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Accueil du site > Actualités > Economie > Macron, Minc et la Chine : le naufrage de la pensée

Macron, Minc et la Chine : le naufrage de la pensée

L’effondrement de la bulle spéculative Chinoise fait la une de l’actualité et pousse tous les commentateurs à se prononcer sur les soubresauts de l’économie de l’Empire du Milieu. De quoi y déceler les charlatans qui racontent n’importe quoi, comme Emmanuel Macron ou Alain Minc.

 
Des classes moyennes et des krachs
 
Le ministre de l’économie (sic) a cru bon soutenir que les principales victimes du krach sont « les Chinois de la classe moyenne, ceux qui, pas forcément les mieux informés, ont investi au plus haut et en s’endettant  ». Quel concentré de bêtise en une phrase ! Passons sur le mépris de celui pour qui les classes moyennes sont forcément moins bien informées que les classes dirigeantes… Ensuite, il est tout de même assez peu probable que les classes moyennes d’un pays émergent s’endettent pour boursicoter. The Economist avait relativisé l’importance de la bourse pour les ménages en soulignant que seulement 6% de la population y joue et qu’elle ne pèse que 15% des actifs des ménages. Dans la réalité, l’immense majorité des Chinois qui placent en bourse font sans doute partie des 10% les plus aisés.
 
Puis, comme l’a noté Paul Conge dans Marianne, Alain Minc a osé nous gratifier d’un commentaire digne d’un premier avril : « Les crises boursières, on en sort toujours plutôt en bon état  » ! On imagine que cette phrase serait juste s’il disait, « je » au lieu de « on », mais il est tout de même stupéfiant qu’il ose dire cela après l’épisode de 2008, où il avait extraordinairement sous-estimé la situation. Il est tout aussi effarant qu’il dise que « cela n’a rien à voir avec 2008  », alors que la bulle spéculative, avec l’envolée de l’endettement privé ou le développement de la finance de l’ombre ressemble fort aux moteurs du krach de 2008. Mais il faut reconnaître que l’on peut relativiser l’importance ou les conséquences de ce krach. En revanche, le passé impose d’être prudent et relativise tout pronostic définitif.
 
Des faits et des commentaires

Il faut malheureusement reconnaître que les débats sur la crise économique Chinoise sont trop souvent superficiels, à l’exception notable de François Lenglet, dont les chroniques ont à la fois de la profondeur et de la nuance. Il est tout de même effarant que de doctes économistes pointent les conséquences pour nos exportateurs, sans même avoir regardé les statistiques du commerce extérieur. En 2014, si nous avons importé pour 43 milliards d’euros de produits à la Chine, Pekin ne nous en a acheté que pour 16 milliards. En clair, une baisse de 10 ou 20% de nos ventes à l’Empire du milieu n’aurait pas d’effet majeur sur notre croissance, à moins, bien sûr, de déclencher un krach mondial.

Le faible montant de nos importations limite les risques pour la France, alors, en revanche, que la baisse du prix du pétrole (76 milliards d’importations en 2014) a un impact bien plus important, et positif ici. Bien sûr, on peut dire que cela va peser sur nos ventes aux pays producteurs de pétrole, mais même cela n’est pas forcément exact car certains pays, riches en réserves de devises, compensent par des déficits budgétaires (16% du PIB en Arabie Saoudite !). Et, on peut rappeler à ceux qui font grand cas de la dévaluation du yuan, qu’elle est infime pour qui sait prendre du recul. Enfin, il faut rappeler que le pays avait provoqué un krach fin 2007, pour casser la bulle spéculative. Ce calendrier pourra en inquiéter certains, mais personne n’a identifié de liens de causes à effets avec le krach mondial de 2008.
 
Aujourd’hui, je persiste à penser que, dans les conditions actuelles, même 7 ans après 2008 et 14 ans après 2001, un krach mondial n’est pas l’issue la plus probable. La situation est très complexe et il est malheureux que les charlatants de la trempe de Macron ou Minc la caricature aussi outrageusement. 
 

