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Manque de motivation

La « victoire » relative des forces favorables à l’accord européen en Grèce a mis du plomb dans l’aile à la stratégie du pire. Le sommet européen ne se tiendra pas le couteau sur la gorge. Comment dans ce contexte obtenir des avancées sur le dossier central de la Crise ? Faut-il vraiment attendre que l’Espagne et surtout l’Italie – maintenant au cœur du cyclone – tombent dans le trou pour avancer ?
La réponse probable est : OUI. Il règne dans les médias et la population – pour ne pas parler des politiques - les idées les plus absurdes sur la crise de la Dette. On ne se dirige donc pas vers une solution concertée. On se laisse diriger par des motions que je qualifierai non d’utopiques mais tout simplement d’imbéciles (Voyez encore les économistes citoyens), « solutions » qui ont toutes pour ressort ultime le renforcement des pouvoirs d’État. A savoir tout simplement tenter de guérir le mal par l’injection d’une nouvelle dose de POISON. C’est sidérant, mais c’est ainsi : plus on avance dans la Crise, plus s’impose comme moyen d’y remédier la seule et unique solution de l’amplifier ! de substituer la mort à la maladie… Nous allons vers le centenaire du déclenchement de la Grande Guerre et l’ouverture de l’âge d’or des États et alors même que celui-ci s’avère un âge de plomb, le seul débat qui semble intéresser les uns et les autres est de savoir 1) si le temps est vraiment pourri, 2) comment redonner une nouvelle couche, etc.
 
Trêve de sarcasmes, l’optimisme est de rigueur. L’effondrement est proche et i-né-luc-ta-ble. Rien ne ramènera la confiance. Rien ne comblera le gouffre créé par un siècle d’abus de pouvoir et de dissipations sans limites. Nous sommes sûrs de basculer d’ici peu dans un autre monde. Malheureusement, si certains sonnent l’hallali, si d’autres publient des manuels de survie individuelle, la seule vraie question est bien : qui va nous aider à nous en sortir collectivement ? Et cette question n’intéresse visiblement personne. Le pessimisme est de rigueur.
 
A l’ouverture du grand pow-pow européen, les taux d’intérêts italiens et espagnols à 10 ans poursuivaient leur hausse continue, à 6,21% pour l’Italie, et 6,95% pour l’Espagne. Il est évident qu’on ne tiendra pas longtemps ainsi, d’autant que l’on entre dans la phase délicate de l’année : dès le mois d’août par exemple, la France, l’État français doit emprunter pour payer ses fonctionnaires. L’été sera chaud, torride même.
 
Plus on avance et plus il s’avère évident qu’une Europe fédérale et capable d’affronter la tourmente ne se fera qu’à la condition de rejeter simultanément les pays dispendieux. Non plus la seule Grèce… mais la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Et pourquoi pas la France ? Que va faire notre commis-voyageur de président quand il aura fini de suivre avec attention le déroulement de l’euro (de foot) ? Prendra-t-il délibérément la voie de l’intégration de la France au camp des PIGS ? Ou prendra-t-il le train de l’Allemagne pour générer une Europe forte mais sélective ? Qui prendra l’initiative de l’éclatement de la zone euro, au risque de passer pour le coupable de tous les maux subséquents… C’est bien là que se situe politiquement le drame actuel : l’épée de Damoclès suspendue sur nos têtes incite à l’inaction. Et l’inaction accroît les périls. Toujours plus de danger, toujours plus de paralysie…
 
La meilleure nouvelle de la semaine est tombée hier soir : l’élimination de l’Allemagne de l’euro ! Il est évident qu’une Allemagne triomphante sur le plan footballistique était en bien mauvaise position pour « imposer » son point de vue sur le plan financier, le seul tenable provisoirement. Une finale entre les armées des deux États les plus exposés actuellement (Italie et Espagne), c’est presque un rêve ! Quand on sait que ces joueurs sont payés royalement d'argent public en définitive, on comprend le biscoto...
 
Dans les heures qui suivaient l’élimination de la mannschaft, l'Italie et l'Espagne, prises à la gorge par l'envolée des taux d'intérêts, faisaient monter la pression au sommet européen. Ils ont réussi dans la nuit à bousculer l'ordre du jour et semblaient sur le point d'arracher un minimum de concessions d'urgence à l'Allemagne et à ses alliés. Domination des endettés capable de faire sauter le système : les seuls qui n’ont plus rien à perdre ! La vigueur de l'offensive lancée par l'italien Mario Monti et par l'espagnol Mariano Rajoy a laissé la chancelière allemande bouche bée : elle n'a pas dit un mot en public à Bruxelles et a successivement annulé deux rendez-vous prévus avec la presse. Sa réponse aux demandes italo-espagnoles s'annonce comme le tournant du sommet. François Hollande se retrouve lui en porte-à-faux. Assis entre deux chaises avec dans sa valisette son aspirateur « pacte de croissance » dont il veut faire son premier grand succès sur la scène européenne. Position stratégique pour rallier les uns et les autres et se poser en leader ou situation typique de l’écartelé  ?
 
Signe de la tension extrême des marchés financiers : les bourses bondissaient ce vendredi 29 juin, avec une pointe de près de 3% à l’ouverture. Ces soubresauts à la hausse ou à la baisse n’ont d’autre signification que l’instabilité maximale et font courir les plus grands risques.
 
Sur le long terme, ne nous laissons donc pas obnubiler par ces gesticulations. La récession progresse à grand pas. Le cap psychologique des trois millions de chômeurs en France sera bientôt franchi. La situation avance de façon similaire un peu partout dans le monde. Mais c’est une autre histoire… Après les estivales, viendra le temps de l’a-rentrée !
 
MALTAGLIATI

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5 réactions à cet article    


  • Hubu 29 juin 2012 16:14

    Marché financier euphorique aujourd’hui en ce 29 juin : + 4,11% à la bourse de Paris grâce à un accord surprise à Bruxelles hourra nous sommes sauvé !!!!! smiley

    (Jusqu’au prochain sommet de la dernière chance...)


    • NOSMO NOSMO 29 juin 2012 20:33

      ...Après l’a-rentrée, viendra le temps de par ici l’a-sortie ! smiley


      • BA 30 juin 2012 11:29

        A propos du sommet européen, voici les phrases importantes du communiqué final :

         

        « Nous demandons instamment la conclusion rapide du mémorandum d’accord joint à l’aide financière accordée à l’Espagne pour la recapitalisation de son secteur bancaire. Nous réaffirmons que l’aide financière sera fournie par le FESF jusqu’à ce que le MES devienne opérationnel, et qu’elle sera ensuite transférée à ce dernier, sans obtenir de statut prioritaire.

         

        Nous affirmons notre ferme détermination à faire ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro, notamment en ayant recours aux instruments existants du FESF/MES de manière souple et efficace afin de stabiliser les marchés pour les États membres qui respectent leurs recommandations par pays et leurs autres engagements, y compris leurs calendriers respectifs, dans le cadre du semestre européen, du pacte de stabilité et de croissance et de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques. »

         

        http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/131360. pdf

         

        Rappel : le FESF et le MES sont des coquilles vides.

         

        Le FESF et le MES n’ont pas les milliards d’euros nécessaires pour acheter des obligations de l’Etat espagnol, des obligations de l’Etat italien, etc.

         

        Le FESF et le MES n’ont pas les milliards d’euros nécessaires pour recapitaliser directement les banques espagnoles, les banques italiennes, etc.

         

        Donc le FESF et le MES vont d’abord devoir emprunter des milliards d’euros sur les marchés internationaux.

         

        Ensuite, avec cet argent, le FESF et le MES pourront intervenir.

         

        Bref, on va rajouter des montagnes de dettes par-dessus les montagnes de dettes qui existent déjà !

         

        Mais les montagnes de dettes ne peuvent pas monter jusqu’au ciel.

         

        Il arrive toujours un moment où tout s’effondre.


        • NOSMO NOSMO 1er juillet 2012 23:33

          Oui, l’élastique c’est fantastique !

          Mais, à force de tirer dessus...
          Ça finit tjrs par péter à la figure
          de ceux qui s’amusent avec smiley
          Généralement, ça Pique le Nez !!

        • lsga lsga 2 juillet 2012 09:37

          ce qui est terrible, c’est que beaucoup de gens de gauche, et même d’extrême gauche (!), sont persuadés que l’Etatisme est le meilleur moyen de défendre le salariat... 


          Il n’y a pas de plus grand ennemi du salariat que l’Etat et la Bureaucratie.
          Il n’y a pas pire petit bourgeois que le fonctionnaire. 
          Le communisme, ce n’est pas la spoliation et l’administration du salariat par des gratteurs de papiers idéalistes et déconnectés de la réalité de la réalité de la production. 

          Visiblement, il faudra un second Staline pour que l’information rentre.

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