• vendredi 10 février 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > Maudites dépenses de santé
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(15 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Maudites dépenses de santé

Les dépenses de santé semblent marquées du sceau de l’infamie. Le mot «  dépenses » est déjà un marqueur spécifique. Pourquoi ne pas parler de chiffre d’affaires du secteur « Santé » ? Comme on le fait pour d’autres filières comme l’automobile.

D’autres dépenses, comme celles liées à la défense nationale ou aux intérêts de la dette ne font pratiquement pas débat malgré leur faible action sociale. Elles sont payées rubis sur l’ongle.

Pourquoi le chiffre d’affaires du secteur « Santé » fait-il l’objet d’une mise à l’index ? Ne participe-t-il pas au Produit Intérieur Brut ? Ne fait-il pas partie intégrante de l’économie de notre pays ? L’activité est-elle moralement condamnable ?

Ce qui devrait être condamné, ce sont les abus de certains professionnels exigeant des honoraires excessifs pour simplement exercer leur métier, la surprescription de médicaments pour fidéliser une clientèle angoissée, la complicité de l’administration avec l’industrie pharmaceutique qui conduit à faire financer par la collectivité des médicaments ou des vaccins inutiles voire dangereux.

Tout compte fait, des millions de personnes vivent, et pour certaines, très bien de « la Santé ». Des milliers d’entreprises, de la multinationale pharmaceutique à l’artisan ambulancier, lui doivent leur prospérité.

Alors qu’est-ce qui caractérisent négativement les dépenses que font les gens malades pour retrouver la santé ?

Le seul problème que je vois après cette analyse sommaire, c’est le mode de financement. Les dépenses de santé, sont financées aux deux tiers par un prélèvement obligatoire sur les salaires sous l’appellation infamante de « charges sociales ». C’est là leur malédiction. 

Des sommes colossales sont récoltées par la Sécurité sociale auprès des entreprises encore présentes sur le territoire national, qui les répercutent sur leurs coût de revient hors taxes, les pénalisant face à la concurrence internationale.

De fait, les entreprises de main d’œuvre sont fortement pénalisées et tous leurs efforts de réduction de coûts sont logiquement orientés sur la diminution des effectifs. Non seulement les salariés doivent supporter l’amputation de leur revenu pour assurer la plus grosse partie de la charge financière de l’assurance maladie universelle, du remboursement sans fin de la dette sociale, mais en plus ils subissent la précarisation de leur situation et la baisse continue de leur salaire imposé par un libre échange débridé.

Comme les prélèvements sociaux en entreprises s’effectuent en fonction d’un pourcentage, de la masse salariale, mécaniquement les montants prélevés baissent lorsque le nombre et la part des salaires dans le revenu national diminuent, ce qui est le cas depuis 20 ans. Les déficits se creusent inexorablement mettant en péril l’avenir de la filière santé dans son ensemble. Les gouvernements successifs contemplent le désastre sans jamais apporter d’autre solution autre qu’une réduction arbitraire de certains coûts aux dépends des classes les plus défavorisées.

Dans l’état actuel des choses, personne ne devrait être surpris du déficit des comptes sociaux lorsque, d’une part l’assiette globale de cotisations diminue et que d’autre part le nombre d’assurés augmentent du fait de l’extension de la protection sociale à toute la population au moyen de la CMU.

Evidemment, la générosité des gouvernements successifs à l’égard des entreprises, directement ou indirectement subventionnées, n’arrange pas les choses dans la mesure où les compensations légales se font partiellement et avec retard. Il en est de même avec les milliards d’euros détournés notamment sur les vignettes provenant des ventes d’alcool et de tabac.

http://www.agoravox.fr/actualites/e...

Le mode de financement de la politique sociale est archaïque. Il date d’une époque révolue de plein emploi. Epoque pendant laquelle le principal du commerce et de la concurrence était national, les dépenses de santé étaient relativement faibles, l’expansion économique forte.

Nous devons nous adapter. Tout le monde y a intérêt. Il serait insupportable aux hommes de cœur de voir la misère sanitaire s’installer dans notre pays et aux hommes d’argent, de détruire la filière « Santé ».

Le transfert du financement des entreprises aux consommateurs au moyen de la TVA SOCIALE paraît être la seule solution qui présente plus d’avantages que d’inconvénients.

1) C’est le consommateur qui au final paie tout ce qu’a coûté la fabrication d’un produit et qu’importe que le financement social soit prélevé à la sortie de l’usine ou du supermarché.
2) Les prix de vente des produits français ne devraient pas changer (sauf arnaque) puisqu’il s’agit uniquement d’un transfert comptable.
3) Les produits importés, d’où qu’ils viennent, participeraient eux aussi aux financements sociaux. La concurrence serait plus loyale à cet égard entre les produits français et les produits fabriqués à bas coût sociaux et écologiques dans des pays exotiques.
4) La TVA est un impôt qui peut être socialement ajusté. Rien n’interdit au législateur d’adapter les taux en fonction de leur nécessité, par exemple de 2% pour les produits de base à 30% pour les produits de luxe.
5) L’ensemble des Français bénéficient de l’assurance maladie, il est donc normal qu’ils participent à son financement.

