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Accueil du site > Actualités > Economie > Marketing : pourquoi tant de haine ?

Marketing : pourquoi tant de haine ?

Depuis quelques années, la marotte favorite de certains journalistes, mais aussi de citoyens ordinaires, consiste accuser le marketing de tous les maux.

La folie des marques qui obsèdent les jeunes ? C’est du marketing ! Les produits que l’on achète sans en avoir besoin ? C’est du marketing ! La publicité intrusive sur internet, les affiches 4x3 qui défigurent les villes ? C’est du marketing ! L’ordinateur qui tombe en panne pile après l’expiration de la période de garantie ? C’est du marketing ! La société de consommation qui détruit l’environnement ? C’est encore du marketing !

Quelle est cette discipline mal aimée du public ?

Le marketing comporte de nombreux domaines d’application. L’un des plus connus est le marketing opérationnel, centré autour du concept de marketing mix.

Le marketing mix comprend 4 secteurs d’action majeurs :

- la politique de prix, qui consiste essentiellement à choisir entre un prix bas et des volumes élevés d’une part, un prix élevé avec de faibles volumes d’autre part. Le contexte concurrentiel joue bien évidemment un rôle dans ces deux alternatives, en favorisant généralement le consommateur (cf. les prix et les performances de l’informatique grand public) ;

- la politique de produits ou de services, dont le rôle est de coller au plus près aux attentes multiples des consommateurs. Ainsi, certains consommateurs vont privilégier les dentifrices qui donnent les dents blanches, d’autres ceux qui apportent une haleine fraîche, d’autres ceux qui s’attaquent aux caries...

- la politique de distribution, qui vise à permettre aux consommateurs d’acquérir le produit. Ainsi, un logiciel pour être distribué en grande surface, en magasin spécialisé, par Internet via le téléchargement...

- la politique de communication, dont l’objectif est d’informer le consommateur sur l’existence de produits et sur leurs caractéristiques. En imaginant par exemple qu’un génial inventeur ait enfin créé la machine à repasser (on jette les vêtements en vrac dans une machine, qui en ressortent impeccablement pliés), il faudra bien que nous, humbles consommateurs, en soyons informés.

C’est naturellement le dernier de ces domaines qui est le plus décrié : la communication, qui comprend notamment la publicité, mais aussi le lobbying, les relations publiques, etc.

En effet, la frontière est ténue de l’information à la surinformation, voire au matraquage. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Une alternative au marketing : le non-choix

Il y a quelques années, j’ai fait l’expérience de passer mes vacances dans un pays communiste : il s’agit des Seychelles (ce n’est pas une plaisanterie).

C’est assez peu connu, mais c’est pourtant une réalité. Pour vous en donner une idée, nous avions demandé à un enfant de huit ans qui sortait de l’école ce qu’il étudiait en ce moment. Réponse : Marx.

Aux Seychelles, le problème de choix entre les produits n’existe pas. Vous voulez du savon ? Il y a le savon de l’État. Oubliez le savon crème, le pain dermatologique, le savon d’Alep, le savon de Marseille, le savon des stars. Le savon de l’État convient à tous.

Vous voulez du lait ? Oubliez le lait écrémé, le lait entier, le demi écrémé. Le lait de l’État convient à tous.

De façon assez cocasse, l’organisme qui se charge des achats et de la distribution de ces merveilleux produits s’appelle le Seychelles Marketing Board.

D’aucuns ne manqueront pas de dire : « Il s’agit quand même des Seychelles, ce n’est pas l’enfer sur Terre ! » Soit, je dois admettre que je n’ai pas eu l’honneur et le privilège d’examiner la vision Nord-Coréenne de l’adaptation aux besoins du consommateur.

Toujours est-il que ce genre d’expérience, bien moins problématique à vivre quand on passe en touriste que quand on la supporte toute l’année, amène à prendre du recul.

Créer des besoins ?

À mon avis, il y a un grand malentendu sur ce qu’est le marketing, qui tient notamment à la notion de besoin.

Ainsi, l’expression « c’est du marketing » est censée illustrer le fait qu’un produit est vendu à un consommateur sans qu’il n’en ait aucun besoin, par une approche commerciale agressive et un matraquage publicitaire.