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22 réactions à cet article    


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 27 août 2015 11:31

    La Chine a une autre analyse, elle dit que son économie est en difficulté, mais que cela n’a rien de nouveau, et qu’elle sert de bouc émissaire aux décisions possibles de la FED.
    « Pékin rejette sur la FED la responsabilité de la chute des marchés ».


    • soi même 27 août 2015 14:18

      @Fifi Brind_au vent, ne sait si je dois applaudir votre pertinent propos....
      vous causes par il est important de causée ?


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 27 août 2015 18:09

      @soi même
      Pourquoi « les idées de la Tripartition sociale » soutient l’ UPR et pas vous, qui défendez la même chose ? Il y a des courants dans votre mouvement ?


    • soi même 27 août 2015 20:26

      @Fifi Brind_acier, au lieux de dire des sornette lisez un peut plus ce qui est proposé sur ce site, je suis sûr que cela vous ferra le plus grand bien.

      Par ailleurs pour votre gouverne, je suis apolitique .... !

      Je n’es aucune confiance dans nos hommes politiques, Asselineau comprit...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 août 2015 05:30

      @soi même
      J’ai très bien lu le texte, vous n’avez pas répondu à ma question pour autant.


    • soi même 28 août 2015 12:53

      @Fifi Brind_acier, parce qui a rien à répondre, cela vous concernées pas !


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 août 2015 20:27

      @soi même
      Belle pirouette ! Du grand art de l’esquive...


    • soi même 29 août 2015 01:52

      @Fifi Brind_acier, non, un moment stop !


    • amiaplacidus amiaplacidus 27 août 2015 11:32

      Pour répondre à micron que, comme banquier, il devrait savoir qu’être informé en matière boursière, cela s’appelle du délit d’initié. Bon, j’imagine qu’il est au courant !


      • Pascal L 27 août 2015 12:30

        Je ne peux pas vous suivre quand vous dites que cela n’a rien à voir avec la crise de 2008. Bien sûr que ces mouvements ne sont pas directement la cause d’une crise imminente, mais ils en sont les symptômes. Les liquidités émises par les banques centrales ne sont pas allées là où elles auraient du aller : l’investissement et la création de richesse. Elles ont plutôt été placées sur les marchés financiers trop court terme dont la plupart sont assez décorrélés de la création de richesses. Le résultat est que ces marchés sont maintenant bien trop hauts par rapport aux espoirs de bénéfices et les investisseurs commencent à devenir fébriles. Cette fébrilité est observée avant toutes les crises majeures. Il ne reste plus que la faillite d’un opérateur important qui a pris trop de risques pour limiter ses pertes et nous y serons complètement. Je me répète sûrement, mais Steve Keen est vraiment un très bon économiste et vous devriez le lire, même si ça ne correspond pas vraiment à vos idées dans le domaine.


        • gaijin gaijin 27 août 2015 13:48

          expert en économie
          définition :
          c’est un type qui quand il a eut tort est capable de t’expliquer pourquoi il a eut raison de se tromper


          • soi même 27 août 2015 14:24

            @ Laurent Herblay, pensez vous qu’ils sont les seuls dans ce naufrage de la pensé, même les meilleurs économistes mentent et pour causse, si ils disaient un tant soit peut la vérité, ils n’auraient plus aucun pouvoir.


            • escoe 27 août 2015 16:26

              Un peu de baisse à la bourse de Shangaï et voilà les oracles à la con qui ressortent. Par contre ils n’ont rien à dire sur la catastrophe de Tianjin qui devrait impacter durablement l’industrie chinoise.