Pour les inconvénients, il y en a sûrement, mais là tout de suite, ça ne me vient pas. Peut-être du côté des multinationales qui fabriquent en Chine et qui vendent en France.. ?

La seule chose qui m’inquiète est que Sarkozy semble favorable à la TVA sociale. Il y a quelque chose qui cloche là-dedans.

Quant au PS, il a diabolisé cette mesure pour des raisons purement électorales en 2007. Dès lors, il ne peut que s’obstiner dans cette voie aussi populiste que stérile.
 
 
par Daniel Roux lundi 22 mars 2010 - 22 réactions
7%
D'accord avec l'article ?
 
93%
(15 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.190) 22 mars 2010 11:40
    Daniel Roux

    Nous sommes au coeur de la solidarité et des vicissitudes de la vie.

     Un malade par définition est une victime de sa maladie et cela peut arriver à chacun d’entre nous. La plupart des gens atteints de maladies graves ne pourraient pas payer les soins et les médicaments.

    Le problème de la surconsommation médicale, c’est à dire au delà du nécessaire, est un problème de relation entre le médecin (celui qui sait et qui prescrit) et le malade ( celui qui demande du réconfort et qui fait confiance au sachant).

    Ce problème est souvent traité par les ministres de la santé comme un problème dû aux malades. "Il faut responsabiliser les malades", "parcours de santé obligatoire", "médecin référant"... et rarement un problème dû aux médecins. Hors ce sont bien les médecins qui décident des examens, des médicaments et des suites à donner en général.

    Il semble plus facile au ministre de taxer le malade que de remettre en cause les pratiques du médecin "clientéliste". Solidarité entre notables ou combativité des syndicats corporatistes ?

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.190) 22 mars 2010 19:43
    Daniel Roux

    A l’origine la TVA classique remplaçait une multitude de taxes diverses et variées. Le but poursuivi était la simplification et la clarté. Aujourd’hui, vous avez raison, nous sommes de nouveau dans la complexité et l’inefficacité par la multiplication insensée de nouvelles taxes en tout genre.

    Une rénovation fiscale s’impose donc mais le gouvernement actuel n’y semble pas disposé, dénonçant d’un côté l’augmentation des impôts en région et de l’autre créant les franchises et tentant une taxe carbone excluant les principaux polluants et s’adressant à tout le monde sauf aux pollueurs.

    Juridiquement, la TVA sociale devra être différente de la TVA classique et récoltée par l’urssaf. Et il serait plus clairs que tous les financements à destination de la Sécu soient récoltés par cet organisme. Cela éviterait que l’état se serve au passage dans la plus complète opacité.

    Les riches épargnent ce qu’ils ne consomment pas mais ils consomment tout de même plus que les pauvres. De plus, les produits de l’épargne sont taxés par la CSG justement qui a un caractère différend de la TVA dans la mesure où elle s’applique, non pas à la valeur ajoutée, mais à des revenus.

    La TVA est la moins mauvaises des solutions dans la mesure où personne n’en propose d’autres hors la destruction du système solidaire. L’état a pris le contrôle de la gestion de la Sécu mais refuse de lui assurer les revenus nécessaires à ses missions. C’est là que réside la manipulation et le cynisme.

    Les gouvernements successifs ont été de très mauvaise fois en faisant semblant de chercher des solutions mais en catimini, cherchant tous les moyens pour détruite le système solidaire de la Sécu.

    Savez vous par exemple que les députés (Sarkozy) ont décidé d’un déficit sur les comptes 2010 de l’assurance AT/MP alors même que les charges sont systématiquement sous estimés en ce qui concerne les maladies professionnelles. Pourtant, il n’y a rien de plus simple que ce mécanisme d’assurance réparation puisqu’il consiste à faire payer aux entreprises ce qu’elles coûtent, ni plus, ni moins.

    C’est exactement la même stratégie de destruction qui est appliquées par le gouvernement à l’état lui même au moyen du gonflement excessif et hors de tout contrôle de la dette.

    Si Sarkozy met en place la tva sociale, ce sera fait de façon à aggraver les déficits afin de couler plus vite et définitivement et la sécu et l’état.

    Cordialement

  • Par matthius (xxx.xxx.xxx.141) 22 mars 2010 21:10
    matthius

    L’auteur ment : La TVA Sociale n’est pas la seule solution.

    En taxant les flux financiers on peut s’accaparer autant d’argent que l’on souhaite pour financer ce que l’on veut. En plus on taxe les riches. C’est chez eux qu’on trouve la monnaie.

    Mieux en arrêtant la bourse ou peut empêcher les délocalisations, le stress au travail, les rendements ne servant qu’à financer les financeurs.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Sondage

Pour quel candidat pensez-vous voter à l’élection présidentielle de 2012 ?


Voter

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox