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Accueil du site > Actualités > Economie > Low low-cost et ANPE : un aller simple pour l’Inde ?

Low low-cost et ANPE : un aller simple pour l’Inde ?

 Cela a fait polémique lundi : l’ANPE propose aux chômeurs français qui le souhaitent un poste d’informaticien à Pondichéry, en very "low-cost". Après les billets d’avion bradés, voici les chômeurs naturalisés expatriés, la fin du recrutement "bling-bling" ?...

Le rêve indien

A Pondichéry, ancienne colonie française devenue indépendante en 1954, une entreprise d’informatique créée par des investisseurs français veut recruter un développeur JAVA homme/femme, et le fait savoir via l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE) française. L’information est sortie de la jungle du net par la chronique web de François Abiker de France Info (contrairement à ce que rapporte le le journal Le Figaro), puis a été reprise par le journal Le Parisien, puis par la plupart des quotidiens de la presse nationale et les grands médias télévisuels. Le Parti socialiste, suite à cette info, a aussitôt exprimé son indignation et a réclamé la suppression de l’offre du site de l’ANPE, créant une mini-polémique.

Inde, tour d’horizon  : l’Inde est située au 7e rang des puissances industrielles et est une puissance économique émergente. Sa population active est de 472 millions de personnes pour 1 129 866 154 habitants, dont 65% dans l’agriculture et 20% dans l’industrie du logiciel et des services. Le chiffre d’affaires de l’agriculture représente 17% du PIB, l’industrie 28%, et les services 55%. L’on voit bien à ces chiffres le déséquilibre existant entre les secteurs d’emplois par rapport aux actifs, et le PIB par habitant reste inférieur à 1000$ US, bien en-deçà de la Chine qui affiche un PIB par habitant de plus de 2400$ US, mais encore bien loin derrière les ténors de l’OCDE, Organisation de coopération et de développement économique. En Inde, le travail des enfants est autorisé à partir de 14 ans. Malgré son taux de chômage de 9,1% (légèrement supérieur à celui de la France), et son taux de croissance de 9,4% en 2006-2007 (cinq fois plus que la France), 25% de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté, mais surtout, des entrepreneurs étrangers choisissent de manière étonnante de recruter sur le marché français de l’emploi...

 

Travailler plus pour gagner… moins que le RMI

Le salaire mensuel de cet emploi d’agent de maîtrise est de 10 000 à 20 000 roupies, équivalent à une fourchette de 160 à 320 euros par mois pour un poste d’informaticien de niveau Bac+2 : moins que le RMI ! Certes, les conditions de vie en France ne sont pas comparables à celles de l’Inde, et ce salaire représente de quatre à cinq fois le salaire moyen dans ce pays, mais le climat et les risques liés à l’expatriation sont aussi des données à prendre sérieusement en compte pour le jeune diplômé français habitué aux matchs de foot entre amis, à la baguette de tradition et le camembert AOC. Les autorités officielles recommandent notamment pour les voyageurs de prévoir la prise en charge des frais d’évacuation éventuelle (rapatriement sanitaire), par une compagnie d’assurance dont le siège est domicilié en France. Mais les coûts de telles assurances ne sont certainement pas à la portée d’une personne gagnant moins que le RMI.

D’autre part, l’offre d’emploi est étiquetée "Contat à durée indéterminée" et le contrat est défini comme de "droit local", il ne s’agit donc pas d’une expérience saisonnière ou passagère comme l’indique Christian Charpy, directeur général de l’ANPE, au journal de 13 heures de France 2, mais bien d’une offre d’emploi durable dans une grande entreprise d’informatique de 5000 salariés. L’employeur indique, selon Le Figaro, que les "protections sociales et avantages sont à négocier ". En effet, en Inde, "pour les travailleurs qui disposent d’un revenu supérieur au plafond fixé par la loi, la couverture sociale est facultative" selon une étude du Sénat : "Inde : quelles règles sociales dans une économie émergente ?" Et le secteur de la santé s’est fortement développé au niveau du privé.

Cette offre d’emploi à l’ANPE est finalement très étonnante, car "chaque année, l’Inde forme 300 000 ingénieurs et 150 000 informaticiens, généralement anglophones", ce n’est donc pas la main-d’œuvre locale qui manque. De plus, "les Instituts indiens de technologie (IIT) qui les forment jouissent d’une réelle renommée internationale".

