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Accueil du site > Actualités > Economie > Michael Moore, une rage impuissante

Michael Moore, une rage impuissante

L’histoire d’amour que la société américaine vit avec le capitalisme tourne à l’aigre. C’est du moins l’avis de Michael Moore qui revient sur les traces de son premier film, Roger et moi, tourné il y a vingt ans. Une boucle est bouclée et cela se sent.

Capitalism : a love story se demande combien de temps encore les Américains et le reste du monde vont-ils plier l’échine sous le talon de fer du capitalisme. Que se passe-t-il quand le capitalisme place les profits avant les gens ? Ces questions méritent en effet d’être posées.

Michael Moore, auréolé de sa gloire (Oscar et César pour Bowling for Columbine), aurait pu y apporter un semblant de réponse. Dommage qu’il n’arrive pas à se débarrasser de mauvaises habitudes, notamment celle de se mettre perpétuellement en scène au risque de dévaloriser son propos.

Au final A Capitalism : a love story est un film brouillon qui suit plusieurs pistes pour n’en privilégier aucune et qui butte sur la propre désillusion du cinéaste.
 
On sort de Capitalism : a love story comme d’un fast food. A l’impression d’être rassasié succède très vite celle d’être affamé. Ça ne tient pas au corps. C’est parfois drôle, bien rythmé, sans temps mort, les scènes filmées succèdent aux images d’archives, le montage est parfait, mais l’omniprésence (voix ou image) du réalisateur est telle qu’on se demande si vraiment le malheur du monde le concerne.
 
Cette histoire commence sur les chapeaux de roue : le générique est un montage de scènes de vrais braquages de banques filmés en caméra de vidéo-surveillance, le tout sur fond de Louie, Louie du tonitruant Iggy Pop. Attaque de la diligence et mauvais garçons. Ceux-ci finiront sur la chaise électrique, à n’en pas douter, tandis que les véritables bandits courent toujours dans Wall street. Ouais, on va voir ce qu’on va voir.
 
Après Roger et moi (1989), Canadian bacon (1995), The Big one (1997), Bowling for Columbine (2002), Fahrenheit 9/11 (2004), Sicko (2007) Capitalism : a love story, septième opus en deux décennies, semble tenir ses promesses. Il faut dire que le sujet aiguillonne le cinéaste qui fait de la lutte contre l’hyperlibéralisme son cheval de bataille. Ça continue dans la rigolade quelque temps encore quand le cinéaste détourne les dialogues d’un péplum afin d’établir un parallèle entre notre société libérale très avancée et la décadence de l’empire romain. “Et les civilisations futures, que retiendront-elles de nous ? » s’interroge Moore. C’est sans doute ce que se sont demandées à un moment ou à un autre toutes les civilisations du monde qui ont un peu duré. Pas de quoi en faire un postulat.

A bien y regarder Michael Moore ne nous raconte pas comment les Américains ont d’abord chéri le capitalisme pour finir par s’apercevoir à quel point celui-ci est néfaste et qu’il est urgent de trouver des solutions de rechange durables, mais combien le petit garçon qu’il fut dans les années cinquante finissantes vivait heureux. C’est plus ça. Papa allait au travail en voiture dans les vastes usines de la General Motors, à Flint. En ce sens, comme le remarque Henry Moreigne dans Agoravox, « Capitalism : a love story constitue le prolongement logique de son premier film réalisé en 1989, Roger et moi dans lequel il dénonce les conséquences des mesures de restructuration de Général Motors sur Flint, sa ville natale (30 000 licenciés dans une agglomération de 150 000 habitants). Michael Moore présente à ce titre sa dernière œuvre comme “une forme d’aboutissement, un point culminant de mon travail.“ ».

On sent le bonhomme usé. Même l’élection d’Obama ne lui redonne pas vigueur. Capitalism : a love story peut se lire comme l’autoportrait d’un homme désabusé qui s’interroge sur sa capacité à continuer à tourner des films. Il relève sa propre supercherie commencée avec Roger et moi. Dans ce film, ce n’est pas Roger qui compte. D’ailleurs chacun se souvient que le fameux Roger, on ne le voit jamais (alors que le cinéaste l’a vraiment rencontré). Mais à l’époque ce genre était nouveau, amusant et frais. Non ce qui compte c’est moi, Michael Moore, aujourd’hui un peu plus gros, un peu plus fatigué.