Aujourd’hui, le marketing est souvent défini comme un outil permettant de «  créer des besoins », y compris dans les universités et dans les écoles de commerce.

Or, peut-on vraiment créer des besoins ?

Comme Maslow l’a mis en évidence, tous les besoins sont préexistants : des besoins physiologiques aux besoins d’accomplissement personnel. Dès lors, le seul rôle que le marketing peut avoir, c’est de répondre à ces besoins.

Pas de les créer.

Ainsi, a-t-on créé le besoin de télévision ? En aucun cas. La télévision a dès l’origine répondu à un besoin de loisirs, d’occupation du temps libre, éventuellement un besoin d’estime (cf. les écrans plasma). Mais en aucun cas la télévision ne constitue un besoin en elle-même. Elle disparaîtra d’ailleurs, quand le besoin qui était à son origine, sera satisfait par de nouveaux produits. La part de temps de loisirs consacrée à la télévision diminue d’ailleurs actuellement au profit d’internet (les deux augmentent en valeur absolue, mais Internet progresse plus vite).

Le marketing n’a donc pas qu’une face sombre. Le fait de pouvoir bénéficier de produits diversifiés, de pouvoir choisir selon ses besoins, de savoir qu’un produit existe, cela a aussi du bon. Pour illustrer ce propos, toutes les victimes comme moi du syndrome des chaussettes orphelines vont pouvoir respirer en tapant « filet lavage chaussettes » sur leur moteur de recherche favori. Merci, le marketing !



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51 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 3 septembre 2007 11:27

    sachant le coût excessif des produits importés dans un petit pays insulaire tel que les seychelles , ils ont plutôt interêt à utiliser les produits de base produits localement et je vois pas l’interêt de défigurer ces iles magnifiques avec des panneaux publicitaires


    • Bigre Bigre 5 septembre 2007 08:59

      Et vu la politique familiale assez mafieuse qui règne au Seychelles, on voit mal pourquoi ces gens perdraient du temps à essayer de garder leur monopole dans un marché ouvert alors qu’un marché fermé leur est si profitable.


    • bulu 3 septembre 2007 11:56

      La demonstration repose sur le fait que dans les pays communistes, il n’y a pas de choix et que la vie est bien triste.

      Je vous rassure, presque plus personne de nos jours n’aspire au communisme mais par contre presque tout le monde denonce les exces de la com. Et il se trouve que le marketing travaille maintenant a l’uniformisation puisqu’il devient mondial : de Rosny 2 (93) a Prague en passant par Lima, vous trouverez McDo, Zara, H&M, l’occitane et autres ...avec des djeunes habilles avec des puma a 90 EUR fabriquees par des esclaves en Chine...


      • Christoff_M Christoff_M 4 septembre 2007 11:03

        d’accord et vous pouvez rajouter des grandes surfaces européennes en Turquie, des pizzas, des boites de hamburgers, des chaines de restos chinois, et les sodas américains imposés dans tous les bouis bouis locaux, des supermarkets de jeans style Lee, des super de bricolage et des hotels accord !

        il y en a encore qui parlent de diversité et d’intéret pour le consommateur !! demandez au producteur local obligé de vendre à perte et qui n’a pas les millions de la pub ni les moyens d’etre en tete de gondole ce qu’il pense du marketing, toujours les bo mots anglais pour masquer une triste réalité c’est ça le marketing...

        il s’est meme invité en politique avec Sauzé et Seguela, on a vu le résultat desastreux sur le niveau des débats dans les dernières elections... bon il faut que je vous laisse j’ai du scanning et il faut que je proofe mes prints... voila moi aussi je me mets à parler comme eux !!


      • ZEN ZEN 3 septembre 2007 12:17

        "Comme Maslow l’a mis en évidence, tous les besoins sont préexistants : des besoins physiologiques aux besoins d’accomplissement personnel. Dès lors, le seul rôle que le marketing peut avoir, c’est de répondre à ces besoins.

        Pas de les créer."

