteur du scandale.
 
« Enfin une bonne nouvelle, c’est sans doute ce que s’est dit Nicolas Sarkozy ce matin en découvrant les statistiques des heures supplémentaires au 4ème trimestre 2009 publiées par le ministère de l’Emploi » commente Marc Landré dans le Figaro.
Il se le dirait, Nicolas Sarkozy, l’inventeur du « travailler plus pour gagner plus » ?
 
La loi TEPA n’a pas fini de faire parler d’elle, qui a formalisé, sur demande du Medef, ce nouveau traitement des heures supplémentaires : elles sont exonérées de l’impôt sur le revenu pour le salarié et donnent droit pour l’employeur à une déduction des cotisations. Pour « apporter de la souplesse » aux employeurs.
 
En définitive, les heures supplémentaires reviennent moins cher aux employeurs que les heures travaillées normales  ! Ce qui a pour effet pervers (?) d’inciter à recourir plutôt aux heures supplémentaires qu’à la création d’emploi.
 
« Avec la récession, le volume d’heures supplémentaires aurait dû s’effondrer »,  avance Eric Heyer, économiste de l’OFCE.
« Or, depuis fin 2007, il s’est envolé de 17 %, malgré une diminution au premier trimestre 2009 »
« Cela semble montrer que les employeurs ont fait de l’optimisation fiscale », avance l’économiste Pierre CahucRésultat : incitées à accroître les heures supplémentaires, les entreprises ont détruit plus d’emplois qu’elles ne l’auraient fait sans la loi Tepa. ». De « l’optimisation fiscale » : encore une expression pudique.
 
Mais tout n’est pas mauvais, le salarié est gagnant ! répond l’écho.
Gagnant ? Oui, dans un premier temps, par l’augmentation de son revenu, mais dans un second temps il est perdant sur le long terme, puisque le calcul de sa retraite est indexé « sur la base du volume horaire travaillé, hors heures supplémentaires ». Ainsi se réduit la retraite. Sauf bien entendu si le salarié cotise à un fond de pension... A l’heure où l’on va « négocier » sur les retraites, ce détail a son importance.
 
Pour l’Etat, le manque à gagner est énorme : 7 milliards d’euros par an, qui viennent s’adosser au phénoménal déficit public.
 
La détaxation des heures supplémentaires « Loin de promouvoir la culture du travail, ... instille celle de l’opportunisme fiscal où chacun exploite à son profit les failles d’une réglementation inefficace ».
Dit autrement, voici organisée une espèce de délinquance économique.
 
Et les arrêts de travail supplémentaires induits par le travail supplémentaire des salariés, on les prend en compte ?
 
La loi TEPA est une faute sociale de plus. Elle est une machine à fabriquer des chômeurs. Il faut la supprimer.
 

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30 réactions à cet article    


  • titi 14 avril 2010 13:16

    La loi TEPA est un package.

    Elle comporte aussi un volet sur la portabilité de la prévoyance et des mutuelles santé lors d’un licenciement. 

    Vous proposez donc de supprimer ces dispositions ?

    Concernant la perte de postes d’emplois.
    D’autre part le travail ne se partagent pas.
    C’est l’utopie des 35h qui a fait croire qu’en travaillant moins on travaillerait tous.
    De la même manière que les 35 heures n’ont créé aucun emploi, ce n’est pas en faisant des heures supplémentaires que nous serons moins nombreux à travailler.
    Celà peut éventuellement être le cas dans les grosses unités de production, mais ce n’est pas le cas dans l’encadrement ou dans les PME/TPE.
    Or le tissus industriel en France ce sont les PME/TPE

    Concernant l’« économie » faites par les entreprises.
    Si les entreprises sont tellement pingres qu’elles en sont à économiser les charges sur les hypothétiques heures supp, expliquez moi pourquoi elles ont recours à l’interim qui pourtant leur coute 2,5 fois le cout d’un embauche ?


    N’importe quel personne ayant fait un peu de management vous expliquera qu’il y a des problèmes de formation, de compétences, d’expérience mais également des problèmes purement logistiques.


    • Gabriel Gabriel 14 avril 2010 13:49

      Vous avez raison, faites faire des heures supplémentaires, faites travailler jusqu’à 65ans et pas de partage de travail ni de richesses. Maintenant expliquez le aux milliers de jeunes de moins de 25 ans sans emploi et aux 10 millions de personnes dans la merde ! Mais peut-être n’ont-ils aucune notion de management ces abrutis pour comprendre votre absence d’altruisme..... Quand à dire que les 35 heures n’ont crée aucun emploi, même si cette solution n’est pas la panacée, c’est un odieux mensonge que vous proférez là !