Retour sur les années cinquante. A l’époque, aux Etats-Unis, les ouvriers de l’industrie automobile étaient les rois du monde. Et puis, le Japon et l’Allemagne, détruits par les alliés pendant la seconde guerre mondiale, se refont une santé. La mondialisation pointe son nez. La compétition devient rude. Plus dure sera la chute. De ce point de vue-là le film de Moore est plutôt intéressant car il met un visage sur la souffrance causée par les difficultés économiques. C’est à mettre à son crédit. Pour une fois le cinéaste abandonne la défroque du polémiste populiste pour exprimer une réelle compassion envers les Américains qui souffrent. Les chiffres et statistiques ne disent rien aux gens. Ici au contraire, nous voyons des « vrais » gens raconter leurs histoires personnelles : l’un a perdu son emploi, d’autres, victimes de vautours qui prospèrent sur la misère, sont expropriés alors qu’ils vivent dans un maison qui appartenait parfois à leurs parents ou grand-parents, d’autres encore n’ont pas pu toucher l’assurance décès de leur proche. Un véritable scandale que ne fait qu’aborder le cinéaste qui constate qu’avec ce système d’assurance-vie « vous rapportez plus mort que vivant »

Napakatbra, sur Agoravox, souligne qu’« un des moments forts du film est certainement l’interview de l’avocat Mike Myers, qui dénonce les "dead-peasants insurances", aussi appelées "corporate-owned life insurances" (COLI). Pour faire bref, ce sont des assurances vie secrètement contractées par les employeurs sur la tête de leurs salariés... pour leur seul bénéfice ! Qu’un salarié meurt, et l’entreprise touche un petit pactole : entre 50 000 et 5 millions de dollars. Si une femme décède jeune, c’est le jackpot, son espérance de vie théorique étant des plus élevées. Bingo ! ».

Mais peut-on faire confiance en Moore dans sa défense de la veuve et de l’orphelin ? Un livre, signé Guy Millière (Michael Moore, au-delà du miroir. Editions du Rocher, 2008) dissèque l’oeuvre du cinéaste et éclaire ses zones d’ombre : “Il floue les ouvriers qu’il clame aider, déforme les propos d’un soldat amputé d’une jambe, inverse la chronologie des faits pour diffamer un directeur d’entreprise”, écrit Drzz sur Agoravox.

Autre moment intéressant, mais traité, là encore, de façon superficielle, c’est la relation que Moore entretient avec le catholicisme qui remarque logiquement que le capitalisme n’est pas inscrit dans le marbre de la Constitution américaine. Seulement on a tellement dit au peuple américain que le capitalisme était égal à Dieu et à la liberté que fatalement comment, logiquement, ne pas s’en remettre à lui ?
 
Pour autant, Jésus aurait-il été capitaliste ? demande le réalisateur. Il interroge des gens d’église qui, la main sur le coeur, assurent que non, c’est certain, Jésus n’aurait pas été du côté des forces obscures de l’argent. 
 
Ce qui fait titrer ainsi le Washington post : Michael Moore : Catholique de l’année ?  : « Son pasteur et ses amis prêtres n’ont pas peur d’accoucher d’un jugement sévère sur l’état de l’économie ou de montrer leur solidarité avec la classe ouvrière. Les évêques interrogés ne correspondent pas au stéréotype d’une bureaucratie soucieuse de protéger leur « marque » ». Moore interroge ici un clergé proche de la plupart des catholiques. C’est un changement bienvenu par rapport à l’image stéréotypée véhiculée actuellement par les médias américains sur l’église catholique en butte aux dénigrements particulièrement virulents après les révélations de la pédophilie de certains prêtres.

Il explique comment ce capitalisme industriel a dégénéré en capitalisme financier et devient une force destructrice. C’est ce capitalisme qui est condamnée dans les encycliques papales en raison de la façon dont il subvertit l’ordre de Dieu qui exige que les biens matériels de ce monde profite à la communauté humaine. Le manque de justice distributive pervertit une structure économique capitaliste pécheresse. Le chroniqueur du Washington post admet que Moore atteint dans ce dernier film les frontières de la bouffonnerie, mais que son message n’en est pas moins important : « Michael Moore, « clown de l’année » et « catholique de l’année » en même temps. »

Tous ses films dénoncent quelque chose. Pourquoi pas ? Le cinéaste pourrait se cantonner à une posture de pamphlétaire se contentant de gueuler sa rage. Une rage impuissante : "Moore a depuis longtemps prouvé qu’il était un excellent éditorialiste et comédien, mais il prêche toujours pour la même chapelle. Ses films ne sont pas assez convaincants pour faire la différence. Par conséquent, ils « sont devenus des emblèmes de rage impuissante, écrit the age.

Et surtout contre productive : "Roger & Me n’a pas sauvé les emplois, Bowling for Columbine n’a pas modifié la législation sur les armes ni Sicko celle sur les soins de santé et, en dépit de son intention affirmée à voix haute, Fahrenheit 9 / 11 n’a eu aucune incidence sur la réélection de George Bush".