        Encore un auteur qui prend les effets pour les causes...Un tissu d’absurdités.Comme si les besoins n’étaient pas le produit d’une culture, d’une époque historique et d’un système économique...Un peu d’anthropologie ne nuirait pas...

        Le recours aux besoins dits « naturels » est le meilleur alibi du marketing et du système économique qui le rend possible...


        • Vilain petit canard Vilain petit canard 3 septembre 2007 14:16

          Pas mieux.


        • La mouche du coche La mouche du coche 3 septembre 2007 20:07

          ..Pas mieux.


        • Forest Ent Forest Ent 3 septembre 2007 12:29

          Numériquement, le marketing n’existe pratiquement pas. L’immense majorité des gens qui disent le pratiquer font en fait tout simplement de la vente.

          La réclame est un outil controversé. Ses tenants disent qu’elle permet d’informer les clients des produits disponibles. C’est vrai en théorie, et assez peu en pratique.

          Su 450 milliards US$ de pub annuelle dans les médias, une grande majorité est faite sur des marchés mûrs : hygiène et cosmétiques, voitures, alimentation, ... Y a-t-il besoin d’une pub Ford pour savoir que Ford existe et vend des voitures ? Non, c’est une question d’« image ». D’ailleurs, dans une pub pour une voiture, on ne parle JAMAIS du produit. La pub fabrique une image qui constitue la valeur ajoutée du produit plus que le produit lui-même. Pour une boisson en boîte, dans le prix de vente, la pub pèse 3 ou 4 fois la boisson.

          Il y a un truc que j’aimerais bien que l’auteur m’explique : comment se fait-il que les opérateurs GSM (SFR, Orange, BT) aient été parmi les premiers annonceurs en France dans le même temps où ils s’étaient partagé le marché et entendus sur les prix ?


          • Gypse Gypse 9 septembre 2007 12:12

            @Forest Ent Tout simplement de la vente ? Mais c’est très bien, la vente. D’ailleurs, quand il m’arrive de passer dans un magasin de bricolage, je passe mon temps à chercher des vendeurs.

            Il va de soi que le marketing a pour but de vendre. Mais il prend aussi de plus en plus compte des besoins des consommateurs. Pour ne pas l’avoir fait, de nombreuses entreprises ont aujourd’hui disparu.

            Par ailleurs, le marketing emploie nombre de personnes qui ne sont pas elles-mêmes dans la vente. Etudes de marché, conception des produits, distribution des produits, et bien entendu publicité offrent autant de métiers qui ne sont pas de la vente stricto sensu.

            Votre remarque sur les marchés mûrs appelle un commentaire. En matière d’automobile, connaissez-vous la phrase d’Henry Ford qui disait, parlant de sa Ford T : « mes clients peuvent choisir la couleur de leur voiture, du moment qu’elle soit noire ». Aujourd’hui, pour avoir été moins attentifs aux besoins des consommateurs que leurs homologues japonais, les constructeurs américains perdent des sommes colossales. Dans le même temps, les dernières publicités pour des voitures que j’aie vues parlent bien de ce qui nous intéresse dans le produit : gagner du temps avec le GPS, renforcer sa sécurité avec de l’ABS...

            Concernant les boissons gazeuses, j’aimerais bien avoir vos sources, et surtout un découpage intégral du prix : le liquide lui-même, le conditionnement, le transport, la marge des uns et des autres et enfin la pub.

            En quoi est-il choquant que la publicité coûte le cas échéant plus cher que le liquide lui-même dans les comptes de l’entreprise ? Je n’ai aucune obligation d’acheter tel ou tel produit, et si je préfère boire de l’eau du robinet plutôt que tel ou tel soda, je le fais sans scrupule.

            La question des opérateurs GSM est un problème d’oligopole, pas de marketing. Le fait qu’ils fassent beaucoup de publicité est lié à la forte expansion du marché, dont ils veulent tous profiter.

            Je conviens avec vous que la question du respect des conditions loyales de la concurrence est aujourd’hui un vrai problème, et qu’il faut étoffer les services de la Direction de la Concurrence et de la Consommation, garante du respect des règles du marché.


          • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2007 15:12

            « Tout simplement de la vente ? Mais c’est très bien, la vente. »

            Tout à fait. Je disais cela juste pour attirer l’attention sur une confusion répandue. En particulier, c’est plus la réclame que l’on accuse de créer des besoins.

            « le marketing prend aussi de plus en plus compte des besoins des consommateurs »

            La réclame prend en compte leurs attentes. Par exemple, l’agro-alimentaire vend des produits « light » qui ne sont pas light.

            « les dernières publicités pour des voitures que j’aie vues parlent bien de ce qui nous intéresse dans le produit : gagner du temps avec le GPS, renforcer sa sécurité avec de l’ABS... »

            De ce qui vous intéresse. Moi, ce que j’attends d’une voiture, c’est qu’elle dure longtemps et ne coûte pas trop cher en réparations. Jamais vu de pub là-dessus.

            « Concernant les boissons gazeuses, j’aimerais bien avoir vos sources, et surtout un découpage intégral du prix : le liquide lui-même, le conditionnement, le transport, la marge des uns et des autres et enfin la pub. »

            Arf. Je vais avoir du mal à retrouver, mais ça doit être faisable. J’ai lu cet exercice pour budweiser. De tête, la bière était vers 10% et la boîte vers 15%.

            « En quoi est-il choquant que la publicité coûte le cas échéant plus cher que le liquide lui-même dans les comptes de l’entreprise ? »

            Choquant n’est pas le terme. Cela montre simplement que la réclame est un produit en soi.

            Ce que je voulais dire en substance est qu’aujourd’hui l’essentiel de la valeur ajoutée de la pub n’est pas situé sur la connaissance du produit ou les besoins des consommateurs, mais sur une « image », c’est à dire un produit vaporeux qui masque le produit réel.

            Pour les voitures, le fait que telle ou telle entreprise ait su plus ou moins s’adapter au marché n’a rien à voir avec l’image qu’elle a cherché à en donner. Il s’agit plus de management et de stratégie. La frontière avec le marketing est ténue. La distance avec la réclame est colossale.

            « la question du respect des conditions loyales de la concurrence est aujourd’hui un vrai problème, et il faut étoffer les services de la Direction de la Concurrence et de la Consommation »

            A mon avis, il vaudrait mieux enfin pénaliser le sujet, et c’est exactement la direction inverse que semble prendre le gouvernement.


          • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2007 16:16

            A propos de voitures et de prix, le cas de la logan me semble intéressant. Voila une voiture sans GPS ni ABS qui se vend très bien sans aucune pub.


          • Gypse Gypse 10 septembre 2007 06:29

            @Forest Ent Concernant les produits soi-disant light, je suis comme vous choqué par l’escroquerie intellectuelle qui consiste à faire croire que les édulcorants permettent d’obtenir un produit light.

            On maintient le public dans l’habitude du goût sucré, là où il serait tout à fait possible de simplement diminuer le dosage du sucre.

            Pour autant, je vois actuellement des progrès, notamment sur les yaourts sucrés, dans lesquels la dose de sucre diminue, sans être remplacée par des édulcorants. Vous me direz qu’il vaut mieux que les yaourts soient mangés sans sucre, et vous aurez raison. Mais c’est déjà un pas.

            Le marketing fonctionne sur la base des consommateurs tels qu’ils sont aujourd’hui, et de ce que l’on peut éventuellement anticiper d’eux. Quand il se trouve des consommateurs éduqués, exigeants, les produits qu’on leur propose s’adaptent à leurs demandes.


          • Forest Ent Forest Ent 10 septembre 2007 10:58

            Oui, mais par qui sont-ils éduqués ?

            La publicité dans les médias français représente 12 milliards d’euros par an. Beaucoup d’enfants regardent la télé en quasi-permanence. La pub a un effet important avant 7 ans, quand l’enfant n’a pas encore assez de sens critique, et il y est ensuite habitué. Il y a en France 30 milliards d’heures de temps de cerveau disponible devant la télé chaque année pour Coca-Cola.

