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Mailorama : les billets qui cachent la forêt

Auteur du coup de com’ du Champs de Mars, le PDG de Rentabiliweb compte de prestigieux soutiens, de Madelin à Messier en passant par Bernard Arnault.

 Mailorama, le site Internet à l’initiative de la distribution d’argent avortée samedi 14 novembre sur le Champs de Mars à Paris, s’est fait connaître du grand public. Un gros buzz pour le Groupe à la réputation sulfureuse, Rentabiliweb, qui s’offre une publicité gratuite et très efficace. Mais qui abîme encore un peu plus la crédibilité et l’image du web. Enquête.

Un chef d’entreprise atypique

La clé du succès : adapter les services payants du Minitel rose au monde du tout-gratuit web

7000 personnes massées non loin de la Tour Eiffel pour récupérer des bourses remplies de billets de 5 à 500 € : un coût modeste, 40 000 €, pour un coup médiatique de grande ampleur. Derrière cette initiative « sympathique, conviviale et bon enfant » selon les mots des organisateurs, une filiale, Mailorama. Derrière cette filiale, un groupe, Rentabiliweb. A sa tête, un PDG improbable, Jean-Baptiste Decroix-Vernier alias JBDV, 39 ans, dreadlocks, kilt et 407 ème fortune de France, avec 57 millions d’Euro de fortune personnelle. Une formation en droit et en théologie, spécialité « exégèse rabbinique », renforce le caractère atypique du personnage. De sa péniche à l’entrée du port d’Amsterdam, il contrôle ses 120 employés - qu’il appelle ses « Ninjas » - à partir de trois écrans géants.

Spécialisé dans la monétisation d’audience, le groupe connaît une ascension fulgurante : 350 000 € de CA en 2003, 2, 5 M d’€ l’année suivante, puis 10 M, 17 M, 21 M et enfin 51 M l’année dernière. La clé du succès : adapter les services payants du Minitel rose au monde du tout-gratuit web. Les systèmes de micro-paiement audiotel puis par SMS proposés par l’entreprise assurent sa forte croissance, essentiellement dans le domaine des sites pornographiques. En rachetant en 2007 le groupe Montorgueil SAS et son portail de sites porno Carpe Diem, Rentabiliweb décolle financièrement, et double son chiffre d’affaire.

Des soutiens puissants

Derrière le Groupe à l’initiative de la distribution de billets, J2M, Madelin, Arnault (PDG de LVMH) et Courbit (ex-PDG d’Endemol France)

Très croyant, JBDV met en avant, sur le site de son groupe, les valeurs de transparence, d’honnêteté, de loyauté et d’intégrité. Une philosophie très éloignée de l’image d’un des principaux soutiens de Rentabiliweb et membre de son Conseil d’Administration, un autre trygramme bien plus connu : J2M. L’ex PDG de Vivendi prodigue depuis 2007 ses conseils, quand il ne pilote pas, indirectement, la stratégie du groupe. Jean-Marie Messier transmet à son poulain ses valeurs : l’opportunisme et l’agressivité. Ainsi Cyril Zimmerman, PDG d’un Groupe en monétisation d’audience concurrent, Hi-Média, déjeune juste avant la crise avec Messier. Un déjeuner « amical » qui aura tout de même pour conséquence une tentative d’OPA hostile de Rentabiliweb sur le groupe Hi-Média. Une tentative avortée, comme le buzz de la distribution d’argent du Champs de Mars ce samedi.

Au côté de Messier, Alain Madelin siège lui-aussi au Conseil d’Administration. Une position délicate pour le Président du fonds de solidarité numérique, un organisme qui a pour objectif « de réduire la fracture numérique et de contribuer à l’édification d’une société de l’information solidaire et inclusive. »

Le très libéral Madelin veille donc à garantir l’accès à l’information et au savoir, tout en conseillant une société spécialisée dans la monétisation de sites pornographiques ou de pari en ligne. Un secteur très rentable - d’où le nom de l’entreprise, Rentabiliweb - mais pas spécialement éthique. Ainsi Bernard Arnault, PDG de LVMH, et Stéphane Courbit, l’ancien patron d’Emdemol France, sont devenus actionnaires du groupe, attirés par la très forte croissance de son chiffre d’affaire.