              • leypanou 27 août 2015 16:48

                "Il faut malheureusement reconnaître que les débats sur la crise économique Chinoise sont trop souvent superficiels, à l’exception notable de François Lenglet, dont les chroniques ont à la fois de la profondeur et de la nuance. " : l’auteur a parfaitement raison et c’est pourquoi il est peut-être nécessaire de connaître F Lenglet un peu plus.

                On pourra me rétorquer que l’on parle de la Chine. Oui, mais cependant, le fond reste le même en ce qui concerne l’économiste en chef de FranceTélévision


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 27 août 2015 18:11

                  @leypanou
                  François Lenglet est un littéraire -philosophe, et pas économiste.


                • zygzornifle zygzornifle 27 août 2015 17:53

                  Macronenbourg remettez en une tournée ...... c’est le PS qui arrose ....enfin pour ceux qui ont la carte ....


                  • Byblos 28 août 2015 03:01

                    Entendu sur TV5 Monde : « ... la débâcle (sic) de l’économie chinoise... ».

                    Vérification faite, la croissance du PIB chinois a « chuté » à un peu plus de 7%, alors que celle du PIB français « se maintient » (péniblement) à 0,5%.
                    Trouvez l’erreur.

                    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 28 août 2015 05:36

                      @Byblos
                      C’est ce que j’appelle « les grenouilles météo de la pensée orientée »... C’est pareil pour l’économie russe, elle serait « dans les choux », mais ce n’est pas ce que disent ceux qui y vivent...


                    • zygzornifle zygzornifle 28 août 2015 10:13

                      Macron est le genre de parasite infiltré dans le gouvernement qui fait passer les idées du MEDEF et qui prépare sa future carrière politique a coté d’un Sarko ou d’un Juppé ......


                      • devphil30 devphil30 28 août 2015 10:56

                        Merci pour vos articles que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt


                        Philippe 

                        • eau-du-robinet eau-du-robinet 28 août 2015 13:09

                          Bonjour,
                          .
                          Je vous fait ici quelques copier / coller du site web de Pierre Jovanovic qui nous donné son interprétation des événements récents.
                          .
                          C’est de la dynamite !
                          .
                          — Début du copier / coller —
                          .
                          UNE PEAU DE BANANE CHINOISE GLISSEE SOUS LES PIEDS D’ARGILE DE WALL STREET
                          du 24 au 28 août 2015 : Chers lecteurs, bien avant de prendre des vacances, et cela pendant juin et juillet, je vous avais vivement suggéré ici et sur les Revue de Presse vidéos, de planquer vos économies dans une monnaie stable, en l’occurrence la couronne norvégienne. Malgré cela, certains d’entre-vous m’avaient demandé s’il ne valait pas mieux les mettre dans le yuan.
                          .
                          Ha ha ha... LØL
                          .
                          En plein mois d’août (genre Nixon le 15 août 1971 déconnectant le dollar de l’or -ni vu, ni connu- pour cacher le défaut de paiement des Etats-Unis) la Banque Centrale de Chine a décidé de porter un premier coup à sa monnaie en la dévaluant en pleine « vacances mondiales », histoire de glisser une jolie peau de banane aux Américains. Un choix stratégique, mesuré, pesé et calculé, effectué en même temps que l’effondrement de la Bourse chinoise. Pourquoi ? Entre autres parce que depuis le début de l’année, en plus du ralentissement de la production industrielle, plus de 1 trilliard de dollars d’investissements ont quitté la Chine (EXACTEMENT d’ailleurs comme les capitaux étrangers avaient fui l’Europe après 1929, déclancheant ce que l’on sait par effet domino). Vous savez combien de fois j’ai parlé de cette similitude qui aura les même conséquences...
                          .
                          (Dormez Français, BFM-WC vous informe 24h sur 24)
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                          Même le Telegraph a fini par rejoindre cette analyse, la semaine passée « A return to the 1930s ? The notion of beggar-thy-neighbour trade loom large in the public imagination. In the West, the issue has been given prominence by howls of derision from Washington over the motives of an apparently mercantilist Beijing ... In 2012, eventual losing Republican party presidential candidate Mitt Romney vowed to declare China a currency manipulator on his first day in office. Following the PBOC’s move, a chorus of voices in the US jumped to proclaim the beginning of a fresh round of currency warfare » lire ici... Quant à Donald Trump, bien parti pour remporter les présidentielles américaines, il a déclaré sur les chaînes de télévision que « les Chinois vont nous mettre à genoux »...
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                          Du coup les choses sérieuses ont commencé à se mettre en place et Wall Street a vécu une sérieuse correction ces jeudi et vendredi dernier. Je remercie les vampires-traders, la Revue de Presse reprend juste à temps ce lundi smiley J’aurais eu beaucoup de peine de passer à côté d’un grand effondrement. Certes, une chute de -560 points (vendredi), ce ne sont pas les -777 points de 2008, mais l’idée y est dans l’ensemble (comme on va le voir plus bas avec le 888).
                          .
                          La mascarade de la planche à billets de la Fed, de la BoJ, de la BoE et de la BCE qui rachètent les actions afin qu’elles ne s’effondrent pas, ne peut pas durer éternellement, et finira par exploser dans une gerbe à côté de laquelle tous les feux d’artifices tirés au 14 juillet depuis 200 ans, et réunis en un seul tir global, ressembleront juste à la petite flamme d’un briquet Bic.
                          .
                          Regardez déjà les effets sur les monnaies suivantes, la dynamique est là, un grand merci à Charles Guerre du Comptoir de Change Opéra qui m’a envoyé les pourcentages (que j’ai parfois arrondis). Notez également que 23 bourses mondiales vivent déjà un cauchemar...
                          .
                           « Le Réal Brésilien -35%
                           Le Peso Colombien -37,7%
                           Le Dollar Australien, vraiment un pays développé, au plus bas depuis 6 ans -20,54%
                           Le Ringgit Malais -23,46%
                           Le Peso Mexicain -21,3 %
                           La Roupie Indonésienne, au plus bas depuis 17 ans -16,31%
                           La Tenge Kazakh -13%
                           Le Rand Sud-Africain -17,33%
                           Le Won de la Corée du Sud, plus proche pourtant d’un pays développé que d’un émergent -14,02%
                           Le Peso Chilien -15,33%
                           Le Bath Thailandais -9,8%
                           Le Yuan Chinois à - 3,74 % »
                          .
