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Accueil du site > Actualités > Economie > Matières premières : on en a jusqu’en 2050

Matières premières : on en a jusqu’en 2050

C’est du moins ce que dit le dernier rapport du Conseil mondial de l’énergie, le CME, un organisme international basé à Londres auquel participent les société impliquées dans l’énergie de 94 pays au monde dont, pour la France, EDF, GDF, Total, etc. Cet organisme publie tous les trois ans un rapport qui collationne les données recueillies.

Les conclusions du dernier qui viennent d’être rendues publiques sont que nous avons de l’énergie en quantité suffisante jusqu’en 2050. C’est le résultat d’une montée modeste des réserves exploitables prouvées de pétrole qui atteindraient 1 265 milliards de barils, 117 milliards de barils de plus que le rapport précédent de fin 2002. Par contre le CME confirme que nous consommons plus de pétrole que nous n’en trouvons tous les ans.

Le CME ne s’engage pas sur la voie de nous donner sa prédiction de Peak Oil, l’année à partir de laquelle la production de pétrole doit commencer à décliner, par contre elle signale l’incertitude sur les technologies pour traiter les shistes bitumineux dont les réserves identifiées dans le monde atteignent 2 800 milliards de barils. A en juger par les investissements des pétroliers au Canada, eux ont déjà tranchés, ils s’y sont lancés à fond !

Pour le gaz, ses réserves prouvées ont progressées de 3,5 % depuis 2002 à 176 000 milliards de M3. Des réserves qui devraient permettre de tenir au rythme actuel de consommation mondiale pendant 56 ans. Problème quand même, la forte concentration de ces réserves sur une vingtaine de pays.

Pour le charbon, il y en a des quantités très importantes (847 milliards de tonnes), exploités dans un grand nombre de pays, qui devraient permettre de "tenir" plus de cent ans à condition néanmoins de pouvoir maîtriser les inconvénients écologiques de son exploitation. Une poire pour la soif quand même pour quand nous entrerons dans l’après pétrole.

Le rapport ne se risque pas, par contre, à nous décrire l’évolution des marchés et des comportements au fur et à mesure dès que nous entrerons en période de décroissance de la production. A en écouter ses conclusions, on pourrait croire que les consommateurs de pétrole attendrons gentiment que nous arrivions à la dernière goutte de ce pétrole sans rien faire. Je crois que nous allons assister, dès que la décroissance de la production s’amorcera, à une montée des cours du baril, à des achats de précaution qui déséquilibreront encore plus le marché, voire, au fur et à mesure, que la production continuera de diminuer, à des réactions du type "je le garde pour moi" pour ceux qui en auront et pour ceux qui n’en auront pas suffisamment, peut-être même à des actions violentes pour s’en emparer.

Des comportements visant à sécuriser par des biais divers des accès au champs pétroliers, gaziers ou aux mines de charbon existent d’ailleurs déjà. Craignons l’appropriation du peu de pétrole ou de gaz restant par le plus riche ou le plus fort. Enfin 2050 c’est demain et c’est la génération de nos enfants... ça nous donne très peu de temps pour développer des energies alternatives de masse.


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11 réactions à cet article    


  • jako jako 19 novembre 2007 12:32

    Bonjour et merci de cette information, il faudrait aussi ajouter la baisse inquiétante des métaux rares qui sont devenus un enjeux stratégique surtout depuis que la chine accapare la plupart des sources....


    • Gilles Gilles 19 novembre 2007 12:59

      D’abord le titre de l’article est trompeur. Les « matières premières » ne sont pas que les hydrocarbures et le charbon ; métaux, bois, poissons etc etc le sont aussi.

      Ensuite, certaines matières premières sont déjà presque quasiment introuvables, d’autres bénéficient de réserves importantes. La raréfaction rapide de certains métaux sera aussi une catastrophe, peut être même pire que les hydrocarbures car ils sont absolument indispensables alors que pour le pétrole, on sait déjà s’en passer (enfin...pas aussi efficacement mais le moteur électrique ou a hydrogène ça existe)

      Et en ce qui concerne le pétrole il y a tellement de sons de cloches différents. Dernièrement, selon l’ex n°2 de l’Aramco (plus grande compagnies pétrolière au monde) on est déjà dans un cycle descendant. Voir : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-979167,0.html

      A l’écouter le baril en 2050 sera proche des $300 et la demande largement supérieure aux capacités de production... avec probablement quelques guerres du pétrole entre temps !

      De toute façon, en 2050, vu que la pollution et les rejets de CO² s’accroissent d’années en années, il fera +5°C sur Terre, des centaines de milliers de kilomètres de côtes seront sinistrés, les poissons auront presque disparus, les forêts seront brulées, et les réfugiés climatiques au nombre de centaines de millions (voir milliards), après avoir fini de dévaster leurs terres se battront avec l’énergie du désespoir pour accéder à une zone encore vivable que les indigènes défendront à coup de super missiles, napalm, bombe nucléaire, virus...

      Bref, en 2050, si ça continue comme ça, le pétrole et le charbon seront le cadet des soucis des 10 milliards de terriens. La survie immédiate sera le phare de nos vie, et ce, au prix de sacrifices immenses

      Il faut faire comme-ci tout cela était pour demain, afin d’éviter justement le pire des scénarios. En le rejetant après 2050, là on est sûr que les politicards mielleux ne s’en préoccuperont pas avant 2045. Et ne me dites pas que la pitrerie du Grenelle de l’environnement suffit !!!


      • jcm jcm 19 novembre 2007 13:30

        D’où, probablement, la grande urgence de s’inspirer par exemple du Scénario Négawatt !!!

        Des actions nombreuses, efficaces, mesurées dès maintenant contre de douloureux sacrifices demain, c’est probablement le « choix du jour »...


        • Yannick Harrel Yannick Harrel 19 novembre 2007 14:10

          Bonjour,

          J’aimerais savoir si ces chiffres au sein de l’article prennent en compte en terme de simulation la demande exponentielle de la Chine dans ce domaine. Cela me paraît essentiel car ce point est devenu particulièrement inquiétant. Ainsi il est estimé que la demande Chinoise en matière de pétrole, par exemple, croît de 6%/an ! Source : COE-Rexecode

          Le souci c’est que l’on peut difficilement lui refuser d’assouvir les besoins de son économie pour des motifs x ou y (notamment écologiques) alors la plupart des pays économiques majeurs ont allégrement pioché dans les ressources énergétiques à disposition smiley

          Et bien entendu, je ne parle pas de la pénurie des ressources agricoles qui est tout aussi préoccupante...

          Cordialement


          • Pierre 19 novembre 2007 14:18

            L’origine de tous ces maux est la surpopulation mondiale.

            Gaia en prendra soin si elle se sent menacee dans son entite.

            La surpopulation nous fera plus de tord que le changement de notre civilisation basee sur le carbone a une davantage perenne.


            • vinvin 19 novembre 2007 14:53

              Bonjour.

              A l’ AUTEUR :

              Votre article est très interressant, et donne un apperçu de ce que nous allons vivre dans un avenir proche.

              La fin de votre article m’a fait un peu pensser au film MAD-MAX-2 avec Mel Gibson, (de manière un peu caricaturale cela s’ entend).

              Bien cordialement.

              VINVIN.


              • Icare 19 novembre 2007 15:42

                Article sans source, c’est bien dommage ...

                Il est de bon ton dans ce domaine de se vouloir optimiste, les résultats de ce conseil ne me surprennent guère.

                Non vraiment, je n’y crois pas une seconde

                Cet article du Monde me semble bien plus objectif


                • floyd floyd 19 novembre 2007 16:32

                  Pour mémoire, voici les prévisions faites dans le passé concernant le pétrole :

                  - En 1914, le Bureau des mines aux États-Unis estimait que la production future de pétrole était limitée à 5,7 millions de barils, soit peut-être dix ans de consommation.

                  - En 1939, le Département de l’intérieur américain indique que les réserves ne dureront que treize ans.

                  - En 1951, ce même département, division pétrole et gaz indique de nouveau que les réserves ne dureront que treize ans.

                  - En 1972 parut un livre qui allait devenir un best-seller et avoir une influence considérable : le rapport Meadows, Halte à la croissance. À l’en croire, le pétrole et bien d’autres ressources seraient épuisés avant 1992.

                  - En 1974, le célèbre Paul Ehrlich confirmait ces prévisions pessimistes, en affirmant que « l’âge de la rareté est arrivé et, avec lui, une meilleure vision du futur, révélant les années sombres à venir.

                  - En 1992, la nouvelle édition de Halte à la croissance programmait la fin du pétrole pour 2031.

                  Evidemment à chaque fois, le contexte est différent et on nous annonce que cette fois c’est sûr, il n’y en a plus pour longtemps.

                  Ceci dit, il est évident que se passer de la dépendance du pétrole sera une bonne chose. Notamment à cause des risques de conflits.


                  • AVEVA 2 décembre 2007 15:59

                    Il est toujours possible à tout moment et en toutes circonstances de trouver des gens annonçant tout et son contraire !

                    C’est à chacun d’apprécier la situation avec bon sens.

                    Les matières premières comme les ressources énergétiques existent en quantité énorme mais finie.

                    Si aujourd’hui on exploite les schistes bitumineux et autres « saloperies » c’est parce qu’il n’y plus suffisamment de pétrole conventionnel, si des milliers d’hommes meurent chaque année dans les mines de charbon....


                  • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 4 décembre 2007 22:09

                    Pour mémoire, l’article « Union européenne, dépendance énergétique et intérêts stratégiques », lien :

                    http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=2482

                    Un court extrait : « [...] Les bouleversements dans le domaine de l’approvisionnement en énergie exigent que la société soit réorganisée. Il faut repenser le système de l’approvisionnement et de la distribution de l’énergie de telle manière qu’il soit capable de garantir les intérêts stratégiques des Européens.

                    On constate qu’au contraire, les États européens, rassemblés en Union européenne, ne se donnent pas les moyens de résister en situation de crise mondiale. Préserver l’indépendance, les spécificités de l’Europe, ne semble pas être la priorité de ceux qui gouvernent. Ceux qui sont aux commandes mettent les Européens en position d’être les perdants dans la période de turbulences globales où se mêleront les effets du mondialisme, de la raréfaction et du renchérissement des sources d’énergie ainsi que de la concurrence mondiale pour l’accès aux matières premières. [...] ».

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