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Accueil du site > Actualités > Economie > Masse monétaire € : de pis en pis !

Masse monétaire € : de pis en pis !

La BCE a mis à jour le 25 mars les mesures de la masse monétaire M3 de la zone euro, ça va de plus en plus mal, la mesure fait apparaître une augmentation de la monnaie de -1,17% sur 12 Mois en Février 2010...

Qu’on en juge :
 
 
Les prix commencent par ailleurs à monter, ou sont annoncés comme en augmentation (gaz +9,7% , électricité +4,4%, Internet + 17%) et certains revenus aussi (annonce d’augmentation de 10% des enseignants).

Comprenons la stratégie utilisée. Une fois les actifs revalorisés (ici : énergie, télécommunication...), les cours de Bourse anticipent la croissance des revenus, et donc la revalorisation des entreprises elles mêmes.

A partir de cette nouvelle revalorisation, les Banques, peuvent comptablement ré-estimer ces actifs et les "perspectives de croissance", et donc reprêter, mais dans un deuxième temps. Entre ces deux temps, les secteurs ou les entreprises en difficulté, auront le temps de faire faillite, laissant la voie libre à une consolidation, des rachats, et des prises de "parts de marché" par les survivants, qui s’en trouveront de fait fortifiés.

Ceci dit, les revenus ne permettant pas de suivre cette augmentation des prix, sans une revalorisation des salaires et des revenus sociaux (minimas sociaux et retraites), cette "croissance" ne fera pas long feu et s’effondrera d’elle même. Toutefois il faut réfléchir à l’échelle mondiale, les entreprises vendant leurs produits au plus offrant.

Par ailleurs une revalorisation des revenus se faisant par division des secteurs économiques, et par à coups, et non pas globalement (ici d’abord le salaire des enseignants, et pas via un Dividende Universel), cela permet aux tenants de ces choix monétaires d’orienter la croissance vers les secteurs souhaités.

Courir donc après les revenus, revient à être un gamin cherchant à attraper la queue de Mickey dans un manège, les tenants de la monnaie étant le forain qui le fait tourner.

Conclusion : pour grandir il faut sortir du manège, et regarder la réalité telle qu’elle est.

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17 réactions à cet article    


  • PhilVite PhilVite 5 avril 2010 13:04

    Pour filer votre métaphore, il faut commencer par descendre du manège, puis, dans la foulée, aller casser la gueule du forain et lui montrer un usage particulier de la queue de mickey !


    • Philou017 Philou017 5 avril 2010 18:04

      Article confus et tres mal expliqué. Par exemple, ca j’y comprend rien :
      "Par ailleurs une revalorisation des revenus se faisant par division des secteurs économiques, et par à coups, et non pas globalement (ici d’abord le salaire des enseignants, et pas via un Dividende Universel), cela permet aux tenants de ces choix monétaires d’orienter la croissance vers les secteurs souhaités."

      Plus généralement, en quoi le diminution de la masse monétaire M3 est un problème ? N’est-elle pas simplement la résultante logique de la crise financière ?


      • Jean Lasson 5 avril 2010 18:49

        @ Philou017,

        « [...] en quoi le diminution de la masse monétaire M3 est un problème ? »

        C’est fondamental. Cela signifie très clairement que nous sommes dans une phase de déflation et non pas d’inflation comme on aurait pu le craindre en voyant les flots de monnaie déversés pour sauver les banques. Et la déflation, c’est très dangereux pour l’économie réelle (l’autre, on s’en moque) : cela signifie baisse des prix et des salaires, baisse de l’activité, chômage, etc. C’est donc une mauvaise nouvelle pour les travailleurs. C’est par contre une excellente nouvelle pour les rentiers : le pouvoir d’achat du capital augmente. Une vraie surprise...

        @ l’auteur,

        Pourriez-vos donner le lien vers une image agrandie du graphique, SVP. Il est important mais trop petit pour mes mauvais yeux. Merci.


      • Galuel Galuel 5 avril 2010 19:07

        @Jean Lasson

        Oui exact, mais de façon bien plus précise encore... M3 n’existe qu’en compensation de prêts à intérêts.

        Il tout simplement impossible de rembourser principal + intérêts avec une masse monétaire qui n’augmente pas au minimum aussi vite que le taux d’intérêt moyen.

        Donc en cas de masse monétaire constante voire baissière dans une monnaie à dettes, les faillites sont inévitables pour les structures endettées (et in fine les pertes en capital pour les créanciers au bout du bout).

        De plus en monnaie déflationniste, les valeurs diminuent globalement (moins de monnaie = valorisation globale plus faible) et donc la monnaie dette n’a plus que des valeurs fondantes sur lesquelles se créer, ce qu’elle ne fait jamais dans ces conditions (les Banques ne prêtent que sur des valeurs montantes ou à minima stables).


      • Jean Lasson 5 avril 2010 20:05

        Oui, c’est bien le mécanisme. Merci de le rappeler.

        On peut donc prédire assez précisément le taux de défaillance sur les prêts dans l’année qui vient : il devrait s’élever, au minimum, au taux d’intérêt + la baisse de M3, soit autour de 6 %. Ce qui est très important, bien au dessus des prévisions de risque calculées par les banques.

        Le système monétaire actuel ne peut pas survivre à un arrêt durable de la croissance. Nous allons vers une dépression profonde, plus profonde que celle des années 1930 même. Cela devrait se terminer soit par la guerre, soit par la révolution. Ou par les deux peut-être ?


      • Philou017 Philou017 5 avril 2010 23:16

        merci des reponses.
        « Il tout simplement impossible de rembourser principal + intérêts avec une masse monétaire qui n’augmente pas au minimum aussi vite que le taux d’intérêt moyen. »

        "Le système monétaire actuel ne peut pas survivre à un arrêt durable de la croissance. Nous allons vers une dépression profonde, plus profonde que celle des années 1930 même. Cela devrait se terminer soit par la guerre, soit par la révolution. Ou par les deux peut-être ?"

        Aux deux :
        Il y a énormement d’argent virtuel. Est-ce qu’une baisse de cet argent virtuel est vraiment un probleme ? Pour les actionnaires et les boursicoteurs certes, mais pour l’économie, ca ne me parait pas évident.

        Que le système monétaire ne survive pas, ce n’est pas trop un problème. Il est devenu fou. La question primordiale me semble plutôt : quel sera la capacité des politiques à le remplacer ?

        il me semble que vous tenez un raisonnement purement financier, or ce n’est pas la seule variable. D’ailleurs le système qui paraissait devoir s’écrouler en 2009 ne l’a pas fait, loin de là. Je pense que nous sommes dans une économie mondiale, qui dispose donc de multiples ressources face à la crise. Je ne suis pas sur que les raisonnements classiquement financiers puissent prédire les issues possibles.
        Et la masse monétaire est énorme. Quelques % en moins ne me paraissent pas insurmontables, sauf pour quelques financiers.
        Comme vous le dites, la croissance sert surtout à alimenter la machine financière. Il serait temps que l’économie ne soit plus indexée sur ce genre de jeux.


      • Jean Lasson 6 avril 2010 01:17

        @Philou017,

        "Il y a énormément d’argent virtuel. Est-ce qu’une baisse de cet argent virtuel est vraiment un problème ? Pour les actionnaires et les boursicoteurs certes, mais pour l’économie, ca ne me parait pas évident.« 

        C’est le cas pourtant. Pour vous en convaincre, reportez-vous à la crise de 1929-1933 et ses conséquences. Elle avait commencé de la même façon que celle de 2008-..., par éclatement d’une bulle à fort effet de levier. Elle a bien déprimé l’économie réelle.

         »Que le système monétaire ne survive pas, ce n’est pas trop un problème. Il est devenu fou. La question primordiale me semble plutôt : quel sera la capacité des politiques à le remplacer ?« 

        Vous connaissez la réponse : il n’y a aucune volonté des politiques. Aujourd’hui, ces traîtres travaillent - pour faire court - pour Goldman Sachs. Il faudra les remplacer avant. Ou mieux encore, les faire disparaître en tant que classe.

         »Comme vous le dites, la croissance sert surtout à alimenter la machine financière. Il serait temps que l’économie ne soit plus indexée sur ce genre de jeux.« 

        Pour cela, il *faut* changer le système monétaire. Tous ceux qui veulent la décroissance ou l’arrêt de la croissance doivent comprendre que, *dans le système actuel*, cela créerait une immense et insoutenable misère . Mais comme les écologistes aussi, en dernière analyse, travaillent main dans la main avec Goldman Sachs...