                          Le plus drôle est le commentaire du FMI, lisez bien, c’est du très beau charabia de technocrate, mais qui montre surtout qu’ils ne l’ont pas vu venir. Ca date de mai : « Alors que la sous-évaluation du renminbi était un facteur clé expliquant les grands déséquilibres du passé, notre estimation est désormais que son appréciation réelle et importante depuis un an a porté le taux de change à un niveau qui n’est plus sous-évalué », a déclaré le FMI (à Reuters)« 
                          .
                          L Ø LLL
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                          A cette série de dévaluations monétaires, on peut y ajouter bien d’autres monnaies de pays exotiques ou des Pays de l’Est qui se sont dépréciées de la même façon... par rapport au... dollar $$$, évidemment. Ou comment la manipulation de tous les marchés par la Fed, en particulier celui du Forex, finit par se retourner contre elle. A force de voler tous les pays, le système financier de la dette est construit de telle manière que le voleur finit par se voler lui-même. Il n’empêche : une seule monnaie profite de tout ces effondrements monétaires, le PQ-Dollar. Bravo à la CIA et à la NSA qui soutiennent les voleurs de la Fed dans leur effort désespéré de ne pas relever les taux directeurs. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2015
                          source : http://www.jovanovic.com/blog.htm
                          .
                          LA BCE PREPARE UNE SECONDE PLANCHE A BILLETS DE 1000 MILLIARDS
                          du 24 au 28 août 2015 : Alors que tous les traders vont mettre la pression sur la Fed pour 1) ne pas monter le taux directeur et surtout 2) lancer une 4e planche à billets / monnaie de $inge pour sauver leurs fesses, les équipes de Mario Draghi devront mettre en place la leur, et les plans pour la seconde fournée de 1000 milliards d’euros-PQ sont déjà prêtes. Il leur suffit simplement de reprendre les communiqués de presse et dossiers techniques inter-bancaires, et juste de changer la date.
                          .
                          En effet, est-il imaginable que l’Elysée (qui parle de reprise depuis 8 ans) puisse laisser le CAC-40 retomber à 3000 points ? Évidemment que non, cela ferait très mauvais effet sur les discours politiques de Mr Hollande et Mr Macron car toutes leurs promesses tomberaient à l’eau. Donc une 2e planche à billets euro sera demandée (et pas seulement par la France), sauf que Berlin y mettra son veto, comme d’habitude.
                          .
                          N’oubliez pas : Mario Draghi avait bien déclaré qu’il fera tout et son contraire, et même les choses inhabituelles (traduisez : monnaie de singe) pour relancer l’économie de la zone euro. LOL. On voit ce que cela donne avec ses premiers 1000 milliards d’euros : le CAC40 est retombé comme une crêpe, mettant fin au discours optimiste et menteur de tous les »commentateurs économiques« inféodés »au système« .
                          .
                          PS : ce n’est pas 1000 milliards mais bien 30.000 milliards de PQ-Euro que Mr Draghi devrait lancer.
                          .
                          PS2 : la Fed a balancé des milliards et des milliards de QE depuis 2007, et on voit surtout que cela n’a servi strictement à rien...
                          .
                          PS3 : soyez prêts, sur vos gardes... grâce à cette page, au moins vous ne vous rendrez pas malade quand les autres feront des jaunisses et autres crises nerveuses. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2015
                          source : http://www.jovanovic.com/blog.htm
                          .
                          ENORME : STANDARD & POORS A DEGRADE L’EUROPE ET LUI A DONNE UNE »PERSPECTIVE NEGATIVE"
                          du 24 au 28 août 2015 : Là j’ai tellement ri qu’il m’a fallu une dizaine de minutes pour respirer normalement. Au moment même où notre Macron de ministre nous parle de reprise avec des mesurettes dignes d’une petite république de 100.000 habitants, l’agence de notation américaine a enfoncé un clou de plus dans le cercueil européen en dégradant l’Union Européenne !!
                          .
                          Raison invoquée par les sorciers de SP (qui ont mis du AAA dans les subprimes, ne l’oublions pas) : le fait qu’aucune injection de capital n’ait été faite par les membres de l’UE alors que celle-ci a pris de nouveaux engagements à long terme, et très risqués, comme avec la Grèce.
                           ;
                          C’est totalement ubuesque comme situation !!!
                          .
                          — fin di copier / coller —
                          .
                          ma conclusion :
                          Le monde de la finance essayé avec toutes les artifices possibles, sourtout en abusent des QE ,Quantitative Easing ( terme technique qui représente la planche à billet), à maintenir son échafaudage boulimiquement construite, sachent qu’il à toutes les signées réunis pour un effondrement du système financier mondial ... scenario qui s’approche ... La question est pour quand peut-on attendre l’effondrement, le quel sera le déclenchement des événements violents qu’on peut fortement redouter ... voire même une nouvelle guerre mondiale ?