Du rêve au délire, billet "low-cost" pour emploi "low-cost" : low "low-cost" ?

Dans la mondialisation actuelle, la dérégulation des biens et des marchandises se transforme également en dérégulation de la main-d’œuvre. Le libéralisme prôné par Nicolas Sarkozy ouvre la porte aux situations les plus abracadabrantesques : les offres d’emploi comme celle de cette entreprise indienne constituent en effet pour un chômeur français sans ressources, un aller simple pour l’Inde  ; car comment revenir en France avec un salaire plus bas que le RMI ? Le tarif d’un billet d’avion dépasse déjà amplement un salaire mensuel dans cette entreprise indienne. Aucun moyen d’économiser : l’expatriement salarial devient expatriement tout court dans de telles conditions. Et comment expliquer que des informaticiens français devraient prendre le travail d’informaticiens indiens qui ne manquent pas dans ce pays ?

Si l’Inde attire beaucoup d’Occidentaux, de nombreux voyageurs y subissent aussi ce que l’on appelle, le "syndrôme des Indes" : bouffées délirantes, paranoïa… les symptômes sont nombreux et le voyage en Inde peut altérer les esprits les plus rationalistes, heureusement de manière réversible. Le choc des cultures peut être vivace et partir en Inde ne se fait donc pas sur un "coup de tête" : mieux vaut avoir un pied à terre en France ou de la famille susceptible de vous accueillir, au cas où... l’expérience proposée par l’ANPE tournerait au délire, la mondialisation libérale aidant. Avant de vous lancer à corps et esprit perdus dans cette aventure, donc, n’oubliez pas qu’Agoravox recrute également des développeurs JAVA, on ne sait jamais...



Crédit Images :

ANPE
Calvi et Messinger, La Sarko-attitude, éditions du Rocher


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161 réactions à cet article    


  • Rousquille Rousquille 6 mai 2008 10:46

    "Low cost"= à bas salaire, mal payé, sous-payé

    Apprenez à parler français, on vous lira...


    • Abolab 6 mai 2008 10:51

      ...oui et ? Vous ne savez pas lire ?


    • Yohan Yohan 6 mai 2008 11:00

      réaction excessive et futile.

      Car c’est bien du sujet du jour qu’il est question et qui questionne fortement. Car comment qualifier une telle offre d’emploi ?, il s’agit bien d’un impair impardonnable qui souligne la désinvolture qui gagne les entreprises face à la mondialisation. De l’autre côté, il marque une tendance de l’ANPE soit à se montrer laxiste ou débordée, soit à faire du placement à tout prix en poussant les jeunes pousses à s’expatrier.


    • geko 6 mai 2008 10:53

      "Cette offre d’emploi à l’ANPE est finalement très étonnante" Non le recruteur recherche certainement une personne parlant le français pour la relation "client fournisseur" ou bien cette annonce est de la provoc !

      Vous avez bien mis en relief le piège à con ! Ce qui aurait été interessant de savoir puisque vous êtes étudiant : Comment réagissent les étudiant ? Est ce que ça bouge dans les facs et comment ?


      • Abolab 6 mai 2008 11:04

        La France n’est qu’au 15ième rang des partenaires commerciaux avec l’Inde avec 1,8% des parts de marché, et dans le secteur de l’informatique, je doute que ce soit pour des relations avec des fournisseurs français...

        Dans les facs, c’est toujours pareil, ça ne pense qu’à se divertir pour la grande majorité, beaucoup d’étudiants pensent que ça ne les concerne pas, ils se sentent protégés par la société de consommation...


      • geko 6 mai 2008 12:48

        Le fait que "La France n’est qu’au 15ième rang des partenaires commerciaux avec l’Inde avec 1,8% des parts de marché" n’explique rien ??

        A offre égale, si je vais m’installer en Inde je serais moins cher que mon concurrent, il n’y a pas photo !

        Pour les échanges techniques, notemment concernant les documents déterminant les aspects métiers d’une application, il est préférable de bien comprendre la langue sous peine de faire des boulettes de programmation qui remettent en cause l’ensemble de l’application ou au mieux certains de ses modules. La compréhension entre un informaticien et un non informaticien passe par une bonne définition du vocabulaire employé ! Les décalages sémantiques peuvent aboutir à de grosses erreurs d’interprétation !