      L’INSEE, en 2004, estime les créations d’emplois à 350 000, soit 200 000 emplois directs et 150 000 emplois dus aux allègements de charges qui accompagnent la réduction du temps de travail, emplois qui ne seraient pas tous permanents

      Selon la DARES (service statistique du ministère du Travail), les 35 heures auraient créé 350 000 emplois supplémentaires sur l’ensemble de la période 1998-2002


    • titi 14 avril 2010 14:22

      Je ne fais pas d’altruisme, je ne fait que répondre à l’auteur.

      Dans son article l’auteur s’en prend à la loi TEPA sur des arguments fallacieux.
      Il conclue sur « il faut supprimer » la TEPA en éludant totalement la question de la portabilité qui est une avancée sociale importante.


      « Mais peut-être n’ont-ils aucune notion de management ces abrutis pour comprendre votre absence d’altruisme..... »
      Alors j’explique...
      Je prends le cas d’une PME avec 2 techos, 1 cadre et 1 secrétaire.
      Si je passe de 39h à 35 h , je libère 8 heures de tech,4 heure d’encadrement et 4 heure de secrétariat.
      Je fais quoi de ces heures ? Je créé quoi comme emploi ? Quel profil ? Qui accepte un contrat de 16 heures par semaine ? Personne. Résultat 0 embauche...

      IL n’y a que dans les grands centres de prod que cette loi aurait pu être appliquable.
      Sauf que pas de bol, 7h n’est pas diviseur de 24h contrairement à 8. Ce qui fait que les équipes continuent de tourner en 3x8 et pas en 3x7 + 3. Résultat 0 embauche...


      « Quand à dire que les 35 heures n’ont crée aucun emploi, même si cette solution n’est pas la panacée, c’est un odieux mensonge que vous proférez là ! »
      Excusez moi j’avais par remarqué que nous étions « sorti du chomage de masse » pour reprendre l’objectif affiché de cette loi.


    • titi 14 avril 2010 14:24

      D’ailleurs je ne peux m’empecher de relever :

      « 150 000 emplois dus aux allègements de charges qui accompagnent la réduction du temps de travail, emplois qui ne seraient pas tous permanents »

      Bah alors ??? je comprends pas ??? je croyais que les allégements de charges c’était de la poudre au yeux ??
      A oui mais pas quand c’est Martine et Lionel qui les font.

      Evidemment.


    • Fergus Fergus 14 avril 2010 16:44

      100 % supporter de Gabriel dans son duel contre Titi : la loi Tepa est une gigantesque connerie économique et sociale.

      Car non seulement la disposition sur les heures sup’ est néfaste et n’a servi que les gens qui avaient déjà un job, mais les autres dispositions sont tout aussi catastrophiques, notamment celle qui concerne les droits de mutation. Avant Tepa, 82 % des Français étaient totalement exonérés de droits, ce sont donc les CSP+ et et eux seuls qui bénéficient de cette disposition.

      Quant aux exonérations sur les intérêts d’emprunt, elles profitent là aussi pour l’essentiel à des gens déjà propriétaires et qui empruntent pour acheter plus grand ou mieux situé. S’il fallait introduire une disposition immobilière, elle devait être tournée à 100 % vers les primo-accédants et encore plus incitative !


    • dupont dupont 14 avril 2010 17:42

      Tout à fait d’accord avec vous .
      Un jour, il faudra que l’auteur ou B. Thibaud ou leurs admirateurs si prompts à fustiger Entreprises et Entrepreneurs, fondent leur propre entreprise et montre au monde comment la gérer.
      Il leur faudra une idée tout d’abord, pas facile quand on n’est pas habitué, la transformer en projet (étude de marché...), faire les démarches administratives et en parallèle trouver des fonds auprès de ces vautours d’actionnaires sans lesquels rien n’est possible, puis embaucher ,certains se dirigeant vers le syndicalisme à la plus grande joie des nouveaux entrepreneurs qui passeront un temps convivial avec les D.P, CE, CHSCT..., démarrer, balbutier mais pas trop longtemps car les clients ne sont pas très patients, négocier sans cesse avec les banques pour les salaireset les investissements indispensables, solliciter à nouveau les actionnaires, motiver le personnel et compter, compter toujours compter... 
      Oui vraiment j’ai hâte de voir une expérience de ce genre...