                          • lmcal140 29 août 2015 21:50

                            La dévaluation du yuan teste la montée de la Chine comme puissance mondiale
                            par Ariel Noyola Rodríguez

                            Après la dévaluation du yuan, les marchés financiers internationaux ont commencé à trembler. Washington accuse Pékin d’un avantage commercial déloyal. Comme la Chine veut intégrer le yuan dans les Droits de tirage spéciaux du FMI, elle n’a pas intérêt à prolonger la dévaluation. En outre, si une guerre des devises éclatait, le gouvernement chinois risquerait d’aggraver les tensions économiques et géopolitiques entre les pays de l’Asie-Pacifique. Ainsi, les États-Unis verraient augmenter leurs possibilités de démanteler les initiatives de coopération régionale et de saper la montée de la Chine comme puissance mondiale.

                            Réseau Voltaire | Mexico (Mexique) | 29 août 2015

                            Les trois dévaluations du yuan, entre les 10 et 12 août, ont des implications clés pour l’économie mondiale et l’équilibre géopolitique en Asie-Pacifique [1]. L’excédent commercial « relativement important » maintient le taux de change effectif « relativement fort » et n’est donc pas « tout à fait conforme aux attentes du marché », a déclaré la Banque populaire de Chine dans un communiqué. La panique des investisseurs sur les marchés financiers a duré quelques jours. L’échange se termine à 6.3306 yuans par dollar, la dévaluation ne dépasse pas 5 %.

                            Chaque fois que la Chine montre son intérêt à l’intégration du yuan dans les Droits de tirage spéciaux (DTS) [2], le panier de devises créé par le Fonds monétaire international (FMI) en 1969, il est clair que la valeur de sa monnaie doit rester stable, car c’est l’une des exigences qu’une monnaie de réserve mondiale doit satisfaire (le dollar ne respecte pas cette condition, il a chuté de 70 à 60% des réserves de change des banques centrales entre 1999 et 2014) [3].

                            La campagne médiatique contre le yuan

                            Cependant, la plupart de la presse occidentale n’a pas hésité à affirmer que la dévaluation de la « monnaie du peuple » (‘renminbi’) vise à soutenir la capacité d’exportation de l’économie en trichant. Donald Trump, le candidat présidentiel favori pour le Parti républicain aux États-Unis, a attaqué toutes les mesures adoptées par la banque centrale chinoise, l’accusant de vouloir « détruire » les industries nord-américaines.

                            Cette campagne médiatique contre la Chine n’est pas nouvelle. Pendant des années, Washington a accusé Pékin de manipuler le taux de change. Cependant, la vérité est que le yuan ne s’est pas déprécié de façon artificielle, mais qu’il s’est plutôt apprécié par rapport à la devise états-unienne. Depuis 2005 (lorsque le régime de taux de change est devenu plus flexible) jusqu’à ce jour, la monnaie chinoise s’est appréciée d’environ 30 % contre le dollar, il est donc totalement exagéré de prétendre que la dévaluation du yuan, d’un total de 4,6 % au cours de la deuxième semaine d’août, soit le principal responsable de l’effondrement de l’économie états-unienne.

                            Il est vrai que les produits bon marché fabriqués en Chine sont vendus aux citoyens états-uniens comme jamais auparavant. Cependant, puisque les emplois bien rémunérés brillent par leur absence depuis des décennies, les familles et les entreprises états-uniennes sont plus préoccupées par la résolution de leurs problèmes d’endettement que de mettre en question l’origine des produits qu’ils achètent à bas prix tous les jours dans les supermarchés.

                            Toutefois, le Washington insiste pour discréditer les politiques de la Banque populaire de Chine. Il n’y a rien d’étrange à ce sujet, les banques centrales ne sont pas caractérisées par leur recherche du compromis. L’histoire montre que dans les moments de crise et de récession mondiale, les institutions responsables des mesures de politique monétaire appliquent unilatéralement leurs décisions pour tirer en avant leurs économies.

                            La Réserve fédérale des États-Unis est de loin le cas le plus illustratif. Sans consultation avec d’autres banques centrales, sans être soumis à la volonté du Congrès, son ancien président, Ben S. Bernanke, a annoncé en décembre 2013 la diminution des montants du programme de liquidité (‘Quantitative Easing’). Cette mesure a précipité l’effondrement des marchés boursiers et des taux de change des devises des économies émergentes.