        Tant que ce ne sera pas fait, il n’y aura devant nous que »du sang, de la sueur et des larmes" (Churchill). Finalement, je ne crois pas qu’on puisse faire fonctionner une économie stable avec un système de crédit à intérêt. Notre Moyen-Âge l’avait compris et l’Islam aussi. Le prêt d’argent (avec création monétaire mais *sans intérêt*) devrait être exclusivement une prérogative de l’État démocratique.

        Notre alternative : la paix en disant adieu aux banques ou sinon la guerre destructive...


      • Galuel Galuel 6 avril 2010 08:28

        Je cite : "il y a énormement d’argent virtuel. Est-ce qu’une baisse de cet argent virtuel est vraiment un probleme ? Pour les actionnaires et les boursicoteurs certes, mais pour l’économie, ca ne me parait pas évident« 

        Cette réflexion montre une non-compréhension de la nature pyramidale de l’émission monétaire d’un coté et du paiement des intérêts de l’autre.

        Les intérêts de la monnaie sont payés pour leur plus grande part via leur support le plus massif qui est la dette des Etats, et donc via la TVA et les taxes diverses, donc essentiellement par ceux qui ont déjà le minimum de monnaie, en bout de pyramide.

        Croire qu’une baisse ou une stagnation de la masse monétaire »assainirait« le »trop plein de liquidités" c’est être placé en un lieu qui n’a pour vision de la réalité qu’un mur d’opacité.

        Placé en haut de la pyramide les ignorants regardent le ciel, ignorant de la base qui s’effondre et les entraînera avec eux.


      • JL JL 6 avril 2010 08:41

        Bonjour Jean Lasson, Permettez moi de souligner ce que vous dites dans ce post, et qui devrait être inscrit en lettres d’or partout où ça fait sens, je vous cite :

        "il *faut* changer le système monétaire.

        Tous ceux qui veulent la décroissance ou l’arrêt de la croissance doivent comprendre que, *dans le système actuel*, cela créerait une immense et insoutenable misère . Mais

        Tant que ce ne sera pas fait, il n’y aura devant nous que « du sang, de la sueur et des larmes » (Churchill). Finalement, je ne crois pas qu’on puisse faire fonctionner une économie stable avec un système de crédit à intérêt. Notre Moyen-Âge l’avait compris et l’Islam aussi. Le prêt d’argent (avec création monétaire mais *sans intérêt*) devrait être exclusivement une prérogative de l’État démocratique.

        Notre alternative : la paix en disant adieu aux banques ou sinon la guerre destructive..."


      • Jean Lasson 6 avril 2010 09:36

        Bonjour JL,

        Heureux que vous pensiez comme moi smiley

        En se transformant en dépression, la crise est en train d’ouvrir une fenêtre qui devrait permettre de faire entendre cette vérité ; laquelle, à tout autre moment, est inaudible. C’est mon espoir en tout cas.

        Au delà du constat, il devient urgent d’avoir des solutions concrètes et détaillées à proposer. Un programme clair. Sans programme, nous n’aurons que des révoltes sans lendemain.

        Bonne journée.


      • ZEN ZEN 6 avril 2010 09:46

        Bonjour J.Lasson et JL
        De solutions, Jean de Maillard n’en propose pas...
        Mais du moins fait-il une analyse qui me semble aller beaucoup plus loin que beaucoup d’autres
        Je suis en train de lire cette étude étonnante, peut-être excessive sur certains points, mais stimulante


      • Bigre Bigre 5 avril 2010 19:42

        J’ai pas compris ..... j’ai pas compris ce qu’on peut en conclure ?
        La phase d’inflation commencerait et on ne me l’aurait pas dit ?
        Le risque de déflation est définitivement loin ?

        Monsieur l’auteur, encore un effort s’il vous plait, j’ai le cerveau lent ...

        Bigre !


        • Bigre Bigre 5 avril 2010 19:43

          J’ai pas compris ..... j’ai pas compris ce qu’on peut en conclure ?
          La phase d’inflation commencerait et on ne me l’aurait pas dit ?
          Le risque de déflation est définitivement loin ?

          Monsieur l’auteur, encore un effort s’il vous plait, j’ai le cerveau lent ...

          Bigre !


          • Galuel Galuel 5 avril 2010 19:57

            @Bigre

            C’est bon signe que vous n’ayiez pas compris de réponse aux quesitons que vous posez, puisque ces réponses dépendent entièrement des choix des tenants de la politique monétaire, qui peuvent selon leur bon vouloir orienter dans un sens ou dans l’autre.

            Il s’agit ici de donner l’information sur CE QUI SE PASSE, et pas de faire des prospective sur « ce qui pourrait se passer ».

