Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > McCain/Obama : quel programme économique ?

McCain/Obama : quel programme économique ?

John McCain est certes un franc tireur au sein du Parti républicain, Barack Obama le démocrate plaide certes pour sa part pour une entente bi partisane, ces postures ne sont pourtant en rien reflétées dans le programme économique de chacun de ces deux candidats, programmes qui obéissent à la lettre et à l’esprit traditionnellement défendus par chacun des deux partis. L’absence de tout élément innovant et de toute proposition économique ou financière rafraîchissante tant chez McCain que chez Obama nous conduit donc à étudier les performances respectives de chaque parti, une fois parvenu au pouvoir, afin de tenter de prévoir à quoi pourrait ressembler la présidence McCain ou celle d’Obama dans le domaine économique.

De fait, McCain a annoncé il y a peu un plan de 52,5 milliards de dollars consistant notamment en 36 milliards de réductions d’impôts envers les contribuables retirant des avoirs de leurs fonds de pension et en 10 milliards d’abattements sur les gains en capitaux. Ces avantages fiscaux favorisant clairement les investisseurs - donc les contribuables disposant d’un certain niveau de fortune - McCain pousse sa logique encore plus loin et annonce que, parvenu à la présidence, il mettra en place un plan d’allègement fiscal des entreprises tout en poursuivant la politique de réduction d’impôts massive de Bush, y compris vis-à-vis des contribuables dont le revenu annuel est supérieur à 250 000 dollars...

De fait, ces propositions émises par McCain ne sont que le strict reflet de l’obédience Républicaine classique qui cherche à promouvoir la consommation et l’investissement par le biais d’allègements fiscaux envers les plus fortunés et les entreprises. Fidèle en cela à une politique pratiquée à grande échelle sous Reagan, McCain espère ainsi - selon ses propres dires - créer des millions d’emplois même s’il a sous les yeux le contre-exemple flagrant de la présidence de George W. Bush qui a vu le chômage se creuser de manière significative en dépit d’une politique fiscale ouvertement orientée en faveur des plus fortunés !

Il est incontestable que, ces soixante dernières années, baisse du chômage et croissance solide ont principalement été l’apanage des régimes démocrates. Vingt-deux millions d’emplois ont ainsi été créés sous Clinton, ce même Clinton qui avait au contraire alourdi la charge fiscale des personnes les plus aisées et qui avait accordé des crédits d’impôts aux pauvres... Depuis le milieu des années 70 où les républicains se convertissent à une politique favorisant des réductions d’impôts dans l’espoir de sortir le pays du marasme subséquent au choc pétrolier à aujourd’hui, la moyenne du taux de chômage sous un président républicain a été de 6,7 % alors qu’elle a été de 5,5 % sous un président démocrate. Encore plus parlante est la comparaison si l’on remonte depuis les années ayant suivi la Seconde Guerre mondiale à nos jours : 6,3 % de chômage sous les républicains et 4,8 % sous les démocrates ! 

La baisse du chômage sous les régimes démocrates, ayant amélioré les revenus de la classe moyenne et des familles pauvres, a déroulé ses effets sur le long terme puisque des études ont démontré que chaque point de base de réduction du chômage augmentait de 10 000 dollars le revenu d’une famille moyenne sur une période de huit ans... Ces conséquences bénéfiques étant autrement plus constructives qu’un chèque épisodiquement envoyé à ces familles - comme il y a encore peu par l’administration Bush - et ne pouvant, par essence, que produire un effet ponctuel et limité. La hausse des revenus de la classe moyenne peut certes sembler minime en valeur absolue, mais il n’en reste pas moins que l’impact de l’amélioration du marché de l’emploi revêt une importance significative sur le long terme proportionnellement à leur budget annuel. Les Républicains ayant, eux, traditionnellement favorisé la lutte contre l’inflation au détriment de la lutte contre le chômage.

Le programme d’Obama prévoit certes aussi des réductions d’impôts mais en faveur des employeurs qui procèdent à de nouvelles embauches et ce à raison de 3 000 dollars par embauche pendant deux ans. Cette proposition destinée à réduire le chômage sera couplée à une subvention de 50 milliards de dollars accordée aux Etats qui se lancent dans des chantiers d’amélioration de leurs infrastructures, projets par définition créateurs de milliers d’emplois... Une telle politique économique, typique en fait des présidents démocrates depuis Kennedy, permet l’assainissement du marché du travail, la croissance du revenu tout en stimulant les productions industrielles et économiques. Sur soixante ans, les revenus des familles moyennes ont progressé deux fois plus vite sous une administration démocrate que sous un président républicain et, mieux encore, les revenus des familles pauvres ont progressé six fois plus vite sous les démocrates que sous les républicains !

Ces statistiques donnent ainsi d’autant plus à réfléchir que McCain et Obama ont chacun totalement embrassé le programme économique de leur propre parti. Ces statistiques démontrant les performances respectives des administrations républicaines et démocrates devraient également inspirer les électeurs américains. 


