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Accueil du site > Actualités > Economie > Marchés financiers et sélection naturelle

Marchés financiers et sélection naturelle

Pourquoi les autorités Américaines au plus haut niveau sont-elles convaincues - et tentent de nous persuader en même temps - que le rétablissement de leur système financier a pour préalable inconditionnel le rétablissement et le renforcement de leurs établissements bancaires les plus importants ? Dans leurs discours et certainement dans leurs esprits - tout comme dans le raisonnement d’une écrasante majorité d’observateurs et de citoyens -, la corrélation semble effectivement évidente entre un système financier sain et des géants bancaires robustes.

Notre système financier, dont à l’évidence font partie intégrante ces institutions financières, est toutefois nettement plus important et solide qu’un géant bancaire comme Lehman Brothers ou comme Citibank. La règle d’or Darwinienne des marchés ne nous enseigne-t-elle pas après tout - ou avant tout ? - que la destinée des entreprises est de venir au monde et parfois de disparaître ? En fait, ce cycle de vie et de mort des entreprises les moins rentables consolide et pérennise un système capitaliste et libéral supposé - du moins dans un monde idéal – en devenir dès lors nettement plus compétitif et efficient. Bref, la sélection naturelle renforce les espèces vivantes et organiques tout autant que le système financier.

Les concentrations bancaires laissaient en effet présager il y a quelques années d’une intervention occasionnelle de l’Etat avec les deniers du contribuable dans le cadre du sauvetage éventuel d’un méga établissement financier menacé d’insolvabilité. Pour autant, il eut été inconcevable il y a encore une année de conditionner la survie de l’ensemble de notre système financier au sauvetage d’un seul - ou même de plusieurs - établissements bancaires, aussi importants fussent-ils. Ce réflexe quasi Pavlovien de la part de l’establishment US visant à mettre sous perfusion les institutions financières et ce à n’importe quel prix ne serait-il rien d’autre que du corporatisme émanant d’une élite solidaire ? Car en effet, et dans une économie capitaliste digne de ce nom, certains établissements, aussi prestigieux soient-ils, peuvent et doivent être capables de mourir sans précipiter l’intervention de l’Etat dès lors qu’ils échouent au test de la sélection naturelle et impitoyable des marchés. Ainsi, l’intérêt des Etats-Unis d’Amérique ne coïncide pas avec ceux de la Citibank tout comme ce qui est bon pour la France ne saurait se confondre avec la bonne santé de BNP Paribas ou de la Société Générale.

Pire encore : ces mesures de sauvetage d’un certain nombre d’institutions financières tournent au favoritisme car, alors que les établissements fragilisés ( rappelons-le : de leur seul fait ) ont accès au crédit à des conditions préférentielles et défiant toute concurrence, les établissements sains et ne bénéficiant pas de l’assistance Etatique Américaine empruntent, eux, à des conditions nettement moins favorables et selon les tarifs du marché. Les établissements qui réussissent ainsi à obtenir le parapluie de l’Etat du fait de leur lobbying croulent quasiment sous le poids des liquidités Gouvernementales alors que, paradoxalement, les institutions saines et solvables doivent assumer le coût élevé de l’accès à ce même crédit.

Ce favoritisme manifeste du Gouvernement US qui départage souvent arbitrairement les heureux bénéficiaires des deniers publics de ceux qui n’en auront pas droit - grâce à leur bonne gestion passée - conditionne de facto le degré de profitabilité de ces entreprises : les marges des banques disposant de liquidités à bas prix étant forcément plus bénéficiaires que celles de leurs consoeurs qui doivent s’approvisionner sur les marchés. Il est donc plus intéressant aujourd’hui d’être un établissement bancaire vacillant et sur le point de faire banqueroute que d’être une institution au bilan solide.

La règle du jeu du capitalisme - en fait la loi du marché - se retrouve ainsi complètement brouillée car la compétition entre établissements sains et établissements bénéficiant de l’assistance respiratoire de l’Etat est faussée. Les premiers étant à l’évidence pénalisés tout comme l’est le transfert de richesses depuis les établissements en voie de disparition vers ceux encore opérationnels, transfert supposé se matérialiser dans des conditions usuelles de marché.