    • Mycroft 14 avril 2010 19:09

      Qui accepte un contrat de 16h par semaine ?

      Bha pas mal de chômeur prendrait ça plutôt que rien, hein. Et au pire, ça fait tourner des intérimaires. C’est toujours mieux que rien.

      Le fait est que les 35h n’allaient pas à elle toutes seule faire disparaitre le chômage. Prétendre qu’elle n’ont servie à rien dans ce sens est par contre un arguments contredit par les faits. Sous Jospin, il y a eu une baisse du chômage. Due, certes, entre autre à d’autre aspect de l’économie. Mais également aux 35 heures.

      Mais croire qu’on peut avoir une croissance infinie (parce que la création d’emploi est lié à la croissance) dans un monde fini, c’est absurde. Une répartition intelligente du travail est nécessaire. Dans un monde fini ayant une population croissante, il est indispensable de travailler moins pour gagner moins. En cela, la loi TEPA est une ânerie monumentale.

      Il n’y a qu’un problème avec les 35 heures : c’est une mesure sociale qui déplait donc à ceux qui sont plus puissants que les états, et veulent revenir au droit du travail de 1900. Maintenant, il faut savoir si on doit obéir à ces personnes, ou au contraire ne pas céder, et lutter pour les faire tomber du piédestal sur lequel ils sont. Les deux solution impliquent de faire des sacrifices.


    • dupont dupont 14 avril 2010 20:31

      Pour revenir à l’exemple de titi : les HS de 16 heures correspondent à :
      -8 h de technicien (4h pour chacun des 2) : mettre un intérim dites-vous ? le temps de l’informer sur le projet, les particularités de l’entreprise, les correspondants, le programme informatique... les 4h de chaque intérimaire sont consommées et le projet n’a pas avancé d’un iota.
      -Idem pour les 4 h d’encadrement.
      -Reste les 4 h de secrétariat qui sont à peu près du même acabit.

      Vous avez déjà travaillé ?


    • titi 14 avril 2010 22:16

      "Qui accepte un contrat de 16h par semaine ?

      Bha pas mal de chômeur prendrait ça plutôt que rien, hein. Et au pire, ça fait tourner des intérimaires. C’est toujours mieux que rien.« 

      Et quid du profil ? Un gars qui est »ingénieur+technico+CAP secrétariat« ca ne court pas les rues.

       »Le fait est que les 35h n’allaient pas à elle toutes seule faire disparaitre le chômage. « 
      Vous avez la mémoire courte car c’est bien comme celà que ca avait été présenté. Comme LA solution.

       »Prétendre qu’elle n’ont servie à rien dans ce sens est par contre un arguments contredit par les faits. Sous Jospin, il y a eu une baisse du chômage. Due, certes, entre autre à d’autre aspect de l’économie. Mais également aux 35 heures"
      Pour votre info le chomage a baissé de près de 500 000 chomeurs de 2006 à 2008.
      Si je vous dit que c’est grace à la TEPA vous me riez au nez. Et vous avez raison car cette baisse était avant tout conjoncturelle.
      Comme celle de jospin qui a profité du boum des nouvelles technos, du bug de l’an 2000 et a financé à crédit les C.E.S.




    • titi 14 avril 2010 22:22

      « Une répartition intelligente du travail est nécessaire. »

      C’est quoi « Une répartition intelligente du travail » ?
      Si tout ce que vous avez à proposer c’est une règle de 3 je vois pas bien ce qu’il y a d’intelligent.


    • cybitnap cybitnap 15 avril 2010 00:31

      Ces 35 heures, c’est pas cette aberration qui nous coûte autour de 30 milliards d’euros chaque année ? Et qui a réduit nos pouvoirs d’achats par la stagnation des salaires ?

      Alors meme si ca a créé 350 000 emplois, ca fait un sacré pactole : 85 000 € / emploi / an...

      Bravo le retour sur investissement avec cette mesure désastreuse. Je crois que les dirigeants du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) proposent de passer aux 32 heures :)

      Que de rigolos !!