        La piste hangar17 me semble une bonne piste. Tapez "site :www.hangar17.fr&quot ; (2 secondes) dans Google vous trouverez entre autres parmi les pages référencées quelques unes avec en contenu de la balise description : "Hangar 17, offshore france inde, referencement site web offshore, developpement offshore site web, developpement offshore gestion contenu ..."

        Piste à valider ! Cordialement


      • Abolab 6 mai 2008 13:24

        La langue de travail en informatique est l’anglais, pas le français !

        Par contre, il est possible que ce soit l’entreprise en question, dont voici l’adresse sur le cache de google : Hanger17 carte et photo


      • geko 6 mai 2008 13:58

        "La langue de travail en informatique est l’anglais, pas le français !" Merci de le préciser

        La construction d’une application se fait la plupart du temps dans le cadre d’une approche itérative permettant de rentrer dans le détail de l’application de valider chaque étape.

        Dans le cadre de cette approche, le développeur peut être amené à demander des précisions à un responsable de gestion ou comptable qui ne parle que français sur les règles de fonctionnement spécifiques à la législation française ou même déterminées au sein de l’entreprise ! 

        Cordialement.


      • Abolab 6 mai 2008 16:22

        Peut-être, mais la langue officielle de travail en Inde est l’anglais (cf rapport du Sénat), donc je pense que l’administration se fait en grande partie en anglais.


      • geko 6 mai 2008 16:45

        A ce compte là pourquoi recruter un français ? STOP j’arrête cette discussion stérile

        Vos arguments sont péremptoires et sans fondement, vous répondez systématiquement à côté de la plaque !

        Vos propos ressemblent étrangement à ceux d’un type de la LCR qui est venu me voir sur le marché avant les élections, en résumé ça donnait : "Je suis contre l’europe mais je ne sais pas pourquoi je ne sais même pas comment l’UE fonctionne" .......pour finir par m’avouer qu’il en avait marre de galérer avec l’administration pour avoir le RMI et qu’il n’avait jamais bossé ...... et pourtant je suis en accord avec le facteur sur pas mal de points ! On est pas sorti de l’auberge !

        Il a raison le Masuyer ça pue la manipulation à plein nez mais vous n’en avez pas l’intelligence !

        Après avoir lu les commentaires de ronchonnaire plus bas, je révise mon jugement et je retire "piège à con" dans mon premier commentaire ! D’une extrême à l’autre la connerie n’a pas de limites !


      • Abolab 6 mai 2008 17:16

        Il semble impossible que cette entreprise soit Hangar17 comme établi plus bas par TSS. Hangar17 est une toute petite structure de webdesign établie encore en 2006 à la Rochelle qui ne s’est expatrié que très récemment : impossible qu’elle se transforme tout à coup en entreprises de plus de 5000 salariés...plus proche de l’informatique industrielle.


      • bj33 6 mai 2008 11:05

        D’aprés Yahoo, le directeur de l’ANPE a répondu à un journaliste :

        "le salaire proposé est quatre à cinq fois supérieur au salaire moyen en Inde. Chacun est libre de faire ou non une expérience d’expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou pas légitime"

        On peut se demander si bientot cela ne sera pas bientot cpnsidéré comme une offre "raisonnable"


        • bj33 6 mai 2008 11:18

          Ce qui est "rigolo" c’est de regarder les versions internantionales de cette offre d’emploi :

          http://www.naukri2000.com/careers/jobs.details.php3?id=29609
          http://www.xn—j6w22s31qqtm.com/index.php?post_id=536

          et je cite  : French is a real bonus.

          pour ceux qui seraient tentés, envoyer le cv à marketing@hangar17.com

          ne pas akler sur leur site, il est "down for maintenance".


        • Abolab 6 mai 2008 11:24

          Pas sûr que ce soit la même entreprise sur ces offres


        • bj33 6 mai 2008 12:11

          Il y a un lien qui a sauté, mais c’est bien la même boite un des contacts est le nom du patron de la boîte. Une bonne recherche google sur Hangar 17 et on les trouve....