Pourquoi ne pas dépasser le stade du débat pour ou contre les nationalisations qui occupe tant analystes et observateurs car en effet en vertu de quelle logique les banques encore solides ne pourraient-elles s’approprier légalement certains secteurs encore profitables des banques empêtrées sous des masses d’actifs douteux ? L’Etat doit effectivement envisager la liquidation forcée d’un certain nombre d’institutions tout en permettant aux établissements encore solides d’acquérir des lambeaux de la banque déclinante : cette curée étant indispensable à la sélection naturelle.

En réalité, tout comme la Réserve Fédérale Américaine avait été créée par les grandes banques et pour les grandes banques, le Secrétaire d’Etat au Trésor Geithner n’est que le protégé de son prédécesseur sous Clinton, Robert Rubin, lui-même ancien patron de Goldman Sachs. Dans ces conditions, pourquoi s’étonner de la promptitude de l’administration US actuelle à sauver Citibank ? De surcroît, l’interconnection des diverses entreprises du secteur financier Américain rend les établissements étroitement dépendants les uns des autres du fait des multiples fusions encouragées - voire forcées - par l’Etat l’an dernier.

Comment s’étonner alors de la grande circonspection adoptée par les autorités US - Républicaine et Démocrate - dans le cadre de leurs discours en vue de ne pas déstabiliser ou semer le trouble dans les marchés ? Cette attitude consistant à dissimuler certains données cruciales à des marchés censés ingérer - puis refléter dans leurs prix - toutes sortes de nouvelles est-elle une attitude responsable de la part de nos autorités ? Enfin, si les marchés réagissent de manière tellement irrationnelle que la seule parade soit de leur cacher des informations, ces mêmes marchés sont-ils encore compatibles avec la démocratie, en tout cas la démocratie telle que la conçoivent nos Gouvernants ?


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28 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 16 mars 2009 10:27

    Bon article, merci.

    Peut etre que le système capitaliste à besoin de finance pour fonctionner, et s’approprier.

    Cela met bien en avant toute le paradoxe du liberalisme idéalisé, face aux réalité du monde, économique, financier et social.

    La loi du marché ne peut pas s’appliquer partout.


    • John Lloyds John Lloyds 16 mars 2009 10:32

      Chaque pays ayant ses propres intérêts à conduire du protectionnisme bancaire, le G20 s’annonce comme une cacophonie généralisée où se joueront les joutes de tirage de couverture. Les états-unis nagent à ce titre en plein riducule, eux qui idolâtrait le Dieu Dérèglementation, et qui chargent maintenant en interventionnisme à tout-va.

      Alors que le dernier espoir du G20 était une action concertée et synchronisée, les petites opérations chirurgicales entre amis mènent directement vers le protectionnisme d’état, c’est-à-dire vers le renouvellement de l’erreur qui mena à la grande dépression.


      • Michel Santi Michel Santi 16 mars 2009 10:38

        Oui et je pense que - hormis quelques décisions spectaculaires ( fragilisation du secret bancaire...) ou quelques effets de manche à la Sarkozy ou quelques platitudes à la Lagarde, rien de révolutionnaire ne naîtra de ce fameux G20.


      • JL JL 16 mars 2009 10:49

        Cet article pose les bonnes questions : le discours officiel ne tient plus. Le libéralisme qui dénie l’interventionnisme de l’État, lorsqu’il y fait appel le fait massivement, sélectivement et mensongèrement.

        "La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire. La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître. Un point c’est tout". (De l’autre coté du miroir)

        Nous sommes en présence d’un problème, non de logique mais de rapports de force : la puissance de l’argent a enfoncé tous les bastions de la démocratie.