    • Romain Desbois 15 avril 2010 09:09

      Les 35 heures ne sont pas responsables dela stagnation des salaires. Ce sont les entreprises qui ont voulu profiter de la hausse de la productivité sans en payer le prix.
      En plus on oublie trop souvent qu’en contrepartie elles ont obtenu l’annualisation du temps de travail, demande formulée par ces entreprises depuis longtemps.

      Mais c’est sur qu’il ne faut pas faire baisser le chômage, des fois que les gens deviendraient plus exigeants


    • dupont dupont 15 avril 2010 09:45

      Allons jusqu’au bout et donnons la formule magique aux Gens de gauche qui ne maîtriseraient pas bien la règle de 3.
      Tous ensemble :
      1/ On pose les arguments :

      -Si 22 Millions de travailleurs font 35h, quel devra être le temps de travail pour 24 Millions.

      2/ On pose l’équation :

      - 22*35=24*x ou 22*35/24=x

      3/ On regarde le résultat :

      - 32 heures par semaines : YOUPiiiii

      Gardez la formule, cà marche pour passer à 30h, 25, 20 on peut même arriver à 0, ça marche encore ! 


    • Romain Desbois 16 avril 2010 12:35

      Mais oui je milite pour les 32 heures.

      si l’on supprime le chômage (plutôt le ramener à 2 ou 3 % non compressible), l’on fait gagner à tous salariés, entreprises et contribuables le coût du chômage.

      en quoi serait-ce utopique ;

      De plus les 32 heures permettent un flux plus souple des transports travail/domicile. Ca fait faire des éconmies aux parents qui pourront garder plus souvent leurs gosses, ca évite que tou le monde se rue le vendredi soir ou le samedi à la course aux victuailles, etc.....

      Je sui smeme pour un système 32 heures par semaine soit 4 jours travaillés et 3 en repos , et pour ceux qui souhaitent bosser le dimanche , journée comptée double soit 3 jours travaillés et quatre jours en repos.

      Je connais trop de gens qui bossent 50 heures et plus par semaine et sont payés pour 35 heures.


    • Mycroft 16 avril 2010 13:52

      Vous pensez vraiment qu’un ingénieur, actuellement, ne fait pas déja le boulot du secrétariat ?

      Vous n’avez pas non plus pensé qu’en s’organisant entre entreprise, les salariés, on peut se les partager, même entre PME ?

      C’est aussi ça, une « répartition intelligente » du travail. C’est changer la façon de faire des efforts, plutôt que vouloir faire toujours les mêmes dans son coin, puis dire « je fais des efforts, c’est pas ma faute si ça ne va pas ».


    • jako jako 14 avril 2010 13:21

      hé oui , en effet en plus, pas de chance, elle le fait très bien


      • Albator71 Albator71 14 avril 2010 18:20

        Et si comme experience on demandait à ceux qui n’on que le travail comme seul horizon...

        De vivre !

        Afin de comprendre pourquoi certains trouve que 35 h par semaines jusqu’a 60 ans c’est déja beaucoup avec tous les gains de productivité non partage ?

        Je sais c’est utopiste mais je suis parfois humain (pas tout le temps faut pas deconner non plus)


        • anamo 14 avril 2010 21:28

          L’opportunisme fiscal masque une autre aberration du système. Le statut du salarié, particulièrement bien intégré, tant est si bien qu’on le charge un peu plus, est à mettre en balance avec le salarié exclus par la crise. L’inégalité devient criante.
          De plus, dans la pleine période de crise, ce même salarié, bien intégré, peut « bénéficier », doit-on craindre de le dire, du chomage partiel rémunéré par la grâce de Sarkozy à 90% de son salaire de base. Sans contrôle, car sans obligation, sur le temps de travail libéré, et, rémunéré par la collectivité.
          Conditions à, toujours, mettre en balance avec l’exclus du travail.
          Néo-libéralisme, CQFD


          • titi 14 avril 2010 22:31

            Puisque vous relancez le débat vous allez peut être pouvoir répondre à la question que je pose à l’auteur.. ;

            Puisque les entreprises sont si pingres, pourquoi ont elles recours à l’interim qui leur coute x 2,5 le cout d’une embauche ?


          • curieux curieux 14 avril 2010 22:52

            Pour l’intérim :
            1) permet de ne pas licencier
            2) permet de faire sortir de l’argent des entreprises qui marchent très bien et font du bénéfice, tout en permettant aux petits copains qui ont créé ces boîtes d’intérim de bien vivre. Petits arrangements entre amis


            • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 15 avril 2010 10:22

              Je plussoie jusqu’à usure des coussinets.