        • EricB 11 mai 2008 02:15

          Ben tout à fait. Moi non plus, je ne vois pas où est le probleme. Cette annonce n’est nullement un "piège à con" : les conditions sont parfaitement décrites : contrat de droit local, avec salaire local ; et un tout jeune diplomé français peut parfaitement être interessé par une experience cuturellement passionnante pendant un an, dans un pays en pleine évolution, et qui nous bouffera à coup sûr dans les 30 prochaines années, avec un salaire certes déraisonnable par rapport à la France, mais parfaitement normal pour l’Inde. Ce jeune diplomé n’aurait d’ailleurs même pas ces conditions pour un stage en France ! Personnellement, si j’avais cette formation à ce stade de ma carrière, je n’hésiterais pas UNE SEULE SECONDE.

          Si vous regardez tant soit peu dans le domaine de l’humanitaire, il ya aussi des offres absolument incroyables pour des postes de cadres quasiment "volontaires" (avec juste une petite indemnité qui ne correspond en rien à ce à quoi ce cadre pourrait prétendre en France). Et là, personne ne monte sur ses grands chevaux. On ne force personne à accepter ces postes !

          Shakespeare aurait encore dit "much ado abouth nothing" : !


        • LE CHAT LE CHAT 6 mai 2008 12:00

          Ils en ont parlé hier aux infos de téhéfin , même qu’il y a deux volontaires juste pour le dépaysement !

          effectivement , si c’est juste pour un stage de 6 mois , ça se discute , surtout qu’il y a plein de stagiaires qui touchent même pas ça en France , CHEZ NOUS !!!!!!


          • aquad69 6 mai 2008 12:27

            Bonjour Abolab,

            Eh bien, nous y voilà ! Le marché mondial aux esclaves commence à se développer ; c’est le premier cas médiatisé, mais il n’y a aucune raison que celà s’arrête...

            Et ce sera la meilleure manière d’écraser définitivement et à l’échelle mondiale cette idée anachronique, digne de l’homme des cavernes, qu’il puisse encore exister quelque chose appelé "code du travail".

            Comme le rapporte Bj33, cette parole d’unn cadre nouveau modèle : "chacun est libre de faire une expérience d’expatriation et je ne vois vraiment pas pourquoi on se pose la question de savoir si cette offre est légitime ou non" .

             On aurait pu en dire autant des anciens cueilleurs de latex, au Brésil, que l’on avait déplacé en masse depuis chez eux en leur promettant la fortune, et qui, de manière la plus éhontée, se sont fait exploiter comme des esclaves, leur vie durant, dans les grandes plantation d’Amazonie, à l’époque du caoutchouc naturel : plus ils travaillaient, plus ils s’endettaient !

            "Chacun est libre de négocier..." à égalité, bien sûr ; car entre le chômeur aux abois et le propriétaire riche et puissant, il ne saurait y avoir de déséquilibre de pouvoir : chacun est libre de choisir...

            Comment en sommes-nous venus à accepter que des escrocs, des menteurs et des brigands puissent nous manipuler ainsi et monopoliser à ce point la parole officielle ? C’est un mystère...

            Cordialement Thierry


            • HELIOS HELIOS 6 mai 2008 19:01

              y’en a même un qui promet de gagner plus en travaillant plus ! c’est dire....


            • Gilles Gilles 6 mai 2008 12:39

              Bonne idée

              Délocalisons, les rmistes, les chomeurs , les trop vieux, les handicapés et tous les inutiles et assstés professionnels quoi, dans les pays à bas coût. En plus ils seront bien mieux là bas et pourront s’offrir un larbin à domicile pour 100€/mois

              Il n’a plus qu’à modifier les nouvelles règles du chomage. Si on refuse plus d’une offre d’emploi à moins de 10 000 km de chez soi, alors on perd sa nationalité.....et hop en centre de retention et dehors le parasite


              • donino30 donino30 6 mai 2008 12:40

                Tiens mes compatriotes sont en train de découvrir que la France n’est pas seule au monde. Comme vous cela m’embête, mais je ne vois pas en quoi cette histoire d’annonce est plus choquante qu’une jolie chemise fabriquée en Chine à 10cts pièce. La-dite chemise étant achetée sans le moindre remord par les même personnes outrées sur ce forum. Une question : seriez vous prêt à payer un logiciel 199€ avec la mention "développé en France" plutôt que le même développé en inde, fonctionnalités identiques, à 29€ ? Alors, pas de candidats ? Et bien les postes techniques à faibles valeurs ajoutées, comme le développement informatique, sont tout autant condamnés en france que l’a été notre industrie textile. C’est inévitabe mes amis, alors plutôt que de pleurnicher et de geindre, il serait intéressant de réfléchir à ce qui n’est pas délocalisable et/ou à très forte valeur ajoutée et de tout faire pour dynamiser ces secteurs.