        • TALL 16 mars 2009 11:29

          pas d’accord avec l’article
          si les états n’avaient pas empêché les faillites des gros, c’est toute l’économie mondiale qui s’effondrait avec des conséquences apocalyptiques bien pires encore qu’en 1929
          tout simplement inimaginable

          à noter que les 1ers bourgeons de la reprise sont déjà visibles, avec la montée de 70% de l’action Citybank suite à son début 2009 bénéficiaire, après un 2008 cata
          autre signe des temps : les marchés commencent à faire confiance aux états. avec Barclay qui monte de 20% suite à une demande de couverture de ses actifs toxiques par l’Angleterre
          il y a 3 mois d’ici, une telle nouvelle aurait fait chuter le cours


          • Walden Walden 16 mars 2009 12:55

            On est ravi pour vos actions Barclay et Citybank !
            Quant aux millions de nouveaux chômeurs, ils ne se tiennent plus de joie, et dans les bidonsvilles du monde entier, on craint des émeutes d’allégresse ...
             smiley


          • HELIOS HELIOS 16 mars 2009 13:03

            ... @ Tall, Désolé, mais de mon point de vue est totalement different. Nous sommes en train de vivre en direct un des plus grands hold-up de l’histoire... le train postal, c’est de la broutille !

            Dites moi -svp- en pourquoi notre système s’effondre, si on laisse crever la bouche ouverte les dinosaures que vous voulez appellez "banques" ?

            La réalité est que la plupart des dirigeants des pays occidentaux, et probablement une grande partie des autres, sont des gens qui ont bati leur pouvoir sur l’appui de ces entreprises qui vont mal aujourd’hui.

            L’abandon des banques en faillites serait salutable. evidement, il y en a pas mal qui vont se retrouver a la rue, au sens propre comme au figuré. pourquoi devrai-je pleurer, je ne me souviens pas les avoir vu hesiter a foutre des familles entiere dehors pour quelques milliers d’euros ou de dollars.

            Donc, je vous assure que l’economie ne s’en porterai pas plus mal, car, voyez vous, de l’agriculteur au petit industriel, tous ont un outil de production QUI MARCHE ! en vertu de quoi devrait-il s’arreter ? en fait, toute la société fonctionne parfaitement quand même SAUF...


            — - Les speculateurs qui ont besoin d’emprunter pour revendre dix fois pendant le voyage, le blé, le petrole ou les minerais qui sont sur les bateaux.... et au final en faire monter le prix sans aucune valeur ajoutée...


            — - Les "financeurs", qui ne financent que ce qui est 100% sûr alors que le taux d’interet sert (entre autre) a payer ce risque... et qui en profitent pour orienter l’ensemble de l’economie de la planete vers une dependance envers un systeme de credit qui est une sorte de redevance de toutes les activités a leur seul interêt...


            — - les ’corrupteurs" qui globalement tentent d’influencer la démocratie, les pays, les citoyens par les arbitrages pour leur seul avantages et dont la mondialisation qui serait une magnifique avancée si elle n’etait pas sous leur coupe...


            — - et enfin tous ceux qui renie l’intelligence de l’homme en voulant rendre TOUT ce qui existe marchandisable, comme la solidarité entre les familles, les peuples, les générations etc... au point qu’ils ontt réussi a creer, par exemple, des "fonds de pension par capitalisation" qui n’ont de sens que lorsque ils sont predateur sur l’economie et que cela leur rappporte a eux .. et qui continuent a detruire tous les systemes sociaux qui ne leur fant rien gagner.


            S’il faut des banques pour soutenir le systeme pendant la crise, pas de problème, les etats peuvent en nationaliser une ou deux et porter ainsi l’economie dans ses rouges financiers SAINS.

            Les autres DOIVENT MOURIR, c’est le destin des structures qui ne peuvent s’adapter ou qui deviennent insupportables.


          • HELIOS HELIOS 16 mars 2009 18:11

            euh... une fois retiré les spéculateurs, le problème des subvention s’eteint de lui-même.

            Je comprends bien votre commentaire, mais je n’adhère pas a votre démarche intellectuelle.

            Vous pouvez voir les subventions a l’agriculture comme :

            — - une mesure de solidarité envers des productions peu ou pas rentables

            — - une mesure de douane négative
            dans tous les cas une opération de regulation.
            Cela fonctionne normalement sans (ou tres peu d’effet pervers) sauf lorsqu’il y a manipulation economique par derriere.

            Pensez vous sincerement que les agriculteurs européens soient prets a produire les quantités de blé nécessaire si on ne les aide pas ? au prix du marché, plus personne n’en cultive et nous nous retrouvons clairement dans la situation actuelle avec la chine, c’est a dire que nous importerons tout notre blé d’ailleurs, un ailleurs que les conditions climatiques et sociales favoriseront.

            En retirant les subventions, les agriculteurs "d’ailleurs" ne produirons plus que pour nous, a vil prix, et garderons leur conditions pourries.

            En gardant nos subventions, nous nous assurons que la filiere agricole vive avec nos conditions sociales a nous, mais en plus produise en quantité suffisante pour exporter vers ceux qui n’en n’ont pas assez... sous reserve que nous appliquions les vrai prix de productions hors subvention...

            Vous confondez (peut être) les subventions et la razzia qu certains pratiquent dans les pays moins favorisés en leur imposant des cultures dont ils n’ont pas besoins au détriment du minimum vital dont ils ont besoin.


          • TALL 17 mars 2009 08:47

            Walden et Helios
            Désolé, mais vous mélangez tout : la spéculation, l’investissement, la nécessité de régulation et celle de sortir de cette crise.
            Je répète que c’est aberrant de laisser entendre qu’il aurait fallu laisser faire la sélection naturelle. C’est ce qu’on a fait en 1929, et c’aurait été encore bien pire aujourd’hui.

            Rectif pour Citybank qui vient hier encore de gagner 30%, ce qui fait un gain de 130% depuis le 5 mars smiley
            Idem pour pour Bank of America qui a pris près de 100% sur la même période smiley

            Mais que les camarades de la secte du Grand Soir ne se découragent pas
            On les aura ces sales capitalistes !
            Le siècle prochain, peut-être, ou encore après, mais on les aura !
            C’est la luuuuuuuttteeee finaaaaaale ! smiley


          • wesson wesson 23 mars 2009 00:06

            @Tall,

            "Rectif pour Citybank qui vient hier encore de gagner 30%, ce qui fait un gain de 130% depuis le 5 mars
            Idem pour pour Bank of America
            qui a pris près de 100% sur la même période"


            Effectivement, pour 2 banques qui était il y a moins de 1 mois dans les tuyaux des nationalisables en catastrophe, leur rétablissement tient tout simplement du miracle ....

            ou, plus logiquement du tripatouillage des chiffres qui leur permet de ne pas s’effondrer totalement en entrainant tout autours d’elles.

            Parce que là, les miracles à wall street s’enfilent comme les perles sur un chapelet, et forcément à trop en voir, on commence par ne plus tellement y croire...





          • plancherDesVaches 16 mars 2009 11:52

            Cela fait bien longtemps que la sélection naturelle n’est plus de mise aux US...
            On passe ainsi de la direction de groupes financiers au gouvernement et inversement.
            Loi anti-strust... ? juste un exemple : cette loi avait obligé à la création d’Exxon et de Mobil...regroupés en 99

            Et lorsqu’il s’agit d’honorer des contrats d’assurance qui ont rapporté des milliards à AIG, là, le peuple américain se révolte que les aides partent en Europe... :
            http://www.lesechos.fr/info/finance/300336896-le-soutien-public-a-aig-a-sauve-la-mise-aux-banques-europeennes.htm
            Ce peuple n’a qu’une obsession : vivre sur le dos des autres.

            http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=95631

            "Personne, pourtant, ne semble voir le problème sous-jacent à ce casse-tête, à savoir la nécessité de réformer le rêve américain lui-même"
            Là est leur problème.


            • Walden Walden 16 mars 2009 13:03

              "Ce peuple n’a qu’une obsession : vivre sur le dos des autres."

              Bien sûr, il n’en va pas du tout de même des autres peuples qui ne sont en rien responsables ?...

              Soyons sérieux, il y a des américains qui profitent et d’autres qui subissent... et la caste des profiteurs n’a pas de frontières.


            • plancherDesVaches 16 mars 2009 13:57

              Walden, vous devriez vous rendre compte que l’american dream représente une quasi religion, chez ces "chers" cowboys.
              Ne nous reste plus qu’à défendre un modèle intermédiaire entre l’american dream et le chinesse dream.
              Pour cela, je compterais plus sur les Allemands que sur les Français, et encore plus à l’heure actuelle...Manque de bol, l’Allemagne a une élection proche qui tombe TRES mal. La Chancelière ne peut avoir les reins solides. Mais bon : tant que le (ou la) gagnant(e) pense à son pays plutôt qu’à lui, le peuple aura AUSSI gagné.
              C’est pas en France qu’on verrait ça, hein ?


            • plancherDesVaches 16 mars 2009 14:15

              Je viens de réaliser : système américain et chinois sont identiques : une caste dirigeante et un peuple qui rame....
              Ouais, bon : la suite des événements coupera naturellement la tête à ceux qui sont allés trop loin. L’empire romain en est le meilleur exemple.
              Le pire est qu’ils sont les inventeurs de : "Medice, curate ipsum". Faut le faire, quand-même.


            • Dominique Larchey-Wendling 16 mars 2009 12:26

              @ l’auteur,

              Venez-vous de découvrir que le "libéralisme" n’existe pas et qu’il s’agit juste d’un outil de propagande du plus fort pour imposer SA rêgle du jeu (càd celle qui sert avant tout ses propres intérêts) au plus faible ?

              On ne laisse pas tomber les banques parce que sinon, c’est l’Etat US et la dette US qui se trouve décrédibilisées (aux yeux de ses créancier chinois par exemple mais pas seulement) et c’est la mort du dollar et donc de la puissance US.

              Le peuple américain va payer très très cher le rêve d’empire de ses élites stupides et corrompues. Qu’il ouvre encore un peu les yeux et les USA exploseront en petits morceaux ... à moins que dans leur bétise sans fond, ces mêmes élites ne décident d’emmener la terre entière avec eux ... ce que mêmes les aparatchiks soviétiques n’ont pas osé faire.





              • Dominique Larchey-Wendling 16 mars 2009 16:11

                "nous qui vivons sur un confort en partie construit sur la spoliation ... nous en faisons partie."

                Vous avez raison ... c’est notre héritage et j’en serais complice si je ne le dénonçais pas comme tel. Malheureusement, nous n’aurons pas la paix tant que la majorité des occidentaux penseront que cet héritage est la rançon de "la supériorité de leur civilisation."

                Il ne s’agit pas de s’excuser pour notre histoire, il s’agit d’arrêter l’hypocrisie et les mensonges et de définir un stratégie de sortie de l’empire et de ses crimes.


              • Internaute Internaute 16 mars 2009 12:26

                Trés bien vu. Il s’agit effectivement d’un réflexe corporatif. Les gars de GoldmanSachs tiennent les finances américaines et ne sont pas prêts à lâcher le morceau. Ils ont toutes les places au gouvernement US pour arroser leur banque avec les impôts du contribuable. Par exemple, les aides sont faites sous le sceau du secret, les officiers publics (Congrès, Presse) n’ayant pas à savoir qui reçoit les milliards distribués par le contribuable.

                On peut en avoir une petite idée en regardant comment ces gens se réunissent. Lors de la discussion de la nouvelle aide accordée à AIG (qui est un assureur) se trouvait le président de Goldman Sachs, une filiale de CitiGroup, lequel n’a rien à voir avec AIG. Que faisait-il là ? Quand on sait que GoldmanSach a spéculé à fond sur la faillite des autres (Lehman Brother, GM par exemple) en achetant des CDS à (tenez-vous bien) AIG, et que maintenant AIG doit payer ces CDS, c’est à dire payer à GoldmanSachs les pertes géénrée par Lehman Brothers, on comprend mieux que ce monsieur soit accroché au pis de la vache à lait pour être sûr de recevoir son jackpot.

                Le contribuable américain continue de financer à tout va les gains de ceux qui ont spéculé sur la ruine de l’économie américaine.

                Yes we can,.... we can fuck you as usual.


                • zelectron zelectron 16 mars 2009 12:57

                  Il n’en demeure pas moins que "la crême" des cadres dirigeants de ces établissements aient échapés à la "selection naturelle".

                  Quid de leur décimation annoncée (et réclamée avec le pouce en bas comme dans l’arène de Rome) ?


                  • Eloi Eloi 16 mars 2009 13:45

                    Merci pour cet article

                    Quelques objections cependant :
                    * la plus grosse (et fondamentale) différence entre la loi du marché et la sélection naturelle, c’est que dans la nature, les gènes d’un individu sont une donnée inaltérable, tirée au hasard, et dont personne n’a conscience. Dans les sociétés humaines, les opinions d’un individu changent, les choix sont extrêmement influencés par le suivisme et les modèles économiques changent plus ou moins immédiatement la réalité dès qu’énnoncés. A mon sens ces différences sont suffisamment fondamentale pour éviter de faire un calque
                    * une autre différence : dans la nature, la transmission de l’information est lente. Dans nos systèmes hautement interconnectés, automatisés et ultra-émotifs, l’information elle-même devient dangereuse : la fameuse crise de confiance. Les animaux ne meurent pas de peur à savoir qu’un groupe de congénère est mort à 1000 km. Pour aller plus loin, si l’on suppose une boucle de rétro-action (nécessaire pour la théorie libérale afin d’expliquer l’optimisation des prix) cette rapidité d’information et son amplification au travers du monde, peut s’assimiler à un "gain d’asservissement" énorme : il y a risque de "pompage", voire même de système d’asservissement explosif...
                    * le libéralisme repose sur la notion de crise, qui permet le réajustement du prix au fameux prix optimal à chaque instant. Cette crise peut aller de la mini-crise (baisse des ventes d’un produit), à la crise moyenne (faillite d’une grosse entreprise) jusqu’à la crise systémique (destruction de tout le système économique). Si une éruptions solaire hypothétique fait monter la température de la Terre de 1000°C pendant 1 an, je ne suis pas sûr que la moindre cellule vivante parviendra à survivre pour se réajuster au nouvel optimum : les niches écologiques seront vides, mais personne ne sera là pour les remplir. Probablement y a-t-il de la corruption à l’origine de l’action politique, mais m’est plus avis que nos responsables politiques (et nos vampires financiers) ont surtout les chocottes de retourner travailler la terre ou se faire décapiter au passage

                    Pour finir, je tiens à affirmer que la convergence du prix vers un prix optimal à chaque instant, n’a jamais été démontrée. Et je tiens comme contre-exemple que dès que le prix lui-même devient contraignant pour la survie (prix de la baguette de pain en période de disette), les mécanismes spéculatifs le font exploser.

                    Cordialement


                    • Gaëtan Pelletier Gaëtan Pelletier 16 mars 2009 13:57

                      Je ne sais pas si c’est démocratique de « voler » le peuple, les petits épargnants, et les retraités. Et de bousiller le futur.

                      Comme le souligne plancher des vaches :

                      "Personne, pourtant, ne semble voir le problème sous-jacent à ce casse-tête, à savoir la nécessité de réformer le rêve américain lui-même"
                      Là est leur problème.

                      Il le faudrait, mais les républicains sont en train de dire qu’Obama en fait trop...


