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Accueil du site > Actualités > Economie > Medef : La flexibilité « équitable » expliquée aux salariés

Medef : La flexibilité « équitable » expliquée aux salariés

Savez-vous en quoi consiste la « compétitivité équitable » du Medef ? Réponse : supprimer l'horaire légal de travail, ne plus payer d'heures supplémentaires, conserver les allègements de charges et ne pas augmenter les salaires !

Au Medef, on a le chic pour éviter les mots qui fâchent au profit d'expressions nébuleuses mais ... nettement plus élégantes. Ainsi, Laurence Parisot dans sa conférence de presse du 5 juillet ne parlait pas de « flexibilité accrue » mais « d'adaptabilité » et de « compétitivité équitable »

Et oui, le mot flexibilité c'est évocateur, mais laid ! Et pourtant, c'est bien ce qu'a décrit Laurence Parisot au cours de sa conférence de presse.

Il faut savoir que dans le raisonnement du Medef, le salarié est une sorte de « partenaire » qui a d'immenses devoirs, mais doit être conscient que ses droits doivent être minimes, sous peine de voir son entreprise pérécliter.

Donc, selon Laurence Parisot : « (...) Les 35 heures continuent à faire des dégâts, notamment parce que le dispositif 35 heures a créé dans les esprits l’idée que la base horaire était devenue une finalité dans le travail. Alors que cela doit être d’abord un moyen (...) »

En clair, salariés, la dolce vita est terminée. Oubliez vos RTT, investissez-vous, autant qu'il est nécessaire, mobilisez-vous, mais ... à titre quasi gracieux !

Car, dixit Laurence Parisot : « (...) un tel mouvement doit profiter à la fois à la question du coût du travail avec une baisse de la cotisation employeurs, mais aussi profiter au salaire net des salariés, avec une baisse de la cotisation des salariés (...) »

Profiter au salaire net des salariés, mais de combien ?

Pour en connaître le montant, il est bon de se référer à une intervention du Medef, en mars 2011 : « (...) la contrepartie offerte aux salariés est expliquée par le chef de file de la délégation patronale, Patrick Bernasconi : (...) La réduction maximale de cotisation est fixée à 0,4 point. Le taux de cotisation est actuellement de 6,40% : 4% sur la part employeur et 2,4% sur la part salariale (...) La baisse prévue représente (...) 60 à 70 euros de pouvoir d’achat en plus pour un salarié (...) »

Au delà de ce pourboire, Laurence Parisot nous confie comment elle entend rénover les relations entre salariés et employeurs, dans le cadre de la « compétitivité équitable » : « (...) du point de vue de la durée du travail, cela veut dire que nous gagnerions en adaptabilité si la durée du travail devenait une durée conventionnelle. Une durée conventionnelle, cela veut dire une durée qui se négocie au niveau de l’entreprise, éventuellement au niveau de la branche. Cela, c’est un apport en souplesse qui nous rend plus compétitif ou plutôt également compétitif au sens de aussi compétitif et c’est bien de la compétitivité équitable car dans équitable, il y a le respect de chacun et notamment des salariés de nos entreprises (...) »

Revenons deux secondes à la définition de la « laide » flexibilité, proposée par la Banque de Ressources Interactives en Sciences Economiques et Sociales. Elle en définit plusieurs types, dont deux, sont bien connues des salariés

« (...) La flexibilité quantitative externe se réalise par le recours au marché du travail. Elle consiste à faire varier les effectifs de l'entreprise en fonction des besoins par le recours aux contrats de travail précaires et les licenciements. (Plus de 600 000 ruptures conventionnelles depuis sa création )

La flexibilité qualitative externe consiste à remplacer le contrat de travail par un contrat commercial plus facile à rompre. On peut citer le recours aux travailleurs intérimaires (...) » (Lire : les effectifs intérimaires sont en hausse de 17 % depuis le 1 er janvier )

Et une qui ressemble à s'y méprendre à « l'apport en souplesse » vantée par madame Parisot !

La flexibilité quantitative interne s'obtient par la variation de la durée de l'activité en fonction de la production : variation des horaires de travail, utilisation de temps partiels, annualisation de la durée du travail : les creux dans l'activité de l'entreprise sont compensés par les périodes de boom ce qui évite le recours aux heures supplémentaires plus onéreuses (...) »

Cette souplesse ne saurait bien entendu mettre fin aux allègements de charges qui : « (...) ne sont pas un cadeau. Les allégements de charges sont une nécessité. Sans ces allégements de charges, la situation de notre commerce extérieur serait bien pire encore (...) »

Résumons nous : Plus de flexibilité et de productivité des salariés cumulé au maintien des allègements de charges. Donc plus de profits à distribuer aux actionnaires ! Maintenant, pour ce qui concerne les dits salariés, ce serait à l'état de prendre en charge ou transférer sur le consommateur/salarié cette baisse de cotisation. CQFD !

On pourra regretter que Laurence Parisot n'ait pas eu le temps de de nous expliquer en quoi les 35H00 ont été si désastreuses pour les profits des entreprises du CAC 40 et ses actionnaires ?

2007  : « (...) près de 95 milliards d'euros (...) »
2008 : « (...) près de 85 milliards d'euros de bénéfices (...) »
2009  : « (...) 49,6 milliards d'euros de profits (...) »
2010 : « (...) Plus de 80 milliards d'euros de bénéfices (...) »

Entreprises qui, au demeurant, payent infiniment moins d'impôts, sur les sociétés que les PME, voire, pas du tout !

Quant aux rémunérations des dirigeants exécutifs des entreprises du SBF 120. Indice qui comprend les 120 principales sociétés cotées en France et donc celles du Cac 40, on pourra constater, que la vie n'a pas été trop dure en 2009 comme en 2010.

Mais comme le dit Laurence Parisot : « (...) La France a changé. L’Europe a changé. Le monde a changé (...) » Et c'est pourquoi, elle affirme sans rire que : « (...) Dans une telle approche globale, sans limite dans le temps, sans contrainte, nous pouvons avoir l’espérance de remplir cet objectif d’une meilleure compétitivité au service de tous (...) »

Reste à savoir la définition exacte du : Tous ... de Laurence Parisot !


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29 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 7 juillet 2011 11:21

    Rien de nouveau sous le soleil : les exploiteurs et les exploités.
    Le libéralisme, la mondialisation, l’europe ... ne servent que les intérêts des détenteurs de capitaux, les rentiers actionnaires.
    Les autres font partie de la « variable d’ajustement ».


      • Kalki Kalki 7 juillet 2011 15:49

        Mais trouvez la moi cette fameuse personne qui travaille, qui pense et qui sait diriger ..., c’est un mythe, une légende, il y en a qu’un ou deux sur cette planète ....

        Remplaçons les Cadres / Ingénieurs / « Classe Moyenne », et leurs sous fifresRemplaçons les « dirigeants » et la classe supérieur et les riches ...

        Car il n’y a pas de pont vers la déité .... vous n’êtes et ne serez pas supérieur a une conscience artificielle

        alors pourquoi avoir tué des millions de personnes ?


      • foufouille foufouille 7 juillet 2011 12:13

        traduction : rouvrons les camps de travail des annees 30
        version moderne : caravane tiree par un boeuf, du painsec, viande avariee pour les esclaves
         


        • BOBW BOBW 7 juillet 2011 12:44

          + Le nerf de boeuf et le ricin (recette mussolinienne appliquée en 39/40 à Nice) pour les bronzés immigrés. smiley


        • Kalki Kalki 7 juillet 2011 15:52

          mais il n’y a meme pas de travail, on voudrai meme pas d’humain dans une usine ou dans les champs

          on ne vaut meme pas la balle pour nous tuer : on assèche le système économique pour tuer tout le monde tout doucement


        • sisyphe sisyphe 7 juillet 2011 14:17

          Bah ... le Medef aurait tort de se gêner ; ce sont ses représentants qui sont aux commandes du pays.... et eux sont là pour appliquer les méthodes libérales des mafias financières maîtres du monde... 


          Bientôt le retour du fouet et de la cravache pour les gueux ? 



          • Sergueï Sergueï 7 juillet 2011 14:28

            Le MEDEF libéral, c’est une blague ?


            • sisyphe sisyphe 7 juillet 2011 14:40

              Bien sûr ; c’est du 2ème degré ! 


              Tout le monde sait que le Medef est anarcho-socialiste ! 
               smiley 

            • kemilein 7 juillet 2011 15:14

              haa quand je pense que j’osais dire il y’a deja un certain temps que le seul moyen d’être compétitif est de rétablir le servage et l’esclavage... dire qu’on se foutait de moi !

              il faut liquider le capital (donc la propriété, donc l’héritage, donc le commerce) car qui possède dicte


              • Laratapinhata 7 juillet 2011 23:07

                Je veux bien qu’à ma mort. l’on brûle toutes mes misérables possessions personnelles, avec ma dépouille tant qu’à faire ...J’ai vécu et organisé ma vie en pensant à cette éventualité : suppression de la propriété et de l’héritage. Je ne laisserai RIEN.
                Quant à mes enfants, c’est leur éducation hors norme, qui assurera leur avenir, et leur indépendance... et ça m’étonnerait qu’ils bossent gratis , qu’ils sous-évaluent leur talent.
                En clair : c’est donnant-donnant, sinon chacun pour soi...


              • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 02:27

                Ah non, là, je m’insurge ! L’esclavage est beaucoup moins compétitif que le capitalisme ! Dans l’esclavage ou l’esclavagisme (l’esclavage est un mode de production, l’esclavagisme est un appendice d’une société non esclavagiste elle-même), la main d’œuvre est certes corvéable a merci, mais :
                - les gains gagnés par la non rémunération de la main d’œuvre sont engloutis dans l’entretien de cette main d’œuvre (nourriture, vêtements, logis) ainsi que dans sa reproduction (prise en charge des nouveaux-nés esclaves et, surtout, organisation de l’arrivée constante d’esclaves, par les prises de guerre sous l’antiquité et le moyen-âge, par la traite à la période moderne)
                - la main d’œuvre n’est pas flexible car attachée à un lieu (esclavage industriel, ex : plantations coloniales) ou à un homme (propriétaire) et ne circule que fort peu
                - la productivité est moindre, car les seules perspectives offertes à la main d’œuvre sont des privilèges accessoires et pas un réel changement de statut

                Avec des « travailleurs libres », c’est plus simple : ils sont responsables d’eux-mêmes. Qu’ils crèvent donc s’ils ne peuvent pas satisfaire aux conditions du marché.


              • Laratapinhata 8 juillet 2011 03:17

                @ Brath-z :

                Très juste...


              • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 03:35

                Ah tiens, j’oubliais aussi un argument :
                - dans l’esclavage, il n’est pas possible d’obtenir de diminution des coûts de production autrement qu’en investissant en capital organique (machines), car la variable d’ajustement qu’est le salaire disparaît, rendant impossible de pressurer les travailleurs du fait de l’incompressibilité des coûts d’entretien de la main d’œuvre


              • Kalki Kalki 8 juillet 2011 11:18

                Des singes qui tuent des singes, ca ne s’est jamais vu dans l’histoire de l’humanité , non non

                et on ne comprend toujours pas l’absurdité du crime.

                surtout si au final , aucun humain ne gagne :)

                là le chat montre son sourire


              • Kalki Kalki 8 juillet 2011 11:20

                Les crimes ne restent pas impayé, un peu comme les fausses dettes


                • Yvance77 7 juillet 2011 17:30

                  Salut,

                  « Savez-vous en quoi consiste la « compétitivité équitable » du Medef ? Réponse : supprimer l’horaire légal de travail, ne plus payer d’heures supplémentaires, conserver les allègements de charges et ne pas augmenter les salaires ! »

                  Au moyen-age on nommait cela le « cervage ». Comme quoi on a évolué.

                  Parisot il faut lui faire adopter un proverbe arabe c’est à dire lui filer une bonne baffe le matin au réveil et, une autre mandale avant de se coucher.

                  Si toi tu sais pas pourquoi ... elle elle le sait !