                • bj33 6 mai 2008 13:07

                  Entièrement d’accord, nous avons commencé à laisser partir des ’petits jobs’, puis des industries entières et le mouvement continue.

                  A quand une taxe sociale sur les importations, ou une taxe sur les bénefs de ceux qui achètent en chine à 3 francs 6 sous quelque chose qu’ils nous revendent 3 euros 6centimes ....

                  En ce qui concenre la forte valeur ajoutée, je suis sceptique. D’un côté j’ai travaillé en expat dans des pays où on nus obligeiat à doubler nos personnels avce des gens du cru en formation et d’autre part, ce discours a été tenu pour le textile : il y a maintenant des designers de bon niveau en Chine et aussi bientôt des chaînes de montage d’Airbus.... Nous ne pourrons pas garder en permanence un avantage technique sur les pays à main d’oeuvre moins chère....


                • jondegre jondegre 6 mai 2008 14:29

                  BJ33 : "nous avons commencé à laisser partir..."

                  n’importe quoi, ce sont les politiques qui ont deliberement mis en place un systeme de "libre" echangisme avec le soutien de la propagande mediatique contre la volonte du peuple.


                • Mjolnir Mjolnir 6 mai 2008 16:07

                  "Une question : seriez vous prêt à payer un logiciel 199€ avec la mention "développé en France" plutôt que le même développé en inde, fonctionnalités identiques, à 29€ ?"

                  Foutaise.

                  Vous trouvez des chemises à moins d’1 euro ?

                  Les entreprises qui délocalisent augmentent leur marge, c’est tout. Nous, nous payerons toujours le même prix.


                • donino30 donino30 6 mai 2008 16:27

                  "Vous trouvez des chemises à moins d’1 euro ?" 

                  Il se trouve que oui, justement cher ami. Allez acheter des lots de 5000 pièces chez les chinois du 11eme arrondissement, vous aurez tout ce que vous voudrez au prix que vous voulez. Notez bien que pour l’exemple du textile, je ne parle pas là de délocalisation, mais de marchandise importée : les fabricants de textile communs français (je ne parle pas des distributeurs) et de tissus qui existaient il n’y a pas si longtemps, une petite vingtaine d’années, n’ont pas délocalisé, ils ont tout simplement disparu. Même ceux qui ont tenté le pari de l’usine ultra-moderne entièrement automatisée (cf. la défunte enseigne "marché commun du textile") n’ont pas tenu.

                   


                • donino30 donino30 6 mai 2008 16:52

                  "Nous ne pourrons pas garder en permanence un avantage technique sur les pays à main d’oeuvre moins chère."

                   

                  Non en effet, irrémédiablement nous serons (sommes ?) rejoints et dépassés, et c’est d’autant plus vrai que les pays émergents mettent en oeuvre de plus en plus de moyens dans la recherche et l’excellence, avec un appétit visiblement vorace, et que de notre coté on plafonne voire régresse. A titre d’exemple, les SSII indiennes ont presque toutes un certification méthodologiques ISO, alors que chez nous les managers peinent à mettre un sens en face de ce terme.

                   

                  En métier à forte valeur ajoutée non délocalisables, je ne parlais malheureusement déjà plus de production mais de services. Heureusement, les sièges sociaux sont encore pour la plupart en France... En informatique, l’avenir appartient encore aux intégrateurs de bon niveau, aux formateurs, consultants en architecture, coordinateurs et autres chefs de projet. Une niche de marché sans doute très lucrative va s’offrir à ceux qui sauront mettre en place une interface efficace entre les prestataires délocalisés et les clients nationaux. Et petit à petit, inexorablement les développeurs et simples consultants (au sens SSII, càd quasi développeurs) vont s’effacer du marché français.


                • donino30 donino30 6 mai 2008 16:59

                  Tiens, pour en finir avec le textile, j’ai à coté de chez moi un lycée professionnel qui continue de sortir chaque année une promotion de 70 couturières / travailleuses à façon. Si le sujet n’était pas aussi grave, ce serait à hurler de rire. Depuis maintenant 15 ans elles font leur stage à la fnac, castorama ou à décathlon. Et à la sortie elles tombent toutes au chômage ou pour les plus chanceuses aux caisses des supermarchés. Oui, donnons plus de moyens à l’éducation...


                • E-fred E-fred 6 mai 2008 21:35

                  T’as pas mis Zip !


                • wesson wesson 6 mai 2008 12:55

                  ils sont où les Lerma, les Rakotoarison, les grouillots de droite habituels pour dire que travailler à Pondichéry ou à Chandernagor c’est super ?

                   


                  • bj33 6 mai 2008 13:38

                    des que leur accés ADSL à Pondichéry est installé, ils nous feront la description du paradis (des employeurs)


                  • lison 6 mai 2008 13:18

                    Pour ma part je ne suis pas du tout surprise par cette annonce. Si l’Etat peut se permettre de réduire le nombre de fonctionnaires de façon aussi brutale et conséquente, c’est - entre autres - qu’il externalise les tâches administratives - gestion des bulletins de paie,traitement des impôts, recrutement et gestion de carriere des fonctionnaires. (voir le rapport d’Eric Woerth sur la délocalisation des fonctions support), et ce grâce à des sociétés comme CapGemini qui possède des milliers de collaborateurs en Inde. L’Inde est our le moment le premier fournisseur de main-d’oeuvre informatique. Ce mouvement de délocalisation de la fonction publique fait partie des directives européennes (projet SOPRA). . La compagnie américaine Oracle arrose le monde entier de ses programmes de "gestion intégrée des ressources humaines". Enfin on trouve sur le net des centaines de sociétés intermédiaires qui proposent aux industriels de délocaliser leurs tâches administratives vers d’autres continents avec des rabais pouvant atteindre 75 pour cent du prix local. Tout cela n’est qu’une question de temps (de peu de temps).

                     

                     


                    • SciFi SciFi 6 mai 2008 13:36

                      Réfléchissons un peu au problème, en évitant les réactions à chaud (réaction que j’ai moi-même eue au premier abord). Il s’agit d’une entreprise localisée en Inde, offrant un poste local dans un cadre juridique local, mieux payé que la moyenne dans ce pays.

                      Si j’étais indien résidant actuellement en France (pour études par exemple) et désireux de retourner au pays, je pourrais être intéressé par ce type d’emploi. Encore que je ne vois pas bien quel niveau de richesse représente un salaire supérieur de 4 à 5 fois la moyenne, ni la rémunération habituelle des informaticiens en Inde.

                      Si j’étais un jeune informaticien français cette fois, un peu avantureux, et désireux de faire une expérience exotique, je pourrais également être intéressé pour une période limitée (6 mois par exemple), en prenant la précaution de bloquer avant de partir l’argent nécessaire pour le retour. Etant donné que plusieurs entreprises françaises disposent de plateformes off-shore dans ce pays, cela peut être une expérience valorisante.

                      Evidemment, ce type de proposition n’a aucun intérêt pour un chômeur français ne désirant pas s’expatrier définitivement. Mais il me semble qu’il s’agit d’une proposition pas d’une obligation. Il me semble également que personne ne fasse apparaître ce type de proposition comme étant une alternative valable au chômage en France (du moins, je l’espère ! ).

                      Vis-à-vis de l’Inde, il ne s’agit pas d’un salaire low-cost. Hormis les considérations opportunistes citées ci-dessus, il ne s’agit pas d’une proposition pouvant retenir l’attention et il n’y a pas obligation de le faire.

                      Il était autrement plus scandaleux de trouver en France, comme cela a été le cas il y a quelques années, une société d’intérim qui proposait sur notre sol, des travailleurs d’Europe de l’est au tarif de ces pays. Ca, c’était du dumping et cela avait un réel impact social et économique sur le pays.

                       


                      • masuyer masuyer 6 mai 2008 14:02

                        Scifi,

                        je souscris entièrement à votre commentaire.