Moyenne des avis sur cet article :  3.46/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 octobre 2008 14:08

    Sauf jurer qu’ils ne sont pas socialistes, les candidats américains parlent de programmes, mais jamais de principes économiques. Ils ont bien raison, car rien de ce qu’ils devront faire pour survivre à la crise ne pourrait passer la rampe avec les électeurs américains. Le conditionnement des masses a été si efficace, qu’on voit et entend des foules dont le niveau de vie est certainement largement inférieur à la moyenne hurler leur haine à la mention de "redistribution de la richesse."

    L’électorat américain est irrationnel et il faut dire des choses déraisonnables pour le rejoindre. Que vaut la démocratie dans ce genre de contexte ?

    Pierre JC Allard

    http://nouvellesociete.org/5177.html
    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/10/28/199-une-democratie-en-faillite/


    • Internaute Internaute 29 octobre 2008 21:24

      Le lien sur les fondamentalistes m’a bien fait rire car la description que vous en faites est tout à fait juste. Si j’ai bien compris la conclusion, il n’y a pas de solution.

      Quand à l’autre lien sur la démocratie il me semble qu’on oublie toujours un facteur important. Celui qui pense à la politique croit que tout le monde s’y intéresse mais en fait l’immense majorité s’en fout complètement. Rechercher les moyens d’augmenter le contrôle des populations sur le fonctionnement de l’Etat est un faux problème car il ne correspond pas à un souhait populaire. Les citoyens veulent plus de liberté dans leur vie de tous les jours et l’augmentation des instances le représentant va exactement à l’encontre de cela. Chaque fois qu’une nouvelle loi est votée c’est un peu moins de liberté pour le peuple.

      Je crois plus en une sorte de monarchie élective où le gouvernement reçevrait les pleins pouvoirs jusqu’aux prochaines élections avec un mandat suffisamment long pour agir. 7 ans c’est mieux que 5. Il faut mettre au point quelques garde-fous pour éviter les excès mais le système parlementaire est un archaïsme inutile que nous traînons comme un boulet par tradition depuis l’Ancien Régime.


    • stephanemot stephanemot 30 octobre 2008 02:21

      McCain est prisonnier de sa candidature : sur le plan politique, ce neocon bon teint il a vendu son ame aux theocons. sur le plan economique, le "maverick" reste fidele au liberalisme debride, mais a totalement renie son passe de chasseur de gabegies en acceptant le soutien des lobbies traditionnels du parti. son soutien au bailout l’a condamne en mettant en evidence toutes ses contradictions et en lui otant la seule occasion de jouer aux mavericks.


    • ZEN ZEN 30 octobre 2008 07:39

      @ P. Allard
      Que vaut la démocratie... ?
      Oui ,c’est le problème de fond !


      Obama est aussi le produit d’une démocratie à bout de souffle

      S’il pouvait lire son compatriote R.M.Arthur...
      Un livre qui m’a appris beaucoup !

      « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français »
      John R. MacArthur.
      "Dans « Une caste américaine, les élections aux Etats-Unis expliquées aux Français » (Les Arènes),John R.MacArthur , directeur du « Harper’s magazine  », dépèce méthodiquement le cadavre de la démocratie américaine. L’auteur du livre explique en quoi la démocratie états-unienne est une illusion, soigneusement entretenue par les médias. Pour ceux qui en douteraient encore, aux États-Unis, illustre patrie des libertés, la souveraineté populaire sombre doucement dans les eaux troubles du néolibéralisme et de la grande consommation. Tel est le message qu’adresse MacArthur au lecteur effaré par la longue revue de détails d’une démocratie en perdition. Tout passe sous le scalpel de l’écrivain-journaliste averti : l’impasse concertée du duel démocrate-républicain, les tricheries électorales, l’argent puissant des lobbyistes, les amours vénales entre politiques et grands industriels, l’hyperconsommation, et la mollesse servile des médias. .." [ Propos du directeur du Chicago Tribune, James Warren : « Je ne suis pas le rédacteur en chef d’un journal ; je suis le patron d’une entreprise de contenu »]


    • Cug Cug 29 octobre 2008 14:08

       La politique économique US est très simple.
       1/ Assurer la richesse de l’élite qui dirrige le pays depuis sa création.
       2/ Un Etat fort (dictature ?) pour nourrir le CMI afin d’avoir l’armée la plus puissante pour,
       3/ Propager "la liberté et la démocratie" dans le monde afin d’ouvrir des marchés aux entreprises US et accéder aux ressources des pays concernés.

       Les programmes des candidats, mais en ont ils vraiment ?, ne sont que des platres sur des jambes de bois, un subtil habillage pour donner de fausses impressions, l’illusion d’une démocratie.

       Démocrates et républicains s’entendent sur les 3pts plus haut.
       