Il en est ainsi de Capitalism : A love story qui ne convaincra que les esprits déjà convaincus. Moore a trop tendance à perdre de vue son sujet. Parfois on a l’impression que le cinéaste se parodie lui-même ou qu’il a perdu tout contact avec la réalité.

"En fait,ce qui séduit chez Moore, tout le monde en convient, lui le premier, c’est son talent de monteur. De propagandiste au service d’une cause qu’il croit juste. Rappelons que « la propagande désigne l’ensemble des actions menées dans le cadre d’une stratégie de communication par un pouvoir politique ou militaire pour influencer la population dans sa perception des événements, des personnes ou des enjeux de façon à l’endoctriner ou l’embrigader ». Michael Moore, avec ses énormes succès, est devenu un contre-pouvoir (donc une forme de pouvoir) politique", écrit Omnibuzz, toujours sur Agoravox, à propos de l’édition en dvd de Michael Moore, polémique système, documentaire canadien de Debbie Melnyck et Rick Caine tournée en 2006 (Wild Side Video).

Dans Capitalism : a love story, Moore, comme dans ses films précédents, fait semblant de vouloir rencontrer les dirigeants de Wall street. Fidèle à sa méthode il déboule dans les halls en marbre des temples de la finance et déclare au portier qu’il veut rencontrer le PDG. Rires dans l’assistance. Il y a beau temps, vingt ans exactement (depuis Roger et moi), que les patrons ne veulent plus rencontrer un cinéaste qui n’a de toute façon aucune intention de leur donner la parole. S’il le faisait, son scénario sécroulerait de lui-même.

La critique du système par Moore relève de la révolte adolescente. Pour en savoir plus il suffit de revoir le film de William Karel sur la crise de 1929 ou de lire les derniers livres d’Eric Laurent (qui dénonce les conflits d’intérêts et les chassé-croisés des patrons de la finance entre Wall street et la Maison blanche) ou ceux de Jean Montaldo (surtout lorsque ce dernier parle du fameux Angelo Mozillo, l’inventeur des subprimes qui accordait des prêts très préférentiels à ses amis haut-placé tandis que les américains « moyens » étaient condamnés à payer le prix fort).
 
Capitalism : a love story se termine sur l’élection d’Obama. Hélas Moore ne porte aucun regard critique sur le président ni sur les démocrates. Or on sait bien combien ces derniers sont pieds et poings liés aux dirigeants financiers américains.
 
Si ça continue comme ça les gens n’auront plus rien à perdre, affirme le cinéaste qui se demande « quand la révolte va-t-elle commencer ? ».

Probablement dès la fin du film.
 
 
Crédit photo : dutron

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88 réactions à cet article    


  • orage mécanique orage mécanique 25 novembre 2009 12:35

    ahaha géant ! le capitalisme c’est de la faute du communisme !
    et Madoff c’est parcequ’il avait peur des salauds rouges,
    les subprimes ont été inventé par Lénine en 1912,
    la bourse c’est le kolkhoze monétaire.
     


  • plancherDesVaches 25 novembre 2009 13:02

    Il est en effet amusant que le capitalisme ne trouve sa justification que dans son opposé extrème, le communisme.

    A quand un juste milieu.. ??


  • Yaka Yaka 25 novembre 2009 13:20

    @ orage

    Le communisme est souvent représenté comme la seule alternance possible, c’est un moyen de pression des capitalistes : « si vous voulez pas notre système, ca sera comme en URSS ».


  • wesson wesson 25 novembre 2009 13:28

    bonjour Yaka

    « si vous voulez pas notre système, ca sera comme en URSS »

    non, c’est pas ça qu’ils disent, c’est « ça sera comme pol pot ou la corée du nord »

    l’URSS n’étant même pas une référence assez affreuse à leur sens.

    Effectivement, vous avez bien compris que dès lors que l’on veuille faire le bilan objectif du capitalisme, ils dégainent les pires épouvantails avant même que tu ai terminé ta première phrase.

    Des gens qui se sont arrêtes à la doctrine en vogue de la fin du 19ème siecle, et incapables de se projeter dans un avenir durable.

    Et même vous avez boutin qui veut réouvrir les bordels !


  • appoline appoline 25 novembre 2009 13:36

    @ Plancher,

    « Il est en effet amusant que le capitalisme ne trouve sa justification que dans son opposé extrème, le communisme »

    Non, le capitalisme est le résultat de la cupidité et de l’avidité de l’être humain. Nous avons eu la possibilité de corriger le tire, nous n’avons pas su la saisir maintenant il faut s’attendre à de graves retombées car nous ne maîtrisons plus rien.