                        Je pense que si cette annonce a été médiatisée, c’est surtout qu’en ce moment il y a un projet pour obliger un chômeur à accepter un poste. C’est une instrumentalisation par la peur qui vient de mon "camp politique", ce que je regrette profondément tant on devrait laisser ces pratiques à la droite dure. Surtout qu’il y a des arguments plus rationnels contre ce projet (et notamment de souligner la contradiction entre "l’idée d’une France de propriétaires" et celle de la demande d’une plus grande mobilité géographique)


                      • geko 6 mai 2008 14:46

                        Bien vu Masuyer et Scifi, j’adhère à votre raisonnement, mais :

                        Ce genre d’exemple pose également le problème de la crédibilité de notre législation du travail, pour nombre de secteurs dont celui de l’informatique, et sa portée dans le temps.

                        On va imposer à un chômeur d’accepter une offre de travail pour une rémunération au moins supérieure à 80% à celle obtenue dans le poste précédent (après un premier refus). Soit.

                        Mais associez cette disposition au concept de "flexisecurite" cher à Mr Fillon. Combien de temps faudra t-il pour aligner le salaire moyen français sur celui de pays comme l’Inde ?

                        Sur une base 100->80->64->51,2->40,96...... Des actionnaires de plus en plus riches et des salariés réduits à l’état d’esclave dans peu de temps. A quand les salariés parqués dans les tentes de la croix rouge devant l’entreprise pendant que d’autres se vautrent dans la luxure ?


                      • claude claude 6 mai 2008 15:22

                        merci scifi pour votre approchepertinente, raisonnée et raisonnable.

                        il n’en reste pas moins que l’employeur fait preuve d’un certain cynisme. habituellement les postes à l’étranger permettent de meiux démarrer dans la vie professionnelle, et je ne crois pas que cela soit le cas ici.

                         


                      • SciFi SciFi 6 mai 2008 17:50

                        @Claude

                        Si la société est indienne (à ne pas confondre avec le fait qu’il s’agit de français qui sont à l’origine de la société), l’annonce n’est pas choquante.

                        Mais, en dehors des cas que j’ai cités plus haut, elle a peu de chances d’intéresser un développeur Java français : on se les arrache actuellement.

                        Je trouve bien plus choquant la délocalisation massive de travail à l’étranger via nos sociétés françaises avec des effectifs offshore. Car, là, il y a bien concurrence sur notre sol sur la rémunération de ce travail, très largement en notre défaveur.

                        @Geko

                        Je suis bien d’accord avec vous sur le dumping que représente la nouvelle mesure gouvernementale. Cela ne me plait pas du tout. Cependant, il ne faut pas mélanger cette offre avec les lois en cours. Je pense que Masuyer a raison sur la récupération que l’on fait autour de ce cas, et je salue au passage sa capacité à critiquer son propre "camp politique".

                         


                      • geko 6 mai 2008 18:59

                        @Scifi Je m’efforce de faire la part des choses. Vous avez raison de souligner qu’on ne peut faire une généralité à partir d’un exemple. Merci à Masuyer pour son objectivité. J’éviterais de réagir à chaud dorénavant !


                      • EricB 11 mai 2008 02:19

                        J’ai écrit à peut prés la même chose plus haut avant de voir votre commentaire auquel je souscris entierement.


                      • TSS 6 mai 2008 13:47

                        d’après un ancien employé de Hangar 17 qui a demissionné au moment de la decentralisation de loire atlantique en Inde ! la société compte tout au plus une quinzaine de salariés !!

                        et pourquoi passer une annonce en France alors que l’ Inde est reputée pour avoir les meilleurs informaticiens au monde


                        • pen-ar-bed 6 mai 2008 17:04

                          Je rectifie : les indiens ne sont pas les meilleurs informaticiens du monde, ils sont les développeurs les moins chers.

                          Souvenez vous des logiciels produits par EDS (1ére SSII mondiale et chantre de l’informatique dite industrielle) pour les JO d’Atlanta : un niveau de ridicule rarement atteint. 

                          Un peu plus cher mais très à la mode les centre de développement au Maroc : demandez à BNP Paribas et à GFI ce qu’ils en pensent ...

                           

                           

                           

                           

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