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Marges arrières et prix élévés : les députés s’occupent de commerce !

Je voudrais revenir sur un sujet qui réapparait de temps en temps dans les médias, souvent d’alleurs à l’Initiative de Michel Edouard Leclerc, qui est la fameuse loi Galland qui pour moi est l’archétype de ce que nos députés devraient s’abstenir de faire, considérant leur méconnaissance du commerce.

Tout d’abord un mot sur l’attitude des Pouvoirs publics à l’égard des Grandes Surfaces.La Grande Distribution a été pendant des années le chouchou de notre administration pour la bonne raison qu’elle aidait à controler l’inflation et à faire baisser les prix. Sans compter qu’elle créait des emplois. Tout au moins tant que l’on ne parlait pas de ceux qu’elle detruisait en parallele.

Et puis , l’inflation ayant baissé, le vent se mit à tourner, on s’aperçut qu’en même temps qu’elle prenait de l’importance elle detruisait le petit commerce, qu’elle pressurait les petits producteurs au maximum et également qu’elle avait réussi à enlaidir considérablement la periphérie de toutes nos villes tout en désertifiant les centres villes.On s’aperçut également que toute à leur lutte fratricide pour gagner des parts de marché, les Enseignes flirtaient en permanence avec la vente à perte. L’une des armes de leurs services achat pour mieux assservir les producteurs, petits ou grands, était les fameuses marges arrières qui ne sont rien moins que des redevances payées par les producteurs en paiement de certains services plus ou moins « bidon » comme les primes de coopération commerciales, prime de gondoles, de fin d’année etc. Tous systèmes bien connu du commerce qui s’intègrent de toute façon pour l’acheteur dans son calcul du prix de revient final du produit et qui permettent pour le vendeur de différencier ses prix d’un client à l’autre en fonction des volumes d’engagements, des rélations historiques avec tel ou tel client et de l’habileté des uns et des autres à bien négocier. Toutes choses parfaitement légales mais que notre philosophie d’obédience administrative, socialiste et égalitaire a de la peine à supporter.

Car qu’est ce que la négociation commerciale si ce n’est l’art de faire des prix différents à vos clients en fonction justement de cette équation, volumes achétés, qualité de la relation, et habileté des négociateurs ? Alors que le rève de nos administrations et politiciens est celui du même prix pour tous, petits ou grands, habiles ou mauvais négociateurs. L’extension du prix régulé et fixé par l’Etat à l’ensemble des produits du marché !

Moyennant quoi, sous le pretexte de protéger les petit commercants ou fournisseurs, on inventa la loi Galland qui d’une part reconnaissait les fameuses marges arrières, empechait les grandes surfaces d’en tenir compte dans leurs prix de ventes et donc etait censé permettre aux « petits » d’avoir de prix plus compétitifs.Et définissait la notion de« vente à perte » ou de « prix minimal autorisé » qui excluait la prise en compte des marges arrières

Le résultat en fut que les prix augmentèrent et que les marges arrières, que la grande distribution au contraire développa jusqu’à des pourcentages du prix officiel exhorbitants, se transformèrent automatiquement en bénéfice. Et que le régime de liberté des prix censé être le nôtre en prit un sacré coup.

Le petit commerçant continua a souffrir et a survivre modestement, tant il est vrai que la concurrence Grande Surface/Petit Commerçant ne peut se faire sur le prix-mathématiquement plus élevé chez le petit commerçant- que sur d’autres aspect du service au client comme la proximité du magasin,l’amabilité du commerçant, les services annexes(livraison, crédit) etc.

L’heure étant à nouveau à la baisse des prix et à son corollaire le pouvoir d’achat, nos pouvoirs publics se remirent donc à l’ouvrage par la persuasion forcée comme l’épisode Nicolas Sarkozy, puis par la remise sur le tapis de la révision de la loi Galland.La protection du « petit » devenant alors négligeable.

Nos Députés, Senateurs et ministres ont donc remis l’ouvrage sur la table et ont accouché d’une énième reforme qui prendra effet au 1er Janvier 2007 dans laquelle la mesure la plus emblématique est de limiter les marges arrières à 15pct maximum. Après de long débats dans les deux assemblées pour savoir si cette limitation devait être de 20, 15 voire 10pct ! C’est dire l’importance de la chose.

Suite de l’aventure debut 2007 pour voir l’effet qu’aura tout ce temps passé pour légiférer et controler, encore et toujours, ou en corollaire de voir combien de temps il faudra à l’inventivité des services commerciaux ou achats des producteurs et acheteurs pour trouver une parade.


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2 réactions à cet article    


  • l'association CLCV 34 association CLCV 34 28 juillet 2005 19:47

    Bonjour !

    Je voulais citer ce communiqué de mon association, qui offre sur le sujet un point de vue légèrement différent au vôtre, pour le compléter : il date du 16 juin dernier :

    "Réforme de la loi Galland : Les sénateurs offrent 20% de marges aux distributeurs

    Le Sénat a adopté hier l’article 31 du projet de loi sur les PME réformant le calcul du seuil de revente à perte. Sur la proposition du gouvernement, il est maintenant légalement reconnu aux distributeurs le droit de conserver des marges arrière pouvant représenter jusqu’à 20% du coût du produit. Ces sommes iront directement alimenter les bénéfices des distributeurs, au détriment du pouvoir d’achat des consommateurs.

    Alors que le système des marges arrière est aujourd’hui reconnu par tous comme l’un des facteurs essentiels ayant conduit à une augmentation inconsidérée des prix des produits de marque au cours de ces dernières années, les parlementaires ont choisi de légitimer cette pratique, qui plus est en la fixant à un niveau qui n’est aujourd’hui même pas atteint dans certains secteurs de la distribution.

    La CLCV regrette très vivement que le gouvernement comme les parlementaires aient oublié l’objectif premier de la demande de réforme de la loi Galland : faire bénéficier les consommateurs de plus de concurrence entre distributeurs et entre fournisseurs, et leur rendre le pouvoir d’achat confisqué par le développement inconsidéré de marges non répercutables sur les prix.

    La CLCV appelle les députés, qui seront prochainement appelés à voter sur ce texte, à prendre en compte les attentes légitimes des consommateurs sur ce point, en adoptant un texte qui permette un véritable changement du système et qui assure un effet réel sur les prix. "


    • CaDerange (---.---.188.160) 29 juillet 2005 10:28

      Réponse de CaDerange : Un commentaire sur votre propre commentaire:Les 20pct de marge arrière reconnues par les députés dans la modification de la loi Galland en cours sont tout à fait légaux en régime de liberté des prix.C’est le calcul du seuil de vente à perte dans la loi qui empechait de les considerer comme un élément du prix payé par le distributeur et de ce fait de les faire passer directement dans les bénéfices du distributeur.

      Je peux vous assurer que, quoiqu’il advienne de la loi Galland, les services Achats des distributeurs conserveront leur prix et leur marges d’une manière ou d’une autre.Simplement ils pourront de nouveau fixer leurs prix à partir de leur prix d’achat, Marges arrières comprises, et donc on devrait constater une baisse des prix au consommateur.

      Mais, comme les actionnaires de ces sociétés attendent un résultat d’exploitation au moins identique à celui de l’année précédente-cad avant modification de la loi Galland- il va falloir qu’ils trouvent ailleurs ce qu’ils vont perdre sur les marges arrières.Résultat:Nous assisterons inévitablement, en même temps que les baisses de prix, à des restructurations et des diminutions d’effectifs pour maintenir le résultat qui sans céla, soit ferait baisser le cours de l’action, soit même pourrait résulter en un changement de management.

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