            • titi 15 avril 2010 10:43

              « 2) permet de faire sortir de l’argent des entreprises qui marchent très bien et font du bénéfice »
              Mais alors pourquoi ne pas embaucher pour faire encore plus de bénéfices puisque le cout de l’interim est plus élevé.

              « copains qui ont créé ces boîtes d’intérim de bien vivre. Petits arrangements entre amis »
              fantasmes...

              En fait vous tenez la solution :
              « 1) permet de ne pas licencier »
              Le frein à l’embauche, ce sont les procédures de débauches...




            • Frédéric Alexandroff Frédéric Alexandroff 15 avril 2010 10:48

              Article concis et intéressant en ce qu’il donne des outils pour démonter l’absurdité de la prétendue logique économique sarkozienne, dont l’axiome se résume, d’une manière ou d’une autre, à favoriser « ceux qui ont déjà », qu’il s’agisse de leur entreprise, d’un travail ou d’un toit sur la tête ; au détriment des autres, chômeurs jeunes ou moins jeunes et autres rebuts de la société néo-libérale.

              En cela, la loi TEPA demeure dans cette optique de dresser les Français les uns contre les autres, par la satisfaction d’intérêts partiels et le rejet de toute pensée globale : la culture du « Moi, je » rend inaudible la critique de la défiscalisation des heures supplémentaires par les salariés qui bénéficient de cette mesure. Là encore, l’immédiateté du gain l’emporte sur une réflexion à plus long terme, et il était fort utile que l’auteur rappelle cette vérité première que la salarié qui se croit gagnant dans un premier temps -puisqu’il voit ses revenus augmenter- sera finalement perdant car le calcul de sa retraite ne prendra pas en compte ces fameuses -et fumeuses- heures supplémentaires.

              Quant à l’interminable débat sur les 35 heures, il devrait conduire à se poser cette question toute simple, déjà évoquée par un certain nombre d’auteurs d’Agoravox : y a-t-il assez de travail pour tout le monde ? La réponse à cette interrogation, de mon point de vue nécessairement négative, rend obsolète la notion de « partage du travail », et induit une réflexion plus profonde sur les rapports entre « travail », « utilité sociale » et « revenus ». Le jour où ces concepts auront enfin été séparés, nous irons dans le bon sens.


              • 65beve 15 avril 2010 10:53

                Bonjour,
                Merci M.Jornet pour cette remise à l’heure des pendules.

                1) grace aux 35h, la boite qui m’employait a sauvé 50 emplois.
                2) grace à la loi TEPA, l’entreprise préfère les heures supp à l’embauche d’intérimaires.
                 ( les 4 intérimaires de ma boites ont vu leur contrat non renouvelé du fait des heures supp).
                3) Pour reprendre l’argument de Titi
                 « Et quid du profil ? Un gars qui est »ingénieur+technico+CAP secrétariat« ca ne court pas les rues. »
                 Et l’externalisation ? vous connaissez pas ?
                 Si le projet n’avancait pas (il avance toujours) assez vite, ma boite avait vite fait de chercher de l’aide ailleurs.

                La majorité des citoyens ont sanctionné ce dispositif et son inventeur aux dernières élections.

                cdlt
                bv


                • Romain Desbois 16 avril 2010 12:40

                  65beve

                  Alors que l’exonération de charges pour les heures supp et pour les salaires en dessous de 1 fois et demi le SMIC est maintenue , on nous amuse en nous expliquant que les caisses dela sécu, du chômage et des retraites sont vides !

                  alors que les salaires ne sont pas réévalués, l’on s’étonne que les recettes sont en baisse ?

                  Mais c’est bonux qui forment ces politiques !