            Déjà montrer la vérité des données mesurables est un pas de géant dans un monde économico-monétaire basé sur le mensonge permanent.


            • Atlantis Atlantis 5 avril 2010 21:28

              je suis pas spécialiste de ces grandeurs là, mais il semblerait que ça se soit retourné depuis aout 09 en fait ...
              https://stats.ecb.europa.eu/stats/download/bsi_ma_flows/bsi_ma_flows/bsi_maf lows.pdf
              dernière page, première et dernière colonne.

              juste à temps pour créer les pbs en grèce, à demande des ricains ... C’est un jeu de quitte ou double, si ça casse pas socialement et politiquement les riches vont tout perdre. Surtout que la déflation il parait qu’on sait quand ça commence mais ni comment ni quand ça finit.


              • ploutopia ploutopia 6 avril 2010 12:14

                Pourquoi encore prêter attention à ces statistiques qui ne veulent rien dire ? La BCE ne contrôle strictement rien au même titre que la Fed d’ailleurs. Du haut de leur trône,  ils essayent juste de conserver la confiance du peuple. Pour combien de temps ? Le total du bilan consolidé de la BCE n’arrive même pas à la cheville du total des bilans consolidés des institutions financières monétaires. Lire La BCE est un nain de jardin…

                 

                Pourquoi encore prêter attention à des statistiques biaisées et des agrégats monétaires qui confondent allègrement crédit et monnaie  ?

                 

                « Les prix commencent par ailleurs à monter, ou sont annoncés comme en augmentation »

                De la belle théorie monétariste comme on l’aime.

                 

                « Les cours de Bourse anticipent la croissance des revenu »

                Les cours de bourse n’anticipent rien du tout, ils répondent au seul comportement moutonnier.


                • HELIOS HELIOS 7 avril 2010 01:28

                  Hors catastrophes evoquées (guerre, revolution..) il n’y a qu’une seule maniere de s’en sortir en conservant le type de societé que nous avons, ie le « capitalisme encadré ».

                  Donc il faut un accord Europeen et probablement mondial reformant violement les regles comptables et financieres. La comptabilité de flux a l’anglosaxonne et les mecanismes reglementaires actuels sont la principale source de deformations qui masque la realité economique et bien sûr, la réalité sociale.

                  L’entreprise, de la plus petite unipersonnelle a la holding multinationale doit mettre en avant son rôle social dans la creation de richesse.

                  Par exemple, fournir des frigos a tout le monde (creation de richesse), cela n’a de sens que si tout le monde peut acheter un frigo. La financiarisation et la deconnexion sociale de l’entreprise lui ont fait perdre cette réalité.

                  L’entreprise, a enrichissement égal, est toujours confronté a la dualité : « produire peu à forte marge — ce qui est facile — ou produire beaucoup à faible marge — ce qui est plus difficile — » . Dans le contexte de la comptabilité actuelle, c’est la solution "forte marge qui est toujours choisi et c’est justement cela qui crée un probleme de societe en creant une penurie artificielle et en creant un mecanisme d’exclusion et de division qui génère deux classes de population, ceux qui y ont acces et ceux qui n’y ont pas acces, avec par dessus tout des anomalies qualitatives quelquefois dangereuses et environnentalement débiles.

                  La crise, dont je ne vois aucune autre raison d’exister, si elle existe, n’est que la traduction de cette deformation comptable qui a beaucoup d’autres inconvenients dont il serait tres long de parler maintenant, comme le deni de concurrence libre et non faussée... pourtant leitmotiv européén...

                  Tenez, un exemple simple de cette distorsion.... quand une entreprise fabrique des frigos et des lave-linges elle melange tout dans sa compta, ce qui lui permet d’affirmer qu’elle peut vendre tres bon marché (a perte) ses frigos et tuer la concurrence. En effet, la marge faite sur les lave-linges lui permet de combler les pertes des frigos. Il y a de nombreux effets pervers a la comptabilité actuelle qu’il faudrait corriger pour revenir a un systeme economique plus sain....

                  Voila, si vous m’avez biien suivi, vous comprendrez qu’avec une comptabilité serieuse on peut mieux maitriser les crises economiques et le pilotage social, et du coup, n’en deplaise aux verts, on a plus besoin de se plaindre de la mondialisation qui est mesurée a sa vraie valeur de marché....

                  Mais evidement, personne ne parle de toucher a la compta...

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