                            Un an plus tard, la nouvelle présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, a annoncé sa décision d’augmenter le taux d’intérêt des fonds fédéraux tout au long de 2015. Bien que Janet Yellen n’ait pas restreint le crédit (‘tightening’), les monnaies du monde entier ont accéléré leur débâcle ces derniers mois.

                            Cette situation a incité la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon à lancer des programmes d’injection de liquidités similaires à ceux de la Réserve fédérale dans le but de limiter la hausse du dollar contre leur devises. Au lieu de cela, la Banque populaire de Chine n’a déployé aucune action extraordinaire et le yuan est resté très stable. Pourquoi ?

                            Dans la pratique, la monnaie chinoise reste largement liée à la cotation du dollar US. Ainsi, alors que de mi-2014 au début 2015, le dollar s’est apprécié de 15 % à 20 % contre les monnaies du monde les plus échangées (euro, livre sterling, yen, etc.), il s’est seulement apprécié de 0,6 % contre le yuan [4].

                            Jonglages chinois avec plusieurs balles

                            Néanmoins, les obstacles que le géant asiatique doit surmonter ne sont pas simples [5]. Depuis plusieurs années, le gouvernement chinois a mis en œuvre une série de réformes structurelles pour faire évoluer son économie d’un modèle d’accumulation basé sur des investissements massifs vers un autre qui favorise l’expansion de l’investissement sur le marché intérieur.

                            L’objectif à long terme du Parti communiste chinois est d’augmenter la consommation des habitants (augmentation du pouvoir d’achat par les salaires) et de diminuer la concentration de l’épargne. Ce changement est devenu plus urgent que jamais avec la contraction de l’investissement des entreprises et l’effondrement de la demande extérieure.

                            Le mois dernier, les exportations de la Chine ont diminué de 8,3 % en termes annuels, tandis que les importations ont reculé de 8,1 %. Cette diminution est en phase avec l’extrême faiblesse du commerce mondial, dont le taux de croissance est à son plus bas niveau depuis les vingt dernières années [6].

                            « Malgré un taux encore élevé, la croissance du PIB de la Chine a également diminué ; la dévaluation, bien qu’elle ne puisse pas être qualifiée de très radicale, pourrait inverser cette tendance », a déclaré Paulo Nogueira Batista, vice-président de la Banque de développement des BRICS (acronyme pour Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), dans une interview avec l’agence Sputnik [7].

                            Cependant, il est à noter que les entreprises chinoises ont exporté près de 60 % de leurs produits vers les pays industrialisés, selon les estimations de Jonathan Anderson, un membre d’Emerging Advisors Group [8]. Comme les pays du G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) restent embourbés dans une stagnation très proche de la déflation (baisse des prix), la revitalisation de l’économie chinoise via le commerce sera très compliquée.

                            D’autre part, le secteur de l’immobilier commence à ressentir les effets du surinvestissement. Les organismes responsables des maisons et appartements ne peuvent plus trouver suffisamment de clients sur le marché chinois. La baisse des ventes ne permet pas d’accroître les investissements. Par conséquent, les entreprises engagées dans la production de matériaux de construction (acier, ciment, bois, verre, etc.) ont également été gravement touchées en raison de leurs liens étroits avec le secteur de l’immobilier [9].

                            Les actions de la banque centrale pour gérer le ralentissement de l’économie sont variées et ne se limitent pas à la dévaluation de la monnaie. L’an dernier la Banque populaire de Chine a abaissé le taux d’intérêt de référence et les exigences de fonds propres du système bancaire stimulant ainsi les prêts à l’activité productive. La Chine a également lancé un plan de relance budgétaire dont les coûts sont estimés à 12 % du PIB.