                • ZenZoe ZenZoe 15 avril 2010 10:53

                  La répartition du travail est un leurre dans la plupart des cas.
                  Mettez-vous à la place de l’employeur d’une PME par exemple en face d’un surcroit de travail. Une embauche signifie du temps à consacrer à la paperasserie (contrat, assurances, URSSAF etc.), du temps pour briefer le nouvel arrivant sur son environnement de travail, et du temps pour vérifier derrière - tout au moins au début. Pas évident. Un employeur regardera toujours s’il peut organiser quelque chose en interne d’abord. Un salarié déjà en place connaît les clients, les produits, les bases de données et les manières de faire de l’entreprise, il connaît les fonctions de tous et sait à qui s’adresser pour tout problème. Les CDD et l’interim viendront toujours en dernier recours.
                  Mieux que la répartition du travail, il faut viser la croissance - qui ne peut être créée que par les entreprises (pas par le gouvernement, pas par les syndicats et autres « partenaires sociaux »).
                  Ce dont les entreprises ont besoin, c’est qu’on arrête de les emm. avec toujours plus d’obligations, de lois, de dispositifs fiscaux sans cesse modifiés, de quotas, de types de contrats aux règles touffues, de pénalités diverses, de cotisations punitives etc. - et qu’on leur laisse le temps et les moyens de développer leur activité le plus possible, et au final de créer des emplois. D’autres pays l’ont compris. En France, on regardes les entreprises comme des ennemies du peuple.


                  • gimo 16 avril 2010 13:24

                    zoe 
                    foui  !!faisons la difference entre emprise et multinationnale genre cac 40et autres
                    requins


                  • Dzan 15 avril 2010 11:33

                    Retraité ( à 56 ans par le « voeux » de ma boite), j’ai effectué ma carrière dans une grande entreprise, utilisant des machines à commandes numériques -CNC

                    Quand nous sommes passés aux 35 heures, qui nous donnaient un jour de RTT toutes les 3 semaines, au bout de 6 mois, nous sortions autant de production, qu’avant en 39 heures !!!

                    Ca s’appelle : augmentation de la productivité.
                    Car, et personne n’en parle, l’ouvrier français est le plus productif du monde ( source OFCE )
                    Il bat même le chinois qui bosse comme des fourmis, mais fabrique de la m...


                    • titi 15 avril 2010 13:09

                      « Car, et personne n’en parle, l’ouvrier français est le plus productif du monde ( source OFCE ) »
                      La productivité est un indicateur pipo car dépendant de la notion de valeur ajoutée qui est quelque chose de difficile à appréhender.

                      Je pends une exemple simple...
                      M.N’Guyen travail dans une fabrique de chaussures au Viet Nam. Il a 12 ans et met un heure a fabriquer une paire de chaussure. Cette paire de chaussures a couté 10 euros en matière première et est revendu/livrée au commanditaire 20 euros.
                      Valeur ajoutée de M.N’Guyen : 10 euros soit une productivité de 10 euros / 1 h = 10.

                      M.Dupond réceptionne ces chaussures et les place dans une bel boite avec un beau gros logo à la mode dans les cités genre « Athéna la victorieuse » et met l’étiquette : 100 euros la paire.
                      Celà lui a pris 10 minutes pour une valeur ajoutée de 80 euros (si je compte l’expédition en magasin).

                      Moralité M.Dupond a une productivité de 80 / (1/6) =480 soit 48 fois celle de M.N’Guyen.

                      Est ce que pour autant M.Dupond est « productif » ? Bien sûr si on regarde la formule.
                      Par contre si M.Dupond « le super productif » effectuait le travail de M.NGuyen, M.Dupond aura exactement la même productivité : il fera un job sans valeur ajouté « mesurée » alors que pourtant la vraie création de richesse elle est bien dans la fabrication de la chaussure et pas dans le collage d’un logo !!!

                      L’indicateur « productivité » est d’autant plus pipo que, si j’ai parlé des matières première, des frais d’expédition, je n’ai pas évoqué le salaire.
                      Car en effet le salaire ne se déduit pas de la VA, et la productivité c’est la VA / le temps de travail sans modulation du salaire.
                      Si à la place de M.N’Guyen payé 2 euros par jour on met M.Dupond payé 8 euros de l’heure et donc d’un cout de 12 euros de l’heure la productivité est la même mais par contre il y a déficit.
                      => c’est ce qui fait que les chaussures ne sont plus fabriquées par des Dupond mais par des N’Guyen.
                      => c’est ce qui fait qu’au fur et à mesure que partent ces opérations à faible valeur ajoutée la productivité des Dupond augmente mécaniquement avec le chomage puisque c’est autant d’heures de travail qui partent.

                      Et encore je ne vous parle pas de l’impact des fonctionnaires dans le calcul de la productivité alors que, vue la surreprésentation de ceux ci dans notre tissus social, une distortion de l’indicateur « productivité » est indiscutable.


                    • PtitLudo PtitLudo 15 avril 2010 14:46

                      TEPA c’est tout bon pour le NAIRU !!!!

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