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Accueil du site > Actualités > Economie > Madoff ou le futur prix Nobel de l’économie

Madoff ou le futur prix Nobel de l’économie

Qui est Bernard Madoff…..

Légende de Wall Street, incarnation du rêve américain. Ce maître nageur à Long Island, a créé son fonds d’investissement à l’âge de 22 ans, avec 5 000 dollars. Intuitif, il s’est imposé dans la communauté financière.

Devenu président du Nasdaq, la bourse des valeurs technologiques, de 1990 à 1991, il a su capter la confiance de ses futurs clients, pas vous ni moi, mais des gens triés sur le volet, richissimes, bref des gens qui partageaient le même monde que ce monsieur Madoff, ou le superflu pour ces gens, ferait de vous un millionnaire.

Comment a-t-il escroqué ses clients diront certains ?

M. Madoff recevait par le biais de son fonds (Bernard Madoff Investment Securities) des capitaux à gérer, qu’il investissait dans des hedge funds (fonds d’investissement à risque), dont la performance était réputée supérieure à la moyenne.

Lorsque la performance n’était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer le rendement distribué aux investisseurs, il prenait tout simplement l’argent des nouveaux investisseurs et l’utilisait pour payer les anciens.

De ce fait, il donnait l’impression d’une performance soutenue et régulière, d’une rentabilité moyenne, et sur la base de laquelle il attirait de plus en plus d’investisseurs,

Quand la crise boursière éclate, nombre d’investisseurs veulent récupérer leur mise. (A un moment donné, il faut payer ses échéances) Trop en même temps.

M. Madoff ne peut pas rendre l’argent…..

Où est le problème ?

Chaque entreprise spéculant sur l’avenir et faisant faillite fait de même.

Les promoteurs en faillite ces derniers mois, ayant touché des arrhes de la part de leurs clients, sont tous des Madoff en plus petit.

On vend un appartement qui va rapporter du 15% par an à un gogo, croyant mordicus que son argent sera bien placé dans le dit investissement immobilier, le tout avec la bénédiction de sa banque préférée, qui au passage percevra, les intérêts du crédit octroyé. Ladite banque ayant placé une partie de son argent dans des hedge funds, à X% d’intérêt.

Franco Modigliani, Prix Nobel d’économie, écrivait en 1992 : « … une banque dans une position délicate ne doit pas automatiquement déposer son bilan tant qu’elle est à même de verser à ses épargnants intérêt et principal, faisant pour cela appel à ses réserves, ou liquidant certains de ses actifs, mais surtout, en utilisant la technique dite ‘de Ponzi’ : en attirant de nouveaux clients. »

Madoff n’a pas pu, c’est ce qu’on lui reproche et rien d’autre….

Mais qui a été volé ?

La partie visible : le show bizz

- Steven spielberg, pas vraiment pauvre

- Jeffrey Katzenberg, le PDG de DreamWorks Animation SKG. Pas vraiment pauvre

- Eric Roth, le scénariste de Forest Gump et de « L’Etrange Histoire de Benjamin Button pas vraiment pauvre

- Mort Zuckerman ,le magnat de l’immobilier et propriétaire du Daily News, pas vraiment pauvre

- Carl Shapiro l’ex-fabricant de vêtements pas vraiment pauvre

- Fred Wilpon propriétaire du club prestigieux des New York Mets, pas vraiment pauvre

- Ezra Merkin ex-patron des Eagles à Philadelphie pas vraiment pauvre.

Et que des copains.

Les banques et les gestionnaires de fortune.

5,400 milliards d’euros pour Fairfield Greenwich Group

 5 milliards d’euros pour les banques et investisseurs suisses : pas vraiment la raifaisen locale, ou la caisse d’épargne.

-  2,330 milliards d’euros pour Santander

2 milliards d’euros pour le Kingate Global Fund (Etats-Unis) : un fonds d’investissement dans lequel vous n’êtes pas.

740 millions pour HSBC, le géant bancaire mondial

568 millions d’euros pour l’espagnol M&B Capital Advisor, gérant de fortune : rien que le mot « fortune » élimine 99% de la planète de ce fonds.

460 millions d’euros pour la Royal Bank of Scotland

450 millions d’euros pour Natixis

360 millions pour Man Group, un fonds d’investissement britannique

350 millions d’euros pour la BNP Paribas

300 millions d’euros pour la BBVA, une grande banque espagnole

225 millions d’euros pour Nomura (société financière japonaise)

101 millions d’euros pour la banque japonaise Aozorza

100 millions pour Axa

90 millions pour le Crédit Mutuel

75 millions d’euros pour Unicredit, une grande banque italienne

10 millions d’euros pour la Société Générale.

Toutes ces banques proposant des placements sans « risques » à des épargnants « privilégies ». C’est-à-dire NI VOUS NI MOI.

Alors, où sont passés les 50 milliards de dollars ?

Car enfin Bernard Madoff, n’est pas milliardaire en US$, il ne figure même pas parmi les 973 milliardaires en US$ que compte le monde. Il ne fait même pas partie des 400 américains les plus riches.

Pour éviter la prison, il a dû payer 10 millions de US$ de caution, hypothéqués sur ce qui lui restait, ses propriétés.

La belle affaire, lorsque l’on sait que le milliardaire russe Mikhail Prokhorov a acheté cet été, un propriété à 500 milions de US$.

On fait mieux comme milliardaire. Bernard Madoff, n’est qu’un courtier parmi d’autres courtiers, un peu plus flamboyant, un peu plus hâbleur, mais guère plus escroc que d’autres.

Alors ces 50 milliards de US$ ?

Voilà la grande question que se posent tous les journaux et tous les pseudos spécialistes de la finance….

Tout simplement rendu dans le circuit de l’économie pour ce qui est de l’argent réel….. pour le reste parti en fumée dans une bulle financière ne reposant sur RIEN de tangible.

Le gros problème des riches, c’est de le rester.

Ceux qui ont réussi, grâce à leur talent, grâce à leur innovation, ont oublié une chose une fois riche.

Une fois fortune faite, le milliardaire devient fainéant et surtout méfiant. Il a oublié comment il a fait fortune, comment il a pu prendre de risques, personnels, et pour son entourage. Il oublie comment il a pu INVESTIR dans un avenir qu’il pensait radieux pour lui, jusqu’à son dernier $, dans une idée qu’il croyait bonne pour lui et pour ses clients.

Le riche oublie d’où il vient, et oublie de voir que seul l’investissement est source de richesse, et non le placement assuré par des gens type Madoff, de ses économies.

Alors où sont passés ces fameux 50 milliards de US $.

Faisons simple : je prête à l’excellent courtier Madoff, un million de US$, durement gagné en lui demandant de m’assurer des rendements réguliers et intéressants.

Chaque année, l’adorable Madoff, me verse 100 000 US$, sans rien faire. Et cela dure depuis des dizaines d’années.

En Dix ans vous remarquerez que mon capital est préservé. En 20 ans je l’ai doublé. Et j’ai consommé, avec cet argent gagné sans rien faire.

Qui en belle villa, qui en yacht, qui en réceptions somptuaires, qui dans des clubs de golf, qui dans des voyages en première classe, qui dans le luxe etc.

Avec l’argent que me rapporte ce cher Madoff, je consomme et je consomme plus que de raison.

Je participe au passage, au développement de l’industrie du luxe, de l’hôtellerie de luxe, de la plaisance de luxe, de la voiture de luxe, de la mode, des voyages de luxe etc etc.

Je fais au passage travailler des milliers de travailleurs dans ce monde, avec l’argent du superflu.

MES CHERES ECONOMIES…..

Si vous n’avez pas un million de euro, vous ne pouvez comprendre cela.

Les gagnants du LOTO oui…. La française des jeux, ne préconise pas à ses gagnants d’investir dans des entreprises, mais de « placer cet argent dans des sicav « sans risque ». Madoff ? Va savoir….

Ainsi , un milliardaire, ne prend plus de risques. Sa seule occupation est de préserver et de faire fructifier sans rien faire ce qu’il a acqui.

Quel argent quelle perte ?

Lorsque je suis riche, et que je ne fais rien, je ne peux que perdre de l’argent sur la durée. Mon argent est condamné soit à être consommé, ainsi je crée un peu de richesse à mon échelle, en consommant, soit à disparaître en fumée, au travers de gens comme Madoff, ou de crises financières successives.

Ces 50 milliards n’ont pas été perdu.

Ils n’ont pas été gagné…..

On ne crée pas de richesse de façon artificielle. La richesse nait de l’innovation et de la prise de risque et de la croyance en un marché réel, tangible même spéculatif. En tant que capitaliste, je peux spéculer sur l’avenir d’une économie écologique, par exemple à faibles ressources énergétiques, je peux spéculer sur les voitures électriques, ou sur la pharmacopée, sur la biologie, les sciences du futur … etc etc…

Tout argent gagné dans le temps est retourné dans le circuit économique. Aucun dollar n’a jamais été perdu. Aucun dollar n’est parti en fumée.

Rockefeller, pesait en 1900 l’équivalent de 150 milliards de US$.

Ou sont les 150 milliards du Rockefeller de l’année 1900 aujourd’hui ? Des centaines de milliards de US$, pour des centaines de milliers de petites fourmis du système économique, dont vous et moi.

Et ses héritiers , n’ont eu que les miettes de sa fortune.

Quant à Madoff, il a le mérite d’avoir révélé, après d’autres, mais mieux que d’autres, sur quoi se fonde tout le système financier actuel : l’illusion, la rapacité, l’appât du gain rapide pour soi, au prix de la ruine des autres et surtout des autres riches, dont vous et moi ne sommes PAS.

Madoff mérite ce prix Nobel haut la main.


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