                            Le gouvernement chinois se développe en jonglant avec plusieurs balles à la fois [10]. Les Chinois essaient de passer d’une économie axée sur des investissements massifs à une autre tirée par la consommation interne sans sacrifier la croissance économique ; ils cherchent à freiner la spéculation dans l’immobilier et dans d’autres activités spéculatives (actions, matières premières, etc.), mais sans couper les crédits à l’industrie ; ils aspirent à la position de chef de file du secteur financier, mais sans combattre la volatilité financière imposée par le marché mondial des capitaux. Est-il possible que le gouvernement chinois réussisse cet exploit ?

                            Le risque de déflation mondiale

                            Le défi n’est pas moindre. Les autorités de Pékin semblent de plus en plus préoccupées par les perspectives mondiales. L’économie mondiale presse le pas vers la déflation (baisse des prix). Il n’y a pas que la faiblesse des prix des matières premières (‘commodities’) et la stagnation économique avec la déflation qui font souffrir des pays comme le Japon depuis les années 1990.

                            La crise déflationniste s’est consolidée en Grèce et menace de se propager à la plupart des économies de la périphérie européenne. Selon les données publiées par ELSTAT, l’inflation en Grèce a chuté de 2,2% en termes annuels le mois dernier. Ainsi, la déflation s’accumule en Grèce depuis 29 mois consécutifs [11].

                            Après que la Troïka (composée du FMI, de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne) a imposé à Athènes un nouveau plan de sauvetage qui favorise les politiques d’austérité, il est clair que la déflation se terminera par une catastrophe majeure et, avec elle, entraînera une menace mortelle pour l’Allemagne, le quatrième partenaire commercial de la Chine.

                            En bref, Pékin ne ménage aucun effort pour contrer les tendances à la récession qui s’approchent progressivement de son économie, et qui, soit dit en passant, ont pris par surprise de plus en plus de pays : l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Mexique et les pays de l’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Venezuela, etc.).

                            Washington pointe ses missiles vers Pékin

                            L’environnement économique régional n’est pas exempt de bouffées de déflation [12]. L’affaiblissement du yuan n’est pas bien accueilli par les pays voisins de la Chine [13]. Les devises de la Corée du Sud, l’Indonésie, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande sont touchées par la dévaluation du ‘renminbi’, tandis que, simultanément, les marchés boursiers clôturent sur des pertes comprises entre 0,5 % et 1,5 %.

                            Si les banques centrales d’Asie-Pacifique sont tentées d’entreprendre une course à la dévaluation cherchant à « appauvrir son voisin » (‘beggar-thy-neighbour’) [14], les appels, jusque là réussis, mettant en vedette la Chine pour lancer la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (‘Asian Infrastructure Investment Bank’), le Fonds de la Route de la Soie (‘Silk Road Fund’) et la Zone de libre-échange du Pacifique (‘Free Trade Area of the Asia-Pacific’) seraient sérieusement menacés.

                            En contrepartie, les entreprises états-uniennes ne perdent pas une occasion de demander le soutien de plusieurs dirigeants asiatiques pour élargir le champ d’application de l’accord de Partenariat Trans-Pacifique (‘Trans-Pacific Partnership’) [15]. Le Pentagone, quant à lui, vise à relancer le pivot de la doctrine contre la Chine, maintenant avec le soutien militaire du Japon.

                            Nul doute qu’il s’agit d’un plan des États-Unis pour saper l’influence croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique. Face à l’offensive impériale des États-Unis, le gouvernement chinois doit rester vigilant, et surtout, prendre en compte les leçons du grand Sun Tzu (auteur de L’Art de la guerre) : obtenir la victoire sur l’ennemi sans entrer dans le combat.

                            La dévaluation du yuan a mis en évidence que les prochains mois seront décisifs pour la consolidation de la montée de la Chine comme puissance mondiale. Seul le temps finira par révéler si elle est capable de résoudre les contradictions économiques internes sans mettre en péril la cohésion régionale. La monnaie chinoise est dans l’air…

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