  • appoline appoline 25 novembre 2009 13:44

    @ Plancher,

    L’avidité a crée le capitalisme, c’était ce qu’il pouvait arriver de pire à l’être humain. Ses conséquences maintenant vont être terribles car il n’y a pas moyen d’enrayer le procésus. Le déséquilibre est tel qu’il s’en suivra une vague de violence telle, que les autorités seront impuissantes. Le temps des pieds de nez est terminé, il y a un léger stand-by en ce moment mais la situation est grangrènée, nous allons entrer dans la phase « putréfaction ».


  • plancherDesVaches 25 novembre 2009 13:54

    Appoline, je m’excuse de te demander pardon, mais...

    Nous sommes en train de dire la même chose :

    Trop de contrôle tue le contrôle, et trop de liberalisme tue la liberalisme.

    Bises.


  • herve33 25 novembre 2009 14:06

    @Marc Gelone  

    « le capitalisme c’est de la faute du communisme ! »

    Meuh non... C’est juste que le communisme, c’est la botte de fer + la pénurie, tandis que le capitalisme, c’est la botte de fer + la consommation quand même.

    Le capitalisme et le communisme se ressemble beaucoup , ce sont tout les deux des systèmes qui permettent à une petite minorité d’exploiter la grande majorité , c’est un autre système qui nous faut mettre en place , celui qui remet l’humain au centre et qui empeche les dominants de prendre tout les pouvoirs .


  • Traroth Traroth 25 novembre 2009 18:09

    "C’est juste que le communisme, c’est la botte de fer + la pénurie, tandis que le capitalisme, c’est la botte de fer + la consommation quand même" : Vous rigolez, là ? Dites ça à un gamin des taudis de Buenos Aires ou d’un village du Nigeria ! Ca, c’est l’autre versant du capitalisme ! Vous savez, toutes les matières premières qui permettent cette fantastique consommation ? Elles viennent d’endroits comme ceux-là !


  • anty 25 novembre 2009 21:36

    Le capitaliste c’est toi c’est moi ,c’est tout le monde il faut lire l’histoire humaine pour s’apercevoir que les hommes de tout temps passer leur temps à s’organiser pour pouvoir survivre .
    Les sociétés humaine (comme d’ailleurs les sociétés animales ) essayaient à optimiser les comportements les plus efficaces (les plus capitalistes selon certains ) pour pouvoir faire vivre ou survivre le maximum de personnes.

    En observant le parcours de l’humanité de l’homme préhistorique à l’homme moderne avec sa démocratie et son système économique libre qui fait vivre plus de 6,5 milliards d’hommes (avec ses braillards d’AV) on ne peut être que satisfait de ce parcours là.

    Contrairement aux pleurnichards de ce forum je pense que le système économique qu’ils dénoncent sans d’ailleurs proposer une alternative sérieuse à encore des beaux jours devant lui et à mon avis je me trompe pas beaucoup.


  • sisyphe sisyphe 26 novembre 2009 02:52

    C’est inhérent à la nature humaine. Le plus grand nombre préfère être exploité – quitte à se répandre en jérémiades dans les bistrots - que de s’imposer les contraintes et responsabilités de la direction.

    Pour faire le constat des irréversibles ravages du capitalisme, outre la situation catastrophique dans laquelle il a plongé le monde : 1,02 milliard d’humains qui souffrent de la faim, plus de 3 milliards qui survivent avec moins de 2 dollars par jour, la terre, l’eau, l’air, souillés, le vivant privatisé, 85% des richesses détenues par 5% d’humains, l’état de guerre permanente aux quatre coins du globe, l’éradication de la biodiversité, l’aggravation constante des inégalités, etc, etc....,

    il suffit de lire les argumentations et réactions de ceux qui le défendent (tels, ici Marc Gelome, Pasou, et autres), pour être saisi d’un hallucinant vertige devant la dégénérescence morale, sociétale, philosophique, éthique, intellectuelle, on peut même dire ontologique qu’il a engendré.

    La réflexion a cédé la place aux réflexes, le cortex cervical au rhinencéphale, la culture et la civilisation ont régressé au stade pré-historique ; l’homo sapiens sapiens est redevenu l’homo erectus ; les plus bas instincts sont devenus le mode normal de fonctionnement, l’exclusion, l’affrontement, le rejet, la négation de l’autre se sont subsitués à l’apprentissage de la vie en commun, le respect de soi et des autres a cédé devant les pulsions instinctives de lutte pour la survie ; toute l’histoire de la pensée est ravalée aux oubliettes de la consommation et du spectacle, la moindre dignité humaine reléguée dans les culs de basse fosse des intérêts individuels et de l’argent-roi, la solidarité et le sens de l’intérêt commun balayés au profit de l’égoïsme cynique et de la glorification de la valeur marchande, la perspective et l’aménagement du futur en satisfaction avide des désirs immédiats, la conception globale du monde en une vision fragmentée sur des milliers d’écrans TV émettant en simultané, comme à travers les yeux d’une mouche...

    La décadence de ce système, qui n’a plus rien de civilisationnel est entérinée, et définitive.

    Il ne tient plus que grâce à ses forces de coercition, d’oppression, de soumission.

    Mais elles sont encore suffisantes pour maintenir le monde sous son joug sanglant.
    Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?
    Jusqu’à la salutaire révolte qui le balaiera dans les cauchemars révolus de l’humanité.

    Alors, en attendant, la RAGE  ; oui, bien sûr, la RAGE ; comment, quand il subsiste un minimum d’humanité, y échapper ?

    Impuissante ?
    Peut-être ; effectivement, on peut être sasi d’un sentiment d’impuissance, devant l’inanité des efforts vers plus de justice, devant l’énormité des obstacles à surmonter, devant la gigantesque masse des montagnes à déplacer, devant l’immensité de la tâche.
    Pourtant, chaque effort peut être une fissure, chaque action, s’additionnant à d’autres, le grain de sable qui pourra permettre, au bout du compte, d’enrayer le rouleau compresseur de la mort en marche.

    Alors, vaincre ce sentiment d’impuissance, ne pas se résigner, entretenir toujours, partout, la flamme de cette révolte dont Camus disait qu’elle est la seule solution, la seule philosophie justifiant la condition humaine.
    « Je me révolte, donc nous sommes »

    Merci à Michael Moore de continuer ce combat, parmi d’autres ; il nous est nécessaire.

    Hasta siempre


  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2009 04:30

    J’aime bien Michael Moore. Vrai, il ne parle que de lui, mais c’est la seule chose que chacun connaisse bien et je pense que c’est pour ça que ses films projettent une image de vrai, même quand tous leurs faits ne sont pas exacts. 


    Bien sûr, MM c’est la rage impuissante. Mais n’est ce pas la nôtre a tous qui sommes ici a bloguer au lieu de faire le coup de feu ? Et c’est peut-être la conclusion logique de l’oeuvre de Moore : amener au point de rupture des qui vont sortir un jour comme les anonymes masqués de « Vendetta » et tuer le systeme sans résistance. Sans une alternative à lui donner non plus, d’ailleurs. Juste pour le tuer.


    Pierre JC Allard



  • fred 29 novembre 2009 18:36

    erreur,,,,,,,

    on y est deja dans la phase de putréfaction,,,,,,,,d’ailleurs,,,,,,,,,,Le prince Sarko vas bientot se promener avec un masque,,,,,,,,,,,,,,,mais se serra pas pour la H1,,,,,,,,,,,,
    non,,,,,,,,se serra à cause du méthane,,,,,,,une étincelle et boum,,
    chaque jour qui passe en met un peu plus, ,,,,,,,,


  • croacroa 25 novembre 2009 12:35

    michael moore est un milliardaire qui vit de ce qu il denonce et MENT comme un arracheur de dents !!


    • Traroth Traroth 25 novembre 2009 18:12

      Un milliardaire, rien que ça ? Ah oui, il prête du pognon à Bill Gates, c’est ça ?


    • Jean-paul 26 novembre 2009 02:02


      Moore multi millionnaire
      Moore possede un appart de 1 milllion de dollars a Manhattan .
      Entre 25.000 dollars et 40.000 dollars son salaire pour 2 heures de speach dans les universites .


    • Zord Zord 26 novembre 2009 09:43

      Oui enfin il n’a pas non plus gagner son argent en délocalisant des usines, ni avec des armes à feu, ni en truquant des élections mais principalement parce qu’il a du talent.


    • croacroa 25 novembre 2009 12:41

      ceci dit la photo qui ilustre l article est une escroquerie intellectuelle de plus !
      moi si je n ai pas de quoi nourrir un enfant je n en fait pas !
      je n accuse pas mon voisin occidental d etre le responsable du monstrueux crime que j ai commit en mettant sciemment au monde un enfant alors que je savais parfaitement qu il ne survivrait pas !!!


      • plancherDesVaches 25 novembre 2009 13:04

        Je dirais même plus : il faudrait tuer tous ces salauds de pauvres. Ca nous ferait ça de moins sur notre conscience.

        Bonne obole pour le téléthon, au fait.