                      • TALL 17 mars 2009 08:33

                        Merci Mage.
                        Je sais que tu ne le fais pas pour moi, mais par principe, et c’est d’autant + valable
                        Maintenant je te donne un tuyau en retour.
                        La logique de fonctionnement de ce site n’est pas celle d’un média citoyen normal, c’est la logique de Cybion dont le job est d’étudier les comportements sur internet.
                        C’est surtout en ce sens que les votes avec repliage ont leur utilité.


                      • TALL 17 mars 2009 08:51

                        Salut l’ami  smiley 


                      • TALL 17 mars 2009 09:17

                        et l’Alsace aussi ...
                        t’as plus de news de DW ?
                        je l’ai mailé, il ne répond pas


                      • TALL 17 mars 2009 10:24

                        exact, c’est la même connerie dans tous les forums du web sur l’actu
                        sauf qu’ici, la connerie est dans les nartics en +

                        tiens à propos, tu savais que l’Iran a des bombes atomiques ricaines ?
                        si, si ....
                        le scoop vient du mec qui a annoncé l’invasion de l’Iran 2 fois en 2 ans ici, et aussi l’assassinat de Betancourt par la CIA, et tout et tout ...
                        un crac, le mec, expert en gépolitique...
                        ya juste le matin qu’il a un peu dur à retrouver son calcif, mais sinon, il est fortiche

                        ici, on est chez les mecs qui annoncent la fin du capitalisme pour avant-hier ....
                        des experts en économie, ouais, ouais ....c’est marqué dans leur cv, donc ...


                      • mcm 17 mars 2009 10:35

                        Tall, Capitaine, vue la ligne éditoriale, c’estsibion doit aussi avoir quelques engagements politiques.


                      • TALL 17 mars 2009 10:39

                        clients politiques pour faire des "sondages" ... c’est clair


                      • bob 16 mars 2009 21:46

                        Pfff, vous dites beaucoups de choses interessantes mais qui devraient etre approfondies pour reellement donner un avis plus ou moins favorable.

                        Dans un contexte de marche libre et non fausse, vous avez tout a fait raison : les etablissements trop endettes et condamnes a mourir devraient faire faillite et voir leurs restes redistribues ( pardon, rachetes). Il reste neanmoins que le probleme majeur est que nous ne vivons pas dans un monde de concurrence pure et parfaite. Une minorite de gens, pourtant soumis aux memes lois que leurs congeneres moins fortunes, se sont dotes de privileges ( lois privees) et se sont mises a profiter du systeme sur des bases proche de la delinquance.

                        Vous vous demandez, a juste titre, pourquoi les etats ne laissent pas la loi du marche suivre son cours. Il apparait tres clairement que les differents gouvernements ne cherchent pas a sauver les banques en elle-meme mais les dirigeants de ces banques qui ont une certaine influence. Le but de ces manoeuvres est de sauver les antipathiques cadres dirigeants ainsi que les actionnaires majoritaires voire meme les zinzins ( investisseurs institutionnels). Aussi comprendrez-vous que la politique qui consistait a laisser ces tetes pensantes a leur poste est vite devenue encombrante des lors qu’elle preconisait le contraire. Voila pourquoi d’une politique de deregulation anarchique, le monde en est venu a une subvention a tout va avec neanmoins l’idee de financer ces etablissements le plus longtemps possible pour que chacun puisse y retirer le maximum de ses billes ( qu’il a abondemment perdu a l’annonce de la crise qu’aucun journal d’economie n’avait serieusement prevu).

                        A cela s’ajoute le fait que la chute d’etablissements majeurs retarderait la fin de la crise voire meme l’amplifierait. Les capitaux iraient s’investir ailleurs et menaceraient la suprematie americaine.


                        • wesson wesson 17 mars 2009 00:58

                          Bonsoir l’auteur,

                          "Notre système financier, dont à l’évidence font partie intégrante ces institutions financières, est toutefois nettement plus important et solide qu’un géant bancaire comme Lehman Brothers ou comme Citibank."

                          Amen ! et fin de la lecture. 

                          que voulez-vous, quand on parles de religion, de suite je suis moins captivé !

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