Le web prisonnier du sexe et des paris en ligne, comme son ancêtre le Minitel

Le coup de communication de Rentabiliweb, populiste, démagogue et irrespectueux de la misère sociale, renforce l’image de voyous du monde du Web

Si l’on ne blâme pas ces hommes d’affaires qui investissent là où l’argent fructifie, le politique Madelin est, de par sa posture de président du fond de solidarité numérique, dans une situation plus délicate. De laquelle il se sortira médiatiquement en invoquant l’absence de responsabilité d’un conseiller d’administration dans les affaires courantes d’une entreprise, comme l’initiative méprisante de distribuer des billets de banque en plein Paris. On peut d’ailleurs s’interroger sur la manière dont la société a pu obtenir l’autorisation préfectorale pour organiser cet événement, dangereux pour l’ordre public, mais aussi et surtout illégal, l’article R642-4 du Code pénal interdisant l’utilisation de billets de banque "comme support d’une publicité quelconque".

Au-delà de cette bourde administrative, c’est la question de la responsabilité du politique dans l’économie numérique qui mérite d’être posée. Car le coup de communication de Rentabiliweb, populiste, démagogue et irrespectueux de la misère sociale, renforce l’image de voyous du monde du Web. Internet s’assimile de plus en plus à une jungle dans laquelle tous les coups sont permis. Une réputation largement étayée par les déclarations du Président Sarkozy et de son porte parole Frédéric Lefebvre sur l’urgence à contrôler cette zone de « non-droit ».

Internet est stigmatisé comme un sous média, dans lequel la pornographie et les jeux de pari en ligne ou les jeux vidéos semblent les seuls secteurs garantissant une réelle rentabilité. Et cette conclusion n’est qu’à moitié fausse. Car si le Web est riche de contenus de qualité, il n’en reste pas moins vrai que les CPM (coûts pour mille, NDLR) sont toujours trop faibles pour parler d’une économie saine et propice au développement de projets à forte valeur ajoutée, notamment dans le secteur de l’information. Ainsi, les titres comme Rue 89 ou AgoraVox, succès éditoriaux et d’audience, ne parviennent toujours pas à atteindre l’équilibre. Bakchich vient de déposer le bilan, et Mediapart est dans un gouffre financier.

Le rôle du politique dans l’économie numérique

L’épisode du Champs de Mars, manipulé par les politiques dans un affrontement droite / gauche, Dati / Delanoë stérile, doit être récupéré, non par Hortefeux seulement, mais aussi par Nathalie Kosciusko-Morizet, nouvelle sous-ministre au numérique, et soeur du PDG de PriceMinister. Le débat sur l’information journalistique d’octobre 2008, éclipsé par la crise économique, a laissé l’information numérique orpheline de toute politique. On pensait encore à l’époque que le grand méchant Web allait ruiner notre presse papier ; aujourd’hui, les sites d’informations indépendants tentent, en dernier recours, une adaptation papier pour sortir de l’impasse économique. Nicolas Sarkozy a choisi de placer la PQN (Presse Quotidienne Nationale, NDLR) sous perfusion, en négligeant le cas des pure players (sites d’information indépendants sur le web, NDLR). Le coup de pub de Rentabiliweb enferme encore un peu plus Internet dans cette fausse image mêlant arnaques, mauvais goût et superficialité.

Pourtant, la consommation médiatique passe de plus en plus par le web, et les jeunes européens affirment depuis 2007 passer d’avantage de temps devant Internet que devant la télé. Et le marché est loin d’être mature : avec 15 millions de foyers connectés, il en reste 11 à conquérir. Alors Nakomo, si Borloo vous avait rendue muette à l’écologie, allez-vous retrouver votre langue au numérique ? Et proposer une réelle politique de soutien et de développement aux contenus de qualité, en commençant par l’information indépendante sur le web ?

Un article du site www.animalpolitique.com

par Willy Gardett (son site) mardi 17 novembre 2009 - 33 réactions
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  • Par non666 (xxx.xxx.xxx.185) 17 novembre 2009 13:57
    non666

    1) Internet stigmatisé comme un sous-media....