      • Internaute Internaute 25 novembre 2009 17:27

        Oui c’est une vaste escroquerie trés souvent utilisée en politique. Ce sont les appariements terribles. On met côté à côte deux images et on laisse au lecteur le soin de faire l’association qu’il veut. C’est le contexte qui décide. Ici, le lecteur doit se convaincre que le petit nègre est affamé parceque le petit blanc est gras, comme si les deux mangeaient dans la même assiette et que le petit blanc se comportait comme un coucou.

        Pas de chance, la réalité n’est pas celle-là. Si l’américain était maigre il n’y aurait pas un maigre sur la photo mais deux maigres car ce ne sont pas des vases communiquants.

        Cette culpabilisation des masses utilisée à tout bout de champ devient insupportable.


      • plancherDesVaches 25 novembre 2009 20:42

        Je vous rassure, internaute, le blanc est un coucou.

        Et le souci est que de plus en plus de pays émergents s’en rendent compte. (anciens colonisés).

        Juste une question : lorsque vous écrivez la mot réalité. N’avez-vous pas les doigts en sang juste après l’avoir tapé ?

        Mais koikil en soie, la tiers-mondialisation des pays « développés » est déjà bien plus avancée que vos idées de nostalgie.


      • no_move no_move 25 novembre 2009 21:16

        @croacroa

        pour vous la naissance d’un enfant serait donc juste une question d’argent ?


      • Lapa Lapa 25 novembre 2009 13:02

        article intéressant ; merci.


        • BA 25 novembre 2009 13:58

          Mercredi 25 novembre 2009, l’interview de Dominique Strauss-Kahn dans Le Figaro nous confirme une chose : les grandes banques privées nous présentent des bilans mensongers.

          Les banquiers mentent sur l’état réel de leur banque.

          Les banquiers expliquent qu’ils possèdent des soi-disant « actifs », alors que la moitié de ces « actifs » sont en réalité des actifs pourris.

          En clair : 50 % de ces soi-disant « actifs » ont en réalité une valeur égale à zéro.

          http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/11/24/04016-20091124ARTFIG00576-strauss-kahn-il-faut-revoir-notre-modele-de-croissance-.php

          Le même jour, nous apprenons que les banques centrales mentent elles-aussi.

          Le même jour, nous apprenons que les banques centrales présentent elles-aussi des bilans mensongers.

          Nous apprenons qu’au Royaume-Uni, la banque centrale a menti sur l’état réel des banques anglaises : la banque centrale a été obligée de prêter aux banques anglaises HBOS et Royal Bank of Scotland la somme de 61,6 milliards de livres dans le plus grand secret.

          Ces 61,6 milliards de livres n’apparaissent pas dans le bilan de la Banque centrale d’Angleterre.

          HBOS and Royal Bank of Scotland received secret bank rescue loans.

          The Bank of England has revealed for the first time that it lent Royal Bank of Scotland (RBS) and HBOS £ 61.6 bn in emergency funding last autumn.

          http://news.bbc.co.uk/2/hi/business/8375969.stm

          Conclusion : la Banque centrale d’Angleterre ment sur son propre bilan.

          La Fed ment sur son propre bilan.

          La BCE ment sur son propre bilan.

          Je commence à comprendre pourquoi les parlementaires américains ne parviennent pas à voter un audit de la Fed. Ce que l’audit de la Fed révèlerait, c’est le nombre scandaleux de mensonges que la Fed a diffusés.

          Idem pour la Banque Centrale Européenne.

          Le Parlement européen doit maintenant voter un audit de la BCE.

          Les citoyens veulent connaître les vrais chiffres.


          • plancherDesVaches 25 novembre 2009 14:21

            BA, il semble que vous commenciez à comprendre le jeu de dupes dans lequel certains esprits commencent à paniquer...

            Déjà, réagir en demandant la vérité est un premier pas.

            Maintenant, je vais vous préciser un détail : je suis spécialiste en microéconomie. Non en macro. Malgré une vision pas trop mauvaise des divergences entre pays.
            Ainsi, en micro-économie, connaître les orientations d’investissemnts et les ratios fondammentaux d’une entreprise concurrente apporte un avantage absolu.
            L’espionnage industriel est de ce point de vue fondamental.

            Et il en est de même au niveau macro-économique. Chacun se doit de planquer ses données le plus possible afin de garder un avantage concurrentiel.
            Ne soyez donc pas étonné si un audit de la FED ne se fasse pas... et surtout qu’ils savent qu’ils ont perdu la guerre économique face à la Chine... smiley

            Mais bon : c’est eux qui l’avaient lancé, quand-même...
            S’auraient dû faire un stage aborigène australien, option maîtrise de boomerangs.


          • plancherDesVaches 25 novembre 2009 14:26

            Qu’un audit ne se fasse pas, pardon...

            Ou, plus poétique à l’américaine : si un « audit » de la FED se fait comme les « stress test » des banques américaines, soit... complètement truqué.


          • BA 25 novembre 2009 14:34

            Plancher DesVaches, je suis d’accord à 100 % avec vos deux commentaires.


            Mais vous comprendrez quand même mon indignation : les partisans du libéralisme économique répètent et répètent encore et répètent toujours :

            « il faut de la transparence ».

            Ensuite, nous apprenons que :

            - les banques privées présentent des bilans truqués. Les banquiers diffusent à leurs actionnaires et aux citoyens des bilans mensongers.

            - les banques centrales elles-mêmes donnent des chiffres truqués. Les banques centrales mentent elles-aussi.

            Cerise sur le gâteau, les parlementaires américains ne parviennent pas à voter un audit de la Fed. Le résultat de cet audit révèlerait au peuple américain les mensonges que la Fed a diffusés depuis des années.

            Quant à la Banque Centrale Européenne, là-aussi, les parlementaires européens devraient voter un audit pour savoir LES VRAIS CHIFFRES de la Banque Centrale Européenne.

            On ne doit plus dire : « Menteur comme un arracheur de dents ».

            On doit dire : « Menteur comme un banquier ».


          • plancherDesVaches 25 novembre 2009 14:44

            Jeu de dupes.. encore et toujours.

            Regardez autour de vous. Vous verrez que les gens autour de vous, dans votre entourage, et qui ont le plus de valeur n’ont pas besoin de se vendre. Leur valeur est reconnue naturellement.
            (Sauf pour mon cas où non seulement j’ai une faible valeur, mais en plus horreur de me vendre...)(mais mon cas n’est pas une référence smiley )

            Et ainsi, vous constaterez qu’au plus l’emballage est beau, au plus le produit est de la me..... destiné à vous bai... je n’arrive pas à l’écrire de façon soft, pardonnez-moi.


          • BA 25 novembre 2009 15:32

            PlancherDesVaches écrit : « Au plus l’emballage est beau, au plus le produit est de la m...... destiné à vous bai... »

            Exact.

            Par exemple, les résultats magnifiques de nos grandes banques françaises !

            Admirez les soi-disants « actifs » (qui sont en réalité des actifs pourris pour la moitié d’entre eux) de nos grandes banques françaises.

            Admirez les résultats merveilleux des banques françaises :

            BNP Paribas :

            http://media-cms.bnpparibas.com/file/25/2/3t09-diapositives-fr.7252.pdf


            La BNP Paribas annonce la couleur en page 2 : lisez la page 2 et vous verrez !

            La BNP écrit noir sur blanc que ce bilan est à prendre avec des pincettes, qu’il ne reflète pas forcément la réalité, etc.







          • plancherDesVaches 25 novembre 2009 16:08

            Hhmm.. Oui/non, BA.
            Je n’ai pas le temps de vous faire un exposé , mais trés rapidement :
            Vous ne devez pas oublié que sortir un élément de son contexte le détruit (spécialité du sarkosisme).
            En effet, le nombre de banques est trés faible en France, par rapport, disons, à un pays presque comparable qu’est l’Allemagne.
            Ceci n’empêche pas qu’elles soient toutes en difficulté et notamment les Européennes qui ont bien endetté les pays de l’est de l’Europe.
            Notons simplement que la FDIC américaine vient d’augmenter de 33% le nombre de banques qui allaient couler simplement parce que l’économie réelle est en train de se casser la figure.(et surtout la leur avant la notre, ce qui semble se vérifier de plus en plus)

            A une époque de mondialisation, il faut apprendre à ne plus regarder uniquement son petit pays.


          • BA 25 novembre 2009 16:50

            A propos des banques européennes :


            «  Le Figaro  : Quel est aujourd’hui le niveau des pertes non reconnues des banques  ?

            Dominique Strauss-Kahn  : Il reste d’importantes pertes non dévoilées  : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu’aux États-Unis. Je le redis  : l’histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu’il n’y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques.  »

            http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/11/24/04016-20091124ARTFIG00576-strauss-kahn-il-faut-revoir-notre-modele-de-croissance-.php


          • plancherDesVaches 25 novembre 2009 20:48

            BA, je n’ai franchement pas fait un commentaire qui pouvait être explicite... j’avais une urgence sur le gaz.

            Mais un conseil : ne lisez plus le « figaro » mais faites comme j’ai fait : des cours d’économie que vous pouvez aussi prendre au CNAM (ou ENSAM) cours du soir mais assez géniaux.
            Et lisez contreinfo.
            Ce site est un peu à gauche, MAIS donne des infos sur l’actualité en temps réel sur les US.
            Et ça, ça vaut le coup. (si vous acceptez de regarder la réalité en face, bien sûr)


          • BA 25 novembre 2009 21:18

            8 mai 1945 : fin de la Seconde Guerre Mondiale.

            2 décembre 1945 : Charles de Gaulle nationalise la Banque de France et les grandes banques françaises.

            Le pouvoir politique donne des ordres au pouvoir monétaire. Le pouvoir politique donne des ordres au pouvoir bancaire.

            Le pouvoir politique donne aux banques une mission, et une seule : une mission de service public, au service de l’intérêt national.

            Et ça a duré jusqu’en 1986.

            A partir de 1986, tout change.

            A partir de 1986, le pouvoir politique rend aux banques leur liberté. Les banques ne se comportent plus comme des services publics. Les banques se comportent comme des entreprises privées. Les banques ne pensent qu’à une seule chose : dégager des bénéfices, quel que soit le moyen utilisé.

            Enfin, le pouvoir politique rend son indépendance à la Banque Centrale.

            Quel est le bilan des années 1986-2009 ?

            Le bilan est désastreux.

            Il faut re-nationaliser la Banque de France le plus vite possible.

            Il faut re-nationaliser les banques françaises le plus vite possible.


          • Annie 25 novembre 2009 13:59

            « La critique du système par Moore relève de la révolte adolescente »

            Tant mieux, parce que la révolte adulte n’est pas belle à voir. Que Moore continue à s’indigner des injustices que la plupart des adultes ont cessé de voir ou même parviennent à justifier. Quant à le qualifier de contre-pouvoir, c’est lui accorder plus d’influence qu’il n’en a, malheureusement.


            • plancherDesVaches 25 novembre 2009 15:35

              Tiens.. il me vient une idée... (exceptionnelle comme situation, je sais)

              Pourrait-on imaginer que je fasse appel à votre intelligence pour faire un parallèle avec le film : Forest Gump... ???
              Car, pour ceux qui le connaissent et l’ont compris....


              • plancherDesVaches 25 novembre 2009 15:36

                The Wall... des Pink Floyd.. ???


              • sisyphe sisyphe 25 novembre 2009 15:43

                Ses films ne sont pas assez convaincants pour faire la différence. Par conséquent, ils « sont devenus des emblèmes de rage impuissante, écrit the age.

                Et surtout contre productive  : "Roger & Me n’a pas sauvé les emplois, Bowling for Columbine n’a pas modifié la législation sur les armes ni Sicko celle sur les soins de santé et, en dépit de son intention affirmée à voix haute, Fahrenheit 9 / 11 n’a eu aucune incidence sur la réélection de George Bush".

                Non, mais, Olivier Bailly, vous êtes sérieux, là, ou vous nous prenez pour des billes ?
                Contre-productive ?

                Comme si n’importe quel film pouvait avoir une quelconque influence, aux Etats-Unis, sur les fermetures d’usine, la législation sur les armes, les soins de santé (cf la difficulté de la réforme d’Obama), ou l’élection d’un président ?

                A fortiori, quand on sait le très peu d’impact et de spectateurs que les films de Moore rencontrent aux Etats-Unis...

                Je dois dire que ce passage a, pour ma part, totalement discrédité votre critique.

                J’irai donc voir le film de Moore pour m’en faire une idée.

                Essai loupé.


                • Lapa Lapa 25 novembre 2009 18:05

                  c’est pour cela que l’auteur parle de rage impuissante.

                  le terme contre productif est effectivement peu a propos ; merci de l’avoir signalé. Dommage cependant de s’arrêter là...


                • anty 25 novembre 2009 21:53

                  Tu vas enrichir ce gros capitaliste de Moore .
                  Il a sûrement plus de fric que toi mon pauvre ....capitaliste


                • Yvance77 25 novembre 2009 17:33

                  Pas d’accord avec l’auteur au moins ici : " Dommage qu’il n’arrive pas à se débarrasser de mauvaises habitudes, notamment celle de se mettre perpétuellement en scène au risque de dévaloriser son propos."

                  C’est sa marque de fabrique ok, mais il a au moins le courage d’aller au charbon et de mettre les corones sur la table.

                  Quelque fois à côté de la plaque ou trop angélique, il n’en demeure pas moins qu’il ne fait pas preuve de lacheté comme un nombre incalculable de ses confrères, pour qui la soupe est bonne si elle est servie avec une liasse de billets vert.

                  Après pour répondre au commentaire du sieur Gelone, il n’a pas compris que capitalisme et communisme c’est le même combat, hormis que le capitalisme est un communisme privatisé, les profits s’entend n’allant. que vers une nomenklatura restreinte

                  Pour les pertes c’est du communisme aussi chez les Yankees, c’est le bon peuple qui rince l’addition.

                  A peluche

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