                  A gauche ne croyez pas qu’ils sont en reste. Pour désigner la politique menée par DSK au FMI et les cures d’austérité injectées à la Grèce à grands coups de rangers dans la gueule, il lui donne le doux nom de « libéralisme équilibrée ». Ce n’est pas une blague.

                  Putain j’te brulerais tous ces cons.


                  • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 02:33

                    Ah non, le servage est beaucoup plus avantageux pour le paysan du moyen-âge. Pensez donc : il ne fait que se garantir un revenu constant (vente automatique d’une quantité déterminée de sa production, certes à un prix éventuellement inférieur à celui du marché mais qui présente l’avantage d’être fixe et garantit à vie) et obtient en échange protection de sa personne, de ses biens et de son foyer. La condition paysanne a commencé à se dégrader quand le servage a été remplacé par la cession d’usufruit des terres agricoles.

                    Bien sûr, le servage n’est pas une condition que je recommanderai aujourd’hui à quiconque, mais ce que le MEDEF nous prépare n’a aucun avantage comparatif par rapport au servage.


                  • Dzan 7 juillet 2011 17:58

                    L’autre soir (?) il y avait une émission sur le Front Populaire.
                    En 1938 ce sont les « Radicaux » de Daladier qui sont arrivés aux « manivelles » du pays. ( les petits bourgeois possédants)
                    On sait comment ça a fini.


                    • Dzan 7 juillet 2011 17:58

                      Le changement ne se fera jamais par les urnes. !


                      • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 02:34

                        Non, mais un changement dans les urnes peut accompagner le changement.


                      • Lorelei Lorelei 8 juillet 2011 00:13

                        ah ouii elle parle d’eclavagisme là en fait...vous savez le fameux esclavagisme moderne consistant rien d’autre que l’echange incorrect et ne pas payé une personne de telle façon qu’elle puisse subvenir à sa santé, loyer, nourriture, et quelques loisirs ça a un nom ça ah ouii l’esclavagisme et parisot veut dire que nous sommes revenus en arrière, à l’ere de l’economie criminelle


                        • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 02:42

                          Ah, les libéraux. Ils sont rigolos, ceux-là. Pour eux, les protections sociales fournies par l’état (en France, traditionnellement seul administrateur légitime du domaine public car seul détenteur légitime de l’autorité et de son usage) nécessitent des contreparties, car selon eux l’état naturel des choses suppose que quand on a pas les moyens de subvenir à ses besoins, on n’a qu’à crever de faim comme un con.
                          Ils oublient juste que si ces protections sociales ont été créées, c’est pour permettre à chacun de jouir de ses droits naturels (liberté, existence, propriété, sûreté et toutes leurs conséquences logiques, notamment le droit de subsistance), droits qui sont antérieurs à toute construction sociale et n’ont donc aucune contrepartie.

                          « La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. »
                          Maximilien Robespierre, article 10 de sa proposition de Constitution

                          « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. »
                          Article 21 de la Constitution de l’an I de la République Une & Indivisible


                          • Brath-z Brath-z 8 juillet 2011 02:43

                            Mince, une petite coQuille, là : à la place de « Constitution » dans les références des deux citations ci-dessus, lire « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ».


                          • Laratapinhata 8 juillet 2011 03:39

                            Il me semble qu’une solution possible pour couper l’herbe sous le pieds des patrons serait de revenir au paiement intégral du salaire au salarié...les charges sociales comprises...Il ne pourrait plus y avoir d’allègement possible... Ce qui n’entrainerait pas une fin de la protection sociale, mais une refonte du système qui excluerait le patronat... Impôt et cotisations sociales étant prélevés ensembles, à la source...sans discussion possible du patronat.


                            • platon613 8 juillet 2011 18:11

                              rien avoir - quoique - mais important !

                              L’Etat du Minnesota est en faillite. Révolte ou révolution ?

                              Faute de pouvoir équilibrer son budget, comme le lui ordonne la Constitution, l’État américain du Minnesota a été forcé de se déclarer en cessation de paiement...

                              http://www.news-26.com/econmie/774-...

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