    Excellent
    Il faut dire que tout en etant de plus en plus credibilisé par les medias des grands groupes , internet est de plus en plus cité, reproduit, suivi....
    Comme la radio d’abord, puis la tv, Internet devient LE media de reference , le plus reactif, le moins facile a faire taire.
    Le consensus mou entre adepte de la mondialisation liberale version US et adeptes de la mondialisation compatible avec l’econbomie sociale de marché hautement competitive que defendent les chantres du traité de lisbonne ne peut plus etre combattu que sur Internet.

    Il suffit de lire les liste des actionnaires des grands groupes medias et de la comparer avec les membres du groupe de bilderberg , de la trilatérale, des amis d’israel , du siecle, de la franco-americaine et les choses deviendront claires pour tout le monde !


    2) Rentabiliweb montré du doigt

    Barbier , comme une bonne parti de ses petits camarades lecheurs de cul de la sarkozie tir aujourd’hui a boulets rouges sur rentabiliweb.
    Quel est le crime de cettte officine ?
    Avoir promis de l’argent facile aux djeunz en periode de crise.

    Heu juste une question, quelqu’un a t’il deja regardé M6 vers 1h0 du matin ?.....
    Je dis M6 , mais je pourrais dire Tf1 et ses emissions debiles de tv-realités (votez pour votre candidat préférés pour seulement 1 € /mn)
    Je pourrais aussi citer ces pubs qui passe en boucle et qui promettent aux jeunes de gagner du cash facile en appelantr un numero(payant)....

    Quand aux radios qui promettent de donner la "parole" a leurs auditeurs en les faisant payer, tout en censurant ce qui ne doit jamais etre dit, est ce la peine de les citer ?

    Bon, on en est la dans la France de nicolas.
    L’auto-augmentation du chef est en train de faire boule de neige.
    Chacun trouve desormais legitime d’aller chercher de l’argent "gratuit".
    Les voyoux se donnent rendez vous devant les distributeurs, qu’ils soient ceux de rentaniliweb ou ceux de la societe generale...la ou il y a du cash, il y a des victimes potentielles.

    Les politiques et les fonctionnaires ayant le cul merdeux dans cette affaire (l’autorisation a été donné avant d’etre enlevé...1 h avant) , ils cherchent une victime expiatoire pour faire oublier leur responsabilité.
    Pas de bol, ce qui creve les yeux, ce sont les mauvais exemples venus d’en haut.
    Le Vice invoquant la vertue a toujours un coté fort ridicule



  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.33) 17 novembre 2009 16:43
    sisyphe

    Et l’autre dégénéré qui vient parler de "rencontre festive", se faire le petit propagandiste des racailles en col blanc qui osent organiser une provocation aussi dégueulasse, qui était inévitablement appelée à dégénérer, comme les organisateurs l’espéraient bien...

    Ce qui est honteux, c’est que la Préfecture ait donné son aval à cette saloperie d’opération hors la loi ; une manifeste manipulation, en plein "débat sur l’identité nationale", pour recentrer le "débat" sur l’insécurité, la désignation de boucs émissaires (tous les dupont-lajoie s’y sont d’ailleurs précipités) dans cette constante partie de cache-casse que joue délibérément le pouvoir sarkozyen, en occupant le devant de la scène par ses mises en scène diversives à grand vacarme des médias, pendant qu’en coulisses, se votent les lois scélérates (comme la fiscalisation des journées maladie, qui vient de passer comme une lettre à la poste, les déremboursements, l’augmentation du forfait hospitalier) qui continuent de démanteler les droits, d’aggraver la paupérisation, et de détruire le système social.

    Manipulation de laquelle la police est également partie prenante, laissant agir à leur guise quelques casseurs, dûment filmés et photographiés, pour offrir en pature au bon peuple avide de répression et de sécurité.

    Dans un état de droit, cette boite de margoulins (qui prolifère sur les sites pornos) serait évidemment interdite, son voyou de patron condamné, entre autres à payer les dégradations commises sur les biens publics aussi bien que privés, le préfet mis à pied, et une enquête de l’IGS déclenchée sur l’étrange passivité de la police.

    Dans l’état sarkozyen, les responsables s’en tireront indemnes, quelques casseurs vont passer devant la justice, mais le résultat aura été celui espéré et provoqué ; une levée de boucliers contre des "émeutiers" (comme se sont empressés de les nommer les ordures populistes, dont certaines sur ce site), la propagation d’un sentiment d’insécurité, qui justifiera de nouvelles lois répressives, et la désignation à la vindicte populaire d’une catégorie de boucs émissaires (au hasard, ceux fixés sur les pellicules), ce qui va renforcer leur exclusion, donc leur communautarisme et leur violence, justifiant de nouvelles mesures anti-immigrés, voire la remise en question des critères d’attribution de la nationalité française.

    Tout bénef à quelques semaines d’élections, pour un pouvoir de plus en plus aux abois, devant les catastrophiques résultats de sa poltique sur tous les plans ; économique (explosion de la dette), social (explosion du chômage : + 30% en un an), sociétal (destruction des services publics, sociaux, et du tissu social), et humain (8 millions vivant sous le seuil de pauvreté, 3 millions de mal logés, 1 million de victimes de la faim, renforcement des communautarismes, opposition des catégories de citoyens entre elles, etc...)

    Mais les racailles en col blanc continuent à se faire des "golden glaouis" ; pas d’inquiétude pour eux... ; pour eux, pas besoin de coups de lattes en pature aux caméras ; le dépeçage et le gangsterisme se déroulent dans les bureaux feutrés des conseils d’administration, à l’abri des regards indiscrets.

    Vive la France.

  • Par DESPERADO (xxx.xxx.xxx.27) 17 novembre 2009 12:57

    "Une formation en droit et en théologie, spécialité « exégèse rabbinique "
    Eh ben dite donc, ou sont nos pourfendueurs de religion , Fourest etc...
    Le talmud au service du grand capital , pervers et vicieux.

  • Par Vilain petit canard (xxx.xxx.xxx.66) 17 novembre 2009 17:26
    Vilain petit canard

    Je serais assez d’accord avec sisyphe.

    Cette histoire est emblématique de notre époque, jugez : une espèce de guignol, pote avec le Gotha de la finance, et déguisé en Jean-Paul Gautier du pauvre, se fait des montagnes de fric en vendant du cul sur Internet. C’est connu, Internet, c’est un repaire de négationnistes nazis pédophiles, et ça ne véhicule que des rumeurs, mais là, c’est du sérieux, c’est du cul, pur et dur, ça ne peut pas être mauvais, puisque ça fait du fric.

    Un beau matin ("c’est mon choix") le guignol en kilt décide de distribuer du pognon dans la rue pour se faire un coup de pub. Les pauvres afflueront, c’est comme dans la Star Ac, mais on ne se donne même plus la peine de les faire bosser, seul le hasard comptera.

    C’est chic, c’est tendance. C’est la France d’Après, le fric tombe au coin des rues. Les pauvres trouveront ça un peu humiliant, mais qu’importe ! Faire des heureux avec du fric, ça passe avant tout, non ?

    Un crétin microcéphale prévoirait de la castagne autour des biftons... Mais non, non, ceux qui prennent de soin de nous sont au-delà de ça : le plus fort est à venir !

    Les forces de police, à coup sûr dûment chapitrées, et n’y voyant pas malice, autorisent la "manifestation festive", après un vague hésitation. Mais enfin, non, un rabbinologue en kilt qui vend du cul, distribue du fric gratuit dans la rue, comme ça, c’est irréprochable, rien à y redire.

    Franchement, ça donne une bonne image de la police : on poursuit avec une rage féroce les ceusses qui roulent à 55 km/h au lieu de 50, on enferme les ultra-terroristes de Tarnac qui n’ont rien fait, on fouille au corps les avocats et on leur met un doigt dans le cul, mais là, rien, pas de problème.

    Et last but not least, au tout dernier moment, alors que les pauvres trépignent dans le froid, le kiltomane annonce que finalement, non, pas de fric. Résultat, une émeute.

    Et tout le monde se récrie. Le Ministère veut attaquer ? Ah ben non, il a autorisé la manif. Alors ben euh, ben on tape sur les casseurs, tous cagoulés, et certainement pas d’ici, aucun Neuilléen dans le tas, c’est bizarre. Mais c’est porteur, ça fait identité nationale.

    A ce point de crétinisation et d’irresponsabilité lamentable, il faudrait faire démissionner tout le gouvernement. mais au point où on en est...

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