            Revenons à la logan. Cette voiture était destinée aux pays en voie de développement. C’est presque par hasard qu’elle est vendue en France. Elle démontre que les consommateurs français sont demandeurs de voitures pas chères, rustiques, peu équipées et pas remplies de GPS et ABS. On ne peut pas dire que les constructeurs se précipitent sur ce segment. Les vendeurs sont attentifs aux besoins des consommateurs ? Dans les limites de leur intérêt bien pesé.


          • Gypse Gypse 10 septembre 2007 20:38

            @Forest Ent

            Allez faire un tour sur l’article suivant :

            www.strategies.fr/archives/1371/137101201/actualite_marques_en_vue_log an_le_banc_d_essai_marketing_de_renault.html

            « Par groupes de trente, les journalistes français, espagnols et allemands se sont succédé tout au long du mois de mai dans le Gers, à l’invitation du groupe Renault, pour participer aux essais presse de la Logan (...) ». Si ce n’est pas du marketing, de quoi s’agit-il ?

            La publicité est un des aspects du marketing ; le marketing ne se résume pas à la publicité. Dans le cas de la Logan, il y a eu énormément de communication sur le sujet, via ce qu’on appelle les relations publiques. Ce n’est pas de la pub à proprement parler, mais c’est parfois plus efficace.

            Je fais par ailleurs partie de ces parents qui se chargent d’éviter à leurs enfants une surexposition à la télé. Entre nous, le principal danger de la télé n’est pas nécessairement l’exposition à la publicité. C’est plutôt la violence, le problème. Une excellente étude parue dans le magazine Futuribles a d’ailleurs mis en évidence l’étroite corrélation entre le nombre d’heures d’exposition à la télé et la violence des enfants.

            Dans notre France, chacun est libre de construire sa vie, de ne pas regarder la télé et de ne pas boire de Coca-Cola s’il n’en a pas envie.


          • Forest Ent Forest Ent 10 septembre 2007 22:23

            « C’est plutôt la violence, le problème. »

            La violence, la pornographie, Eros et Thanatos, ET la publicité. Par exemple pour les produits alimentaires.

            « Je fais par ailleurs partie de ces parents qui se chargent d’éviter à leurs enfants une surexposition à la télé. (...) Dans notre France, chacun est libre de construire sa vie, de ne pas regarder la télé et de ne pas boire de Coca-Cola s’il n’en a pas envie. »

            C’est vrai. Je n’ai pas de télé, c’est plus simple. Mais autant cette phrase est vraie au plan des principes, autant elle est inefficiente au plan statistique. L’image attire l’oeil et suscite le désir. Les médias ont un pouvoir qu’il serait vain de nier. Acceptons la pub et la télé comme des outils potentiellement utiles, mais il faut alors canaliser leurs dérives, ce qui me semble loin d’être le cas. Je pense qu’aujourd’hui on se porterait en général bien mieux sans.


          • tmd 3 septembre 2007 12:46

            Comment ne pas décrier aussi la politique de prix, et la politique des produits. Ne prenez que l’exemple des brosses à dents par exemple. Il y a quelques années (une bonne dizaine) on trouvait facilement des bàd simples et pratiques pour moins de 10 Francs. J’entends une bàd de marque que l’on peut utiliser sans se démonter la mâchoire.

            Je trouve toujours (et j’ai encore essayé récemment) que les bàd 1er prix ou de marque distributeur sont toujours trop hautes. Leurs concepeurs n’ont toujours pas compris que l’espace entre les dents du haut et les dents du bas, ainsi que l’espace entre les molaires et la joue est finalement assez limité !

            Mais grâce au marketing, en face de l’étalage, on se trouve face à un surchoix de bàd toutes plus innovantes que les autres. Poils croisés, frotte langue, médiane en silicone, manche flexible et autres poils qui indiquent le degré d’usure (fantastique idée marketing d’ailleurs, qui indique quand il faut changer, et donc passer à nouveau à la caisse.)

            Et comme j’imagine que ces bàd sont quand même un poil plus chères à fabriquer, les prix augmentent. Soit. Mais je suis toujours étonné de voir que les bàd à plus de 4 Euros sont devenues monnaie courrante ! Et c’est là que j’ai vraiment l’impression de ne payer plus que de la publicité et de me faire avoir par le marketing.


            • Gypse Gypse 9 septembre 2007 12:23

              @TMD J’imagine qu’il n’est pas facile de trouver vos références : quelle était la marque de la brosse à dents à laquelle vous faites référence, respectait-elle les mêmes normes (car la réglementation aussi renchérit le coût des produits), quelle était son prix précis à l’époque ? Je pense qu’il faut comparer de façon exacte, et là je crains que nous ne soyons davantage dans le perçu que le réel.

              Je vous demande de vous mettre un instant à la place du distributeur qui ne vend pas ses brosses à dents démonte-mâchoires par rapport aux brosses à dents de marques. Va t’il accepter de se laisser rogner des parts de marché ou va t’il réagir ?

              Je comprends que vous trouviez les brosses à dents chères. C’est aussi mon cas. Est-ce vraiment le marketing qui en est responsable, ou l’augmentation du coût de la vie en général ?

              Je crois que maintenant, il ne faut plus hésiter à acheter sur internet, quand les distributeurs classiques répondent mal à nos attentes. Et ça, c’est aussi du marketing !

              http://agoravox.fr/smileys/clin_d-oeil.png


            • finael finael 3 septembre 2007 13:50

              Sachant que le « marketing » représente environ 20% du coût moyen des produits vendus, juste une citation :

              ". La publicité a pour mission de miner les libres marchés qu’on nous apprend à admirer, ces entités mythiques où des consommateurs informés font des choix rationnels. Dans de tels cadres les entreprises se limiteraient à donner des informations sur leurs produits : bon marché, facile, simple. Elles n’agissent pas ainsi, ce n’est pas un secret. Elles dépensent ces centaines de milliards de dollars par an pour projeter une imagerie visant à induire en erreur le consommateur. Tout le monde en convient : tel est l’objectif de la publicité - et non d’apporter de l’information. [...] De plus -Veblen l’a souligné il y a longtemps -, l’une des premières tâches de la propagande d’entreprise est la « fabrication des consommateurs » activité qui consiste à induire « tous les symptômes classiques du totalitarisme d’état : atomisation, irrationalité et apathie politique, perte de sens et banalisation de procédures politiques prétendument démocratiques, frustration croissante de la population, etc ... ».

              ...

              Le choix informé du consommateur est à peu près aussi réaliste que les célèbres concepts d »esprit d’entreprise » et de « libre-échange »"

              ............... Noam Chomsky, « les Etats manqués »


              • Antoine Diederick 3 septembre 2007 23:17

                ben oui....


              • Antoine Diederick 3 septembre 2007 23:25

                le marketing est « l’art » d’introduire l’irrationnel ds le comportement relativement rationnel des consommateurs et la satisfaction de leurs besoins...

                Elle donne, tout en étant prescriptive, l’illusion du choix unique tandis que le consumérisme donne l’illusion du choix multiple et infini...


              • Gypse Gypse 9 septembre 2007 13:09

                @Finael C’est intéressant de citer Chomsky. Cela dit, il n’est pas spécialement réputé pour son objectivité sur le sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chomsky

                L’irrationalité dans le processus de décision est incontestable. Cela veut-il pour autant dire que la publicité pénètre systématiquement le plus profond de nous-mêmes pour nous amener à acheter des produits dont nous n’aurions pas besoin ?

                En univers concurrentiel, nous sommes forcément amenés à faire des choix. Je ne vais pas acheter 10 voitures différentes pour faire plaisir aux annonceurs !

                J’observe mon propre comportement, et je constate qu’il est effectivement influencé par les informations que je reçois. Mais la publicité est très minoritaire là-dedans.

                A chacun d’entre nous de filtrer les infos qui nous parviennent !


              • LE CHAT LE CHAT 3 septembre 2007 13:56

                Le marketing est l’art de faire payer les produits plus chers au consommateur , prix gonflés en grande partie par les dépenses publicitaires .


                • Gypse Gypse 9 septembre 2007 12:28

                  @Le Chat Dites-moi, le chat, votre ordinateur, il coûte plus cher qu’il y a dix ans à puissance égale ?


                • tvargentine.com lerma 3 septembre 2007 14:01

                  Les dirigeants des principales agences de marketing sont tous d’anciens troskistes qui se sont mis à mettre en application leur méthode de vente auprès des hommes politiques.

                  Nous avons d’ailleurs un exemple à Paris avec la méthode de marketing du maire de Paris.

                  Paris-plage est l’exemple type du détournement d’objectif de ce que doit etre la politique citoyenne.


                  • Barbathoustra Barbathoustra 3 septembre 2007 14:29

                    Lerma, vous me copierez 100 fois : Je ne dois jamais me pencher avec les fesses en direction de la chaussée à proximité d’une station de vélib.


                  • Niamastrachno Niamastrachno 3 septembre 2007 14:12

                    Le marketing tient trop de place dans la communication, il est censé être un outil de présentation des produits dans le cercle de communication dégagé pour le consommateur, il est devenu un outil de propagande.

                    Une bonne étude Marketing suppose des tests quali, réalisés avec des personnes bien réelles pour préparer le produit à sa phase finale : la vente. Prendre les gens pour des rats de labo n’est pas ce que j’appelle une démarche positive...

                    Enfin, le matraquage publicitaire n’est en général opéré que pour la masse. On n’a jamais été matraqué par Vuitton ou Lacoste - pour ne pas dévaluer l’aspect exceptionnel du produit - est-ce à dire que le Marketing dans ses pires retranchements est une machine à goinfrer la partie la plus idiote de notre ’moi’ profond ?

                    Le Marketing va trop loin, le Marketing décide de tout en tout point de l’activité économique, il n’y a qu’à regarder ce que nous pondent les majors et les chaines de TV comme conneries pour se rendre compte que nous sommes canalisés par des idiots cupides (non je ne parlerai pas de NS - arf).


                    • Gypse Gypse 9 septembre 2007 13:16

                      @Niamastrachno Vous ne trouvez pas bien qu’on demande à des consommateurs potentiels ce qu’ils pensent d’un produit ? Ce sont des « rats de labo ? ». En avez-vous rencontré ? Moi, oui. Ils sont très contents de pouvoir dire ce qu’ils pensent, sachant que l’entreprise qui les sollicite en tiendra compte. Et quelle alternative proposez-vous ?

                      Quant au matraquage, je ne le défends pas. C’est bien le mauvais côté du marketing, mais qui ne représente pas la totalité du sujet. Quant à Lacoste et Vuitton, ils font du marketing comme les autres, mais en visant leur cible. Il y a d’ailleurs énormément de marques dont vous n’entendrez jamais parler parce que vous n’êtes pas concerné. Mais qui font bel et bien du marketing.

                      Quant à la télé, vous n’êtes pas obligé d’en subir le pire. Outre le câble, il y a aussi internet, ou bien les petits oiseaux et la nature, qui ne sont pas mal non plus.


                    • Vilain petit canard Vilain petit canard 3 septembre 2007 14:15

                      Alors là lerma, vous m’épatez. A partir d’un article sur le marketing, en arriver à dézinguer Delanoë qui n’en demandait pas tant... Chapeau !


                      • Niamastrachno Niamastrachno 3 septembre 2007 14:19

                        Oui c’est... c’est lerma quoi...


                      • Bernard Allin Bernard Allin 3 septembre 2007 18:21

                        L’image d’une marque, ce n’est pas si irrationnel que ça. Les associations de consommateurs révèlent que certaines sont plus sérieuses que d’autres.

                        Et si j’ai envie de rêver que ma Citroen se transforme en Golgoth, ce qui est totalement irrationnel et j’en ai conscience, à qui cela peut-il bien faire du tort ? Il faut bien départager des produits très proches, et si ce sont des petits détails de l’ordre de l’affectif qui font la différence, où est l’os ?

                        Pourquoi voulez vous que le consommateur soit plus rationnel que l’être humain qui l’abrite ?

                        Par exemple, mes fringues sont solides et pratiques (rationnel), mais en plus elles sont « classes » (irrationnel), pourquoi ? la forme, la couleur, la mode, la marque, le prix élevé, bref je n’ai pas de réponse rationnelle et Descartes non-plus.

                        Ce cocktail de raison et de rêve est vieux comme le monde, le marketing n’invente rien, si vous souhaitez convaincre c’est le seul moyen.


                        • reaper95 reaper95 3 septembre 2007 18:45

                          Le problème du marketing actuellement, c’est qu’il ne se base pas sur le besoin, mais crée un produit et invente un besoin qui sera comblé par ce produit. Je pourrais citer des dizaines d’arguments notamment dans les produits pour enfants. Combien de personnages de dessins animés sont crées à partir de produits dérivés qu’on a adaptés ? Les Pokémon sont nés de ça, tout comme la dernière folie des Transformers (dont le concept marketing a été crée il y a déjà une vingtaine d’années). Même le film Pirates des Caraïbes (un des plus gros succès des dernières années) est né à partir d’une attraction de Disney Land ! Dans le domaine de l’entertainment, il y a belle lurette que le produit précède le besoin.

                          L’autre perversion du marketing, c’est que c’est « une technique commerciale qui consiste à corriger les défauts d’un produit ». Aujourd’hui, il n’y a plus de défauts dans un produit, même le produit le plus inutile au monde, puisqu’il y a le marketing. Le marketing a contribué à pousser à l’extrême à la consommation, et à effacer tout esprit critique sur l’utilité réelle d’un produit et sa qualité.

                          Dans la grande distribution (pour y avoir travaillé), je sais que c’est une très bonne école pour comprendre le caractère absurde et ubuesque du marketing, pardon du « behavioring » (l’étude des comportements d’un client de façon purement anthropologique pour optimiser les espaces de ventes).

                          Le marketing a évidemment ses qualités, mais comme toute science économique actuelle, elle a été pervertie par dogmatisme neo-libéral.


                          • Gypse Gypse 9 septembre 2007 13:33

                            @Reaper95 Pour prendre votre exemple, il y avait bien un besoin pré-existant aux Pokemon. Il s’agit des besoins d’appartenance et d’estime des autres. Après, les produits les mieux adaptés gagnent. A titre d’exemple, ma fille qui était assez solitaire, s’est rapprochée des autres grâce aux Pokemon. Je précise que personnellement, je ne sois pas fan des Pokemon.

                            Je pourrais développer le même type de raisonnement pour Pirates des Caraïbes, ce n’est pas la pub qui a fait réussir le film, c’est parce que le public était demandeur d’évasion, d’aventures... Vous avez l’exemple de nombreux films qui, malgré de gros budgets publicitaires, ont fait un flop. Il y a quelques années, c’est le film « Last Action Hero » avec Schwarzenegger, qui en avait été victime. Aujourd’hui, il y a de moins en moins de blockbusters qui échouent : tout simplement parce que les films sont testés en amont. Mais nous sommes bien d’accord : il ne s’agit pas de films d’auteurs, mais plutôt de produits de loisirs, type « du pain et des jeux ».

                            Pour le reste, le marketing permet effectivement d’améliorer les produits. Ca me convient plutôt. Quand ce n’est pas le cas, il y a d’autres solutions. Un exemple. Je n’utilise plus de mousse à raser, mais un simple savon d’Alep et un blaireau. C’est moins cher, ça dure plus longtemps, ça convient à ma peau.

                            Si la grande distribution s’intéresse à ses clients, ce n’est pas mal non plus. Pourquoi dire que c’est ubuesque ?


                          • Gypse Gypse 9 septembre 2007 13:18

                            Philippe Renève, humaniste par principe. C’est bien ce qui est écrit sur votre présentation ? Quel humanisme !


                          • moebius 3 septembre 2007 21:04

                            ..mais pourquoi tant de haine ?...pourquoi ?


                            • moebius 3 septembre 2007 21:05

                              ...pourquoi ?


                            • moebius 3 septembre 2007 21:05

                              ...pourquoi ? cette haine...


                            • moebius 3 septembre 2007 21:06

                              ..pourquoi cette haine du marketing pour nous ?


                            • moebius 3 septembre 2007 22:19

                              .. c’est vrai ça apres tout pourquoi ? hein ?


                              • moebius 3 septembre 2007 22:19

                                .. c’est vrai ça apres tout pourquoi ? hein ?

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