      • ASINUS 29 octobre 2008 15:20

        bonjour , le paradoxe etant, comme souligné au debut des primaire democrates que les plus pauvres des americains "donc pour une bonne par des noirs et des latinos" avaient plus a attendre de H Clinton que de B OBAMA , dont beaucoup oublient que ses plus fideles sponsors democrates appartiennent a une ligne economique qui ferait passer Fillon pour un marxiste


        • ZEN ZEN 29 octobre 2008 16:53

          Je ne sais pas si Obama a un programme, mais actuellement les plus grands de l’industrie misent sur lui
          Pas forcément bon signe pour son éventuelle liberté d’action future...

          "...M. Obama insiste sur le fait que sa campagne refuse l’argent des lobbies. Mais qui rencontrait-il, il y a une semaine, pour un dîner privé chez Robert Wolf, président de la banque UBS aux Etats-Unis ? La dizaine de patrons qui étaient invités dirigent des banques ou des hedge funds, sauf deux : Leo Corbett, du directoire d’EMI Music, et Orin Kindler, directeur-général de la société pharmaceutique Pfizer. La présence de ce dernier détonnait aux côtés de représentants de la finance et du spectacle, qui figurent parmi les secteurs les plus généreux en faveur du sénateur démocrate. Grossièrement, on peut dire que les sphères d’activité émergentes sont plutôt "obamistes", celles de la "vieille industrie" plutôt contre. Ainsi, le secteur pétrolier finance M. McCain à 76 %, l’environnement, M. Obama à 92 %.

          Traditionnellement, l’automobile et le transport aérien sont républicains (et leurs syndicats, historiquement puissants, de gros contributeurs démocrates). Cette année, l’énergie, les banques de dépôt, l’assurance, le tabac financent essentiellement les républicains, la téléphonie et la pharmacie aussi, dans une moindre mesure. La finance, le spectacle, les professions juridiques sont favorables à M. Obama, et plus encore l’informatique et Internet. Frères ennemis, Bill Gates (Microsoft) et Eric Schmidt, le PDG de Google, se sont clairement engagés de son côté.

          Mais plus que la répartition des mannes, son évolution tendancielle est significative de l’attitude du patronat américain. Dans tous les cas, M. Obama est bénéficiaire. Deux exemples : l’assurance avait versé les deux tiers de ses donations à George Bush en 2004, elle n’en a versé que 55 % à M. McCain. A l’inverse, l’informatique avait réparti sa manne 52 %-48 % en faveur de John Kerry il y a quatre ans, cette année elle privilégie M. Obama à 64 %.

          A l’évidence, le patronat américain se prépare à voir entrer le candidat démocrate à la Maison Blanche. En une période où, après les banques, les constructeurs automobiles appellent l’Etat au secours - en attendant les compagnies aériennes, la plupart au bord de la faillite -, beaucoup de ses membres commencent à penser que le plan démocrate "étatique" de sortie de crise ne serait pas obligatoirement une catastrophe."

          Sylvain Cypel (Le Monde)

          • Internaute Internaute 29 octobre 2008 21:30

            Obama est financé par Goldman Sachs. Mc Caïn est financé par Goldman Sachs. C’est la raison pour laquelle le congrès a voté des privilèges exorbitants aux banques et un privilège tout spécial pour Goldman Sachs. Les ventes à découvert sur les valeurs financières ont été interdites pour tous, sauf pour Goldman Sachs. Le comité de salut public chargé de distribuer 700 mds$ est dirigé par les 2 anciens PDG de Goldman Sach.

            Le prochain président c’est Goldman Sachs. On vous le propose en deux couleurs afin de satisfaire les goûts d’un public exigeant.


          • Gilles Gilles 29 octobre 2008 17:12

            En tout cas les patrons américians ont compris qui il convenant d’arroser un max pour un meilleur retour sur investissement

            Il y en a qui seront déçu aprés son élection : "M. Obama insiste sur le fait que sa campagne refuse l’argent des lobbies.’ hi hi hi

            Les patrons américains réajustent en faveur d’Obama Pour les patrons américains, plus qu’un soutien personnel, financer une campagne est d’abord un pari stratégique qui vise à préserver les intérêts de leur entreprise.
            L’industrie pharmaceutique, par exemple, cherche à éviter ou à limiter un encadrement public du prix des médicaments (du moins des plus courants), aujourd’hui libre. Les grands laboratoires craignent l’attribution de pouvoirs étendus à la FDA, leur autorité publique de contrôle. Ils craignent de voir leurs publicités limitées, ou qu’une nouvelle administration cède à l’exigence des associations de consommateurs de faciliter les plaintes contre les médicaments nocifs ou sans effet.


            Heureusement les pétroliers et l’armement préfère toujours McCain (mais ils arrosent aussi Obama, au cas où)

            Quelle belle démocratie où la corruption est légale !


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès